QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE - N» 14569 - 6 F
SAMEDI 30 NOVEMBRE 1991
FONDATEUR : HUBERT BEUVE-MÉRY - DIRECTEUR : JACQUES LESOURNE1
En butte à un ultimatum de putschistes à Lomé
Le premier
Du gendarme
au secouriste
Traditionnellement
accusée de jouer le rôle de
«gendarme de l'Afrique», la
France va-t-elle devenir le
«secouriste» des jeunes démo-
craties 7 L'appel lancé, jeudi
28 novembre, par le premier
ministre togolais, M* Joseph
Kokou Koffigoh, sollicitant «d'ur-
gence » l'intervention des mili-
taires français pour aider au
«rétablissement de l'ordre» dans
son pays, confirme, en tout cas,
la fonction décisive que de nom-
breux régimes africains conti-
nuent d'attribuer à l'ancienne
puissance coloniale.
L'euphorie et l'allégresse susci-
tées par les Conférences natio-
nales - ces Etats généraux à la
mode africaine, dont le Bénin
avait donné l'exemple, en février
1990 - ont pu foire croire, un
temps, que l'on pourrait passer,
en douceur, du monopartisme
musclé au «renouveau démocra-
tique». Consciente du désintérêt
croissant de l’Occident à son
égard, l’Afrique allait désormais
gérer son avenir, sans béquille
extérieure, et de manière origi-
nale. Ce râve n'est pas mort.
Chacun, ici et là, continue de le
saluer comme le moteur d'un
indispensable sursaut de maturité
poétique.
LE fameux discours de La
Baule, en juin 1990, dans
lequel le président Mitterrand
avait promis une «prime à l'aide
aux pays se démocratisant», a,
sans nui doute, donné des ailes
aux oppositions africaines. Cer-
tains chefs d’Etat comme le roi
du Maroc ou l' ex-président His-
sène Habré du Tchad, s'en
étaient publiquement offusqués.
Beaucoup ont ressenti ce
« virage » de la France comme
une condamnation et continuent
de redouter que Paris ne las
s lâche ». Cette crainte, jusqu'à
présent se révèle irrfondâe-
La plupart des dirigeants afri-
cains «menacés» par la revendi-
cation démocratique sont restés
en selle, grâce, bien souvent à la
médiation ou à la présence mili-
taire de la France. C'est le cas à
Madagascar et à Djibouti, où les
bons offices de Paris ont évité
que les changements ne se trans-
forment en bouleversements
incontrôlés, susceptibles de pro-
voquer des bains de sang. C'est
le cas, également au Rwanda, où
quelque cent quatre-vingts para-
chutistes français poursuivent,
depuis plus d'un an, une mission
« humanitaire » qui suscite bien
des questions - et des reproches
- parmi les opposants au régime
du président Habyarimana.
LES mouvements de contes-
tation n’ont cessé, en deux
ans. de s'étendre à travers tout le
continent. Même l'Afrique de
l'Est jusque-là «épargnée», sem-
ble entrer timidement dans la
danse - pacifiquement, comme
en Zambie, ou plus laborieuse-
ment. comme au Kenya. En Afri-
que de l'Ouest, plusieurs Confé-
rences nationales ont sonné le
glas des anciens régimes. C'est
ainsi qu'on a vu. à Cotonou, à
Brazzaville, à Niamey ou à Lomé,
des chefs d'Etat soudainement
détrônés, privés de leurs préroga-
tives, sans qu’une goutte de sang
soit versée.
Les efforts de la France
devraient être moins ambigus.
Soucieuse d’accompagner ces
processus de démocratisation,
elle doit claire men en encourager
les promoteurs et également veil-
ler à dissuader les nostalgiques
de l’ordre ancien.
MC147- 1130 0 -6,00 F
ministre du % fait appel
’ à l’aide militaire de la France
Le premier ministre togolais, M* Koffigoh, a reçu vendredi
29 novembre un ultimatum des putschistes qui encerclent le
siège du gouvernement. Ils lui ont enjoint de se présenter dans
les quarante-huit heures au quartier générai des forces armées.
M. Koffigoh a demandé, jeudi, à M. Mitterrand renvoi de
troupes françaises. De son côté, le chef de l'Etat togolais, le
général Eyadema, a rencontré dans la matinée les putschistes
qui se réclament de lui.
, LA FRANCE t! T
( AU SECOUAS U! <
La Banqne du commerce extérieur à court de liquidités
La crise financière
s’aggrave en ISS
Au moment où la Russie prend l'initiative de réformes
d'envergure, les difficultés financières de l'ancranna Union
soviétique s 'intensifient. Jeudi 28 novembre, la Banque soviéti-
que du commerce extérieur ; à court de liquidités, a suspendu
jusqu'au 3 décembre les paiements de certaines opérations
internationales. Le même jour, le ministre msse de l'économie,
M. Gaïdar, annonçait la ratification par son gouvernement des
décrets économiques pris il y a quelques jours par M. Eltsine.
les Togolais/
/al*
y h H? 37» £Ü\
P6URI/3WCRU1
QUE CéTAÎT LES ,
V CROATES////
Lire nos informations page 3
Nouvelle étape dans la crise
que traverse rex-URSS : la Vne-
cbekoQombank (VEB, la banque
du commerce extérieur de
l’URSS) a annoncé, jeudi
28 novembre, la suspension pour
trois jouis - les 28 et 29 novem-
bre et le 2 décembre - des paie-
ments de certaines opérations
internationales non garanties. De
son côté, la Gosbank (la banque
centrale de FURSS) menace de ne
plus financer les dépenses de
l’Etat si l'autorisation d’émettre
de nouveaux billets ne lui est pas
accordée.
La VEB continue de créditer les
comptes des établissements dispo-
sant d’une garantie «Gestionnaire
de la dette extérieure» de Tex-
URSS, confirmée dans cette fonc-
tion à l’occasion du rééchetonne-
ment accordé par te G 7 (groupe
des sept pays les plus indu&riali- •
sés) la semaine dernière {le Monde
du 23 novembre), la VEB souffre
d’un1 manque de devises lié à la
chute des exportations. La banque
connaîtrait même des difficultés
d’approvisionnement en petites 1
coupures de monnaies occiden-
tales.
Par ailleurs, le président de la
Gosbank, M. Viktor Guera-
chtchenko, a indiqué jeudi devant
le Soviet de l’Union qu’il n’y
avait phu dans les caisses de la
banqne centrale que 3 .milliards
de roubles, c'est-èndive de quoi
payer les dépenses de l'Etat pour
deux on trois jours seulement Si
tes députés n’acceptent pas une
rallonge budgétaire exceptionnelle,
«la banque d'Etat devra suspendre
le financement de toutes les
dépenses budgétaires, dont ceües
destinées aux armées *, a indiqué
l’adjoint de M. Guerachtehenko,
M. Vaterian Koutikov.
Un page 25 J’aüretka mec
k rke-adabùe russe de Fécoaemk
Relance
do débat
sur les OPA
M. Pierre Bérégovoy, minis-
tre de l'économie, s'est drtl
jeudi 28 novembre , préoc-
cupé par la réglementation
des offres publiques d'achat j
portant sur les deux tiers du ,
capital d'une société. Une,
réforme exige un consensus . ■
En février 1989, les déclarations
de M Mitterrand sur la « manie ,
des OPA» et les dangos d'un «pii 4
lage de l’économie française
conduisaient & une loi pour morar*
User les marchés financiers et à uri
règlement des offres publique^
d’achat (OPA). Etait instituée alor^
l’obligation de lancer une offre suc
au moins deux tiers des actions;
dès qu’une entreprise franchit le
seuil des 33 % dam le capital cfunq
autre société. Avec 1e regain des
OPA, cette réglementation maître
ses limites puisqu’elle défavorise led
actionnaires minoritaires. L’idée
avancée, mais qui ne fait pas l’unau
ni mité, serait d’étendre l’offre
d’achat sur l’intégralité du capital
pour un traitement égalitaire des
porteurs de parts. Ce prqjet risqud
de favoriser les investisseurs étranj
gers, qui ont généralement ded
moyens financiers plus importants
que les Français. ,
Ure nos informations page 2$
La préparation du sommet de Maastricht et les séquelles du
Un entretien avec le président à Conseil européen I Allemagne : le retour à passé
A dix jours du sommet
européen de Maastricht, le
chef du gouvernement néer-
landais, président en exercice
du Conseil européen, M. Ruud
Lubbers, a rencontré jeudi
28 novembre à Paris M. Fran-
çois Mitterrand. Il souligne,
dans l'entretien qu'il nous a
accordé, que les Douze
devraient adopter à Maas-
tricht un programme appelé à
évoluer en 1997 en fonction
des progrès accomplis.
« Quel est. selon vous, le
minimum à atteindre pour parler
de succès à Maastricht?
- Le minimum est un traité
qui marque un tournant vers une
Europe voulant être davantage
qu'un marché; vers une Europe
qui, s'appuyant sur sa puissance
économique, se montre prête à
prendre ses responsabilités dans
les domaines de la politique et de
la défense et à être porteuse d'un
message au-delà de son territoire;
vers une Europe consciente que
les questions préoccupant les
citoyens, tels leurs rapports avec
les autorités, l'immigration ou la
politique d’asile, peuvent rece-
voir une réponse commune. Telle
est l’architecture, avec comme
point matériel et symbolique, la
progression vers une monnaie
commune et sa réalisation en
1997.
- Ce minimum sera-t-il
atteint ?
- Mon rôle n’est pas de faire
des calculs de probabilité. Il est
«d'achever le boulot» et, pour ce
qui concerne les Pays-Bas, d’être
le brooker de l’Europe.
Propos recueils par
CHRISTIAN CHARTIER
Lire te suite page 6
par Daniel Vemet
Pour la deuxième fois en moins
d’un demi-siècle, l’ Allemagne est
confrontée à un passé qu’elle pré-
férerait oublier, mais qui colle à
la peau, détermine les comporte-
ments politiques, brise des car-
rières, jette la suspicion sur Les
uns ou pousse les autres à se réfu-
gier dans une lâche irresponsabi-
lité. Il ne s’agjt pas cette fois du
national-socialisme, comme dans
les années d’après-guerre, mais du
communisme dans sa variante
prussienne. Avec la réunification,
seize millions d'Allemands qui
n’ont connu d'autre régime politi-
que que totalitaire, pour tes pïnsj
âgés depuis 1933, l’heure ries!
comptes a sonné. Même si pari
certains côtés la situation est radï-f
calcment différente, ie parallèle!
avec la dénazification vient
immédiatement à l’esprit. j
Le plus simple aurait été
doute de passer l'éponge, par ,u
amnistie générale des princir*
responsables politiques de l’an
régime de l’ancienne RDA. [
Lke h sotie page $
Lire aussi page 2 rentra tien
avec DANIEL COHN-BENDIT eà
k point de me d'ALFRED G
B
m
Le colonel Kadhafi refusa de Rvrer les auteurs présumés de
l’attentat de Locfcerble
page 6
Force de paix en Yougoslavie
M. Perez de Cuellar veut régler rapidement les « détails
techniques» de l'opération _
page o
L'opposition critique vivement le projet de loi d'indemnisa-
tion des personnes contaminées
page 12
Le chef de l’Etat veut «corriger les erreurs de parcours»
commises depuis 1982
page 10
POINT
L’indépendance de l’Ukraine
Les 52 mitions d'habitants de l'Ukraine doivent se pro-
noncer, dimanche 1* décembre, pour ou contre l'indépen-
dance de cette République ex-soviétique. «S HJRSSperd
l'Ukraine, affirmait Lénine, eiïe perd sa t&te. s
page 8
«Srr k vif» et k sommaire couplet se trooveot page 32
A nos lecteurs
Un Incident Inadmissfole a perturbé, jeudi,
la production et 1a distribution du Monde.
A 13 h 17, Iss rotativistes de notre impri-
merie d'tvry ont cessé le travafl, sur mot
d’ordre de leurs délégués. Sur les deux
rotatives, une seule a été ultérieurement
remise en marche. La motif invoqué : la
présence, parmi le personnel de l'atelier
d'expédition des journaux, d’une femme
n'ayant pas. selon les délégués, la forma-
tion adéquate.
Non seulement cette personne fiait partie
du personnel de l’entreprise de façon per-
manente depuis le 1- novembre 1990 et
travaille régulièrement à ce posta, mate alla
a 18 m?fTW ÇuaWteation pour cane tâche que
les autres membres de l'atefier d'expédi-
tion.
Il n'existe évidemment aucune conven-
tion; aucun accord, interdisant è une femme
de travoBer dans un atelier d' expédition il
tfun 005 h
la Bjerté du travail fondé sur une discrimina-
tion sexiste.
Nous prions nos lecteurs d'excuser la
gène qui leur a été causée et nous tenons à
dénoncer le comportement scandaleux de
ceux qui ont provoqué cet incident.
JACQUES LESOURNE
iiSé>
2 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991*
DEBATS
Allemagne
Un entretien avec Daniel Cohn-Bendit I L’unité difficile
«Je suis persuadé qu'un mouvement d’extrême droite ne pourra pas
nous déclare l’adjoint au maire de Francfort
réussir électoralement»
par Alfred Grosser
En dépit de la succession d'inci-
dents xénophobes et racistes en
Allemagne, Daniel Cohn-Bendit ne
croit pas à une poussée significa-
tive de l'extrême droite dans son
pays, ni sur le plan politique ni sur
le terrain électoral. L'ancien leader
du mouvement de 1968. aiqour-
d'hui adjoint au maire de Francfort
chargé des relations multicultu-
relles. explique son relatif opti-
misme par la mobilisation de la
société civile contre le phénomène
d'exclusion.
e Comment expliquez-vous la
répétition des actions violentes
contre les immigrés tant dans ta
partie occidentale du pays que
dans l'ex-RDA?
- C’est partout pareil Les popu-
lations ne veulent pas d'immigra-
tion mais il y en a une tout de
même. Tenant compte de cette
contradiction, les gouvernements
n'ont pas le courage d'intégrer
cette donnée qui, dans le cas
contraire, les mettrait dans l’obliga-
tion de promouvoir une véritable
politique d’insertion sociale. En
Allemagne aussi, la société libérale
crée un style de vie qui visiblement
surchauffe certaines catégories
sociales - et pas seulement les
couches les plus défavorisées, - qui
ne savent pas bien quel angle d’at-
taque choisir pour surmonter leurs
difficultés.
* Dans l'ex-RDA, c’est autre
chose. Sa population a opté massi-
vement pour le mode de vie de la
RFA mais pereonne ne lui a expli-
qué que l'économie de marché
était une culture et qu’il fallait
donc du temps pour s’y adapter.
Aujourd'hui, les Allemands de l’Est
sont déstabilisés, et à un désespoir
a succédé un autre désespoir. D est
donc né un sentiment de frustra-
tion. D’ailleurs, les skin-heads et
les hooligans existaient avant la
chute du mur de Berlin. L’unifica-
tion les a persuadés qu'ils pou-
vaient dire ce qu’ils pensaient, y
compris qu’ils ne voulaient pas
d’étrangers. Et pourtant, la partie
orientale du pays comptait à la fin
de 1990 seulement cent trente-huit
mille travailleurs étrangers venus
des ex-«pays frères», notamment
du Vietnam et du Mozambique, et
que le régime communiste avait
parqués dans des ghettos.
Vrais et faux
réfugiés
- Mais qu'est-ce qui a déclen-
ché le processus digressions
physiques?
- Sur cette toile de fond, il y a
un grand débat permanent sur les
demandeurs d’asile, relayé par les
grands journaux comme la Bild
Zetiung, qui crée une atmosphère
malsaine. Nombre d’Allemands
font la différence entre les vrais
réfugiés politiques et les immigrés
économiques qui viennent dans
leur pays, disent-ils, pour profiter
de ses richesses et de surcroît se
livrer au trafic de la drogue. Et
bien sûr pour cette catégorie de
personnes, ce sont tous des dealers
et donc des salopards. 11 eu résulte
une dénaturation morale du réfugié
économique. C’est dans ce contexte
qu’est intervenue l'affaire de
TRAIT LIBRE
Hoyerswerda fl). La rue avait
gagné, et de petits groupes de
jeunes - qu’ils soient plus ou
moins nazillons ou supporters de
football - en ont déduit qu’ils pou-
vaient vider leur ville des immigrés
en attaquant les foyers d’étrangers.
- Cela signifie-t-il que
l'extrême droite, voire un mou-
vement néonazi, est en train de
prendre consistance en Alle-
magne?
- Non. Je suis persuadé que len-
tement mais sûrement la mobilisa-
tion de la société allemande va être
de plus en plus grande. Les mani-
festations se multipient en faveur
de la protection des étrangers. La
télévision a accepté de diffiiser des
dips pour dénoncer les agressions
contre les immigrés. Les journaux,
même de droite, acceptent d’insé-
rer gratuitement dans leurs éditions
des pages de publicité pour accom-
pagner la campagne.
» Mais ce qui est important et
réconfortant, c'est la réaction du
patronat II dit notamment que le
pays a besoin des travailleurs
étrangers pour conforter la prospé-
rité. Si l'Allemagne ferme ses fron-
tières, affirment les industriels, le
pays comptera une population de
quarante-cinq millions d’habitants
en 2040. Ils ajoutent que l’écono-
mie a besoin de gens dynamiques
qui font peur à une sodété alle-
mande frileuse. D’ailleurs, l’hebdo-
madaire W'irtschqftswoche vient de
publier une enquête qui révèle que
te travail des étrangers laisse un
solde net positif de 41 milliards de
deutsebemarks par an au pays,
déduction faite du coût social dû à
l'accueil des réfugiés.
ri
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Dune de la société :
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10 décembre 1944
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Principaux associés de la société :
Société civile
a Les rédacteurs du Monde ».
a Association Hubert- Beu vc-Méry »
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1 an □
- La position des patrons alle-
mands ne tient-elle qu'à fa
vision de leurs intérêts à moyen
et à long terme ?
- H n’y a pas que cela. Je crois
qu'ils sont vraiment indignés, mais
c’est vrai, qu’ils ont peur que la
machine dérape. Ils se sentent sur-
tout responsables du développe-
ment de la société parce qu’ils crai-
gnent que la xénophobie latente se
transforme en racisme agressif.
Autrement dit. eux aussi ont pris
conscience qu’on ne peut pas conti-
nuer à débattre de cette manière,
c’est-à-dire à susciter des réactions
ignobles même si seule une faible
partie de la population est récep-
tive. Au total c’est une large part
de la société civile qui se mobilise. |
» Un sondage récent fait
apparaître qu'avant l’affaire de
Hoyerswerda, les Allemands étaient
44 % à considérer comme une
bonne chose la présence des immi-
grés, et 60 % après les incidents.
C’est pourquoi je suis persuadé
qu’un mouvement d’extrême droite
en Allemagne ne pourra pas réussir
électoral emenL La majorité silen-
cieuse ne se tournera pas du côté
qu'elle avait choisi dans les
années 30. Les extrémistes alle-
mands obtiendront de toute façon
des résultats inférieurs de moitié &
ce que peut faire le Front national
en France.
L’Europe
alibi
- Reste que certains hommes
politiques allemands tiennent un
discours qui va en sens
contraire?
- Q ne s'agit que de quelques
membres de la CDU qiii, parce
que le parti éprouve de sérieuses
difficultés sur de£ dossiers cùinssè:
la réunification et l’avortement, se
cherchent une nouvelle virginité eu
se livrant à des opérations démagon
giques. H est significatif que le gou-
vernement Kohl est intéressé par
une politique européenne de l'im-
migration compte tenu des besoins
de l'économie, il est vrai également
que Bonn cherche à contourner le
problème que lui pose la Constitu-
tion, qui prévoit un statut unique
au monde pour les réfugiés politi-
ques et qui demande une majorité
des deux tiers au Parlement pour
pouvoir l’aménager.
» Comme sur d'autres dossiers
et à l’instar de tous les autres Etats
membres de la CEE, F Allemagne
veut que l'Europe serve d'alibi
pour résoudre une difficulté
interne à double face : réguler le
recrutement de la main-d’œuvre
venant de l’extérieur de la Com-
munauté et rendre moins aisé
l'asile politique.»
Propos recueilBs par
MARCEL SCOTTO
(1) NDLR : A la fia de septembre der-
nier, on foyer de réfugiés tziganes avait
été «risqué, dam cette petite cité i la
frontière polonaise, à coups de cocktails
Molotov, sons les applaudissements de la
fonte. Pour protéger les demandeurs
d'asile, les antorités de la Saxe las
avalent déplacés dans ut mire ville.
IL ne faut pas se tromper (Tin-
quiétude. Les affreuses vio-
lences xénophobes de skin-
heads vociférants pèsent moins en
termes d’avenir pélitiqüe que les
succès de J5tg Haider à Vienne, de
Jean-Marie Le Pen en France ou
que les bras tendus de Madrid. Plus
qu’à une résurgence, elles renvoient
à la situation difficile d’un pays mal~
réunifié, en dut de malaise parce
qu’il lui faut trouver un élan soli-
daire en l’absence précisément .de
toute exaltation nationale.
Comme était, comme demeure
mal ciblée l'inquiétude devant ie
surcroît de puissance qu'entraînerait
inévitablement l’imité. Certes, des
signes de reprise existent dans P an-
cienne RDA, mais il faudra du
temps pour reconstituer un tissu
social, pour reconstruire une écono-
mie an moment où l'effondrement
d'une sodété n’est pas encore ter-
miné. Et pour convaincre que ta
taille, que le poids d’une Allemagne
augmentée- devrait lui interdire de
se replier sur .son propre développe-
ment La xénophobie est l’une des
expressions du refus du partage.
En fait le premier, le plus Urgent
des partages est en cours. En dépit
des promesses démagogiques de la
campagne électorale de 1990, les
transferts de l’ancienne République
fédérale prospère vers la partie de
l’Allemagne qui n'a pas eu la
chance de vivre dans la liberté et la
prospérité sont de plus en plus mas-
sifs. Mais Us ne sont que médiocre-
ment perçus à l’Est Pour des rai-
sons psychologiques et morales
autant qu’économiques et sociales.
attentes étaient sans doute
excessives voici deux ans, mais bien
des déceptions sont justifiées. Face
en particulier à f absence de com-
préhension et de respect de_ tant de
compatriotes de FOuest, dirigeants
politiques et économiques compris.
Berlin, capitale et siège du gouver-
nement et du Parlement, a valeur
de symbole positif. Bonn incarnait
bien la démocratie libérale, mais
aussL au Jri ^Jes mqjs, nîn&ompré-
hensîoit, la inorgoê, fferfois le
mépris. 'A Berlin, les : gouvernants
vivront an cœur dés problèmes: dé
F unité inachevée, même «'de nou-
velles craintes surgissent de voir tes
investissements urbains concentrés
sur la capitale à transformer, et le
développement réservé autour de la
ville à une sorte d’Lle-de-France
allemande. ._
Pèse aussi, de plus en plus lour-
dement, le poids du passé: Du dou-
ble passé. La session de réflexion
qui orient de se tenir à Weimar-
Buchenwald est caractéristique à cet
égard. Le camp a servi après 1945
de brutal, humiliant dégradant cen-
tre d'internement soviétique. Parmi
te milliers d’internés antihitlériens
allemands d’avant 1945 (et d’avant
l’arrivée des premiers déportés
étrangers™), il y avait eu nombre de
communistes. Le message à faire
passer aujourd'hui aux' jeunes n’est
pas simple : Fanti fascisme était
devenu le slogan, la justification
d*ira autre totalitarisme, mais il fàuf
comprendre la nécessité maintenue
d'un anti nazisme militant
Et comme dans la France de
1945, comme dans l’ Allemagne de
la dénazification, se pose le pro-
blème de l'épuration, même si le
mot est soigneusement évité. .Quel-
ques grands du régime vendent à
prix d’or des Mémoires fortement
romancés, pendant que d’excellents
administrateurs locaux sont chassés
comme rote Socken^ comme
Témoignage
-«chaussettes rouges» qui ont servi
le régime ou, plus exactement, dtu
System- H est vrai que d’autres ont
dénoncé et parfois directement
réprimé toute velléité de liberté
d’expression et de comportement.
Qui a été sincère, qui a maintenant
les yeux ouverts, qui a été opportu-
niste hier, qui Test aujourd’hui, qui
a joué double jeu, qui est récupéra-
ble, qui ne Test pas ? Les questions
sont faciles à poser. Les réponses ne
peuvent être claires. Incertitudes,
frustrations, et injustices sont inévi-
tables.
Y compris pour te réparations et
restitutions dues aux victimes.
Comment ne pas faire de nouvelles
victimes ?. Voici un couple de
catholiques militants. Comme nom-
bre de protestants, ils ont su épar-
gner à feras enfants l’emprise du
système. Ils ont eu des tas d'ennuis
professionnels et privés comme sus-
pects, mais ils vivaient décemment.
Aujourd'hui, ils sont tous deux
chômeurs et menacés d’expulsion
de te maison qn’ifs louent depuis
trente ans : le propriétaire de 1945
vent recouvrer son bien confisqué
par l’Etat après son passage immé-
diat à TQuesL Par crainte du com-
munisme ou par peur d’être sanc-
tionné pour sa participation à
L’hitlérisme ? Comment trancher ?
Comment de toute façon restituer
sans injustice pour les locataires ou
propriétaires <fc' bonne fol ?
Le marché
ne suffit pas
Le chômage s’étend. En partie à
cause de la rationalisation de l'éco-
nomie. foi partie parce que bien des
grandes entreprises de FOuest préfè-
rent partir de zéro : c’est plus facile
que de transformer ce qili est pour-
tant, encore en. état de marche. Une
partie du nouveau développement
aprorcé.çrée vr^Imejl ,t Içs bases
d’une, économie HSntL 'Une autre
partie, correspond à.Tesbroufe-de
ÇBpitS^.d^ustiÿî conquérants à
bon compte., A Bonn cependant, 1e
gouvernement a compris son erreur
idéologique de Tan .dernier. Non,
les forces spontanées du marché ne
suffisent .pas. Pour la protection des
plus.fofofes, pour, la formation à
-tous les niveaux, depuis- les appren-
tis jusqu'aux juges et aux hauts
fonctionnaires, pour restructurer
économie et société, il faut légiférer,
B faut gouverner, il faut prendre
conscience de la grandeur et des
exigences du politique qui est la
façon dont une collectivité cherche
à maîtriser son avenir.
Ce qui se passe dans te «nou-
veaux Lânder» n'est pas une affaire
purement allemande. Si l’unité éco-
nomique, sociale, psychologique,
culturelle se fait, lies pays plus à
l’Est, comme la Pologne ou ta Hon-
grie, peuvent avoir espoir de réussir
leur « occidentalisation ». Si la crise
s’accentuait, ri, malgré la richesse
de la République fédérale ancienne,
malgré le soutien de la Commu-
nauté européenne, le redressement
n’était pas rapide, il n'y aurait plus
qu’à désespérer à Varsovie, à Buda-
pest, à Prague: L’inquiétude qu’il
est légitime .d’éprouver quand on
observe. os qui se passe en Alle-
magne dé l'Est, c’est surtout là'
qo’elle. se .situe: .
Olivier Rabut, la constance créatrice
Veuille: avoir l'obligeance J linrc fou 1rs noms propres en capitales J'imprimene.
OLIVIER RABUT, qui vient de
disparaître, est un des
penseurs les plus origi-
naux de l'époque. Il est de la
grande race, la race d’Emmanuet
Levinas et de Paul Rlcoeur. Son
dernier ouvrage, /'Après -
Croyance, paru en 1990 aux édi-
tions du Cerf, est court et dense.
11 apportera des lueurs précieuses
è ceux, si nombreux aujourd'hui,
qui sont en proie à l'incertitude,
au doute, au désarroi.
Dès le début, l'auteur affiche
ses couleurs : « Le mouvement
chrétien, écrit-il, semble n'avoir
pris conscience qu'assez tardive-
ment d'une vérité capitale : fa
consistance de la créature, a/ors
que le néant de la créature a été
longtemps le thème principal. Les
conséquences en sont incom-
mensurables. »
Cette consistance de la créa-
ture signifie qu'il existe, pour cha-
que être, une loi de sa croissance
propre. Ole reste longtemps obs-
cure, prés s’éclaire et finit par
orienter l'existence entière, à la
condition, bien sûr. d'opter, déli-
bérément pour b fidélité è cette
exigence fondamentale.
Mais comment déterminer
cette exigence fondamentale ?
Les Blusions du moi et du sur-
moi, la pression, sociale, les
crises d’identité, tout concourt &
rendre fort difficile l’élucidation
indispensable. L’auteur pense que
l’exigence fondamentale peut être
définie par la convergence de
trois termes qu'il désigne ainsi :
- L' exigence personnelle, teQa
que je puis ta comprendre, à
force de probité, d’attention à
l'expérience et de fidélité.
- L’appel de l’Evangile, lui
aussi objectivement que possible.
- La sagesse des saints oo
sages -de l'histoire, chrétiens au
non- : ,
Ce que propose Olivier Rabut,
et il Je fait avec une complète
ouverture d'esprit, c'est que tout'
être , humain soit * Appelé A déve-
lopper le rrwSlQw defui-mëme en
' accueétant le meilleur du réel».
Cé message est- à . la fois opti-
miste et réaliste. M pessimiste, ni
idyflique, il est. un défi è toutes
les bonnes volontés désireuses
de dépassement. Olivier Rebut
insiste sur la nécessité de la fidé-
lité dans cette recherche du’
dépassement. Il rejoint ainsi ma
marotte personnelle : c'est par la
constance, grâce è* la constance,
qu'advient la croissance. La.
constance créatrice, qui invente
pour durer, est le soleil de f es-
prit.
Jacques de Bourbon Bussst
de l'Académie française.
J . m*
U' \
'enioi d
: Paris acte;
te ioiur de
•• Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 3
TOGO : menacé par l’armée
« '.
V ■■■£
ww : menace par i armée
Le premier ministre a demandé
l’envoi d’« urgence » de troupes françaises
je premier ministre togolais. Français qui se trouvent au Pya, à 600 kilomètres au nord de quart de siècle, le général a’
.Intnnh Unir m, Unf fSnnh Togo (—1 et le DrtKsssus démocrati - Lomé. Avant ressent la canitale acceitté le orincioe d'une coi
*f«'J
le premier ministre
M. Joseph Kokou Koffigoh.
encerclé depuis jeudi 28 novem-
bre au siège du gouvernement à
Lomé par des forces militaires, a
demandé l'envoi A' s urgence»
de troupes mîDtaires françaises
pour l'aider #é rétablir l'ordre ».
Les militaires, qui n'avaient
jamais accepté la mise en place
d'institutions démocratiques de
. transition, fin août, au tenue, d'une
conférence nationale, ont proclamé
le renversement de ce s institutions
et la démission .du gouvernement
de M Koffigoh. Vendredi matin,
ÎH ont lance un ultimatum aux
principaux responsables de «la
transition» en exigeant qu’ils se
présentent « dans les quarante-huit
heures» au quartier général des
forces années à Lomé. . .
Des militaires de province se
sont ralliés vendredi aux put-
schistes. Se qualifiant de «démo-
crates», et déclarant appartenir aux
garnisons de Dapaong - à 700 kilo-
mètres au nord de Lomé - et Kant
- 500 kilomètres au nord, - ces
unités ont apporté leur « soutien
sans réserve» aux actions menées
par leors « camarades de. Lomé et
d’Atàkpàrni ville située i
175 kilomètres au nord de là capi-
tale, - selon un communiqué dï£
fusé par la radio.
«Excellence, Nous avons besoin
d'urgence de la présence des forces
armées françaises dans la cadre des
accords de coopération qui lient nos
deux pays», a écrit jeudi M. Koffi-
goh dans une lettre manuscrite
adressée au président Mitterrand,
par l’entremise de l'ambassadeur
de France à Lomé, M. Bruno
Délayé. Cdui-ci, nous signale notre
correspondant Jean-Kan m Fait, a
passé tout F après-midi aux cotés
du premier ministre assiégé.
M. Koffigoh assigne deux missions
aux militaires français, .en cas de
réponse- positive 'da président Mit-'
terrand : « assister mon gouverne-
ment dam le rétablissement de l’or-
dre * et' «protéger lès étrangers ». ”
La France, qui, jeudi, avait
« condamné le coup de force» et
avait déclaré suivre la situation
« avec la plus extrême vigilance», a
annoncé vendredi qu’dte avait pris
«toutes les dispositions pour assurer
aux ressortissants français la sécu-
rité nécessaire», Les dispositions
prises «concernent la sécurité des
Français qui se trouvent au
Togo (...) et le processus démocrati-
que», & déclaré le porte-parole du
Quai d’Orsay, ML Daniel Bernard
sans donner plus de précisions.
Troisième putsch
m deux mob
L’appel au secours du premier
ministre togolais a été lancé à l’is-
sue d’une journée particulièrement
meurtrière. Au moins dix-neuf per-
sonnes ont été tuées par balles
jeudi. Les putschistes ont donc
prouvé leur détermination. Ils ont
instauré un couvre-Jeu de
18 heures à 5 heures.
Le rôle du président dans ce
coup d’Etat reste mal défini. Au
moment du putsch, le général se
trouvait dans son village natal de
Pya, à 600 kilomètres au nord de
Lomé. Ayant regagné la capitale
dans la journée, il aurait eu des
contacts réguliers avec le premier
ministre, par l’intermédiaire
d’émissaires, selon une source togo-
laise informée. La radio a annoncé
vendredi que le chef de l’Etat ren-
contrerait les putschistes - lesquels
n’étaient toujours pas identifiés -
rfaiw la matinée.
Depuis le début de leur «coup»,
les militaires réclament du général
Eyadema qn’Q nomme «au plus
tôt » un « homme efficace pour for-
mer un gouvernement où tous les
partis seraient représentés». Selon
eux, le chef de l’Etat a laissé
« déraper te processus de démocra-
tisation» mis en place au Togo par
la conférence nationale réunie l’été
dernier. Au pouvoir depuis un
57 ethnies et 4 religions
La Togo couvre une superficie
de 56 785 kilomètres carnés, où
vivant 3,5 miffians d'habitants,
principalement dans tes villes
de Lomé (capitale du pays/,
Sokodé, Atakpamé, Lama-Kara
et fCpafimé. Le français est la
langue officielle de ce pays
composé de 37 groupes ethni-
ques, dont les plus importants
sont les Ewe, les Kebyé et les
Mina, Las Togolais sont ani-
mistes i 50 96, catholiques à
26 %, musulmans à 15 % et
protestants (9 %). Le Togo est
devenu un protectorat aBemand
en 1894. Après avoir été
occupé par les troupes fran-
çaises et anglaises en 1914, ce
pays a vécu sous mandat fran-
çais, avant d'obtenir son indé-
pendance, le 27 avril 1960. Son
premier président, Sylvanus
Otympio (1960-1963) a été tué
lors d'un coup d'Etat et le
demdème, Nicofai Gnmrtzky, a
été renversé en 1967. Le géné-
ral Gnassingbê Eyadéma est au
pouvoir dapwsxpetta date. / Le
Togo, qui produit surtout du
manioc, du maïs et dès phos-
phates, a un PNB par habitant
de 370 dollars et une dette
extérieure de 265,7 milliards de
francs CFA ( environ 5.3 mil-
liards de francs ). Ses forces
armées comprennent
5 800 homme s, dont 4 000
dans l'armée de terra.
DJIBOUTI : la mise en application des accords de défense
Paris accepte de déployer des troupes
le long de la frontière avec l’Ethiopie
la France a. répondu favorablement au prési-
dent Hassan 'Gouled Aptidon qui lui avait
demandé, la semaine dernière, l'application des
accords de. défense liant les deux pays, a
annoncé, vendredi 29 novembre, à Paris, le minis-
tère de la défense. Cet accord de principe, dont
les modalités d'application restent à préciser,
devrait être suivi, dans les jours à venir, «par le
positionnement de militaires français » - probable-
ment des légionnaires - le long de la frontière
entre Djibouti et l'Ethiopie.
Paris avait, en effet, conclu avec
Djibouti, en juin 1977, une série
d’accords en matière de sécurité,
qui ocuoient à la France un point
d’appui militaire permanent où elle
entretient on contingent interar-
mées de quelque 3 850 hommes et
qu’elle peut renforcer pour venir
au secours de la petite république
dans l’éventualité d’une agression
extérieure.
Les forces djibouti enn es comp-
tent quelque 4 ISO hommes et sont
en majorité équipées par Paris.
Quant à la garnison française, eDe
a été renforcée de moins d’un mil-
lier d’hommes, au printemps, à
l'occasion des opérations «Godo-
ria» et «Totem» qui ont notam-
ment consisté à endiguer un afflux
de quelque 40 000 réfugiés civils et
militaires venus d’Ethiopie, où
sévissait la guerre civile.
Pour justifier sa demande & la
France, le président Gouled avait
donc affirmé que les maquisards
afars, qui opèrent dans le nord du
pays, sont des « éléments ètran-
ZAÏRE
Une partie de l'opposition
est exclue du nouveau gouvernement
En obtenant trois ministères, dont
celai du budget, le Mouvement
populaire de la révolution (MPR,
ancien parti unique du président
Mobutu) fait un retour en force
dans le gouvernement constitué
jeudi 28 novembre par M. Nguz
Karl I bond. D’autant que les Farces
démocratiques unies, FDU, ic, grou-
pement de partis qui soutiennent
également le chef de l’Etat, se sont
vu octroyer huit postes ministériels,
dont ceux du domaine «réservé»:
riéfeme et sécurité, relations , exté-
rieur et coopération internationale.
La tendance radicale de l’Union
V.
sacrée - coalition des. partis d'oppo-
sition, - menée par Péphémère pre-
mier ministre Etienne Tshisekedi,
n’a obtenu aucun portefeuille. Dix
ministères reviennent néanmoins au
reste de l'opposition.
D’antre part, le président de la
Ligue zaïroise des droits de
l'homme, M. Buana Kabue, a lancé
jeudi on «appel ait secours», le mois
de décembre risquant, selon lui,
«d’être celui de l’effondrement total
du Zaïre». B affirme que crie danger
d'un génocide (-) perpétré par les
troupes fidèles m maréchal Mobutu
Sese Seko est bien réri». — (AFP.)
i
gers », venus d’Ethiopie. Le Front
de restauration de Funité et de la
démocratie (FRUD) a toujours,
quant à lai, déclaré que ses
hommes sont des Afars de Dji-
bouti. Ainsi, son président,
M. Mohamed Adoyata Youssouf,
né près d’Obock, a travaillé, jus-
qu’en 1977, date de l'accession au
pouvoir du président Gouled, à la
régie des eaux dé Djibouti-. Ville où
résident son épouse et ses quatre
enfants.
L’annonce du déploiement des
forces françaises survient au lende-
main d’une nouvelle visite, sur
place, de M. Paul Dijoud, directeur
des affaires africaines et malgaches
au Quai d’Orsay, qui a rencontré
les différentes parties prenantes à
la crise djiboutienne. M. Gouled
avait annoncé, mercredi, qu’il était
prêt à «consulter» la population,
par référendum, sur « les change-
ments à apporter dans le domaine
politique». Quant aux rebelles du
FRUD, ils avaient décidé d’obser-
ver un cessez-le-feu de sept jours
« eri signe de bonne volonté».
Par ailleurs, on conseil extraor-
dinaire des ministres a décidé,
jeudi, de lever, à partir de 1992,
une « contribution patriotique» de
10 % sur les salaires et les traite-
ments, a annoncé la télévision
nationale. Cette taxe servira à
financer, en matériel et en person-
nel. l’effort de guerre contre la gué-
rilla afar. - (AFP.)
quart de siècle, le général avait
accepté le principe d’une confé-
rence nationale à la mi-juin, après
quarante-huit heures de scènes
d’émeutes. Au terme de cette
conférence, qui a eu lieu du 8 juil-
let au 28 août, le chef de l’Etat
avait perdu l’essentiel de scs pré-
rogatives.
* Perdus pour perdus, on réglera
nos comptes», déclaraient fréquem-
ment, depuis le mois de juin, les
officiers, à La tête de douze mille
hommes bien entraînés et, de
surcroît, pratiquement tous origi-
naires de l’ethnie kabyé, celle du
président. Par deux fois, les 1* et
8 octobre, des militaires avaient
déjà tenté un putsch. En ces deux
occasions, le général Eyadema leur
avait lancé un appel afin qu’ils
rejoignent leurs casernes.
Hier, ils n’ont â aucun motnenr
relâché leur pression. Outre La pri-
ma tu re - le siège du gouvernement
où est retranché le premier minis-
tre, - et les locaux de la radio et de
la télévision. Ils ont encercle la
poste centrale, où les communica-
tions téléphoniques avec l’extérieur
ont été coupées. Par l’intermédiaire
de la radio, les putschistes ont
accentué leur pression, notamment
psychologique, sur la population
en multipliant les communiqués,
tel celui-ci : «Les FAT, les Forces
armées togolaises, demandent une
fois de pou au chef de l’Etat de
nommer un homme efficace, défor-
mer un nouveau gouvernement ,
sinon toute la ville deviendra de la
cendre.»
Terrés chez eux, les habitants de
Lomé, pourtant prompts â réagir -
Os l’ont prouvé â plusieurs reprises
au cours des six derniers mois, -
semblent tétanisés. Les rues sont
quasiment désertes, la circulation
automobile très réduite. Néan-
moins, un tract circulait vendredi
dans la capitale, selon lequel douze
partis politiques ont appelé le
«peuple togolais» â une « grève
illimitée »
de force.
pour faire échec au coup
- fLa France a signé, le 10 juillet 1963,
an accord de défaut arec le Togo. Sept
autres pays africains oui couda un traité
du reèuie type (le Monde daté
24-25 novembre) avec l'Etat français.
L’accord qui lie la Franc* et le Togo n'a
jaunis été pnfcBé au Journal offïàeL On
croit toutefois savoir qu’il prévoit - ce qui
ne serait pas le cas des astres accords -
la possibilité «Tune aide udfiture française
non sealeuieat dans f éventualité de pro-
blèmes avec l'extérieur, mais aussi à l'as-
térie nr du territoire togolais.]
SOUDAN
Le colonel Garang
et les dissidents
ont conclu un accord
de cesser-le-feu
Réunis A Nairobi à rinitiaiive de
r Eglise kenyane, les représentants de
FAPLS du colonel Garang et de la
dissidence conduite par les comman-
dants Lam Akol et Ryak Maccar ont
conclu, mardi 26 novembre, un
accord pour l'arrêt des combats dans
la région de Bor ( le Monde du
28 novembre).
Le cessez-le-feu devait entrer eu
vigueur jeudi matin, mais rien pour
l’instant, malgré les déclarations opti-
mistes des porte-parole officiels des
deux groupes, ne permet d’affirmer
qu’il est effectif A Nasstr, le quartier
général de la dissidence, on a déclaré
attendre de Ere le texte de raccord
de cessez-le-feu pour donner des ins-
tructions en vue de l’arrêt des hostili-
tés.
Dans les milieux proches de
PAPLS au Caire comme A Londres,
on se montre peu optimiste sur l’is-
sue des négociations qui se poursui-
vent toujoure à Nairobi entre les par-
tisans du colbnel Garang et les
dissidents. Ou affirme que la collabo-
ration entre ces derniers et les forces
gouvernementales est allée trop loin
pour qu'on puisse envisager raisonna-
blement un règlement durable des
divergences qui les divisent
□ BURUNDI: le chargé d'affaires
du Rwanda a été prié de quitter le
pays. - Le chargé d'affaires de fam-
bassade du Rwanda i Bujumbura a
été déclaré persana non grata et prié
de quitter le Burundi dans les plus
brefs dcl8is, a-t-on appris jeudi
28 novembre de source bien infor-
mée dans la capitale burundaise.
Cette expulsion survient après les
troubles entre l’armée burundaise et
des «terroristes mots Je l'extérieur»
{le Monde du 28 novembre), qui ont
fait an moins 120 morts en fin de
semaine dernière, selon un nouveau
bilan annoncé par la radia - (AFP.)
AFRIQUE DU SUD : alors que l’extrême droite blanche
remporte une élection partielle
La grande négociation
sur la More Constitution va commencer
Alors que la majeure partie
des forces politiques sud-afri-
caines se réunissent pour prépa-
rer la grande conférence sur
l'élaboration d'une nouvelle
Constitution reconnaissant les
droits de la majorité mire, 1e
parti du président De Klerk a
subi une cuisante défaite, jeudi
28 novembre, lors de l'élection
partielle de Virginia (province de
l'Etat libre d'orange). Le candi-
dat du Parti conservateur (CP),
extrême droite blanche qui
rejette les négociations constitu-
tionnels es, a été éiu avec 62%
des suffrages. Les sept précé-
dentes élections partielles ont
toutes été marquées par une
forte poussée du CP, mais cette
formation n'était pas encore
parvenue à ravir un siège au
parti au pouvoir.
JOHANNESBURG
de notre correspondant
Une vingtaine de partis et
irisations politiques devaient se
’nir dans un hôtel proche de l'aéro-
port international de Johannesburg,
vendredi 29 novembre, pour
débroussailler le terrain avant la pre-
mière conférence multipartite de
l'histoire sud-africaine, qui doit se
tenir les 20 et 21 décembre. Les prin-
cipaux acteurs politiques sont pré-
sents, à l’exception de l'extrême
droite blanche et de Textréme gauche
noire: d'un côté, le Parti conserva-
teur du pasteur Andries Treurnicht,
le Herctigte Nasionale Paxty (HNP),
l’Afrikaner Weerstansbewegiug
(AWB) de ML Eugène Terrcblancbe
et, de l’autre, l’Organisation du peu-
ple (TAzanie (AZAPO) ont déridé de
rester sur la touche.
Cependant, la représentativité de
ceux qui se retrouvent autour de la
table couvre un si large spectre qu'il
n’est pas exclu que les retardataires
puissent prendre le train en marche
dans les semaines ou les mois qui
viennent. Car c’est bien de cria qu’il
s’agit : cette réunion préparatoire est
le coup d’envoi des négociations qui
décideront de l'avenir du pays que le
gouvernement de Frederik De Klerk
et le Congrès national africain (ANC)
de M. Nelson Mandela veulent
« démocratique et non rodai ».
Mais le processus sera long. Les
participants le savent qui doivent,
d'un coté comme de l’autre, compter
avec des bases sociales impatientes
ou inquiètes. Cette réunion prépara-
toire ne prendra aucune décision
concernant directement l'avenir du
pays. Elle restera éminemment
technique et devra surtout dérider de
l’endroit où la Conférence du
20 décembre se tiendra, par qui elle
sera convoquée, qui y participera de
droit, et si les décisions seront adop-
tées par consensus, à la majorité sim-
ple ou qualifiée. Autant de détails
qui, en fait, sont d'une importance
capitale. Car l’ unanimité ne règne
pas. La communauté blanche est
divisée: La communauté noire aussi.
Le Congrès panafricain (PAC), par
exemple, continue d’exiger que la
Conférence soit organisée en terrain
neutre, à l’étranger. Finalement, ce
sont les deux adversaires d’hier, le
gouvernement issu du Parti national
(NPL au pouvoir depuis 1948, et
l'ANC, qui, sont animés de la même
volonté d'aller au plus vite à une
solution négociée. Les nombreux
-entretiens du président De Klerk et
de Nelson Mandela et les multiples
rencontres ANC-gouvernement ont
forgé des liens étroits.
Les désaccords sont profonds.
Mais restitue existe entre ceux qui
apparaissent aujourd'hui comme des
partenaires aux yeux des autres
acteurs de la scène politique sud-afri-
caine qui, parfois, se sentent trahis.
Le toDe soulevé, mercredi 27 novem-
bre, par le PAC, beaucoup plus radi-
cal crans ses positions que rANG en
est f illustration. Selon le parti pana-
fncamste, l’organisation de M. Man-
dela serait coupable de collusion avec
le pouvoir. L ANC aurait d’ores et
déjà négocié un pacte avec le gouver-
nement Les deux parties seraient
tombées d’accord sur la nomination
d'un gouvernement intérimaire
en février prochain, la possibilité de
décider ensemble d’un processus
législatif et la levée de toutes les
sanctions encore en vigueur. Autant
de sujets qui sont au centre des dis-
cussions entre le gouvernement et
FANG depuis que le dialogue frit
officiellement établi, le 2 mai 1990,
lois de la première rencontre offi-
cielle de Grootc Schuur, au Cap,
FRÉDÉRIC FRITSCHER
RECHERCHE
N°238 • DÉCEMBRE 1991 «35 F
• US PRIX NOBEL 1991
• LA RÉHABILITATION DES PLANS
D'EAU
• LA CHIMIE DE L'ANXIÉTÉ
• TOURBILLONS ET SUPERFLUIDITÉ
• U CHÔMAGE EST-IL DÛAU
PROGRÈS TECHNIQUE?
DOSSIER:
Les
tethniques
de
l'imagerie
moléa/laire
RECHERCHE
LA PREMIÈRE REVUE
D'INFORMATION SCIENTIFIQUE
4 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 •
politique saoudien Mohamed Al Fassi
Défendez
les droits
humains
Défendez
les réformes
Son unique “crime” : Oser revendiquer des
réformes démocratiques en Arabie Saoudite
Durant la guerre du Golfe, Moha-
-mecU Al -Fassi, citoyen saoudien,
s’est prononcé en faveur de
réformes démocratiques en Arabie
Saoudite. 11 a participé à une opération
d’aide alimentaire en faveur des
enfants irakiens.
Pour ces u crimes ”, Mohamed Al
Fassi a été kidnappé le 2 octobre 1991
en Jordanie, puis transféré en Arabie
Saoudite. Il a déjà été torturé ; iTTie peut u
ni recevoir sa famille ni être assisté d’un
avocat. Le sort de Mohamed reste ~
inconnu. Sa vie est menacée à tout
moment ; deux prisonnières politiques
avaient déjà succombé dans les prisons
saoudiennes selon Amnesty International.
Mohamed Al Fassi risque la mort
pour avoir défendu la démocratie en
Arabie Saoudite.
-i k J1 t
Au moment où la conférence de paix
au Mfiy^-Qrjepç autorise i’ëspojr d’un
respect véritable des droits de l’homme
dans la région, en suspendant toute
mesure à l’encontre de Mohamed Al
Fassi et en le libérant, le gouvernement
saoudien prouverait qu’il veut mettre
ses actes en accord avec ses pro-
messes de libéralisation et de démocra-
tisation.
Nous demandons la libération de Mohamed Al Fassi
Rev. John Anderson
Andrew A maya
Prof. Khalil Barhoutn
Prof. Joël Beinin
Harold Bernard
Anita Bloom
Marshall Lewis
Braverman
Elizabeth Brown
Te ss Brown
William Cecil
Noam Chomsky
Linda Cléments
Charles M. Crocker
Alexandra deVries
Susan Dobson
Bob Dorfman
Ronald Eaton
Jeanne Eberhard
Gloria Emerson
Frances T. Tarenthold
Mikt Farrell
Douglas Fathers
Sam Goldenberg
Ruth Goldenberg
Carlos Gonzales
Roberta Goodman
Christy Grabosky
Craig Grady
Vince & Jane Graham
Gabriel la Granada
Lisa & Aid en Graves
Violet Graves
Jody Green
Robert Guttenberg
Vivian Harris
LiUie Hawley
Randall Harrison
Gilda lïayward
Mr. & Mrs. George
Heard
Nathan Henderson
June Milliard
Juiianna Hofman
Pour signer cette pétition écrivez
ou téléphonez au CEDETIM
Pour demander la libération immédiate de
MOHAMED AL FASSI, écrivez directement à
Bertram Horowitz
Alexander Issacson
Daniel Ivry
June Jackson
Michael & Susan
Jacoby
Casey Kasem
Prof. John Kelley
Stephen Kebnan
Rtyad Khoury
Robert Kilgore
Douglas Kim
Howard Levine
Lance Levinson
Linda Levitsky
Barbara Lubin
Alexander Lubin
Don Margolis
Gabriel Garcia
Marquez
Jane McBumey
Dr. John McCulhtm
Tom McDonald
Rachel McKean
Lawrence Metcalf
Bryan T. Meyers
Erica Miller
Roger Moore
Dr. Paul Morris
Richard Morse
Frank Mossntan
Bobby Muller
Caleb Nachman
Larry Nagel
Jack Nelson
Osha Neumann
Gus Newport
David Newton
Michael Nielson
Jonathon Noble
Philip Norling
John G.H. Oakes
Hilton Obenzinger
Fr. William O Donne II
Thomas Oison
Bamey Oldfield
Mr. & Mrs. John
Owens
Jean Parker
Eve Parsons
Sarah & Dennis
Pineda
Charles Porter
Brenda Raübman
Rhonda Ridgeway
Arien & Sam
Rittcrman
John Roberts
Harvey Rosenfeld
Penny Rosenwasser
Marion & Fred Roth
Murray & Ruth Simon
Jos Sances
Edward Schutz
Troy Scott
Wallace Seiden
David Shipler
Hon. Maudelle Sbire,
ShiAe y Shubert
Barbara Sikes
Laurie Stanton
Helen Stark
Judith Stein
JoeStork
Lydia Takagi
Martin Thompson
Gregpry Tyson
Claire Underwood
Félix Vasquez
Miranda Wainwrigh
Claudia Welbnan
Susan & Michael
Wray
i" usrt
M. LE PRÉSIDENT FRANÇOIS MITTERRAND
PALAIS DE L'ÉLYSÉE
PARIS
LE ROJ FAHAD
PALAIS ROYAL
RIYAD (ARABIE SAOUDITE)
Financé par le Comité Internationa! de Mohamed Al Fassi 2140 Shattuck ave.#. 2046, Berkeley, CA, USA 94704. Téi. et télécopie 51
Comité de soutien à Mohamed Al Fassi c/o CEDETIM. 14, rue de Nanteuil, 75015 PARIS. Tél. : 42-50-24-39. Télécopie : 45-31-
AMBASSADE DU ROYAUME
D'ARABIE SAOUDITE
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i.
Passi
,,,;/pndp.
r'“-K
'"'"iwratifa
revendiquer g
Arabie Sao©
Al Fssi
-» * .
ASIE
CAMBODGE ; un ehef-d’œuvre menacé
veut faire inscrire les temples d’Angkor
au «patrimoine mondial»
M. Federico Mayor, tfirecteur
général de rUNESCO. a signé à
Phnom- Penh, jeudi 28 novem-
bre, une convention an vue de
faire inscrire le pare d'Angfcor au
cFatrênoine mowfiata.
: PHWOM-PENH -
dé notre envoyé spécial
Sans attendre raccord de paix de
Paris, les efforts pour préserver ce
que certains considèrent comme le
pins bd ensemble de monuments
historiques an monde ont repris.
L’Ecole française d'Extrême-Orient
(EFEOX qui avait assuré la conser-
vation même pendant les pre-
mières années de la guerre, a été
chargée par l 'UNESCO d’instruire
te dossier de rînscription du parc
d’AngJcor an <r patrimoine mon-
dial».
Cette décision avait été prise à
t'issue d’une réunion, en septem-
bre, des quatre factions cambod-
giennes sous le patronage de
PEFEO et de rUNESCO. L’inscrip-
tion n'est plus qu’une formalité et
M. Mayor doit lancer un appd aux
pays donateurs pour que tes tra-
vaux de restauration des temples
puissent reprendre rapidement, si
possible à une vaste ecbdle.
L’ensemble, bâti pour l’essentiel
entre les neuvième et quatorzième
siècles, n’a pas directement souffert
de deux décennies de combats;
Aucune des factions n'a véritable-
ment cherché à prendre sa otage
les principaux temples, redevenus,
depuis plusieurs années, ncctmihfer.
an public. Seuls lès alentours du
Banteay-Kdd, l’un des jcyaur. de
r ensemble, ont été minés, et us
petit ouvrage a été dynamité. Les
temples ont surtout souffert d'an-
nées de négligence, de vandalisme
et de pillage.
Ce pillage, qui a repris de l'am-
pleur, est pratiquement impossible
a prévenir pour plusieurs raisons ;
éparpillement de fn*8*"** de tem-
ples * secondaires » difficiles d'ac-
cès ; dures conditions dans one
région assez proche d'une frontière
thaïlandaise incontrôlable. Enfin,
fart khmer n’a jamais été si prisé,
ex les « enjeux sont fabuleux »,
selon un représentant de ]rEFEO.
Le râle
de FEFEO
Les Indiens avaient entrepris une
restauration controversée, notam-
ment en débarrassant toitures et
murs d’Angkor Vat de leur mousse
avec de l’acide. Selon certains spé-
cialistes, ayant perdu cette protec-
tion multicéntenàire, la inerte ris-
que de devenir vulnérable aux
maladies. Mais les Indiens, qui ont
pourtant signé un nouveau contrat
de six ans avec Phnom-Penh, vie»-
Les Khmers ronges minimisent
F« incident» de PhnomPenh
«C'est un petit incident .» Le porte-
parole d’un groupe de dirigeants
khmers rouges, réunis jeudi
28 novembre à Bangkok a mmîmwrf
en ces tenues les événements surve-
nus la vrille, an cours desquels leur
chef officiel, M. Khi eu Samphan,
avait été aîîaqnépar. des marûfes--
lants an âge de soiToiganisation à
PbnomrPenh.. De. méme.sonrce, ion
indique que Hncident a été orchestré
par «des personnalités influentes»,
non autrement désignées. La radio
khmère rouge s’est prononcée pour
«une poursuite des efforts pour une.
stricte application des accords de
Paris». .
Cette modération permet de pen-
ser qne les deux représentants
khmers rouges au Conseil national
suprême (CNS) siégeront bien,
comme i*a assuré jeudi le prince
Sihanouk, à la prochaine réunion de
cette instance. Convoquée pour le
3 décembre en Thaïlande, elle
devrait en priorité s’occuper, précisé-
ment, de la sécurité, à faveinr, de la
partie khmère rongerè 'Hinoro-Penh.
Les cinq membres permanents du
Conseil de sécurité de CONU seront
présents à' là réunion.
La Chine, principal soutien des
Khmers rouges, a protesté mais avec
modération, contre tes ma dents du
27 novembre; St? déchirant c cho-
quée», die s rappelé que le gmiver-
nement cambodgien s est responsable
du fonctionnement normal du ÇNS».
—(AFP, AP. Reuter.)
PAKISTAN
Arrestations massives
de partisans de M™ Bhutto
La police a arrêté le mercredi
27 novembre des centaines de mili-
tants du Parti du peuple pakistanais
(PPP), la formation d'opposition
dont i'ancien premier ministre
M-* Benazir Bhutto est le chef.
L'opération, qui a touché de 500 &
700 personnes selon les autorités, et
ptos de 2 000 selon te PPP, a été
centrée sur le Sind (cette province du
Sud est un fief de M™ Bhutto), et
plus spécialement sur sa capitale,
Karachi. Des journalistes figurent
parmi les personnalités détenues, aux
côtés de nombreux cadres, notam-
ment étudiants, du PPP. Ces arresta-
tions saut survenues peu après des
déclarations menaçantes du chef du
gouvernement provincial, M. Jam
Sadiq Ali, assurant que te PPP est un
parti «terroriste». De sera oOté, le
premier ministre M. Nàwaz Sharif a
dénoncé des « élément* anti-étati-
ques» qui «complotait en vue de la
désintégration du Pakistan i>. M®
Bhutto a qualifié ces arrestations de
« crime contre la démocratie Le
chef du PPP, qui es? âgé de trssào-
huit ans, avait été destituée te 6 août
1990 par le présidait Ghutam fshaq
Khan, après avoir dirigé le gouverns-
ment pendant vingt mois. - (AFPj
Est-ce le mot
qui donne l’idée ?...
O#
nest de mettre un terme à leurs
travaux faute de moyens financiers,
et aussi à la suite de critiques selon
lesquelles c le dus grand monu-
ment de Part khmer devenait le
plus grand monument de ta médio-
crité indienne».
Le bilan le plus dramatique de te
guerre, selon MM. François Bizot
et Olivier de Bernon, de l’EFEO,
est te destruction avancée du parc
forestier qui protège les temples
contre les intempéries. Ce qui était
interdit autrefois par 1a conserva-
tion d'Angfcor est devenu la règle.
D’abord, on a coupé beaucoup
d’arbres, pour tes vendre. Surtout,
les habitants pratiquent 1a gémina-
tion : après avoir creusé un trou à
l’intérieur des troncs les pius
grands, ils y mettent te foi pour
recueillir la résine utilisée en tant
que gomme. L’arbre brûle de l'in-
térieur et, an bout de trois oc qua-
tre ans, Ion d’un coup de vent, il
s'effondra, provoquant parfois des
dégâts, et une perte d'ombre qui
affecte te dilatation des matas. En
1989, un arbre est ainsi tombé sur
te terrasse des Eléphants, provo-
quant une pulvérisation de la
pierre.
L’autre problème, à {dus long
terme, est 1a consolidation des tem-
ples. Par exemple, le massif centrai
d’Angkor Vat décroche en se fissu-
rant et s’enfonce; Sa consolidation
est une opération techniquement
EN BREF
a CHINE : procès d'ua dirigerai
étattaat (ta «printemps de Pékin».
- M. Zhai Wedmin, vingt-trois ans,
l’un dés dirigeants étudiants du
«printemps de Pékin», réprimé de
façon sanglante sur te phase Tïa-
nanoen le 4 juin 1989. a compare
jeudi 28 novembre devant un tri-
bunal. 11 lui est reproché d’avoir
fondé une organisation secrète,
d’inspiration démocratique. .D'au-
tres procès auront lieu prochaine-
ment ont précisé tes autorités chi* . .
noises, qui ont par ailleurs annoncé
leur intention de libérer des dissi-
dents .et d'autoriser certains d’entre
eux à se rendre à P étranger. - (AF.)
□ CORÉE DU SUD: nnaifesta-
tioos étudiantes. - Des étudiants
ont manifesté jeudi 28 novembre
dans plusieurs villes de Corée du
Sud. A Kvrangju, dans le Sud-
Ouest, ils ont attaqué 1e centre
culturel américain. Les jeunes gens
reprochaient notamment aux Etats-
Unis tes pressions qu’ils exercent
sur le gouvernement de Séoul en
vue d’ouvrir le marché national au
riz étranger. Os protestaient égale-
ment contre une convention mili-
taire signée ta semaine précédente
avec Washington, lors du passage
de M. Dick Cheney, secrétaire
américain à la défense. A Séoul et
à Pusan, les étudiants entendaient
LA BICICLETTA GIALLA
La presse italienne raconte
ARRIVA SUL RICCO
comment le péril jaune
MERCATO IN QUANTITÀ
arrive à vélo.
IMPRESSIONNANT!.
En français, cette semaine, dans
Courrier International.
• Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 5
réalisable par le micrcfcrage, nuis
crtrSresmza; coûteuse. L'entreprise
française Bascoc, qui s consolidé
l’Arc de triomphe, mène une étude
peur voir qusiïss conditions
l’opération psarrah Ztrs assis.
Enfia, certains tarera: eficc:ués
par l'EFEQ avant 1a guerre devront
être repris. Fur exemple, ie
Bapbuoa, représentation pyrami-
dale du ment Méru, a été démonté
en 1971-1972, Iss pierres réperto-
riées étant, scion un plan précis,
déposées sur plusieurs kilomètres.
11 va falloir reconstituer le monu-
ment, et seul fancier, chef de chan-
tier Marcel Lucien connaît le pten
de dépôt de ces pertes.
L’EFEO est., en effet, la
«mémoire» cTAngkor. Seule 1a sai-
sie informatique de scs archives
représentent soixante-quinze ans de
présence - financée par iss Japo-
nais - permettre de savoir, selon
M. de Bernes, rqui a fait quoi,
quand, où et ccmmsx Si te psta
revient. i'EFEO devrait, sous
< 'égide de LUNESCG, jeuer as rôie
unique dans îa préservation de
rcascablc. Elle a déjà mené une
mreten (TévaSulica de décembre
1990 à janvier 1991. Reste â trou-
ver les moyens d’assurer te sécurité
de ce ira qui s'installeront sur place i
et, surtout, à se donner les moyens
financiers de ce qui s'annonce
comme un vaste chantier.
JEAN-CLAUDE POMÛNTl
s’cppnsr au vote, dans des condi-
tions contestables, d’une loi autori-
sant des projets immobiliers tou-
ristiques dans i’ilc de Cfacju. -
(Reuîerj
□ NICARAGUA : dsq morts sc
cours d’affrontements entre des
anciens contras et des «amîiiritfp;.
- Dix jcuit après te signature d'un
pacte de non-agression entre les
deux, parties, d’anciens rebelles de
la Contra et des sandimstes, qui
ont repris Iss armes, se sont affron-
tés dans le nord du Nicaragua,
mercredi 27 et jeudi 28 novembre,
et ces combats ont fait cinq morts
et douze blessés parmi les anciens
contres, sskm le quotidien gouver-
nemental le Prensc. L’accord du
28 novembre préveycit le regrou-
pement e: le désarmement des fac-
tions, mais an commandant des
contras refuse d'abandonner les
armes tant que te sécurité de ses
hommes n’est pas assurée. - (AFFJ
RADIOTELEVISION
Les suites de l’affaire du « Mibow-Warrior» ‘
La presse néo-zélandaise
garde un ton modéré
L'ex-agent secret français Gérald Andriès. impliqué dans l'at-
tentat contre le Rainbow Wanior en 1985 et arrêté en Suisse {le
Monde des 27 et 28 novembre), a reçu, jeudi 28 novembre, la
visite du consul général de France à Bâle, où il esi incarcéré. La
veille, le porte-parole du Quai d’Orsay. M. Daniel Bernard, avait
commenté fe rappel de ('ambassadeur de France à Wellington :
e C'est une procédure coutumière. Nous ne vouions pas croira que
l'affaire en question puisse connaître de nouveaux rebondisse-
ments. Pour ce qui nous concerne, l’affaire est dose. »
A Paris, quatre personnes de la télévision publique néo-zélan-
daise, dont le correspondant en France, lan Borthwicfc. ont été
interpellées jeudi 28 novembre devant ie siège de la Direction
générale de la sécurité extérieure (DGSE). L'équipe de télévision
frimait devant les locaux de la DGSE malgré les panneaux d’inter-
diction. Une fois leur identité vérifiée et après confiscation de leur
cassette vidéo, les quatre personnes ont été remises en liberté.
SYDNEY
(correspondance)
Selon un sondage express effec-
tué par la chaîne de télévision
One Network. 74 % des Néc-Zé-
landais souhaitent l'extradition de
Gérald Andrics. Les 20 % des per-
sonnes interrogées qui s’y appo-
sent arguent des frais encoures et
des conséquences sur les échanges
commerciaux.
The Ever.ing Posi. journal du
soir de Wellington, pense que te
justice doit suivre son cours :
« Celle fois, il ne doit pas y avoir
de transaction. On ne peut tout
simplement pas faire confiance
aux Français ». conclut l'éditorial
3près avoir rappelé qu'Alain
Mafart et Dominique Prieur
avaient été libérés avant terme.
The New-Zeaiand Herald , le jour-
nai â plus grand tirage, note l'em-
barras de Wellington face à a l 'ef-
ficacité légendaire des Suisses». D
écrit •. - U gouvcTRCRtsnt souhaite
probablement annuler les mandats
d’arrêt , mais seules ic police et /c
justice peuvent prendre la déci-
sion.» The Press, le journal de
Christchurch. rapporte un propos
de Sir Gcoffry Palmer (devenu
premier ministre après avoir été
vice-premier ministre sous David
Lange, à l'époque de l’affaire) :
« Cela a été un cauchemar terrible
pendant longtemps et il n'est de
i intérêt de personne de le ravi-
ver».
« La France
a reconnu ses torts »
Enfin, The Dominion , journal
de te capitale, très influent malgré
un tirage moyen, tente d’apaiser
les esprits : « La France a reconnu
ses tons* et « s 'est excusée et a
payé des indemnités. La Nouvelle-
Zélande a raté le coche lors de la
visite de M. Rocard. Elle aurait pu
retirer les mandats d'arrêt exis-
tants. clerc i'affaire et s’attacher à
améliorer ses relations avec la
France». Face aux excuses expri-
mées par la France, l’éditorial
conseille au gouvernement de par-
donner.
SYLVIE LEPAGE
LA PLUS HAUTS FIGURt
DU
MOYFN iCt AILMAHD
oc. ré - T h-‘ a-
» w *
Nouvelle édition augmentée
i Histoire
citez
Si vous ne le lisez pas dons COURRIER INTERNATIONAL
vous ne le lirez jamais. '
FAYARD
}
frrji v* I
r
t :
6 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991
DIPLOMATIE
Un entretien
avec le président
du Conseil européen
Suite Je lu première page
A Maastricht, nous ferons
l'union monétaire et l'union politi-
que. Ce sera un programme de tra-
vail comportant des clauses évolu-
tives. la perspective que certains
choix sc représentent dans un cer-
tain nombre d'années. Nous ver-
rons en marchant. L'exemple de
1993 est une preuve que nous réa-
lisons nos buts.
- Concrètement que signifie
cette idée pour l'union politi-
que?
- L'union politique recouvre
plusieurs éléments. En premier
lieu, l'amélioration de la structure
et l'extension des compétences de
la Communauté. Ensuite, l'appro-
fondissement de la démocratie,
avec un renforcement du rôle du
Parlement européen ; enfin, le
développement des formes de
concertation qui avaient jusqu’à
présent un caractère intergouveme-
mental, telles la politique étrangère
et de sécurité d'une part, et la
coopération policière et judiciaire
d'autre part. Comment cela va-t-il
se traduire à Maastricht?
» En ce qui concerne l’extension
du champ d'action de la Commu-
nauté à la culture ou à la politique
industrielle, par exemple, il faut
appliquer le principe de la subsi-
diarité. Nous n'insisterons jamais
assez sur ce principe. J’ai l'impres-
sion que notre volonté politique de
donner forme à l'Europe nous
conduit à oublier que la priorité
doit aller au traitement des pro-
blèmes à un niveau aussi proche
que possible des citoyens. C'est
seulement en vertu d'arguments
tangibles que leur traitement pour-
rait être abordé au niveau de
l'Union.
» U nous faut développer la sub-
sidiarité. La méfiance de certains
envers l'accroissement des compé-
tences communautaires diminuera;
la confiance augmentera et l’on
pourra alots aller plus loin sur la
voie des décisions prises à fa majo-
rité et du contrôle par le Parlement
européen.
- Placez-vous les nouveaux
domaines d'actions communes,
telles la politique étrangère et
de sécurité et la coopération
judiciaire et policière, dans une
perspective également évolu-
tive?
- Ces deux domaines touchent
clairement à la souveraineté des
Etals et à leur constitution. Pour le
domaine justice-police, la procé-
dure intergouvemementale n’est
pas idéale, mais nous continuons
pour l'instant dans cette voie, tout
en n-'us fixant une échéance, sous
la forme d'une clause de révision,
pour examiner dans quelle mesure
certains éléments de cette politique
peuvent passer dans la sphère com-
munautaire.
* En matière de sécurité, il nous
faut donner corps à l’idée fonda-
mentale que nous avons besoin
aussi bien de la perspective d’une
politique de défense européenne
avec ses instruments, que d’un
pilier européen au sein de l'OTAN,
ce que l'Alliance atlantique sou-
haite d'ailleurs elle-même. Cette
question est en partie un objet de
négociations et en partie un sujet
de malentendu. Ici aussi, la
confiance est un élément impor-
tant.
Réexamen
en 1997
- Le retour de la France dans
la structure militaire intégrée de
l’OTAN faciliterait-il la discus-
sion?
- Celte question est de la res-
ponsabilité de la France. Mais il
est clair que le besoin d'une
Europe unie constitue une stimu-
lation à l'harmonisation. L'union
politique fera, par exemple, peser
une certaine pression sur l’Alle-
magne, qui devra être disponible
pour participer à une éventuelle
Ils
-'ST
force de maintien de la paix, ainsi
que sur l’Irlande, qui devra se
poser la question de la neutralité.
» C’est pourquoi le traité de
Maastricht sera non seulement un
texte, mais aussi un agenda. Nous
y fixerons une direction et nous
dirons que, dans un nombre X
d'années, nous ferons le bilan,
l'idée étant que le processus ainsi
enclenché pousse lui-même à plus
de convergences. Aujourd'hui, nous
ne pouvons rien imposer à Paris.
Bonn ou Dublin. Ce que nous pou-
vons faire, c'est créer les condi-
tions d’une coopération plus étroite
permettant une visibilité croissante
de l'identité européenne; l’appétit
vient en mangeant.
- A quelle échéance les Douze
devront-ils se remettre à table?
- Je serai un peu chauvin : je
pense à la prochaine présidence
néerlandaise dans douze semestres,
en 1997 donc. Mais le plus impor-
tant est d’inscrire dès maintenant
des tâches précises dans le Traité.
Avant la fin de Tannée
offrez-vous une bonne réputation.
Faites graver un Cross.
Il est encore temps rie passer vos Cfimmoruies pour nas
cadeaux d'entreprise. Four recevoir le 'Sitologue
de la fjf&rtme Cross et des possibilités de gravure, êcrnvz-nous à
Cross France. Il me Laugier, 75017 Paris. TéL : (I) 42 67 15 37.
Nom Fonction
Société Adresse
Code Pascal
| La peoonnalisarion en série ou à l'unité, nCcesite un délai de 3 semaine I
EUROPE
YOUGOSLAVIE : la gnerre en Croatie
M. Perez de Cuellar espère régler rapidement
les «détails techniques » du déploiement d’une force de paix
- Vous avez employé i deux
reprises le mot de confiance.
Estimez-vous qu'elle n'est pas
assez grande pour créer dès
maintenant une union plus
étroite?
- En effet. Mais je ne vise pas
les relations personnelles entre les
responsables politiques. Je vise les
rapports entre les peuples et les
nations. 11 nous faut trouver un
nouvel équilibre, car la volonté
politique ne peut pas tout résou-
dre; d’autant que. si les citoyens
admettent parfaitement qu'un cer-
tain nombre d’affaires soient trai-
tées au niveau communautaire, ils
demandent en même temps à leurs
dirigeants de veiller à ne pas trop
transférer à Bruxelles.
» L’Europe est un apprentissage.
Nous avons déjà les mots pour le
dire ; convergence, cohésion, par
exemple. Mais ne ce sont pas des
faits qui sont ainsi désignés, ce
sont des programmes, des objectifs,
des efforts.
Vers la monnaie
commune
- L’Europe disposera-t-elle en
l'an 2000 d'une monnaie com-
mune
- Oui. Je ne peux pas le dire
plus brièvement.
- Avec la Grande-Bretagne ?
- J’en suis moins sûr, mais je ne
l'exclue pas et l’estime probable.
Dès que cette monnaie commune
existera, les citoyens et les entre-
prises des pays qui ne l’auront pas
adoptée seront désavantagés et
feront pression sur leurs responsa-
bles politiques. Cest pourquoi je
ne me fais pas trop de souci à
propos de la Claùst de non-coerci-
tion / permettant à un pays de ne
pas adhérer à la troisième et der-
nière phase de l'Union monétaire /.
Ce qui est important, c’est que
nous nous engagions à franchir le
pas.
- La clause de non-coercition
sera-t-elle ouverte à tous les
Etats membres et si oui, cela
ne risque-t-il pas d'affaiblir l'en-
gagement des Douze à créer
une banque centrale et une
monnaie communes?
- Il faut garder à l’esprit le sys-
tème devant nous mener à la troi-
sième phase de funion monétaire.
Dans le traité, nous pourrions
écrire que les ministres des
finances mesurent, à la lumière des
critères établis, le degré de conver-
gence atteint Ils font rapport au
Conseil des chefs d’Etat et de gou-
vernement qui juge alors avec une
marge d'appréciation politique si le
nombre de pays susceptibles de
participer à la phase trois est suffi-
sant. Le Conseil tire une conclu-
sion unanime et indique une direc-
tion claire. Cette mécanique
fonctionnera pourvu que les Etats
soient prêts à approuver un sys-
tème. même si, individuellement,
ils ne sont pas prêts à y participer.
Cest le cœur du débat, et nous
verrons à Maastricht. Le but est
clair et précis.
- M. Major pourra-t-il sous-
crire à un tel engagement?
- Mon appréciation est que John
Major pourra le faire à condition
qu’il ne soit pas contraint d’en |
accepter dès maintenant les consé-
quences pratiques. La clause de
non-coercition lui ménage cette
marge. Faut-il la réserver au
Royaume-Uni? L'avantage serait
de donner l'impression que le pro-
blème ne concerne que lui. Mais
c'e$t aussi l' inconvénient. D’autres
pays pourraient, en effet, vouloir
en faire usage : le Danemark, par
exemple : et il se peut que des par-
lements désirent avoir la possibilité
de se prononcer sur l'Union écono-
mique èt monétaire une nouvelle
fois. *
Mais l'essentiel n'est pas tant la
formulation de la di:>isc que l'una-
nimité au sein du Conseil euro-
péen. La décision d'ouvrir la troi-
sième phase de l'union le
1" janvier 1997 doit avoir une ,
chance optimale d'être prise. » 1
Propos recueillis par
CHRISTIAN CHARTIER
Le secrétaire général des
Nations unies, M. Javier Perez
de Cuellar, espère boucler d'ici
quatre à six jours les a détails
techniques » de la composition
d'une force de paix en Yougos-
lavie. < Nous avons déjà des
fonctionnaires qui sont sur place
pour discuter des endroits où
nous allons placer les forces des
Nations unies. Nous devons <8s-
cuter aussi de la composition de
la forces, a déclaré M. Perez de
CueUar, à l'issue d'un déjeuner
avec le président Mitterrand.
« Une fois que j’aurai tous ces
éléments, j'irai au Conseil de sécu-
rité. J'espère que je pourrai le faire
dans les quatre, cinq, six jours», a
ajouté M. Perez de Cuellar, se
déclarant « encouragé » par la réso-
lution adoptée la veillé par le
Conseil de sécurité de l’ONU (le
Monde du 29 novembre). Le
conseiller diplomatique de l'Elysée,
M. Pierre Mord, a déclaré de son
côté que la France était «tout à
fait disponible » pour participer à
une telle force. H a précisé que la
formule utilisée pour son déploie-
ment serait sans doute celle des
* taches d'encre », une «répartition
qui ne corresponde pas aux lignes
de démarcation».
A Zagreb, le président croate,
M. Franjo Tudjraan. a réaffirmé
jeudi soir que la Croatie accepte-
rait le déploiement des casques
bleus, y compris «dans les régions
de crise, où les combats se dérou-
lent actuellement » et non plus seu-
lement sur ses frontières histori-
ques. Selon M. Tudjman, l’envoi
de casques bleus dans les zones de
combat, en territoire croate, est
acceptable « jusqu’à l'élimination
de tous les groupes rebelles et l'éva-
cuation de l’armée yougoslave de
tous les territoires croates».
Cependant, de dolents combats
d'artillerie se sont poursuivis jeudi
en Croatie entre l’année serbo-fé-
dérale et les forces croates. L’armée
a maintenu sa pression sur Osÿek
(dans l’est de la CroatieX attaquée
à Partillme et, poar la première
fois, aux lance-roquettes multiples,
selon la télévision croate. L’agence
Tanjug (serbe) a, pour sa part, fait
état de combats sur le front de
Nova-Gradiska (140 km au sud-est
de Zagreb) et cité des sources mili-
taires selon lesquelles les combats
de la veille à Lipik (20 km an nord
de Nova-Gradiska) avaient fait une
trentaine de morts dans les rangs
croates.
Combats
dans Vukovar en mines
En outre, une attaque croate sur
la ville de Glina (80 km au sud de
Zagreb) a fait un mort dans les
rangs serbes, selon la télévision de
Belgrade, alors que Radio Zagreb a
fait état d'une attaque de volon-
taires serbes sur le grand centre
industriel de Sisak (60 km au sud
de Zagreb). La télévision de Bel-
grade a également rapporté des
affrontements sporadiques entre
forces croates et unités yougoslaves
dans la région de Dubrovnik, ville
sur laquelle flotte le drapeau de
l’UNESCO, après l’arrivée de deux
émissaires du directeur-général,
M. Federico Mayor, chargés d’éva-
luer les dommages causés à h cité
historique placée sous la protection
de rUNESCO.
Des combattants croates conti-
nuent, d'autre part, à se battre
dan* Vukovar (dans l’extrême est
de la Croatie), tombée la semaine
dernière aux mains de Tannée de
Belgrade après un siège de trois
mois, a affirmé Tanjug, précisant
que les troupes fédérales captu-
raient chaque jour une vingtaine
de Croates cachés jusqu’à présent
BELGIQUE : les.eonsflMons politiques; .
Le roi Baudoum n’a pas accordé
d’audience à l’extrême droite
Le roi Baudouin a terminé sa
série de consultations des princi-
pales formations politiques belges,
après les élections législatives du
25 novembre, sans avoir reçu de
délégation du Vlaams Blok, un
parti flamand ultranationaliste et
ouvertement xénophobe, qui a
recueilli 6,6 % des suffrages (le
Monde du 26 novembreX Le sou-
verain, qui joue un rôle politique
non négligeable en Belgique, a tou-
jours été intransigeant sur le res-
pect des principes de la démocratie
et des droits de l’homme.
En 1936, le parti Rex de Léon
Degrelle, qui développait les thèses
nazies en Belgique, avait remporté
21 des 1 12 sièges de là Chambre.
Le roi Léopold 111, dont l’attitude
pendant la seconde guerre mon-
diale sera plus tard contestée, avait
alors eu dn comportement proche
de celui de son fils Baudouin
aujourd’hui : il avait, certes, reçu
Léon Degrelle.
Mais il avait sorti sa montre en
déclarant « P audience est ouverte»,
avant de clore l’entrevue vingt
minutes plus tard, en lançant « Tau-
dience est terminée», sans avoir
prononcé un mm de plus. Léon
Degrelle, réfugié en Espagne, fut
condamné à mort en 1945 pour
collaboration. Dans une lettre au
roi Baudouin, dont l'agence Belga a
publié jeudi des extraits, il rédame
maintenant l’amnistie™
dans la ville en ruine: Des obser-
vateurs européens ont pu s’entre-
tenir avec la directrice de l’hôpital
de Vukovar, le Dr Vesna Bosanac,
arrêtée par l’année lors de la prise
de la ville et détenue à la prison de
Sremska-Mitrovica (en Serbie, â 50
km à l’ouest de Belgrade). De son
côté, ie vice-ministre croate de la
défense, M. Stjepnn Adanic, a
assuré que 1 1 300 civils croates
étaient «retenus» par l'armée fédé-
rale, qui détient également selon
loi 347 blessés et malades, 620 sol-
dats croates et 156 membres du
personnel de f hôpital de Vukovar.
Sur le plan diplomatique. l’Eu-
rope a de nouveau laissé paraître,
jeudi, ses divisions. D’une part, le
président du conseil italien,
M. Gralio Andreotti, a annoncé, à
l’issue d'un entretien avec le chan-
celier allemand Helmut Kohl, que
son pays avait P intention de se
joindre à l’Allemagne pour
reconnaître la Slovénie et la Croa-
tie avant N6S (M- Kohl a récem-
ment indiqué que Bonn prendrait
cette initiative même s’il n’y avait
pas unanimité dans la CEE). D'au-
tre part, le premier ministre grec,
M. Constantin Mitsotaltis, arrivé
jeudi à Belgrade, a émis un avis
défavorable à la reconnaissance
« unilatérale» de la Croatie et de la
Slovénie, dans une conférence de
presse tenue en commun avec le
président serbe Slobodan Milose-
vic. «Je pense qu'il ne serait abso-
lument pas utile en ce moment de
parler de la reconnaissance unilaté-
rale de l’indépendance de ces Répu-
bliques». a-t-il dit
Au chef de l'Eglise orthodoxe
serbe, le patriarche Pavle. M. Mit-
sotakis a « promis l'aide de la
Grèce au peuple serbe», soulignant
qu* «en tant qu’orthodoxes les peu-
ples grec et serbe sont très proches
et se doivent assistance». - (AFP,
Reuter.)
M. Genscher flienacé
pai; des terrqnstes
serbes
Dés terroristes serbes se sont
infiltrés en ' Allemagne pour tenter
d'assassiner plusieurs dirigeants,
dont le chef de la diplomatie Hans-
Dietrich Genscher, a indiqué jeudi
la police judiciaire allemande
(BKAX «Nous avons reçu des infor-
mations» sur la préparation de tels
‘attentats, a souligné un porte-pa-
role de la police, précisant que
« deux Serbes» seraient déjà à pied
d'œuvre en Allemagne. Le BKA a
déjà prévenu « il y a quelques
jours » le gouvernement allemand
de ces menaces, a ajouté le porte-
parole. Selon lui, le président du
Parti libéral (FDP) Otto Lambs-
dorff et ie fils du dernier empereur
d’Autriche-Hongrie, Otto von
Habsbourg, député européen, figu-
rait également sur la liste noire. -
(AFP.)
PROCHE-ORIENT
Se disant prêt à saisir la Cour internationale de justice .
Le colonel Kadhafi refuse de livrer
les auteurs présumés de l’attentat de Lockerbie
Le colonel Kadhafi a proposé,
jeudi 28 novembre, de s'en remet-
tre à l'arbitrage de PONU, après
avoir été mis en accusation par les
Etats-Unis, la Grande-Bretagne et
la France à propos des attentats
contre un Boeing de la PanAm et
un DC-10 de l’UTA. Dans un
entretien accordé au quotidien
espagnol El Pals et à Télé Monte-
Carlo (ItalieX il a déclaré que «la
loi libyenne, comme celle de tout
autre pays, ne permet pas de livrer
aux autorités des Etats-Unis ou de
Grande-Bretagne - qui ont exigé
l'extradition - les (deux) ressortis-
sants libyens soupçonnés ».
Le colonel Kadhafi qui s'est
entretenu, jeudi, près d’Alexandrie,
avec le président égyptien,
M. Hosni Moubarak, a, d'autre
part, jugé que l'administration
américaine «est trompée par ses
espions », que le président Bush
avait une « personnalité très équili-
brée» et que, pour la première fois,
les Etats-Unis avaient, avec
M. Baker, «un secrétaire d’Etat rai-
sonnable». Dans un communiqué,
le ministère libyen des affaires
étrangères a, tout de même, promis
« d’étudier de manière positive et
avec un esprit constructif les actes
d'accusation» délivrés par les ins-
tances judiciaires américaine, bri-
tannique et française.
Menace
de sanctions
«Si tout le monde démontre que
la Libye est impliquée dans cet inci-
dent, alors la Libye assumera sa
responsabilité et s'il s 'agit d'une
action individuelle, alors cette per-
sonne assumera sa responsabilité ».
a assuré le chef de l’Etat libyen
pour qui la Cour internationale de
justice est «le tribunal compétent »
pour juger de cette affaire.
De passage à Paris, où il a ren-
contré M. Mitterrand, le secrétaire
générai de l’ONU a affirmé que
«si les autorités libyennes veulent
aller à la Cour internationale de
justice, celle-ci serait certainement
prête à contribuer à une solution du
problème ». Maïs on souligne à
r Elysée qu'il s’agit d'une affaire
criminelle pour laquelle une procé-
dure judiciaire est en cours et non
d’une affaire d'Etat à Etat
La France a menacé de rompre
ses relations diplomatiques avec la
Libye et d'adopter des « sanctions »
- sans en préciser la nature - si la
responsabilité de Tripoli dans l’at-
tentat du DC-10 de l’UTA était
avérée. M. Roland Dumas en a
informé, jeudi, une délégation d'as-
sociations de défense des victimes
de l'attentat, qu'il a reçue au Quai
d’Orsay. Dans un entretien qu'a
publié, vendredi, le quotidien Libé-
ration, le principal accusé libyen
dans cette affaire, M. Abdallah
Elazràgb, premier conseiller à
# l'ambassade » de Libye au Congo
au moment des faits, a clamé son
innocence.. - (AFP.)
Jaüilîg’ns
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*• Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 7
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le retour du passé
Snfc de la première jqg*
nÜLÎSfiSîe^fS. ««•
ponsawes et des phs- petits pois-
sons qui se sont «contentés», pour
obéir aux ordres ou éviter des dés-
agrcmrat* de «s’adapter». Beau-
coup (T Allemands de. l’Ouest en
étaient partisans. L’oubli leur
aiuwt évité de s’interroger sur eux-
mfinus, non seulement sur ratti-
tude déplus anciens pendant le
111; Reich, mais paiement, pour
certains responsables, sur Pindul-
gence coupable manifestée à l’égard
des dignitaires de la RD A.
Les Alteraands de l'Est,' ceux d’en-
toeera en tout cas qui avaient
résis^ souvent au péril de leur
vie, de leur carrière ou des études
de leurs enfents, contre le système
Ulbncht-Honecker, ne l'ont pas
voulu. Us ne pouvaient pas admet-
tre que tes victimes et les bour-
reaux soient finalement traités sur
un pied d’égalité.
Mais qui juger? Les lampistes, tels
ces jeunes gardes-frontières qui
sont actuellement devant un tribu-
nal de Berlin pour avoir tué deux
fuyards qui avaient le même fige
qû eux et qui tentaient de franchir
le mur 7 Pour leur défense. Os affir-
ment avoir obéi aux ordres et avoir
risqué leur peau s'ils ne l'avaient
pas fait. A l’Ouest, certains leur
reprochent de ne pas s'être
conduits en héros, de n’avoir pas
au moins tiré en I*air. Qui, ptfor.
tant, peut affirmer après avoir vécu
quarante ans dans la démocratie
parlementaire de la République
"Mende, qtfil ne se serait jamais
pué aux injonctions d’un Etat poli-
cier i
Fhirt^l alors juger tes responsables
politiques, Honecker par exempte,
qui a donné l’ordre, de tirer sur
tous ceux qui cherchaient i passer
clandestinement la frontière entre
les deux Etats allemands? C’est le '
sens de la demande d’extradition
présentée par Bonn à Mikhaïl Gor-
oatchev, mais on peut s'interroger
sur te volonté allemande de jurer
ancien président de ta RDA, qui
rat reçu avec tous les honneurs dus
à un homme d’Etat, en 1987, &
«onn. Personne - et Mfichall Gor- —
batchev moins que quiconque — renseignements sur le camp occi-
n a sans doute intérêt au déballage ^cntal- En attendant une décision
que ne manquerait pas de provo-
quer un procès à- grand spectacle.
URSS : regain de tension an Caucase
Etat d’urgence et mobilisation
en Ossétie du Sud
mort d’homme sur ta conscience
nu» .qui faisaient passer & PEst des
Un ami
de Franz Josef Stranss
Ou faut-il traîner devant tes tri-
onnwn les épigones d’Honedcer.
dont certains se font des fortunes
en vendant leurs Mémoires ou en
"" “ivanant dans tes shows télévî-
a E?.îIrlleurs« jnger selon quel
droit? La question ne vaut pas seu-
lement pour Honecker. Elle se pose
avec plus d’acuité pour tes espions
est-allemands, qui n’ont pas de
yurrures
Seorc/e F
....
f/S.: Sspu^ ' <W«Wi
j ; lafthetoe a ftq^/é^ BffjBlIBffl
VENTE
portes ouvertes
au»
... (êeckae
du Samedi 30 Novembre au 15 Décflmrtrt»
ESCOMPTES
tjMun&aax et wèùted
■50% §Ue/tnem HS&
wtd a/tgerUé e/houoc >40^
• Wàcw -30%
Vrtoto ■ncuve/le co/iection —15*’*,
tÀiankauœ, 7/8 , 3/4,
*jMou/on> ètouSin face -20^.
9/a/un- ce/ v&on. -3056.
TomSîaoilo
BUS- 31.
...Ou l’idée
qui donne le mot?.
J ii«ui UUB UEUUIDO
du Tribunal constitutionnel, les
juridictions allemandes apportent
des réponses contradictoires. Pour
tes unes, ces agents « travaillaient»
amplement pour leur pays; pour
tes autres, leurs agissements étaient
plus coupables que ceux des
MjMons occidentaux, parce qu’ils
étaient au service d’un Etat totali-
taire dont leurs informations ser-
vaient ta machine répressive.
II n’est pas possible de juger
-selon 1e droit est-allemand ulégi-
time et arbitraire, puisque la RDA
n était pas un Etat de droit; mais
|P£txt-on jurer selon le droit ooest-
“tamand, qui ne s’appliquait pas
;au moment des faits reprochés au
territoire où ceux-ci étaient com-
I mis ? La question se complique
| encore dans ta mesure où, jusqu'en
1972 au moins, ta RFA prétendait
représenter l’Allemagne tout
entière et que pour die, en tout
cas, la RDA n’existait pas comme
sujet de droit international.
; Beau thème 'de dissertation pour
les juristes, qui n’épuise cependant
pas une discussion avant tout poli-
tique. Un des plus beaux fleurons
du régime communiste est-alle-
mand passe actuellement devant
une commission d’enquête du Par-
lement de Bonn : Alexandre
Schalck-Golodkowsld, cinquante-
neuf üm, offidéOemem chef de ta
«coordination commerciale» - un
appendice du ministère du com-
UMte extérieurf^de Berlin-Est, -
-officieusement surnommé le
«pourvoyeur de devises» de la
RDA, colonel de la sécurité d'Etat
à ses heures, ce qui ne l’empêchait
pas «Têtue un grand ami de feu
Franz Josef Strauss, ténor de la
droite bavaroise.
Les archives
de la Stasi
Son rôle pendant des décennies a
consisté à conclure avec des firmes
occidentales de frocteuses affaires
qui rapportaient i Berlin-Est des
devises et accessoirement des ren-
seignements techniques ou politi-
ques. Ses fonctions officielles l’ont
nus. en relation avec toute la ci«se
dirigeante ouest-allemande. On
comprend, dans ces conditions,
qu’il soit difficile de tirer au clau-
ses. activités, de faire ta paît entre
le «commerce mutuellement avan-
tageux entre deux pays i systèmes
sociaux differents», comme disait
encore Ja langue de bois des
années 80, et la pure et simple
subversion. En attendant,
«Scfaalck» coule «les jouis heureux
au bord du Tegersee.
H y a aussi les obscurs et tes
sans-grade; ceux qui ont joué dans
les partis-croupions - libéral ou
chrétien-démocrate - les faire-va-
loir des communistes et qui n’ont
pas hésité à convoiter des postes de
responsabilité après la réunifica-
tion. Bon gré mal gré, car elle avait
besoin de troupes pour gagner les
élections, Ja démocratie cfaiétiemie,
qui avait accepté toutes les bonnes
volontés, a été obligée de faire te
ménage dans ses rangs. L’unifica-
tion forcée des partis communiste
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et socialiste en 1946 a au moins
évité ce problème au SPD.
Il y a ceux qui étaient en carte à
ta. sécurité d’Etat - la Stasi, - pas
nécessairement des agents à plein
temps, mais des auxilfiaires qui
rendaient des petits services en fai-
sant des rapports sur leurs voisina
de palier cru leurs collègues de tra-
vaiL Une institution spéciale, pla-
cée sous ta responsabilité d’un pas-
tenr. a été créée pour gérer tes
archives de la StasL L’accès de la
presse anx dossiers vient d’être
réglementé par une loi, pour éviter
tes campagnes de soupçons, voire
de diffamation. Les personnes
mises en cause et les anciens
«espionnés» mit 1e droit de voir
leur dossier. Des récits tirés de
cette «littérature» commencent à
paraître dans ta presse, qui don-
nent un aperçu savoureux et tragi-
que du style policier est-allemand.
Le problème est politique, juridi-
que. moral, historique. Mais l’nni-
ncation ne sera pas vraiment réali-
sée aussi longtemps que ce
n’anra pas été épuré, qn'ü n’aura
pas été pris en charge collective-
ment par tous les Allemands, à
PEst et à l'Ooest, comme un passé
commun, un morceau ineffaçable,
au même titre que tes douze ans de
national-socialisme, de l’histoire
allemande.
DANIEL VERNET
Le Parlement d'Ossétie du Sud,
en Géorgie, a proclamé, jeudi
28 novembre, l'état d’urgence et
décrété la mobilisation générale
alors que les forces loyales au
président géorgien, M. Zviad
Gamsakoirdia, se massaient aux
abords de la capitale régionale,
Tchkinvali. Au terme d'une réu-
nion de plusieurs jours, le
Conseil (assemblée) régional a
également nommé M. Znaour
Gassiev au poste de premier
ministre et président du Parle-
ment. Selon la télévision russe,
près de dix-sept mille «combat-
tants» géorgiens sont mobilisés
aux frontières de l’Ossétie du
Sud, ancienne région autonome
au sein de la République de
Géorgie. Mais lors de l’âectîon
présidentielle dans cette Républi-
que en novembre 1990, les
Ossètes avaient exprimé leur
refus de l’indépendance géor-
gienne. Ils demandent à être rat-
tachés à l'Ossétie du Nord, Répu-
blique autonome de la Fédéra-
tion de Russie.
D’après l'agence Interfax,
citant les services de renseigne-
ments locaux, la concentration de
troupes géorgiennes laisse prévoir
une éventuelle attaque contre la
capitale de l'Ossétie du Sud. Les
dix-sept mille hommes, équipés
de chars et de véhicules blindés,
encerclent la ville alors que la
population locale ne disposerait
que d’armes légères, selon la
même source. Dès la semaine
dernière, des informations
avaient fait état de la volonté de
la direction géorgienne de lancer
une attaque massive sur la capi-
tale ossète, mais elles avaient été
démenties par Tbilissi.
Blocns
Nouvelle loi
sur la citoyenneté
russe
Le Parlement russe a adopté,
jeudi 28 novembre, une loi qui
donne la citoyenneté russe à tous
tes Soviétiques de nationalité russe
déchus contre leur gré de leur
citoyenneté, a annoncé l’agence
R/A. Cetfe décision concerne
notamment les 175 écrivains et
artistes réfugiés à l’étranger et tes
400 000 juifs russes qui ont émigré
en IsraSL La loi précise que les
Russes vivant dans des Républi-
ques souveraines dont ils ne sou-
haitent pas obtenir ta citoyenneté
sont également considérés comme
des citoyens russes. Jusqu’à pré-
sent, tes citoyens soviétiques qui
choisissaient de s’expatrier, étaient
systématiquement déchus de leur
citoyenneté. - (AFP.)
Peu après son élection
en décembre 1990, te président
géorgien, opposé aux visées sépa-
ratistes des Ossètes du Sud, a
aboli le statut d’autonomie de
cette région et imposé l’état d’ur-
gence. L’Ossétie du Sud avait
alors déclaré son indépendance,
une décision qu’elle a officielle^
ment réaffirmée jeudi. Depuis on
an, des formations armées ossètes
et géorgiennes s’affrontent dans
une guérilla qui a fait des cen-
taines de morts et des dizaines
de milliers de réfugiés. Les com-
battants géorgiens imposent en
outre depuis plusieurs mois un
blocus économique à
Tchkinvali. - (AFP. Reuter.)
□ Décès du premier ministre kir-
gh'ag. - Le premier ministre du
Kirghizstan soviétique, Nasirdine
Isanov, s’est tué, vendredi
29 novembre, dans un accident de
voiture, an cours d'une visite dan»
la région de Djalal-Abad, selon
f agence Interfax. - (Reuter A
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8 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991
PO I NT/L’UKRAINE
Un vote
pour l'indépendance
Dimanche 1" décembre, les 52 millions
d'habitants de l'Ukraine doivent à la fois, se
prononcer pour ou contre l'indépendance de
cette République et élire un président U
favori est Leonid Kravtchouk, ex-chef du Parti
communiste idcrairoen et actuel numéro un en
tant que président du Parlement II affame
dans ses meetings qu'il faut eau moins
80 %a de voix en faveur de l'indépendance
pour que l'Ukraine, avec son territoire grand
comme la Pologne, la Hongrie et la Tchécos-
lovaquie réunies, «finisse par devenir ha t roh
stème pays <f Europe après l'Allemagne et la
Rance».
Il exclut ans! la Russie de FEiaope. Mais
c'est précisément cette conviction, désormais
ancrée en Ukraine, que, pour son salut, elle
doit se détacher de tout ce qui se décompose
à l'est de ses frontières, qui fait le succès de
l'idée indépendantiste. Même une majorité de
se* 12 miffions de Russes seraient aussi deve-
nus favorables à cette indépendance, qui leur
réservera, espèrent-ils, un moins mauvais
niveau de vie que la Russie.
Les dernières décisions de la Russie, déci-
dant de faire cavaSer serf dans ses réformes
et s'adjugeant les vieux namatères fédéraux
de Moscou, n'ont pu que précipiter la déter-
mination en Ukraine è voter pour l'mdépen-
dance et peut-être aussi donner plus de voôc
au principal rival de M. Kravtchouk, le diri-
geant dé Lvov, Vratcfiesfav TchomovyL Mais
cet ex-dissident, qui a passé quinze ans dans
les camps soviétiques, reconnaît lui-même
que M. Kravtchouk s'est peu à peu approprié
son propre programme Indépendantiste et
reste pour cela le favori. Tous deux sont d'ac-
cord d'auteurs sur l'étape suivante : appel à la
reconnaissance de l'Occident à son aids et à
ses investissements pour introduira l'écono-
mie dé marché avec une monnaie ukrainienne.
Personne n'ose dire que ce sera facto:
M. Eltsine, qui, encore après le putsch d'août
menaçait de réclamer à l'Ukraine tes régions à
majorité russe de l'Est et du Brimai sud, peut
refuser de Svrer à l'Ukraine te pétrole et le gaz
dont eflo dépend fortement
Les Ukrainiens peuvent refuser de Bvrer leur
blé - ce qu'as font déjà en panda partie, -
voire couper les exportations de la Russie qui
transitant chez eux. ActuaBament l'Ukraine
se flatte, non sans raison, d'avoir su aplanir
chez elle les animosités inter-ethniques,
même si «tes juifs continuent à partir. Ni Kiev
té Moscou ne veulent non plus d'une guerre
économique qta pourrait dégénérer et les pri-
ver du soutien de l'Occident
Entre Pologne et Russie
Une aspiration constante à la liberté
Voltaire le disait : « L’Ukraine
aspira toujours à être libre. » Mais
peu le disent avec lui. Si le poids
géopolitique de l’Ulcraine est main-
tenant reconnu comme pouvant jus-
tifier une existence indépendante, la
légitimité historique de celle-ci reste
beaucoup plus Floue, avant tout
pour les Russes. Quand M. Gorbat-
chev dit qu’il ne peut imaginer
l’Union sans l’Ukraine, il ne fait
qu’exprimer une idée constante de
ses compatriotes de tout bord :
Lénine affirmait que, «si l’URSS
perd l'Ukraine, elle péri sa tête».
Soljénitsyne aussi défendait, en sep-
tembre 1990, le maintien d’une
e Union slave » formée de la Russie,
de la Biélorussie et de l’Ukraine.
Cette idée d’une triade «russe»
inséparable révolte les Ukrainiens :
ces Slaves ne se veulent pas plus
Russes que sont les Polonais ou les
Tchèques. Russes, Biélorusses et
Ukrainiens auraient bien pour
ancêtres communs les Slaves orien-
taux, ces «rouss». rassemblés avant
et après l’an 1000. sous l’autorité
des princes de Kiev quand Moscou
n’existaii pas encore. Mais si la
Russie moscovite puis impériale a
fini par s’imposer ei russiser ses
cousins, les Ukrainiens n’en contes-
tent qu’avec plus de vigueur une
Histoire écrite â Moscou, une capi-
tale qu’ils voient comme les Grecs
anciens voyaient Rome. Les diffé-
renciations entre Ukrainiens, Biélo-
russes et Russes ne viendront qu’a-
vec les invasions, à partir du
treizième, siècle des Mongols, puis
des Lituano-Polonais qui se parta-
geront longtemps l’Ukraine avec les
Tartares du Kharnat de Crimée.
La russification
Puis les Russes entament leur
lente mais constante progression
vers le sud, vers cette <* ukraina »,
mot qui veut dire «confins» ou
«marches» en russe. Les cosaques
Zaporogues, les Slaves semi-no-
mades pariant ukrainien se taillent
alors un domaine dans la boucle du
Dniepr, entre Russes, Polonais et
Tartares. s’alliant tantôt avec les
uns, tantôt avec les autres pour ten-
ter de sauvegarder leurs «libertés».
Un de leurs chefs élus, le hetman
Bogdan Khmelnitski, à la tête d’une
révolte paysanne contre les Polo-
nais, choisit, en 1654, de se placer
sous la suzeraineté du tsar. Celui-ci
devint alors « tsar de toutes les Rus-
sies» : la grande, la petite (Ukraine)
et la blanche Biélorussie. La statue
de Khmelnitski à Kiev est pour
Moscou celle du patriote et de
l’unificateur. Mais pour les Ukrai-
niens, c’est celui qui a ouvert la
voie à l’impérialisme moscovite. Le
dernier hetman cosaque qui cherche
& s'émanciper, le Mazeppa des
Romantiques, est battu en 1709 à
Poltava.
De faux atouts
économiques
En quittant l’Union soviétique,
1" Ukraine la privera de 18 % de
sa population, mais de 25 % de
son PNB. dont 23 % de sa pro-
duction agricole (53 % du sucra
et 56 % du maïs) ; mais aussi
de 46 % de son fer, de 34 %
de son acier et de 24 % de son
charbon.
Les mines du Dombass,
exploitées depuis le dix-neu-
vième siècle, sont cependant
dans un état sinistré et coûtent
des mü fia rds en subventions. De
môme que l’industrie, perçue
par (es Ukrainiens comme un
des piliers de leur indépen-
dance, alors qu’elle est à 25 %
au moins militaire et nécessite
des investissements énormes
pour survivre dans une écono-
mie libérale.
Cette industrie lourde est
donc moins un atout qu’une
future source de besoins finan-
ciers auxquels l’Ukraine, è
défaut de matières premières
exportables, pourra difficilement
répondre : sa part de dettes
soviétiques, qu’elle veut rem-
bourser seule, la place au niveau
des pays a sévèrement endet-
tés» définis par la Banque mon-
diale et cotés plus bas que la
Russie.
Sous Catherine II, une grande par-
tie de l’Ukraine actuelle passe dans
l’empire russe. D’abord Potemkine
y bat les Turcs et devient gouver-
neur, faisant de la «nouvelle Rus-
sie» le grenier à blé de l'empire. Le
port d’Odessa est fondé. Et des
populations affluent, allemandes,
grecques et juives. Au dix-neuvième
siècle, la houille du Dooets et le fer
voisin font aussi de l'Ukraine orien-
tale le berceau de l'industrie lourde
de l'empire. La russification accom-
pagne cette colonisation : ['ukrai-
nien, dont la force littéraire issue
du slavon a été fortement pokmisée,
est tout simplement interdit.
C’est alors dans la Gaiicie -
l'Ukraine occidentale passée à l’Au-
triche après le premier partage de la
Pologne en 1772 - que sont impri-
més des ouvrages en ukrainien
moderne, œuvres de pionniers qui
ont puisé dans les rfiaittetex Quand
les troupes russes s'emparent de
cette région en 1914, la répression
touche aussi ce refuge de l’Ukzaine
et de l’Eglise uniate (grecque-catbo-
lique). Mais une nouvelle occupa-
tion polonaise entre les deux
guerres permit à la Gaiicie, quand
elle devra à son tour se soumettre
au pouvoir soviétique en 1939,
d'être le ferment jamais éteint du
nationalisme ukrainien.
L’ère soviétique
Un nationalisme qui se manifesta
en Ukraine orientale, dès la chute
du tsarisme, avec la proclamation
en novembre 19 17 d’une Républi-
que démocratique d’Ukraine avec le
social-démocrate Petlioura comme
ministre de la guerre. Elle signe,
en février 1918, un traité à Brest-
Litovsk avec les puissances cen-
trales, qui reconnaissent l’indépen-
dance de rUkraine. Le gouverne-
ment bolchévique est contraint de
faire de même un mois plus tard.
Mais l'Allemagae occupe toute
rUkraine et, quand elle se replie,
des combats, accompagnés de pil-
lages, massacres et progroms, rava-
gent la nouvelle République. Les
acteurs en sont pêle-mêle les bol-
chéviques de Petlioura, les anar-
chistes de Makhno, les cosaques, les
armées blanches, celles des alliés ou
des Polonais.
Entre 1917 et 1920, Kiev aura
changé neuf fois de mains, avant
que s’installe la République soviéti-
que d’Ukraine, qui devient, le
30 décembre 1922, membre fonda-
teur de l’URSS. Les années 20, avec
le répit de la NEP, connaissent une
certaine renaissance avec une offi-
— Frontières actuelles
Limitas des Républiques soviétiques
——-.«-n Territoires annexés par l'Union
I soviétique entre 1939 et 1945
Gaiicie
orientale
polonaise
Ukraine
sudearpatique
tchécoslovaque
entra 1919 et 1938
Bucovine
du Nord
‘
Bessarabie
. Crimée
roumaine
entre 1918 et 1940
roumaine .
entre 1918 et T940
rattachée à l'Ukraine
; en 1954
.dalisation du bilinguisme, l’e
gnement obligatoire de PuJerainien
et une liberté culturelle pour les
minorités, notamment juives.
Mais la collectivisation boule-
verse à nouveau le pays et en
Ukraine elle tourne è la guerre
civile. Les campagnes sont alors
punies par l'effroyable famine des
années 1932-1933. Des correspon-
dants étrangers décrivent des scènes
de cannibalisme, et les historiens
ukrainiens parient de sept millions
de morts. Ce génocide, qui s’accom-
pagne d’une persécution de l'élite
intellectuelle, et remplit les goulags
ukrainiens, ne sera jamais reconnu
en tant que tel par Staline, bien sûr,
mais en Occident non plus. Il est
peu étonnant, dés lors, que l’invar
si on de [Ukraine par Hitler en été
1941 ait laissé là aussi les popula-
tions plutôt passives. Mais les mas-
sacres des juifs achevés, les Ukrai-
niens sont transférés en mars dans
les camps de travail en Allemagne -
certains aussi dans des camps (f ex-
termination alors que d’autres
Ukrainiens assurent la garde de tels
camps. Et un mouvement de résis-
tance armé, à la fois contre les Alle-
mands m les Soviétiques, se déve-
loppe. Son chef. Bandera, est
interné par les Allemands. Mais ses
hommes poursuivront après 1945 le
combat clandestin contre Staline.
Au cours de leur repli d’Ukraine,
les troupes allemandes feront des
destructions massives - la moitié
des pertes matérielles subies par
l’URSS, - et six millions cTUkrai-
niens auront encore péri durant
cette guerre. L’Ukraine d’après
1945 n’aura jamais été aussi vaste
mais guère plus heureuse, malgré
son siège à FONU. Après lés trans-
ferts de population et une nouvelle
femme en 1946, toute contestation
est réprimée comme «bandériste».
L’Ukrainien Khrouchtchev desserre
un peu la cinq» et donne en 1954
la Crimée à PUkraine. Mais les
purges qui frappent ensuite le Parti
communiste ukrainien se fiant pour
« déviation nationaliste ». une
menace dont a joué vis-à-vis de
Moscou - sur le thème : «c’est moi
ou l’explosion nationale » - le
conservateur Chtcberiritski, qui se
maintiendra à Kiev jusqu’en 1989.
La catastrophe de Tchernobyl, à
l'aube de te perestroïka, n’avait pas
suffi, en effet, à déstabiliser les
communistes en Ukraine où la
répression se poursuivait i l’écart
des médias. Même si en Gaiicie les
limai» commençaient à sortir de
clandestinité, impulsant l’idée natio-
nale, il annihila attendre l'exemple
balte et la démocratisation à Mos-
cou pour que les Ukrainiens s’y ral-
lient Mais ils ont vite rattrapé le
temps perdu : le « roukb » ou
« Mouvement démocratique
d'Ukraine» rassemble presque tous
les partis d’opposition, et ses diri-
geants parviennent à y limiter l'in-
fluence des groupes purement natio-
nalistes. Les communistes
eux-mêmes se sont scindés en
« impériaux » (fidèles à Moscou
mais défaits après le putsch raté du
mois d’août dernier) et «souverai-
nistes» qui, derrière Leonid Kraut-
chouk, se sont découverts, la désin-
tégration de l’URSS aidant,
partisans, eux aussi, de l'indépen-
dance de l’Ukraine.
SOPHIE SHIHAB
La deuxième puissance nucléaire d’Europe
L'indépendance de l'Ukraine n'est
pas prise è la légère par les stra-
tèges occidentaux. Cette Républi-
que abrite en effet sur son territoire
tant d'amies nucléaires stratégiques
et tactiques (entre un cinquième et
un sixième des 27 000 charges
nucléaires dont est créditée f’ex-
URSS). qu'elle pourrait revendiquer
le titre de deuxième puissance
nucléaire européenne, derrière la
Russie mais bien devant la France
et la Grande-Bretagne réunies.
La situation est d’autant plus
inquiétante que la présence de mil-
Bers d'armes nucléaires soviétiques
- théoriquement contrôlées par le
« centre ». pour ce qui est des
armes stratégiques, mais dépen-
dant d’une chaîne de commande-
ment beaucoup plus aléatoire, dans
le cas de certaines armes tactiques
- a parfots été évoquée par des
dirigeants ultranationalistes comme
l'objet d'un éventuel marchandage
avec Moscou. Une mise en garde
solennelle de l'OTAN et plusieurs
démarches discrètes de Washing-
ton semblent avoir mis un terme à
cette surenchère dangereuse. Il n'en
reste pas moins qu'à la veille de
I élection du 1* décembre tous les
candidats nationalistes à la prési-
dence - y compris Leonid Kravt-
chouk - étaient opposés au trans-
fert en Russie des milliers de têtes
nucléaires stationnées en Ukraine,
pour ne pas renforcer
Y* impérialisme russe».
Que faire de ces armes, te Par-
lement ukrainien s'étant également
prononcé en faveur d'un statut non
nucléaire de la République et de la
ratification du traité de non-prolifé-
ration nucléaire et des accords sur
la réduction des armements déjà
signés par l'URSS? La destruction
de plus de cent trente armes straté-
giques stationnées en Ukraine est
prévue par les accords START.
Toute une catégorie d'armes tacti-
ques devraient aussi eue liquidées
dans le cadre des réductions uni-
latérales annoncées par MM. Bush
et Gorbatchev au lendemain de
l’échec du putsch de Moscou. De
telles destructions posent cepen-
dant de délicats problèmes : elles
nécessitent des installations dont
l’Ukraine ne dispose pas et eSes
exigent plusieurs années. A l'issue
du processus se posera d'autre
part le problème des matières fis-
siles récupérées. Qu'en faire? Où
les stocker, étant entendu qu'efles
pourraient être facilement réutilisées
è des fins militaires ? Sous des
formes è peine différentes, les
mêmes questions se posent à pro-
pos des armes chimiques.
Une solution consisterait, pour
les Occidentaux, notamment les
Américains, à se charger de ces
destructions. L'idée progresse à
Washington, où le Sénat vient de
voter des crédits de 500 miffions
de dollars destinés à financer ta
mise au rancart d'armes nucléaires
soviétiques. La France, de son côté,
est prête à coopérer à l’opération.
Même si elles sont mises en
œuvre, ces solutions exigeront
beaucoup de temps - de l’ordre de
plusieurs années - et ne x couvri-
ront» pas toutes les armes basées
en Ukraine. Le danger d’un chan-
tage nucléaire demeurera donc et
de nouveaux accords de réduction
de la panoplie nucléaire soviétique -
sans doute unilatéraux - seront
nécessaires pour qu'on puisse « trai-
ter» la totalité des armes. Les assu-
rances que donneront les dirigeants
ukrainiens seront en tout cas exami-
nées è la loupe par Washington et
seront déterminantes pour ce qui
est de la rapiefitê de la reconnais-
sance de l’indépendance de
l’Ukraine, même si la Maison
Blanche a fart savoir au début de la
semaine, au grand dam de M. Gor-
batchev, qu’elle ne voyait suons
raison de principe de s'opposer à fa
naissance d’un nouvel Etat
Une armée
de 450 000 hommes ?
Si l’Ukraine est prête â adopter
un statut non nucléaire (le trauma-
tisme engendré par la catastrophe
de Tchernobyl est loin d’avoir dis-
paru), elle n'en veut pas moins se
doter d'une importante armée répu-
blicaine en cnationaKsam» une par-
tie des troupes soviétiques déjà sur
son territoire. C'est ainsi que le Par-
lement de Kiev a décidé il y a quel-
ques semaines la création d’une
armée de quatre cent cinquante
trille hommes - mais M. Kravt-
chouk ne parie que de cent à cent
rânquant mia hommes - et d’une
garda nationale de trente à cin-
quante milia membres. L'armée
rouge compte actueBement envron
un mi ion et demi d'hommes en
Ukraine, répartis en quatre com-
mandements (trois régions rrdrtaires
plus la fions de la mer Noire). Les
décisions du Parlement ont créé,
semble-t-a. une grande confusion,
certaines unités de l’armée s’étant
d'ores et déjà placées sous le com-
mandement du ministère de la
défense ukrainien ; il en est de
même pour certaines unités dépen-
dant du ministère de l'intérieur
soviétique, qui formeraient le noyai
de ta garde nationale tends que les
gardes-frontières (qui dépendaient
du KGB) auraient été placés sous
les ordres du gouvernement répubé-
cain.
Un fort lobby mitariste agite la
République, qui fournit plus de
40 % des officiers de l’armée
rouge. Il entend que l'Ukraine
«nationalise» également la Hotte de
la mer Noire, basée è Sébastopol,
en Crimée. Tout en affirmant vouloir
se doter d'une marine, les diri-
geants de Kiev n’ont pas repris
cette exigence à leu compte; e8e
constituerait en effet un casus beS
avec Moscou, car eBe ré durait pra-
tiquement la Russe à l'état de puis-
sance asiatique. EBe aviverait aussi
un conffit potentiel è propos de la
Crimée. Peuplée en majorité de
Russes qxès avoir été «débarras-
sée » des Tatars par Staline, la
péninsule a été « donnée » è
l’Ukraine par Khrouchtchev en
1Ô54rmais M. Boris Eltsine a
menacé, au mois d'août, d’en
reprendre le contrôle en cas d'indé-
pendance. C'est pourquoi les résul-
tats du référendum poix la Crimée
seront examinés de près.
Jusqu'à présent et contrairement
à leurs congénères des pays baltes
et de Moldavie, les Russes
dtfcraine - auxquels la citoyenneté
ukrainienne a ôté promise - n’ont
pas fait ouvertement 'campagne
contre l'indépendance.
Autre problème territorial possi-
ble: la Bucovine du Nord et le
Bujac, deux régions moldaves,
accordées à l'Ukraine par Staline au
lendemain de la guerre. Jeudi
28 novembre, le Parlement de
Bucarest a dédaré «nuis et non
avenus» les résultats des consulta-
tions organisées dans ces deux ter-
ritoires «roumains».
JACQUES AMALRIC
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jaÿrtiL .-.- .._- ,. _,.
?s5f • •’ f
N*r'^r« *•-'
V r
- . .Un pétrolier battant pavillon
libérien a pu accoster à Port-au-
Prince. jeudi 28 novembre,
aprfe que les Barde-côtes amé-
ricaine ront inspecté à la (imite
des eaux internationales. A
Washington, M. Auguste Ramt-
raz Ocampo, le représentant de
l'Organisation des Etats améri-
cains (OEA) chargé du dossier
haïtien, à estimé que l'embargo
.décrété contre Port-au-Prince
r devait être assoupli au fur et à
mesura des progrès de négocia-
tions» devant aboutir à ta dési-
gnation d'un nouveau premier
ministre accepté par toutes les
parties.
WASHINGTON
de notre correspondant
•Nous avons à nouveau des boat-
peopie», a lancé le présentateur du
journal tfiévisé. Sur Pécran, chaque
jour depuis deux semam^ on peut
voir des images de malheureux
AMERIQUES
veut limiter l’exode de la population
Haïtiens en haillons «nn^ sur
des embarcations de fortune, ballo-
ttés sur une mer houleuse, épuisés
et déshydratés, qui cherchent à
atteindre les rives de la Floride.
Amorcé fin octobre, le Oux n’a
cessé de s’accâércr. Ds sont aujour-
d'hui un peu plus de 5 300 i avoir
été repéchés, souvent en catas-
trophe, par les garde-côtes améri-
cains, qui ont été détournés de leur
tâche habituelle : la eh**** an» tra-
fiquants de drogue. L'administra-
tion a dû se résoudre à dresser un
camp de toile sur la base des
marines de Gnantanamo, par-
tie de nie de Cuba sous contrôle
des Etats-Unis. Le camp, qui peut
acmeiHir quelque dix niiifa per-
sonnes, pourrait se trouver rapide-
ment saturé.
La vague de réfugiés a pris
forme tm mois après le coup d'Etat
militaire du 30 septembre qui a
renversé le président élu Jean-Ber-
trand Aristide. Elle a commencé
lorsqu'à est apparu que le prés-
dent Aristide avait peu de chance
de regagner rapidement Port-au-
Prince et an moment où tes sanc-
tions économiques décidées par
GUYANA
Proclamation de l’état d’urgence
et report des élections
Le président Desmond Hoyte, a
proclamé, jeudi 28 novembre, l’état
d'urgence au Guyana, et a reporté
les élections présidentielle et légis-
latives, prévues pour, le 16 décem-
bre, i une date indéterminée.
M Hoyte, dont le parti est an pou-
voir depuis 1984, a déclaré qu'il
allait, en vertu de l’état d’urgence,
demander une réunion en session
extraordinaire du Parlement, dis-
sous le 28 septembre dernier, pour-
procéder à des modifications des
listes Rectorales.
L'ancien président américain
Jimmy Carter avait menacé de ne
pes superviser, comme prévu, le
scrutin du 16 décembre si ces
listes, entachées d’irrégularités,
n’étaient pas modifiées, de manière
à permettre aux 340 000 électeurs
du pays d’exercer leur droit de
vote. U avait proposé le report des
élections à février ou mars. Le gou-
vernement s’est doté de pouvoirs
spéciaux pour le maintien de Tor-
dre eu vertu de l’état d’urgence,
mais aucune mesure n’a été prise
pour limiter la liberté d’expression.
- (Reuter, AFP-f " - *
. FÛEA à rencontre de la jante au
pouvoir se sont fini sentir. L'admi-
nistration a d’abord en un réflexe
de met. Ces réfugiés fuient une
situation économique catastrophi-
que!, non tes persécutions politiques
du régime, ont dit tes responsables
américains; ils prirent la décision
de n’attribuer le statut de réfugié
politique qu’à quelques dizaines
d'entre eux et de rapatrier de force
tes antres - ce fin, courant novem-
bre, le sort de plus de 500 per-
sonnes.
Gasuttesamo :
os camp «provisoire»
La presse et le Congrès ont
tempêté et fiât valoir que bien des
boat-people cubains, pourtant
accueillis aux Etats-
Unis, sont en Eût dans une situa-
tion très similaire : victimes tout à
la fois de la misère et d'us régime
tyrannique. Q a été rappelé au gou-
vernement qu’jl pouvait difficile-
ment dénoncer lies rapatriements
forcés de boat people vietnamiens
par les autorités de Hongkong - ce
que les Etats-Unis ont fait en
termes outragés - et ordonner 1e
renvoi manu militari des réfugiés
haïtiens. La justice a tranché, pro-
visoirement : U y a deux semaines,
un juge de Miami a ordonné l'arrêt
des rapatriements forcés, le temps
d’examiner la situation des beat
people haïtiens.
Tous tes témoignages recueillis
par la télévision et la presse améri-
caines vont dans le même sens : les
Haïtiens furent la misère, certes,
mais surtout la teneur que fait
régner la soldatesque au pouvoir à
Port-au-Prince, (te Monde du 29
novembre). Le gouvernement amé-
ricain insiste sur te fait que l’instal-
lation de Gnantanamo ne saurait
être que provisoire. Il a sollicité,
mais sans grand succès, la collabo-
ration des antres pays de TOEA
pour qu'ils hébergent aussi les Haï-
tiens. Le gouvernement a peur de
provoquer un véritable exode de 1
dizaines de milliers de Haïtiens s’il
dorme l'impression que tes portes
des Etats-Unis sont grand ouvertes.
ALAIN FRACHON
ÉTATS-UNIS
amio-utiio
- ^ M. George Bush appelle le Congrès
à la coopération en matière économique
Le président George Bnsb a * Nous avons maintenant deva
Le président George Bnsb a
demandé jeudi 28 novembre, au
Congrès de ne pas tancer ta campagne
pour réfection présidentielle de 1992
tara qu’un programme de relance éco-
nomique n’aura pas été adopté.
- «Quand je prononcerai mon discours
sur Vital de ["Union en janvier, je
demandera au Congrès de laisser de
côté la politique électorale suffisam-
ment longtemps pour adopter une série
de mesura de bon sens (destinées à
favoriser) la croissance économique », a
déclaré M. Bush, au cours de son
discours de Tbanksgiving.
* Nous avons maintenant devant
nous quelques semaines pendant les-
quelles ks ébts partent se calmer et
écouter les gens qu’ils représentent», a
poursuivi le président qui reproche au
Congrès, & majorité démocrate, son
inaction en matière économique. Rap-
pelant avoir demandé au début de
Tannée au Congrès a d’adopter une
série importante tfinidatives pour sti-
muler nome économie». ML Bush a de
nouveau icgrelté que ks Vgwfeitpn**
*ne (bd) aient pas envoyé un pro-
gramme détaiBé de mesures de crois-
sance économique ». - (AFP)
m Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 9
(Publicité)
L’ambassade de la République Arabe Syrienne
invite les citoyens syriens résidant en France à
exercer leur droit de vote pour les élections
présidentielles qui se dérouleront le 2 décembre
1991 de 7 heures à 20 heures dans les bureaux
de l’ambassade sis 20, rue Vaneau 75007 Paris,
et dams les consulats sis :
Marseille : 27, rue du Paradis 13001 Marseille,
Guadeloupe : 51, rue Lamartine, Pointe-à-Pitre.
Pour tout autre renseignement supplémentaire,
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sur ses PME/PMI,
les PME/PMI peuvent compter
sur la BNP.
La France sait qu’elle peut compter sur ses
PME/PMI. Elles constituent un-des atouts
maîtres de l’économie française. Les PME/PMI
savent qu’elles peuvent compter sur la BNP.
Depuis toujours nous sommes là, avec elles,
dès leur création, et à toutes les phases de leur
développement pour financer leurs investisse-
ments et leurs activités en France comme à
l’étranger.
Les chefs d’entreprise l’ont bien compris :
aujourd’hui 32% des PME/PMI sont clientes de
la BNP, alors qu’elles étaient déjà 28% en 1988
(source SOFRES). Cette progression confirme
la BNP comme la 1re banque des PME/PMI.
BNR TOUT CE QU’UNE BANQUE DOIT VOUS APPORTER
T— }
10 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 •
POLITIQUE
Le projet de réforme de Fadministration territoriale à l'Assemblée nationale
La discussion budgétaire
Le gouvernement à la recherche d’une majorilé
peur instituer une dotation de développement nmd
Les députés ont commencé,
jeudi 28 novembre, l'examen en
deuxième lecture du projet de
loi d'orientation relatif à l'admi-
nistration territoriale de la Répu-
blique, présenté par M. Philippe
Marchand, ministre de l'inté-
rieur, et M. Jean-Pierre Sueur,
secrétaire d'Etat aux collectivi-
tés locales. Ce texte n'avait été
adopté, en première lecture le
9 avril dernier, qu'à une voix de
majorité: il rencontre toujours,
en dépit de profondes modifica-
tions - en particulier l'institution
d'une dotation de développe-
ment rural - l'opposition conju-
guée du RPR, de l'UDF, de
l'UDC et du PC.
Dans sa nouvelle mouture, le
projet de loi relatif à l'administra-
tion territoriale de la République
apporte trois dispositions supplé-
mentaires. Les nouvelles formes de
regroupement des collectivités
locales proposées par le gouverne-
ment. les « communautés de villes
et de communes t», devront désor-
mais compter, dans leur champ de
compétences obligatoires, le déve-
loppement économique et l'aména-
gement de l'espace. D'autre part,
sur proposition de M. Robert Savy
(PS, Haute-Vienne), président du
conseil régional du Limousin, la
solidarité inter-régionale sera fon-
dée sur un prélèvement opéré sur
les recettes fiscales des régions les
plus riches au profit des régions les
plus pauvres. Le potentiel fiscal
par habitant varie en effet de
590 F en fle-de-France à 300 F en
Midi-Pyrénées. Cinq régions
devraient donc voir leurs recettes
fiscales amputées, dans la limite de
5 % au bout de trois ans - Ile-de-
France, Provence-Alpes-Côte
d'Azur, Rhône-Alpes, Alsace et
Haute-Normandie - au bénéfice de
sept autres régions de métropole,
parmi les plus défavorisées, et des
quatre régions d’outre-mer.
Cest toutefois l’institution d’une
dotation de développement rural
qui, paradoxalement, est suscepti-
ble de concentrer le plus grand
nombre d'oppositions. Cette
mesure vise à apporter un soutien
financier aux communes de moins
de 10 000 habitants qui jouent un
rôle dans leur environnement éco-
nomique, ainsi qu’aux communau-
tés ou groupements de communes
dont la population serait inférieure
à 20 000 habitants. Les fonds, pré-
levés sur l’accroissement de la
dotation de compensation de la
taxe professionnelle, s'élèveraient à
300 millions de francs en 1992,
600 millions de francs en 1993 et à
1 milliard de francs en 1994. Dans
l'état actuel des critères retenus et
des simulations établies au minis-
tère de l’intérieur, cette nouvelle
dotation pourrait être attribuée à
quelque deux mille communes
rurales.
« Une opération
publicitaire»
Pour l'opposition, cette nouvelle
mesure souffre d'un défaut de
concertation. Elle est considérée
comme un «cavalier budgétaire»,
ou, si l’on préfère, comme une
pièce rapportée dans un projet de
loi qui traite de tout autre chose.
Bien que fort mesuré dans ses cri-
tiques, M. Robert Poujade (RPR,
Côte-d’Or) a ainsi estimé qu* « on
multiplie les péréquations improvi-
sées». Pour M. André Rossinot
(UDF, Meurthe-et-Moselle), il ne
s'agit là que d’une « opération
publicitaire ». D’autres encore ne
voient dans ces dispositions qu’un
moyen pour le gouvernement de
séduire quelques députés afin de
mieux les convaincre de voter l’en-
semble du texte. « Le débauchage
de quelques voix de l'opposition ne
pourrait qu'ajouter au discrédit du
Parlement », a prévenu M. Jean-
Jacques Hyest (UDC, Seine-et-
Mame) .
Dans les couloirs de l’Assemblée
nationale, on a tôt fait de relever
que la dotation de développement
rural devrait être attribuée aux
commîmes des départements d’ou-
tre-mer usons que soient exigées les
conditions de p>:tentiel et d'effort
fiscal » prévues pour les communes
de la métropole, et même que » les
communes dé la collectivité territo-
riale de Saint-Pierre-et-Miquelon
bénéficieront de plein droit de la
dotation». Cest dire qu’en l’ab-
sence de majorité absolue, le vote
des députés des départements et
territoires d'outre-mer demeure,
une nouvelle fois, très attendu.
Lors de la première soirée réser-
vée i l'examen de ce texte, on a vu
un député de l’opposition,
M. Pierre Mazeaud (RPR, Haute-
Savoie). prélever ostensiblement
quelques clefs sur les bancs de
députés socialistes absents pour
protester contre la présence, dans
les travées de la droite, de M. Ber-
nard Derosier (PS. Nord), qui, une
feuille à la main, tentait au même
moment de refaire un pointage des
votes, sur la base des consignes
écrites laissées sur les pupitres par
quelques députés centristes ou non-
inscrits.
Comme au printemps dernier,
pour la première lecture, le vote
final de cette réforme risque donc
bien de se jouer, samedi
30 novembre, & Panaché. Le gou-
vernement, qui affirme avoir
renoncé à l’usage de la procédure
contraignante de l'aitide 49-3 de la
Constitution, souhaite en effet pla-
cer l'opposition devant ses respon-
sabilités. «Je préféré gagner. Meus
il ne serait pas déshonorant de per-
dre sur des thèmes tels que l'inter-
communalité ou la solidarité rurale,
nous a confié le secrétaire d’Etat
aux collectivités locales, M. Sueur.
Il reviendrait alors à la droite de
s'expliquer sur son refus». Toute-
fois, le ministère de l'intérieur ue
s’est pas engagé dans cette nouvelle
aventure parlementaire sans un
certain nombre d’assurances. Déjà,
le résultat des premiers scrutins
publics, intervenus sur des ques-
tions de procédure, indique qu'à
une ou deux voix près, ce sont
aussi d'anciens députés du RPR,
tel M. Miche! Noir (Rhône), ou de
l’UDC, comme M. Jean-Jacques
Jegou (Val-de-Marne), qui, en ren-
fort du groupe socialiste, feront ou
non adopter cette réforme.
JEAN-LOUIS SAUX
Devant le corps préfectoral
M. Mitterrand souligne la nécessité de corriger
«les erreurs de parcours» des lois de décentralisation
La construction européenne et
la réforme des institutions de la
V* République ne sont pas les
seuls «chantiers» qui préoccu-
pent aujourd'hui M. François
Mitterrand. Si l'on en juge par
les propos que le président de la
République a tenus, mercredi
après-midi 27 novembre, à l'oc-
casion de la réception annuelle
du corps préfectoral à l'Elysée, H
en existe un troisième : l'actua-
lisation des lois de décentralisa-
tion entrées en vigueur au début
de son premier septennat
Expérience faite. le temps est
venu, selon M. Mitterrand, de
retoucher tout ce qui ne va pas
dans la nouvelle répartition des
pouvoirs entre l’Etat et les collecti-
vités locales. ■■ Comme toutes les
réformes, qui sont profondes, il faut
te temps Je s'y habituer, a-t-il
déclaré. H faut corriger les erreurs
d'appréciation ou les erreurs Je par-
cours. car il ne se créé pas que de
bonnes habitudes, il s'en crée caissi
de mauvaises. »
Première orientation : a La
décentralisation n'a pas de sens si
elle n’est pas accompagnée de la
déconcentration. Je crois devoir
insister sur ce point, car nous ne
sommes pas au terme de noire
action en ce qui concerne la décon-
□ M. Mégret (Front national)
dénonce les « diffamations » contre
le parti d’extrême droite. -
M. Bruno Mégret, délégué général
du Front national, a affirmé, mer-
credi 27 novembre à Paris, que les
« affabulations » et les ir diffama-
tionsv qui, selon lui, ont accueilli
les « cinquante mesures concrètes » I
contre l’immigration s'expliquent
par la « pleine progression de son
mouvement». II a annoncé que le j
parti d'extrême droite allait distri- j
bucr à « cinq millions d'exem- !
plaires » un questionnaire repre-
nant ces propositions.
centration, a souligné le chef de
l’Etat. Cette observation s'adresse
aux administrations centrales, aux
ministères, et donc aux ministres
qui sont activement associés à l'ac-
tion que le premier ministre et moi-
même menons, et qui y prennent
pan de toute leur volonté et de tout
leur cœur. Mais il faut beaucoup
d’autorité pour obtenir que. puis-
qu’il y a décentralisation, les pou-
voirs soient aussi sur place. »
M. Mitterrand a demandé aux
préfets et à tous les fonctionnaires
d’y veiller en améliorant d'abord
l'organisation des services décen-
tralisés : « La tendance à la concen-
tration est là: à tout moment, elle
est lam tentation naturelle dans un
vieil État centralisé. Celte tendance
à la concentration doit être freinée.
U ne Jaut pas revenir sur ce qui a
été fait dans les années 81-82 et
donc doter les services extérieurs Je
l'Etat d'une véritable compétence
propre et d'une structure commune,
organisée autour fies préfets de
région et des préfets Je départe-
ment. » Il convient, en particulier,
de « globaliser les crédits » et de
*. regrouper les moyens ». ne
serait-ce que pour mettre fin aux
« gaspillages » consécutifs à l'épar-
pillement et au cloisonnement des
services.
« La pente naturelle
des inégalités»
Seconde directive présidentielle ;
il faut corriger le tir dans la prati-
que des pouvoirs octrovës aux col-
lectivités locales. « il va falloir,
constatant certaines défectuosités,
réviser, simplifier les mécanismes
d'association des collectivités terri-
toriales, a indiqué M. Mitterrand
aux préfets, l’ous donnez aux élus
locaux ies garanties et les facilités
qui leur permettront de se consacrer
à leurs lâches. Tout cela doit être
entouré, soutenu, encadré (...). Les
représentants Je l'Etat dans le s
régions, dans les départements, ont
besoin de pouvoir faire jouer nor-
malement le contrôle juridictionnel
sur les actes des autorités décentra-
lisées quand c'est nécessaire. Il faut
examiner les conditions dans les-
quelles sont instruits et jugés les
déférés des préfets: renforcer par-
fois. quand c'est nécessaire - mais
c’est à la loi de l'examiner. - les
contrôles sur les conditions de pas-
sation des marchés publics afin
d'éradiquer les pratiques condamna-
bles dont an sait qu'elles se sont
exagérément répandues et que rien
ne les justifie. »
Troisième impératif: les hauts
fonctionnaires doivent plus que
jamais se comporter en garants de
la protection du tissu social sans
hésiter, en ce domaine, à faire
preuve d'imagination. « L 'ensemble
de votre action, de notre action,
doit avoir pour objectif de mainte-
nir. d'accroître, parfois même de
créer, d'inventer, car elle n’existe
pas toujours et partout, la cohésion
sociale de la nation, a ajouté
M. Mitterrand. D'où la lutte contre
les exclusions, le difficile combat
pour corriger la pente naturelle des
inégalités qui sont le fruit d’un cer-
tain système à la mode aujourd'hui
dans le mande. Il comporte ses
avantages, mais, en les poussant
trop loin. réinstalle en quelque sorte
des relations de hiérarchie et de
pouvoir entre le plus fort et le plus
faible, ce qui va contre l'esprit répu-
blicain et ce qui doit mobiliser à
tous les échelons ceux qui prennent
part à ta gestion de l'Etat ou plutôt
de la République. Il s’agit, en toute
circonstance, de rééquilibrer la
France au gré des nécessités
modernes. Je la législation nouvelle
et des besoins qui s'affirment »
Ces déclarations renvoyaient
naturellement aux deux projets de
loi déposés par le gouvernement,
d’une part pour améliorer le statut
des élus locaux, d'autre part pour
réorganiser l'administration territo-
riale. Mais l’insistance mise ainsi
par M. Mitterrand sur la mission
du corps préfectoral a donné l’im-
pression qu’il s'agissait là, dans son
esprit, du complément indispensa-
ble. sur le terrain administratif, de
ses autres projets institutionnels.
A. R.
Le plan d'adaptation de l'agriculture
a été bien accueilli par les sénateurs
Le débat des crédits du ministère de l'agrictAure.
jeudi 28 novembre, a fourni l'occasion à M. Louis
Mermaz de donner au Sénat la primeur du plan
d'adaptation tpi votait d'être adopté par le Comité
interministériel d'aménagement du territoire fie
Monde du 29 novembre).
Ce plan comporte quatre mesuras jugées, eres-
tructuroatesB par le ministre. H prévôt notamment
un (fispositif de préretraite appficaUe à partir du
1' janvier 1992 pour les agriculteurs âgés de on-
quante-dnq à cinquante-neuf ans qui ont au moins
quinze ans d'activité. «La pré-retraite comprendra
une partie fiœ de 35000 francs et une partie varia-
ble de 500 bancs par hectare Obéré entre dot et
cinquante hectares. Son montant annuel sera ainsi
compris entra 35000 et 55000 bancs», a incSqué
M. Mermaz. Cette disposition sera inscrite dans le
projet de loi sur la réforme des cotisations sociales
des agriculteurs qui sera examiné avant la fin de
factuelle session. Les agricutteus intéressés bénéfi-
cieront d'une protection maladie et continueront
d'acquérir des droits à retraite jusqu'à soixante ans.
Le plan contient aussi des mesures pour fecSter la
transmission des brans ruraux loués par baR qu'fis
soient cédés à titre gratuit ou à titre onéreux, ainsi
que dés aides à l'investissement des agriculteurs,
qu'l s'agisse du crédit d'impôt recherche ou de
(augmentation de la déduction fiscale pour autofi-
nancement .
M. Mermaz a enfin annoncé une exonération
totale pour 1992 de la taxe -intérieure sur les pro-
duits pétroliers (TIPP) pour les «carburante verte», le
rfiester et (éthanol, et une ade exceptionnefle à l'in-
vestissement de 1DOO0 bancs pour les jeunes éle-
veurs installés depuis moins de trots ans.
Ces mesraes ont été bien accueiffies par les séna-
teurs. M. Christian Poncelet {RPR. Vosges), prési-
dent de la commission des finances, et M. Roland
du Luart (Rëp. et bd., Sarthe}, rapporteur spécial du
budget de (agriculture, ont estimé que le pian «va
dais le ban sens». Mais cela n'a pas suffi à vaincre
les fortes réserves de la majorité sénatoriale, qui a
rejeté les crédits de l'agriculture au terme d'un
débat-fleuve de plus de douze heures.
Grandeur et décadence d’un lobby
« C'est un endroit de rive »,
assure-t-on ici. «On y travaille
dans les meilleures conditions ». se
félicite-t-on là. A (évidence, efcs
dames du lobby vert raffolent du
Sénat, qui le leur rend bien. Les
attachées parlementaires des prin-
cipales organisations agricoles,
qu'elles soient syndicales ou consu-
laires, se trouvent au Sénat - où,
compte tenu de la sunreprésenta-
tion des élus ruraux qui découle du
mode d’élection des sénateurs, la
profession d’agricnlteur se porte
encore à la boutonnière, - sur un
terrain de prédilection.
tant il est visible et codifié. Les.
principales organisations, telles la
Fédération nationale des syndicats
d’exploitants agricoles (FNSEA) ou
(Assemblée permanente des cham-
bres d'agricultures (APCA), se
manifestent surtout à 1 occasion du
budget (la FNSEA réunit à son
siège pour l’occasion tous les parle-
mentaires, toutes tendances
confondues, pour leur exposer ses
revendications) ou de textes relatifs
à (agriculture, en fournissant aux
élus des informations et des amen-
dements prêts à (emploi. «Pour
être efficaces, il faut impérative -
ou ffl&AfT or (a wmm
ef wmfeuz uty
L’hypocrisie française à (égard des
groupes de pression, presque aussi
anciens que le Parlement lui-
même, atteint des sommets lors-
qu’il s'agit d'agriculture. Même si
les règlements ne leur reconnais-
sent aucune existence officielle, il
n’est pas rare de voir certains
représentants du lobby agricole
camper dans les travées de l'hémi-
cycle pour suivre attentivement les
débats, bien que le lobbying parle-
mentaire soit moins rentable que
celui qui s’exerce en amont, lors de
l’élaboration des projets de loi
consacrés au secteur agricole.
Au Sénat, comme & (Assemblée
nationale, la marge d’action est
réduite. Les « pompiers de service »,
comme ils se désignent eux-même,
□'interviennent que pour « rectifier
le tir». Le lobbying «officiel» que
représentent les auditions des res-
ponsables agricoles par les rappor-
teurs et par les administrateurs de
la commission des affaires écono-
miques s’accompagne d’un lob-
bying de couloirs, qu’on a quelque
peine à qualifier d’ «officieux»
ment que les amendements soient
déjà ficelés», insiste un responsable
agricole chargé des relations avec le
Parlement.
Dans chaque groupe, y compris
au PS, pourtant « pas très agri-
cole», au dire de ces spécialistes,
les lobbyistes disposent d’élus
dévoués. M. Marcel Daunay
(Union cent., Ille-et-Vilaine) est
souvent présenté comme (arché-
type du relais parlementaire. «Que
l on soit trop proche des organisa-
tions professionnelles n'est pas tou-
jours un avantage, ça vous discré-
dite parfois auprès de vos
collègues», nuance un observateur.
Aux côtés du sénateur breton, à
droite, MM. Philippe François
pour le RPR, Roland du Luart
pour les Républicains et indépen-
dants et Raymond Soucaret pour le
Rassemblement démocratique et
européen occupent également des
rôles de pivots au sein de leur
B:. A gauche, MM. Louis
pour le PC et . Fernand
Tandy pour le PS remplissent
mêmes fonctions.
A vrai dire, la concurrence est
sévère. Les débats agricoles sont la
hantise des fonctionnaires, qui
voient s’enfler à cette occasion le
nombre des thuriféraires du monde,
paysan (trente-cinq intervenants
étaient prévus pour le débat de
jeudi), «fis nous dejnandent des
notes techniques, mais on va parfois
jusqu'à leur écrire leurs discours »,
disent les lobbyistes.
Un modèle
du genre
La grande homogénéité de la
corporation («C'est le milieu libé
rai le plus syndicalisè», constate on
fonctionnaire du Sénat) et la
finesse de ses ramifications sur le
terrain font du lobby vol, sur le
papier, un modèle du genre. Au
Sénat, les jugements sont pourtant
critiques. Certes, la parfaite
connaissance des mécanismes et
des façons parlementaires n’est
guère contestée. «Eux, au moins,
ils ne sont pas aussi pénibles que
ceux qui internement une fois tous
lés dix ans et qui agressent et
menacent presque pour des brou-
tilles». affirme M. François. Mais
leur efficacité semble beaucoup
plus problématique.
« Leur rôle se réduit, tout comme
se réduit la place des sujets agri-
coles dans les débats, souligne-t-on
à la commission des affaires éco-
nomiques. Les parlementaires peu-
vent se comporter de plus en plus
vis-à-vis d’eux comme avec un self
service; ils sont bien plus Indépen-
dants qu’on rie le dit.» « Pour ce
qui est de l'efficacité, de nom-
breuses professions leur en remon-
trent»^ ^joute-t-on en évoquant le
cas de certaines professions libé-
rales. M. Jean-Dominique Giuliani,
dans un h'rre étiosadré dut groupes
---de-presmOT-en îrancei montre jus-
tement comment le lobby des
médecins (a emporté sur toute la
ligne sur edui de l’alcool lors des
débats à propos de la publicité du
tabac rt de (alcool il y a coût juste
ùri an (1). .
• Du côté des groupes politiques,
les critiques sont encore plus
sévères. Les lobbies sont jugés
« gentillets et désuets ». « organisés
mais conservateurs». Les organisa-
tions agricoles, en contrôlant trop
longtemps la situation par le sys-
tème de la cogestion de la politique
agricole, auraient en fait empêché
« l'émergence au Parlement d'un
homme ayant une vision forte de
l'agriculture». « Les organisations
professionnelles ont une grande part
de responsabilité dans les choix pro-
duetbristes qui s'imposaient il y a
encore, peu de temps», précise un
fonctionnaire. La toute-puissance
du lobby au Parlement pendant des
décennies n’a pu qu’accentuer les
effets de ce monopole.
Lés grandes organisations agri-
coles bâtent également leur coulpe.
«Nous nous sommes sclérosés, nous
avons cédé à l'immobilisme »,
avoue-tron à (APCA, pourtant pré-
senté comme moins conservatrice
que certains syndicats. Débordés
par tes groupements par produit,
chapeautés en théorie par la
FNSEA, et déjà très présents à
Bruxelles, le nouvel Eldorado des
groupes de pression, les lobbyistes
sont nostalgiques des temps
anciens, quand 1e sénateur Bion-
defle, président de la FNSEA, bri-
sait les reins de René Mayer, prési-
dent dn conseil, qui avait voulu
porter atteinte à la sacro-sainte bet-
terave. Les lobbyistes versait alors
dans le pessimisme le plus sombre.
« Peut-être allons-nous, nous aussi,
bientôt disparaître?»
GILLES PARIS
. (1) Marchands d'influence, les lobbies
en France, de Jean-Dominique Giuliani,
Scafl, 199L .
° ML Arthuis (CDS) critique te
mission d'information du Sénat sur
la transfusion sangmne. - M. Jean
Arthuis (Union cent, Mayenne) a
refusé, jeudi 28 novembre, de par-
ticiper à la mission d'information
sur te gestion de la transfusion san-
guine créée le 15 novembre par le
Sénat «La gravité des faits appelle
d'autres moyens d'investigation que
seule peut garantir une commission
d'enquête», estime M. Attirais, qui
avait déposé* une proposition en ce
sens. La mission sénatoriale est
préridée par -ML Jacques SourdiUe
(RPR, Ardennes). EOe a comme
rapporteur M. Claude Huriet
(Union cent, Meurthe-et-Moselle).
* ' *A+pt
rr- r**’-.- V-
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— e initiative d’nne vingtaine de «députés dp hasp»
Les nouveaux rénovateurs de l’UDF
seul mot de raflïa- - concitnwnr . _
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U . ./. . .
Avec pour seul mot de raffia-
"£"* «convictions^ une ving-
taftie de députés de l'UDF se
«Mît engagés dans une entre-
prtse de rénovation de la poüti-
que, menée bien loin des camé-
ras, mais qui, elle, aura déjà
“*® plus d un printemps. Cette
entreprise vient de fêter son
premier anniversaire. L'homme
2". J?®? “.Panière pierre est
M. -Michel Meyian, député PR
• de Haute-Savoie, maire de Bon-
nflvwe- Anden barriate, aujour-
jrhui fidèle de M. Chartes MH-
Ion, cet ancien assureur de
cinquante-deux ans n'a pas
manqué d'obstination pour
«“"“rare ses amis, «députés
«base* comme lui et fiers de
r etie, de relever la tâte.
. WUgRAWCHE-SUR-SAâWE
de notre envoyé spécial
Ce fut au départ un rassemble-
mŒt d’hommes en colère. Pour la
plupart étiquetés PR, ils suppor-
!fIcn1t,“aJ’ * l’époque, l’emprise
des ieotardiens sur le eroune
UDF.de l’Assemblée nationale Ils
vivaient mal, aussi, ces réunions
de groupes passées «à écouter les
chefs elles petits chefs».
Lear patience connut ses
umites, enfin, quand MM. Valéry
Giscard d 'Estai ng et Jacques Chi- ,
cac usèrent, en novembre 1990 s
de toute leur mauvaise volonté »
pour faire capoter la grande fête c
umomste de l’UPF du Zénith. Us l
publièrent alors à leur intention x
une lettre ouverte, acte de nais- f
«anœ officiel de leur aventure : *
• Réagissez tant qu’il en est encore p
temps. Aujourd’hui, nous vous le a
demandons, il faut écouter le mes- U
sage de militons de Français qui Ai
attendent que vous joigniez le
geste à la parole. Il faut décentra- «
^ur ^Pouvoir politique vers nos ar
concitoyens et instaurer le dialo-
gue. » L’essentiel était dit.
°ePui*. ce petit groupe de
tranquilles a travaillé
«ns I ombre. Réunions tous les
quinze jours, séminaires sur des
usines précis avec des spécia-
]2?£ ces députés, a fatigués des
Pftftes phrases et des petits cai-
cu/ss, ont mis en commun leur
expérience sur le terrain, pris le
temps de s'informer snr ies
^“des questions et appris i s’es-
Chacun de ces rénovateurs de
J^se.y va aujourd’hui de son
téraorgnage. M. Georges Colom-
bier député PR de l’Isère :
eEntre nota, c’est l’amitié et la
confiance. Il ny a personne pour
suspecter l’autre de vouloir lui
jaire un croc-en-jambe. » M. René
Beaumont, dépuré PR de Saône-
;i'A0,rie’Jprésident d» conseil
général de ce département :
Iej 9rais leaders, les
rSîy \eadT et ceux dui veulent
{ftre. les hommes de terrain
comme nous sont étouffés. Nous
ne serons jamais à l’Assemblée
SSH* IeS Cannibales du micro.
Plutôt que notre notoriété, nous
?«ïiï,S.T'n‘ faln manctr
du Rhône, à Villefranche-sur-
Saône. D’autres iront bientôt
dans le Puy-de-Dôme et le Maine-
et-Loire. Durant deux heures, ils
se sont livrés, sans effets de
manche, aux questions des deux
cents personnes présentes.
Longtemps, Us se sont attardés
sur la crise du politique, nourrie,
selon eux, par la loi d’amnistie, le
socialisme «passé de Jean Jaurès
à Bernard Tapie*, les difficultés
de la droite à défendre «un libé-
ralisme pluraliste et social*, la
puissance des médias et des son-
On leur a demandé de s’expli-
quer sur le Front national, les
ratés de l’union de l’opposition, le
cumul des mandats, leurs indem-
nités et leurs absences, l’infîarion
annoncée du nombre de députés.
« Donnez-nous des échelles de
valeur et vous aurez des électeurs
de base», leur a lancé pour finir
«■«n militant de rien du tout».
Mais c’était encore, sans doute.
trop leur demander. Pour travail-
ler à l’alternance, ces députés se
sont promis d’édicter une charte
comprenant dix mesures très
concrètes qui sera leur façon de
rappeler à tous leurs collègues de
1 opposition qu‘«. on ne peut plus
faire et promettre n’importe
quoi».
Dans quelque temps, iis accep-
teront probablement d’élargir leur
groupe à certains de leurs collè-
gues du RPR ou du groupe cen-
tn«e pour conforter davantage
l’union de l’opposition. Ils s’y
étaient, par souci de confidentia-
lité, refusés jusqu’alors.
Mais certains parmi eux, au ris- J
que. de tomber dans les travers '
qu’ils dénoncent, ont déjà une
autre idée derrière la tête : se ser-
vir de ce groupe pour aider la
sirarégie présidentielle de M. Mil-
lon... en 2002. On ne pense
jamais assez tôt à l’avenir.
DANIEL CARTON
• Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 11
La préparation des élections régionales
M. Canpon renonce à conduire
une liste dans l’Isère
GRENOBLE
de notre correspondant
M. Alain Carignon. maire de
Grenoble (en congé du RPR), ne
conduira pas la liste RPR, UDF et
non-inspnts de l’Isère pour les élec-
tions régionales. (1 avait annoncé,
le 19 octobre, son intention de bri-
guer. à I issue de ce scrutin, la pré-
sidence du conseil régional Rhônc-
**■ Chartes Mii-
lon (UDF-PR) et de former une
nouvelle majorité au sein de cette
assemblée. Celle-ci aurait notam-
ment associé, outre les élus de la
droite traditionnelle, ceux de la
Nouvelle Gauche, emmenés par
M. Haroun Tazieff, ancien secré-
taire d’Etat aux risques majeure
aaos le gouvernement Fabius.
M- .Carignon estimait en effet
que rUDF, je RPR et les non-ins-
crits ne seraient pas en mesure de
conspuer une majorité après les
élections de mare 1992 et que la
tentation serait alors forte de s’al-
lier avec les élus du Front national,
up projet qn’Q ne pouvait accep-
ter. Sa « déclaration de guerre »
contre M. Chartes Millon fut très
maj ressentie par les élus UDF
mais aussi RPR, de son départi
ment
Jeudi 28 novembre, MM. Alain
Carignon et Charles Millon ont
réuni une conférence de presse
commune. M. Carignon a justifié
son retrait en expliquant que
désormais « la question des
alliances est claire et les engaee-
ments de Charles Millon sans
ambiguités». «Parce que Charles
Milton et moi-même n’acceptons
plus je trop long combat personnel
de chefs talentueux mais isolés,
nous avons décidé de donner
i exemple de t union, a-t-il précisé.
Ce contrat d union n’est ni calculé
ni provisoire. »
Le maire de Grenoble prendra,
sans doute, la dernière place d’une
liste qui sera conduite par un
représentant de la «société civile»
mais proche du RPR, M. Max
Micoud, professeur agrégé de
medccme.
On veut nmrcher
ht tête haute »
Les «refondatenrs» souhaitent que le PCF
aille «pins loin et pins vite» dans ses changements internes
Au Cours d’une ennUr^HM j. li . .
Ces parlementaires ont com-
mencé, cette semaine, on tour de
France pour expliquer à ceux qui
voudront les entendre ce qu’ils
sont, ce qu'ils font « ce qu’ils
veulent e Beaucoup de nos collè-
gues n osent même plus sortir.
explique M. Meyian. Nous, nous
voulons renouer le contact avec la
population. Ras le bol d’être pris
Pour des guignols ou des gangs-
ters. On veut marcher la tête
haute : »
Mardi 26 novembre, six d’entre
eux étaient dans le fief de leur I
ami Francisque Perriit, député PR
Au cours d’une conférence de
presse qu’ils ont tenue, mercredi
27 novembre, à Paris, au nom des
communistes «refondateurs», pour
presenter leur nouveau manifeste (le
d,° 28 novembre),
MM. Charles Fiterman, ancien
mmijre, et Guy Hennicr, député
des Bouches-du-Rhône^ ont notam-
ment estimé que la réforme du PCF
devrait être menée « beaucoup plus
teui et beaucoup plus vite». « Sans
doute les professions de foi sur le
•parti qui change» peuvent-elles affi-
cher une intention, ont-ils souligné,
mais elles peuvent aussi - l’histoire
du mouvement communiste est là
pour l attester - cultiver le fauxsem-
• ; J. - •. .
Mam. C’est le plus court chemin vers
des drames réels (J Sans perdre de
vue lot évolutions de la démarche, à
laquelle nous entendons bien poursui-
vre notre contribution, nous disons •
attention aux autojustifications
natives, aux ambitions restreintes,
aux illusions vite renaissantes. Ne
comptons pas sur de « divines sur-
prises».
Ds ont également souhaité que le
PCF v redevienne le parti de tous les
communistes, ceux qui y sont comme
ceux qui l’ont quitté». M. Heimier a
particulièrement insisté sur la néces-
sité de «r porta- ta contradiction au
capital sur son propre terrain, celui
de. ta gestion de la société, celui de
l’efficacité » en privilégiant une
«croissance humaine». L’Humanité
du 28 novembre a rendu compte de
cette conférence de presse.
D’autre paît, invité de Radio Sha-
lom, M. Pierre Zarka, membre du
bureau politique, s’est déclaré, mer-
credi, hostile à un éventuel rempla-
cement de M. Georges Marchais au
secrétariat général du PCF • «Je
constate qu’au sein des autres forma-
tons politiques le problème inverse
ot posé, a-t-il notamment déclaré
Du gouvernement au PS en passant
par les partis de droite. les hommes
changent la façade. U PC a le cou-
rage et la franchise de ne pas tricher
(•■■)*
0 Une précision de i’IFOP. - En
rcpoose à M. Bernard Tapie, qui
?»»crt£rolesté 001,118 un sondage de
1 ibOP sur les intentions de vote
aux élections régionales en Pro-
vence-Alpes-Côte d’Azur ne tenant
pas compte, selon lui, de l’ouver-
ture de ses listes à la «société
civile» et « posant des questions qui
ne correspondent pas aux choix qui
5nr°?i Pr°P°sés aux électeurs»
\'vc£L°?de P1* 27 novembre),
I IFOP tient à apporter deux préci-
sions. D’une part, souligne l'Insti-
[ tul» .** M- Tapie affirme ne pas
conduire une liste du PS ni même
UD^.llfte Majorité présidentielle, il
,a déclaré à l’AFP que le PS l’a
ichargé de mettre sur pied nue liste
Majorité présidentielle élargie.
D autre part, «le fait que tes têtes
oc liste ne soient pas encore toutes
désignées n’empêche aucun institut
de sondages de réaliser des enquêtes
mesurant l’état actuel des rapports
de forces politiques».
L’une des misons pour laquelle
FEurope devient plus sure.
CiTrTO k leS PluS ™™ible' P3™' véhicules praduia par
un système de freinage ABS est également monté en série sur les verrons LH n “‘éconduc.cur. Pour une sécurité accrue,
dispose en outre d’une transmission intégrale : Iorsaue 1^ „ ’ L d t2‘ Da.ns Ia gamme des v°yagert2, la version AWD (4 x 4)
u.apuseenoutre u une transmission intégrale; Iorsoue les conditions d'arihprpnn» . ^ ” vcly«gert2, la version AWD (4 X 4)
de la puissance entre les rouesavant et arrière assure une mdlleum motricité Vntr- ^ * °U SUf b “"répartition automatique
resenter
d CHRYSLER
concernés par la sécurité.
"Airbag: coussin gonflable de protection. - Modèle présenté: Voyager ÂWDn. option peinmr. mst.ni.s.
12 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991
y y
SOCIETE
médecine
religions
Sida et transfusion sanguine
L’opposition critique vivement le projet de loi
d’indemnisation des personnes contaminées
L'ouverture du spode des évêques à Rome
Le pape et le cardinal Lostiger s’inquiètent
des nouvelles tensions en Europe
Le projet de loi d'indemnisation des hémo-
philes et des transfusés contaminés par te
virus du sida, présenté sous la forme d'une
lettre rectificative au projet de foi portant
diverses mesures d'ordre social, devrait être
examiné le 9 décembre par les députés.
Ce texte suscite toujours de vives réac-
tions, surtout de la part des principaux res-
ponsables de l'opposition. Au nom de l'in-
tergroupe UDF-RPR-UDC, M. Charles Millon,
président du groupe UDF è l'Assemblée
nationale, demande au premier ministre,
M"* Edith Cresson, l'inscription g sans délai»
à l'ordre du jour de l'Assemblée d'un projet
de loi a exclusivement consacré à ce pro-
blème tragique», « Ce débat écrit-il, ne doit
pas se limiter à la seule volonté d’indemni-
ser, tant l'exigence de vérité et de justice
est au cœur de chacun d'entre nous».
Pour sa part, M. Alain Juppé, secrétaire
général du RPR, a déclaré que « l'Etat devait
s'abstenir de pressurer à nouveau le contri-
buable et l'assuré» et « se serrer un peu la
ceinture» pour financer ces indemnisations.
«Nous sommes très attachés à ce que les
poursuites judiciaires continuent a poursuivi
M. Juppé. Il faut que toutes les responsabili-
tés, quel que soit te niveau que l'on puisse
A la cour d’appel de Paris
atteindre, soient sanctionnées*. Le président
du CD3, M. Pierre Méhaignerie, a quant è lui |
dénoncé «l'attitude scandaleuse» de l'Etat
qui «s'exonère de ses responsabilités et de \
sa cufaabflité en effectuant un nouveau pré- '
lavement à travers les assurances». Même
attitude de la part de M. Gérard Longuet,
président du PR, qui juge «parfaitement
immoral» le projet du gouvernement ajou-
tant que «c'est à l'Etat et à lui seul d'assu-
mer sur son propre patrimoine la juste
indemnisation des victimes».
La responsabilité d’un médecin prescripteur est écartée
La première chambre de la
cour d'appel de Paris a partiel-
lement infirmé, jeudi
28 novembre, un jugement du
1" juillet de la première cham-
bre civile de Paris qui avait
retenu la responsabilité d'un
médecin dans la contamination
par le virus du sida d'une jeune
femme ayant subi, le 16 mai
1984. une transfusion sanguine
à la suite d'un accouchement
par césarienne [te Monde du
3 juillet). Si la cour a confirmé
que le centre départemental de
transfusion sanguine de l'Es-
sonne et les cliniques de l'Es-
sonne devaient conjointement
verser 1 ,5 million de francs à la
jeune femme, la responsabilité
du médecin a été écartée.
Dans son arrêté, la première
chambre de la cour d’appel de
Paris, présidée par M-* Geneviève
Gie, constate que selon l'expert
judiciaire, le docteur Biaise Fou-
geron avait prescrit une transfu-
sion « tout à fait normale en
1984 » dans le cadre de soins
« attentifs, diligents, et conformes
aux données acquises de la science
médicale de l’époque*.
Aussi, après avoir rappelé que
«le médecin n’est tenu que d’une
obligation de moyens et non de
résultats ». les magistrats souli-
gnent «r qu ‘il importe donc peu.
alors que la banne exécution des
obligations du médecin s'apprécie
eu egard aux données actuelles de
la science, qu’en raison de l’évolu-
tion des connaissances médicales,
un consensus se soit à la suite
établi dans le milieu médical pour
diminuer les transfusions (...) j » .
Cette appréciation est conforme
aux réquisitions de l’avocat géné-
ral, Georgette Bénas, qui avait
soutenu à l’audience du 30 octo-
bre que seule la responsabilité du
centre départemental de transfu-
sion sanguine devait être retenue.
Mais les magistrats déclarent à
propos de la clinique : «la nature
du contrat qu’elle conclut avec la
malade implique, en raison de la
confiance que cette dernière doit
Nécessairement lui faire, l’obliga-
tion de fournir des produits san-
guins non viciés ».
Concernant le centre départe-
mental de transfusion sanguine de
l’Essonne, la cour déclare : « En
sa qualité de professionnel, le
CT DS doit livrer un sang exempt
de vices; sa responsabilité en cas
d'inexécution de son obligation de
résultats de livrer du sang non
vicié ne peut être écartée que par
la preuve d'une cause étrangère,
telle aue la force majeure, qui ne
peut lui être imputée » .
Pour cette raison, le CDTS
avait plaidé qu'aucun test de
dépistage du virus n'était possible
à l’époque et que, tenu à l’obliga-
tion de livrer du sang, il se trou-
vait dans un état de nécessité
assimilable à la force majeure.
Les transfuseurs de Toulouse sont condamnés
à indemniser trois hémophiles
La tribunal de grande instance
de Toulouse a condamné solidai-
rement jeudi 28 novembre, la
FNTS (Fondation nationale de
transfusion sanguine) et le
CRTS (Centre régional de la
transfusion sanguine) à dédom-
mager, pour des sommes bien
supérieures â celles du projet de
loi, trois jeunes hommes de dix-
huit trente et trente-quatre ans.
hémophiles, contaminés en
1985 par te virus du sida, à la
suite de transfusions sanguines.
TOULOUSE
de notre correspondant
Nicolas a aujourd’hui dix-huit
ans. En 198$, sa mère lui admi-
nistre en toute confiance le sang
empoisonné. Pierre est soigné par
sa femme, infirmière ; elle est
aujourd’hui contaminée comme
son mari. Alain, enfin, fait,
en janvier 198$. une hémorragie
consécutive à une intervention
chirurgicale bénigne. Transfusé,
il est contaminé à son tour.
Le tribunal de Toulouse vient
d’accorder à ce dernier 2,3 mil-
lions de francs. Deux millions
pour le préjudice moral subi : « fl
convient de tenir compte de l’an-
xiété et de la peur qui sont désor-
mais les compagnes journalières
de cet homme», explique dans
ses attendus le président Foulon ;
et 300 000 francs pour « une vie
sexuelle fortement perturbée ».
C’est la compagnie Azur qui
devra payer la note. La FNTS et
le CRTS devront verser aux deux
autres une provision de deux mil-
lions en attendant une expertise
pour déterminer l’ampleur du
préjudice.
Ainsi, la cour de Toulouse va-
t-elle bien au-delà des promesses
d'indemnisation faites ces
jours-ci par les pouvoirs publics.
Le tribunal a aussi tranché nu
fond la question de savoir si la
distribution de sang est ou non
un acte de commerce. Dans ses
attendus, le président distingue
nettement entre le don d'organes
- y compris le don du sang -
nécessairement gratuit selon les
dispositions du code de la santé,
et l’acte de transfusion puisque
tries produits sanguins d’origine
humaine... sont alors vendus,
même si le prix est qualifié de
Les réactions dans la presse régionale
«Sida: on va tous payer!» A très vite, le prix de leur incurie, de
instar du Provençal, la plupart des leurs fautes, de leur incompétence,
uotidiens régionaux consacraient, et à la limite même, de leur
«Sida: on va tous payer!» A
l’instar du Provençal, la plupart des
quotidiens régionaux consacraient,
jeudi 28 novembre. leur première
page au projet de loi d'indemnisa-
tion des hémophiles et des transfu-
sés contaminés par le virus du
sida. Four le Méridional, il s'agit
d'un «scandale-bis», l’éditorialiste
du quotidien marseillais soulignant
que l’attitude du gouvernement
évoque « celle de ces chauffards qui,
venant de provoquer un accident
mortel, diraient froidement : « mon
assurance paiera».
« Seuls les assurés paieront» titre
Nice Matin, où M. Roger Bouzinac
écrit : « Nous paierons et sans doute
avec le profond sentiment du devoir
accompli, mais les responsables qui
se déclarent non coupables, mais les
coupables qui ajjînnent qu'ils ne
sont pas responsables, devraient à
leur tour payer devant la justice, et
et à la limite même, de leur
crime».
« Pour indemniser les hémophiles
contaminés, cinquante-sept millions
de donneurs ». résume dans son
titre le Dauphiné Libéré. Pour les
Dernières Nouvelles d’Alsace, «si la
réparation aux transfusés est néces-
saire. elle crée un sentiment de
gêne comme s'il y avait d'un côté
les sidéens innocents et de l’autre
ceux qui Pont bien cherché. Rien
n'est plus pervers que ce genre de
raisonnement».
«Que dire du procédé? s’inter-
roge Pierre TaribO dans Y Est Répu-
blicain. Qu’il est conforme aux
mauvaises habitudes d’un Etat qui
refuse de rendre des comptes à la
Nation mais n'hésite pas à lui faire
supporter les conséquences de son
inqualifiable légèreté.»
défraiement, iesdits produits étant
d'ailleurs issus d’un processus de
conservation et de fabrication qui
les distinguent nettement de la
matière d'origine ».
S'appuyant sur les conclusions
du rapport du Pr Montagnier en
date du 2 octobre 1990, le tribu-
nal a, par ailleurs, retenu que
« les CTS connaissaient, en jan-
vier 1985, les moyens scientifl-
3ues pour pasteuriser les produits
è facteur VIII» (le sang pour
hémophiles). En revanche, il n'a
pas donné suite aux prétentions
de la FNTS qui cherchait à
impliquer le Pr Bierme, chef de
service au CHU de Toulouse.
GÉRARD VALLÈS
NOMINATIONS
M. Nestor
nouveau directeur
du cabinet de M. Nallet
M. Jean Nestor, ancien direc-
teur-adjoint du cabinet du garde
des sceaux, M. Henri Nallet, a été
nommé directeur du cabinet de
M. Nallet, mercredi 27 novembre.
M. Nestor, qui succède à M. Jean-
Pierre Dintilhac, nommé directeur
général de la gendarmerie nationale
(le Monde du 28 novembre), sera
remplacé à son poste de directeur
adjoint par M. Daniel Ludet.
[Né le 22 mais 1943, M. Jean Nestor,
ingénieur général du génie rural, des
eaux et des forcis, est diplômé de l’Insti-
tut national agronomique, de l'Ecole
nationale supérieure des sciences agrono-
miques et agro alimentaires et licencié en
sciences économiques. Après sept ans de
coopération lectinique en Côte-d’Ivoire,
de I960 à 1973. M. Nestor a été nommé
chargé de mission ou service agricole du
commissariat au Plan cû 1974, puis atta-
ché agricole è l’ambassade de France è
Rome en >979. En 1982, il est entré au
service des relations internationales à la
direction de la production et des
échanges du ministère de l'agriculture,
dont il est devenu le cher en 1983.
De mai 1988 à octobre 1990, M. Nestor
a assume lus fonctions de directeur du
cabinet du ministre de l'agriculture et de
la forilU M. Henri NalEcL En octobre
1990, lors de la nomination de celui-ci
comme garde des sceaux. M. Nestor était
deveau directeur adjoint du cabinet du
ministre de la justice.]
Mais les juges remarquent :
«Le vice interne du sang, même
indécelable, ne constitue pas, pour
l'organisme fournisseur, une cause
qui lui est étrangère, et les obliga-
tions des centres de transfusion
quant à la conservation du sang et
à sa délivrance dont ils ont le
monopole ne les dispense pas de
réparer les conséquences domma-
geables dues à la fourniture d'un
sang nocif».
MAURICE PEYROT
ENVIRONNEMENT
Le pape a ouvert, jeudi
28 novembre, à la basilique
Saint-Pierre dé Rome, un
synode réunissant pour la pre-
mière fois près de deux conte
évêques catholiques et délégués
d'autres Eglises chrétiennes de
tous les pays de l'est et de
l'ouest de l'Europe (te Monde du
28 novembre).
CITÉ DU VATICAN
de notre envoyé spécial
Annoncé par Jean-Paul 11 à Veh-
lerad, haut lieu du christianisme en
Tchécoslovaquie, le 22 avril 1990,
dans l'euphorie qui avait suivi la
chute du mur et le retour de la
démocratie à l'Est, le synode des
évêques européens devait être une
sorte de fête de la parole pour les
anciennes «Eglises du silence». En
fait, tes troubles actuels en Europe,
la guerre en Yougoslavie, les ten-
sions nationalistes, puis la bouderie
des Eglises orthodoxes de Serbie,
de Russie et de Roumanie, qui ont
décliné l’invitation du pape à se
rendre à Rome, ont gâché l’atmo-
sphère de ces retrouvailles Esî-
OuesL
Le discours d’ouverture de Jean-
Paul II était lui-même empreint de
gravité, insistant sur «la fui de siè-
cle dramatique» et l’urgence d’une
réconciliation, fondée sur le «par-
don » réciproque. Répondant à
ceux qui reprochent à l’Eglise
catholique son allergie à l’autocriti-
que, le pape a eu cette formule,
immédiatement commentée :
«Nous devons toujours pardonner.
nous souvenant que nous avons
besoin nous aussi de pardon. Nous
en avons besoin beaucoup plus sou-
vent que nous n’avons nous-mêmes
à pardonner*.
Président délégué de ce synode,
ls cardinal français Jean-Marie
Lostiger a. lui aussi, déploré la
situation des «peuples de l'Europe
qui souffrent encore des divisions et
des séparations léguées par leur his-
toire. Certains se déchirent en des
conflits meurtriers ». Pour
l’ardievèque de Paris, ce premier
somma d’Eçüses de l'aprcs-com-
munianc dent être un témoignage
d’unité pour toute l'Europe :
« Conscients de nos faiblesses, a-t-il
dit, nous devons accomplir en cette
assemblée la réconciliation que tous
les peuples d'Europe désirent, sans
la trouver.»
Quant au rapporteur général du
synode, te cardinal Camillo Ruini.
président de l’épiscopat italien, il
s’est employé surtout à apaiser les
craiaîes nées du prqjet de « nou-
velle évangélisation» de l’Europe,
qui est au centre de ce synode:
c Cette nouvelle évangélisation ne
signifie ni nostalgie pour le passé,
ni volonté de conquête. »
Pour lui, le tait de voir ressortir
des tensions entre les Eglises rend
urgente la tâche d’explorer tous les
chemins afin de libérer le dialogue
oecuménique des préjugés histori-
ques et des conditionnements poli-
tiques. Elargissant son propos, le
synode a lancé un appel à la coopé-
ration des chrétiens avec les juifs
et les musulmans en Europe.
HENRI TINCQJ
Les remous du port de Trébeorden
Après l’inculpation du ' joue, Je tribunal a ordonné^ ^ _
l’arrêt des travaux du port de plaisance
TRÉBEURDEN
de notre envoyé spécial
Après l’incarcération de
M. Alain Guenoec, maire (appa-
I renté PS) de Tiébeurden fCfltea-
d'Armor), accusé d’avoir été inté-
ressé à la construction d’un port
sur sa commune (le Monde du
23 novembre), le tribunal adminis-
tratif de Rennes a prononcé, jeudi
28 novembre, un nouveau sursis à
exécution des travaux du port.
Contrairement au souhait du
ministre de l’environnement, les
travaux avaient en effet repris en
septembre.
Devant l’église du bourg, des
ouvriers s’affairent Us érigent une
fontaine monumentale sur un
rond-point qui doit faciliter l’accès
des futurs visiteurs. Le chantier est
particulièrement bruyant. Il fait
paraître presque secondaire celui
du port, aux trois quarts achevé
maintenant. Les 50 mètres de
digue qui forment le «plan d'eau
abrité» barrent l’ancienne plage de
Trozout, aujourd’hui comblée. Les
algues vertes ont déjà colonisé les
blocs de granit rose sur toute la
hauteur du marnage - environ sept
mètres sur une hauteur totale de
12 mètres.
A marée basse, pelleteuses et
dumpers se dépêchent de creuser le
fond de l’anse et entassent les
sables de dragage le long du mur
de béton qui ferme le port, côté
ville. Beaucoup de Trébeurdinais
assistent au spectacle et y vont de
leur commentaire. Curieusement,
personne ne souffle mot du maire
(PS), Alain Guennec, alors que le
ministre de l'environnement, qu’ils
ont vu à la télévision, est la cible
de toutes les attaques. « Ce
Lalonde est cinglé, dit un pêcheur.
Vouloir démolir un ouvrage
£reil!» Un bistrotier lance: «Si
Allemands avaient construit le
port en 1940, on l’aurait, et il n'y
aura it plus de discussion. Un port
en béton!» Un officier de marine
marchande en retraite, Maurice
Nedelec, explique : «Je suis à fond
pour le pain. Pourtant , j’ai mon
bateau à l’extérieur et Je n’al pas
demandé de place. Mais c'est pour
l'avenir de Trebeurden. Le rêve :
accosta’ avec son bateau, en tout
temps et envoyer la gosses à la
plage d’à côté. Quel port peut offrir
par*
Mais, dans le lot des badauds,
des voix hostiles s’élèvent. Le pro-
pre frère du précédent, Daniel
Nedelec, secrétoire de l'association
des pécheurs-plaisanciers de Tre-
beurden, explose contre le chan-
tier : « Tout est raté ici. II faut
-arrêter le massacre. On n’a qu’à
M Uil'ib MM : i-\ il.i.ui
charger la blocs de la digue dans
des barges et expédier lie tout à
Roscoff pour l’agrandissement du
port l» Des noms d'oiseaux
s’échangent entre les groupes. Cest
presque la guerre, sous l’œil navré
d’Aristide Briand, hôte illustre de
la station, dont le monument au
bout du quai prodame ironique-
ment : « Il voulut pour nous la
«Incertitude
absolue »
Ainsi, la paisible station bal-
néaire de Trebeurden, qui vieillis-
sait doucement sur son littoral
enchanteur - la moyenne d’âge est
de soixante ans -, se trouve jetée
dans une tourmente où un vieux
loup de mer ne retrouverait pas sa
couchette. Qu’on imagine : un pro-
jet de port de 45 millions de francs
pour un budget communal de
9 millions. Un maire anciennement
communiste qui « vend » le
domaine public à un promoteur
privé pour relancer l'activité éco-
nomique. Et enfin, lost but nol
least, un maire écroué pour détour-
nement de fonds alors qu’une par-
tie de la population manifeste dam
la nie pour soutenir ses projets et
qu’un membre du gouvernement,
Brice Lalonde, annonce qu’il faut
démolir la digue. «Nous somma
complètement déboussolés», avoue
un partisan du port.
A la mairie, l’adjoint aux affaires
maritimes, Pierre Ropars, fait
front « Nous avons un bon cahier
des charges pour le port», dit-il en
caressant son dossier. Mais il
reconnaît que ses collègues ne sont
pas des spécialistes du droit admi-
nistratif, ce qui explique les aléas
de la procédure. « Nous nous
sommes fiés aux directives de
■ ■ M. .ysiWKjh •. .
l’Etat, dit-il. Ce n’est pas notre
faute si les administrations ne s’ac-
cordent pas entre elles/» Découragé
par l’imbroglio juridique, il avoue :
« Nous somma dans l’incertitude
absolue».
Parmi ceux qui ont décidé de
contre-attàquer, on trouve le
député socialiste de la circonscrip-
tion, Yvon TremeL II avait déjà
pris la tête de la manifestation de
soutien du 23 novembre. D peau-
fine aujourd'hui une stratégie pour
arracher une décision- favorable.
«Nous avons atteint le point de
non-retour, dit-iL II faut en finir.»
Cest donc l'union sacrée avec la
droite favorable au projet, menée
par Madeleine Alaniou, vice-prési-
dente de l’association L’avenir de
Tcébeurden, c'est son port. Tous
deux se concertent pour débloquer
la situation. «Je suis prête à ren-
contrer Brice Lalonde pour lui dire
ma façon de penser ! », lance
Mw Alaniou, qui se souvient
d’avoir fréquenté Sciences- Po et ne
craint pus les bureaux parisiens.
. Mois ces rodomontades cachent
une profonde Inquiétude. Plus per-
sonne à Trebeurden ne parie
aujourd'hui sur Tavenir du port,
pas même le groupe Campenon-
Beroard, qui poursuit les travaux.
Excédée par les contretemps et
sans doute échaudée aussi par la
mévente des anneaux du port voi-
sin de Saint-Quay-Portrieux, la
société du port a demandé en sep-
tembre la résiliation de sa conces-
sion - ce que la commune a refusé
tout net. Alors que le port devait
être inauguré en mai dernier, le
chantier se poursuit cahin-caha,
constamment interrompu par le
marées, les longues nuits d’hiver et
les contretemps de l'administra-
tion. Et personne ne sait ce qu'il
adviendra de la ZAC censée finan-
cer le port de plaisance.
ROGER CANS
^"CROIRE, C EST QUOI?
i • ;; c'Oier* rous. ils on! chacun !~?:jr reüqior.
L’ ; i-snne. ce jt-éire fis son? chrétiens" musulman^
a; N Docohisres oindous
UN DOSSIER SPÉCIAL MIKADO
"RELIGIONS: MIEUX LES CONNAÎTRE"
LrO~ h'SïüiOr ‘..t'JRS PRvViQi.îtS Ltî:'?? ! fO I- LU E N CE S
: i C j'viPRtKDR'f E i !?EFi.rO 'IR F NS F TV: =i F
■•V't's-j ■■■* +*
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• Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 13
SOCIETE
JUSTICE
Au tribunal de NanteiTe
Philip Morris attaque la campagne
de publicité anti-tabac
Ü'.tribunei de grande instance
cfeNanterre a examiné mercredi
27 novembre refaire opposant b
société Philip Morris au Comité
. éanpab dréducatibn pour la santé
JCFÉ5L à . b Caisse nationale de
l'assurance maladie (CNAM), au
ministère des affidés sociales et
de rntégration et au iméstère de
fa santé, à propos de ia dernière
campagne de prévention du taba-
gisme des pouvoirs publics.
Le cow^boy non fumeur de la (fer-
mère. campBgno-goBwmcmenlte anti-
tabac n’avait pas plus tôt disparu des
écrans que s’ouvrait, mercredi
27 novembre, devant la première
chambre dn tribunal de grande ins-
tance de Nanterre (Hauts-de-Seine),
son procès. D’un côté, te société Philip
Morris, qm exploite fa marque Mari-
boro, est venue; année de tress fîtes
pubEdtaiirs, bien décidée à défendre
«son» cow-boy, l’ambassadeur du
paquet ronge et blanc. De Fautre, le
CFES, te CNAM, le ministère des
affaires sociales et de l'intégration et le
cnnàtère de la santé qui assument b
campagne litigieuse: un cavalier au
visage buriné qui affirme «r Fumer,
c'est pas nu nature ».
a Un débat de Jbnd s’impose», avait
coodo, mardi 5 novembre, te jqge des
réfèrés en interdisant les affidn-m-g et
les cassettes du CFT3, mais en autori-
sant la diffusion du spot (le Monde du
g novembre). Ce jugement en demi-
teinte n’avait bit qu'accentuer le flou
amour des campagnes anti-tabac.
Quelles sont les Kmites que fixe le
droit en matière de tette contre le
tabagisme? Les décisions de justice .
concernant tes affiches dites de Quira-
rr n’avaient pas permis de répondre
cette question. Potées quatre ibis
devant les tribunaux sdon b procé-
dure d’urgence, Jes contre-publicités
réalisées par des lycéens de Quimper
avaient en effet abouti è des dédaoss
ccnüadiatHres (IX
Le cowbcy non fumeur des pou-
voirs publics se Tcspecuw-O pas 1e
droit? Pocr Philip Morris, b réponse
est daire: «Le film diffusé n'est que la
reprise sans autorisation, des emutèris-
tiques d’aunes préexistantes, dont la
droits d'auteurs appartiennent à mon
etient», indique M* Dominique Voûte-
mot Four appuyer ses affirmations, 3
difinsem au tribunal trois films réalisés
en 1988 et en 1989 par ragace de
publicité dePhffipMoms, Léo Buroett
Company. Les avocats et le public se
massent autour 'd'un minuscule écran
de télévision posté devant le président
dn tribunal, M. Germain Le Foyer de
CcstiL S’attaquant au dénigrement et à
la discrimination SObtS par b société
qu’3 défend, Mc VojÛemot cite alors
on sondag; Ipsos réalisé à b sortie de
séances de cinéma: 82% des per-
sonnes interrogées indiquent que b
film nuit à b marque.
En revanche, pour les pouvoirs
publics, 3 n'y a ni contrefaçon, ni
dracrimmation, ni Hénjgïmwnt Pour
prouver que Philip Morris n’a pas b
monopole du Far- West, M< Pierre
Cyçman avait lesté sa sacoche d'ex-
traits de «esteras, des Sept Merce-
naires à 17 était une Jets dans l'Ouest.
Le petit écran du tribunal apporta une
nouvelle (bis sou concoure à b justice.
s Finalement ; indigne Je défenseur do
CFES, Léo Bumett a tou simplement
copié les westerns, à moins que l'en-
semble des images qu’il a assemblées
ne sut banal Cest-h-dne exploitable
peu tous.» De b même façon, pour k
CFES, fl ne peut y avoir ni dénigre-
ment ni discrimination lotstpi’ûn sou-
haite simplement récupérer un certain
nombre de valeurs comme b liberté,
les grands espaces et Tavennue. Enfin,
M* Cycman s’est interrogé sur Texis-
tence d'un droit à b santé, supérieur
aux droits de la propriété, comme il
existe on droit d'ingérence, qui sim-
pose désormais aux droits nationaux.
Pour rétablir son image, Philip Mor-
ris rédame 17 rmŒicos de francs de
dommages et intérêt^ « le coût de ta
campagne des pouvoirs publics». La
société s’est engagée à les verser à unt
association charitable- puisqu'elle a
l’interdiction de diffuser des films
publicitaires vantant les mérites des
ctgarettes.
Jugsment fc 15 janvier.
MICHÈLE AULAGNON
(1) Le 29 avril, le tribunal de grande
instance de Quimper ordonne de retirer
la affiches. Le 18 septembre, saisi selon
la procédure de tierce opposition par le
CNCT, il annule le ré&é. Le 24 octobre,
un référé du tribunal de Paris interdit
CutiSation des affiches de Quimper. Le
31 octobre^ il annnle une exposition ks
présentant a la Bibliothèque nationale.
Les fausses factures du Snd-Est au tribunal de Paris
Une audience de Normands
Au second jour du procès des
fausses factures du Sud-Est, la
onzième chambre du tribunal
correctionnel de Paris a
entendu, jeudi 28 novembre, les
dirigeants et les cadres de la
SAE, société présumée «corrup-
trice».
Ces hommes du bâtiment ont la
mémoire floue: A moins qu'ils ne
souhaitent pas trop se souvenir. Ce
frit, en tout cas, une jolie audience de
Normands. Le bureau d’études Urba,
messieurs du bâtiment, qui prélevait
avec constance son pourcentage sur
vos contrats avec les élus socialistes,
vous facturait-il ainsi des services
effectifs? Ftêt ben qu’om. A leur
juste prix? P*lët ben qutean. Ces
sommes ne correspoodaient-eUes pas
plutôt an financement dn PS? Ptët
ben qu’oui. Dans ces conditions,
étiez-vous vraiment obligés de payer?
P’tët ben qu’noo. Aux questions dés-
espérément générales de la présidente
Jacqueline Chevallier, répondirent
ainsi, pendant quatre heures d*bar-
logc, des variations sur le thème du
touz-est-fdatiil
Le coût facturé par Urba aux
entreprises était e légèrement
majoré », avance par exempte aujour-
d'hui Paul Pettier. l'homme per qui
te scandale arriva. M" Chevallier
s’insurge : « Lors de l'instruction, vous
étiez beaucoup plus net : vous avez dit
que le contrat conclu avec Urba ne
correspondait à rien.» « Mes paroles
ont peut-être outrepassé ma pensée.
Peut-être trouvais-je la chose m peu
chère, mais ils nous apportaient
quand même une assistance au
niveau du démarchage commercial ».
Et de donner l’exemple de la
construction de HLM à Bédarieux
(Hérault), dans lesquelles « on a tra-
vaillé avec Urba sur un procédé qui
nous a permis d'être moins chers que
le dévis initial» .
Si l’on voulait avoir une chance
d’emporter les marchés lancés par les
collectivités locales socialistes, il
valait mieux avoir Urba dans sa
poche. Appuyés sur cette vérité mini-
male, MM. Paul Pefàer et Claude
Popis. directeurs de la SORMAE, et
leur patron ML Pierre Bentata. direc-
teur général de la maison mire, la
SAE, vinrent successivement tenter
d’expliquer au tribunal leurs relations
avec Urba. «Cria s'apparentait à un
droit de douane», dit M. Popis. «r//
s'agissait de s'intégrer dans le
contexte hxal », expliqua M. Pdtier.
Et, comme une totale évidence : «Il
était difficile de rencontrer les élus
sans jamais songer à financer leurs
Jormations poûtiques.»
Faute de cerner dans toute leur
complexité les rapports entre les
constructeurs et leurs intermédiaires,
on aura en un aperçu des ressources
sémantiques des hommes de la SAE
Ainsi, le mm de racket, prononcé par
1e substitut Jean-Claude Maria fit-il
sursauter M. Bentata. «Je ne partage
pas du tau ce point de vue. Je n ai
jamais entendu dire qu’il suffisait de
passer un contrat avec Urba pour
emporter le marché. Simplement, cria
ne déjamrisati pas. »
Entrepreneurs et intermédiaires,
d’une même voix, tentèrent ainsi de
mettre l’accent sur la réalité dn ser-
vice rendu. Non sans quelque peine.
«Où ! commence rien, où commence
peu de chose?», s'interrogea grave-
DÉFENSE
Nommé inspecteur général de Tannée de l'air
Le général Claude Lartigau
reçoit sa cinquième étoile
Sur la proposition du mihïstte
de la défense, M. Pierre Joxe, le
conseil des ministres du mercredi
27 novembre a approuvé jes pro-
motions et nominations suivantes.
• Aie. - Est élevé au rang et à
l’appellation de général d’armée
aérienne, le général de corps aérien
Qaade Lartigau, nommé inspec-
teur général de l’armée de Pair en
remplacement du général d’armée
aérienne Vincent Lanata. qui prend
les fonctions de chef d’état-major
de Tannée de Pair le 2 décembre
prochain (le Monde du 4 octobre).
Est élevé au rang et à l'appella-
tion de général -de corps aérien, 1e
général de division aérienne Roger
Mathieu.
■ Sont nommés ; commandant de
la défense aérienne et du comman-
dement «air» des forces de
défense aérienne, le général de
ÉDUCATION
o_ Opération «écoles fermées» à Sar-
criks (Val-d'Oise) et grève sa lycée
Ptanf-Valéry à Pois. - La moitié des
écoles primaires et matemeBes de Sar-
celles (Val-d'Oise) étaient fermées,
jeudi 28 novembre, en signe de pro-
testation après l'agression d’un ensei-
gnant par un parent d'élève. Des
enseignants du lycée Paul-Valéry,
situé dans le douzième arrondisse-
ment de Paris, étaient en grève te
meme jour pour protester contre fe
cfimat $« insécurité» qui règne sete»
eux dans rétaifissanenL Deux jours
auparavant, un professeor de mathé-
matiques avait été agressé dans sa
classe par une posera» extérieure au
fycfe.
corps aérien François Valhit; com-
mandant la Force aérienne tactique
(FATAC), le général de corps
aérien Bernard Norlain : major
général de l’armée de l’air, le géné-
ral de division aérienne Alain
Dumas; sous-chef d’état-major de
Tannée de Pair, le général de bri-
gade aérienne Michel Courtet ;
commandant en second les Foires
aériennes stratégiques (FAS). le
général de brigade aérienne Guy
Pouliquen; général adjoint «opéra-
tions» au général commandant la
région aérienne Nord-Est et com-
mandant la zone aérienne de
défense Nord, le général de brigade
aérienne Gérard Le Bretton; chef
de cabinet du chef d’état-major de
l’armée de l’air, le général de bri-
gade aérienne Michel Beaudoux.
• Terre. - Sont élevés au rang
a à Tappefiatûm. de général de
corps d’armée, les généraux de
division Raymond Manicacci, Jean
Pons et Michel de Coorrèges.
Est promu général de brigade, le
colonel Jean Vîalie.
Sont nommés : inspecteur de
l'artillerie, le général de division
Michel Brisac; chargé de mission
auprès du chef d’état-major des
années, le général de brigade Mau-
rice Le Page ; commandant les
forces françaises stationnées à Ber-
lin, te général de brigade Roger
Gosset; adjoint au général com-
mandant la région militaire de
défense Atlantique et la circons-
cription militaire de défense de
Bordeaux, le général de brigade
André Cousine.
• Armement - Est promu ingé-
nieur général de deuxième classe,
l’ingénieur en chef de première
classe Georges Verdie.
Devant la coût d'assises spéciale de Paris
^espionnage selon M. Rolf Dobbertin
Après douze ans de procédure,
M. Rolf Oobbèrtin, cinquante-sept
ans. -citoyen allemand chargé de
recherches au CNRS, comparaît
depuis le 27 novembre devant b
cour d'assises de Paris, spéciale-
ment composée de magistrats,
pour répondre de l'accusation. On
lui reproche d'avoir, depuis son
installation en France, en 1959,
jusqu'à son arrestation en 1979,
transmis des renseignements
scientifiques à ce qui était alors
la Répubfique démocratique afle-
mande.
Comment reconnaît-on nn espion?
A son attitude oo à la nature des
documents qu’il donne à Pé danger?
S te comportement est le seul critère
retenu, M. Dobbertin ressemble à un
espion, n recevait ses instructions par
messages radio qu’il décodait, utili-
sait pour répondre dn carbone blanc
ou des microfilms et, quand ses
«contacts» venaient chercher des
messages, il lui arrivait de les placer
dans des crottes de chien en pâte à
modeler. Si tout cela ressemble i de
l'espionnage, ce n’est pas de l'espion-
nage sdon M. Dobbertin.
Venu en Fiance pour préparer un
doctorat ès sciences, il affirme avoir
seulement voafu faire bénéficier ses
collègues est-allemands d’une culture
scientifique. M. Dobbertin est
convaincu que s'il avait bêtement
envoyé par la poste des documents
scientifiques, ils animent été saisis
par ia censure. C'est donc pour eda
qu’il utilisait des méthodes eguigno-
lesques », sdon son propre mot, pour
correspondre avec te mùristère de la
sécurité d’Etat (MF$X La DST ne
l'entend pas de cette oreille : «C’est
un y roi espion», affirme M. Ray-
mond Naît, sous-directeur de service.
pour
VesiBc
qui « M. Dobbertin est venu h
l’espionnage par ia science», comme
d’autres te pratiquent pour de Tar-
ant on par conviction politique.
St. pour caràtâérisez- Tespioimage,
on regarde les documents remis à
Tétranger sans se préoccuper de la
méthode, ML Dobbertin plaide non
coupable, fl est (Tailleura établi qu'il
n’a transmis aucun renseignement
faisant l'objet tfune quelconque res-
triction de diffusion. D s’agissait (fans
la majorité des cas de «preprints»,
c’est-à-dire d’exposés théoriques
concernant la recherche fondamen-
tale, publiés dans le monde scientifi-
que international afin de provoquer
les critiques qui permettront ensuite
d’envisager une parution dans une
revue spécialisée. Plusieurs pays de
l’Est étaient d’ailleurs nomâlement
destinataires de ces « preprints »
adressés très offideUement par des
laboratoires français ou américains.
Les collègues du CNRS de M. Dob-
bertin sont venus 1e confirmer à l’au-
dience.
La cour d’assises devra donc tran-
cher : les * intelligences avec les
agents d'une puissance étrangère »
semblent établies par ela clandesti-
nité» des procédés de transmission.
Mais sont-elles «de nature à nuire
aux intérêts économiques essentiels de
la France »1 D’autres. éléments prési-
deront & te dédsioa: M. Dobbertin
n’est pas un accusé comme les
autres. San instruction est terminée
depuis - dix ans.
La procédure s’empara du dossier
qui voyagea de chambre d’accusation
en chambre d’accusation, dont les
décisions étaient systématiquement
cassées, fl était cependant condamné
1e 15 juin 1990 à douze ans de réclu-
sion crimindte. Une décision qui fût
cassée te 6 mars 1991, car la cour
d’assises n'avait pas justifié légale-
ment son refus «raûger 1a comparu-
tion de Wemer StiHer, transfuge des
services spéciaux est-allemands, dont
les déclarations constituent b base de
raccusation.
Depuis. la. DST. a fait savoir que
M. ailler avait subi une opération de
chirurgie plastique destinée à le ren-
dre méconnaissable et qu'il se trou-
vait sous la protection de FElat alle-
mand. Le principal témoin à charge
ne viendra pas.
Verdict vendred i 29 novembre.
MAURICE PEYROT
ment M. Pehicr. « C'était pour nous
l'assurance d'être sur la ligne de
départ avec les autres entrepreneurs »,
résuma M. Claude Popis.
Que se serait-il passé si les entre-
preneurs avaient refusé d’acquitter
cette dîme? En quels termes ctaient-
ils appâtés, que leur promettait-on
exactement, et avec quelle proportion
de réussite? De quoi tes menaçait-on
en cas de refus? On ne 1e saura pas,
les questions n’ayant jamais été
posées, et la situation ne s’étant vrai-
semblablement jamais présentée, tant
Urba faisait partie du paysage.
Pratiques
bananières
Car au-delà de ces subtilités déri-
soires, le plus frappant pour le pro-
fane fut l’aperçu vertigineux de la
capacité d'intégration mentale, par
ccs hommes de l’art, de ce qu'il faut
bien appeler des pratiques bana-
niêres. Voici des sujets brillants,
anciens élèves des grandes écoles,
rélrtc, en quelque sorte, d’un grand
pays démocratique et développé. Et
ce racket au petit pied leur paraît
une fatalité aussi inéluctable que tes
nuages de sauterelles au paysan
d’Ajnquc ou les raz de marée au
villageois du Bangladesh!
Ni rancune, ni révolte morale, ni
désir de revanche dans leur bouche,
sur leur visage. Urba n'était rien
d'autre, en somme, qu'un poste
comme un autre dans leur compte
d’exploitation, un budget implicite de
relations publiques. Police et justice,
finalement, n’ont rien fait d’autre
que s'immiscer dans d’aimables rela-
tions de voisinage.
* Et il est vrai que l'incitation venait
de haut. On donna lecture d'une note
de M. Pierre Bentata. dans laquelle te
directeur général encourageait les
directeurs de ses filiales à entretenir
de bons rapports avec tes élus locaux,
afin qu'ils «se mouillent pour nous».
« Pour moi, se mouiller, cela veut dire
prendre parti pour quelqu'un, expli-
qua à ['audience ML Bentata. Si vous
vous trouvez dans une situation de
compétition, vous devez avoir des
amis qui vont se mouiller pour vous.
Cria ne veut pas dire se compromet-
tre. Si à chaque Jois qu’on prend posi-
tion, on se compromet-.»
Et de conclure : «Avec h nouvelle
législation, nous allons d’ailleurs
continuer à financer les partis par le
biais d’associations. La seule diffé-
rence. c'est qu’elles seront légales. »
DANIEL SCHNEIDERMANN
Au sommaire du numéro de décembre :
• dossier
Comment choisir
un ordinateur d’échecs
20 modèles au banc d’essai
• Xie Jun, la surprenante Chinoise
championne dn monde
• Tout sur le Trophée Jnimopar
• Tilburg : toutes les parties
du plus fort tournoi de tous les temps
En vente partout : 32 F
i SV*»;
i.
W V“".' ■
2-
■J&k*--.
City-’. :
Y
~tk<
.r-9
■iü.
14 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 •
AGENDA
VENDREDI 29 NOVEMBRE
THEATRES
AKTÈON THÊATRE (43-38-74-62).
Les Lettres de le marquise : 19 h. Une
fée son du logis : 22 h.
AMANDIERS OE PARIS {43-66-
42- 17] Rémonkeno : 20 h 30.
ANTOINE - SIMONE-BERRIAU (42-
08-77-71) Puta : 20 h 45.
ATELIER (46-06-49-24).
L'Antichambre : 21 h.
ATHÉNÉE- LOUIS-JOUVET «4 7-42-
67-27). Salle Louis-Jouve; Timcn
d'Athènes : 20 h 30.
AUX BOUCHONS (42-32-28-73).
Femme de jcjr. fîTr1? do nui: :
18 h 45.
BASTILLE (43-37-42- i4). Ûis-J grcrv
mairien . 19 h 30. Chsn: dt: ’JCCC : 21 h.
BATEAU -THÉÂTRE [rncc au 3, quai
Malaquais) (40-5'-?4-53). Ls 5anc :
19 h. Exercices de sryte : 20 h 30. D'ia-
bloguement vôtre . 20 !i 30.
BEAUNORO-CENTRE WALLONIE-
BRUXELLES (42-71-26-16). Credo :
21 h.
BERRY (43-57-51-55). L'Ascenseur :
20 h 30.
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE
PARIS (GALERIE COLBERT). Manfei
ûbm : 20 h 30.
BOBINO (43-27-75-75). Cinêmamac.
one-man-show ri'unô tête à claps :
19 h 30.
BOUFFES PARISIENS (42-96-6C-24).
Omifle : 20 h 30.
BOUFFONS-THEATRE DU XIX- (42-
38-35-53). Ma de. t»; Awrîy c'w:
vous I : 20 h 30.
CAFÉ OE LA GARE «2-78-1 52-51). Thê
i la menthe ou T ?r . 20 h 15.
Les Couloirs o«r ia herm : 22 h.
CARTOUCHERIE ATELIER DU CHAU-
DRON (43-28-37-04). F'rrfvrft-t-.o :
20 h 30.
CARTOUCHcRIc-ÉPÉE-Dc-BGiS (4S-
08-39-74). La vis os: un songe :
20 h 30.
CARTOUCHERIE-THÊATRE DE LA
TEMPÊTE (43-28-36-36). Ccmbzi de
nègre et de chiens : 20 h 30. Les Clefs :
2! h.
CARTOUCHERIE THÉÂTRE OU
SOLEIL (43-74-24-08). Iphigénie b
Aulis : 19 h 30.
CASINO DE PARIS (49-S5-S9-S9).
Peter Pan : 2ü h.
CAVEAU DE LA RÊFUSUC LUS *2-78-
44-45). Y a-t-il lt commij-ti?*” dans b
safie ? : 21 h.
CENTRE CULTUREL DS LA CLEF (-13-
31-49-27). Lw Troycnnes : 21 h.
CHAPITEAU (SQUARE SÉVERINE)
(43-31-80-6S). Cirque Beckett ecw s*n*>
parole I : 20 h 45.
CHATELET -THÉÂTRE MUSICAL DS
PARIS (40-28-22-^0). West Sida
Story : 20 h 30
CINQ DlAWlA'tTS '45-20-5’ -31} D-i*
sur h balançai.-? • 20 * 30.
CITÉ INTERNATIONALE UNIVERSI-
TAIRE (45-S9-3S-39;. Trans?ib$rsn :
20 h 30.
COLLÈGE NÉERLANDAIS (40- ?S-
50-00). L'Amour a: Nuit de n?c«s .
20 h 30.
COMÉDIE CA U MARTI N (47-42-
43- 41). Les Trots Filles de Mrao Akcm :
21 h.
COMÉDIE DE PARIS (42-31-00-1 î).
Voltaire' s Foli ïs : 19 h. Grand P',L" ot
Misère du IIP Reich : 21 h.
COMÉDIE DES CHAMPS-ELYSÉES
(47-23-37-21). La Nui: ds Vaiognfs ■
21 h.
COMÉDIE ITALIENNE (43-21 -22-21).
Arlequin et Colembhç au Csm^val de
Venise : 20 h. L'Epouse preosn:? . 21 h.
DAUNOU (42-61-69-14) Couac I le
Grand Orchestre du Splendid . 20 h 45.
DÉCHARGEURS (TLD) (42-26-00-02).
Biaise comme Cendrars : 21 h.
DÉJ AZET -(TLP) (42-74-20-50). Font &
Val : 20 h 30.
DEUX ANES (46-05-10-26) Cresson
qui s'en dédit : 21 h
DIX-HUIT THÉÂTRE (42-26-47 47). La
Chevauchée sur le lac de Car.stance :
20 h 30.
EDGAR (43-20-85- ï 1}. Les rau.i
Jetons : 20 h 15. Les Bsbas cèdres :
22 h
EDOUARD-VI1-3ACKA-GUÎTP.Y ÿ»7-
42-59-92). Déciael . 20 h 45.
ELDORADO (42-49-30-27). Ncs mi-cc
étaient des fész : 21 h.
ESPACE ACTEUR '.42-62-35-00!. Les
Richesses rvjtursüas : 20 h 30.
ESPACE MARAIS (48-04 -9 Ï-EE). Le
Mariage de Figcre ; 13 h. Le Mouette :
20 h.
ESSAION DE PARIS t42-T?-4S-421.
Salle I. Jusqu'à la prochaine nuit :
20 h 30.
FONTAINE (48-74-/4-40). Le Clan jes
veuves : 20 h 45.
GAITÊ-MONTPARNASSE (43-22-
16-18). Voltaire-Rcusssaj : 20 h 45.
GRAND THÉÂTRE D'EDGAR (43-20-
90-09). Meiral Family : 20 h 15
GUICHET MONTPARNASSE (43-27-
88-61). Eux seuls le savsr.t : 18 n 45.
Libertine : 20 h 30. Oui : 22 h.
GYMNASE MARIE-BELL ,42-46-
79-79). Laqaf ; 20 h 30.
HALLE SAINT-PIERRE (42-52-74- >2).
Les Origines de rnenvra . 15 h
HÉBERTOT (43-37-23-23). Le Co"tre-
besse : 21 h
HUCHETTE (43-25 68-93). La Certo-
irice chauve 19 h 30. La Leeor :
20 h 30. Lorca. po=t? h Me-v-Ycrf: :
21 h 30.
LA BRUYÈRE (46-74-7669!. CAsre e:
Dépendances . 2 1 h.
LA VIEILLE GRILLE i47-07-22-î i). lQ
Moine Apostat : 20 îi 30
LE BOURVIL (43-73-47-S-*/. En:rc ciel
et terre ; les manuels du rire - 20 h 30
LE FUNAMBULE THEATRE-RESTAU-
RANT (42-23-88-83). L'Apocalypse,
version pauvre . 20 h 30.
LUCERNAIRE FORUM (45-44-57-34).
Théâtre noir. Le Petit Pnnca ■ 1S n 45.
La Nuit at le Moment : 20 h. Nous. Théo
et Vincent van Gogh . 21 h 30 Théâtra
rouge. Mademorealte çJse ; 20 n. Onde
Vania : 2 1 h 30.
MADELEINE (42-65-07-09). N'écoulez
pas. mesdames . 21 h.
LA POÉSIE (TERRASSE
vfj*?1!* DES «ALLES) (42-36-
*'■**!■ Enfer et Illuminations : 20 h 30.
NÎARAiS (42-78-03-53). Jugement :
13 il 30- Pal et Sarah : 21 h.
MARIE STUART (45-08-17-80). Pour
en finir avec le hareng saur : 20 h 30.
Histoires d'ouvreuses : 22 h.
MARiGNY (42-56-04-41). La Dame de
chez Maxim's : 20 h 30.
MATHURINS (42-65-90-00). Magic
Palace : 20 h 30.
MATHURINS (PETITS) (42-65-90-00).
Chadua : 18 h 30.
MÊTAMORPHOSIS (THÉÂTRE
SALON D'ENCHANTEMENTS) <42-
61-33-70). Marchand de rêve : 21 h.
MICHEL (42-65-35-02). Darling Chérie :
21 h 15.
MiCHODIÈRE (47-42-95-23). Pleins
Feux : 20 h 30.
MOGADOR (48-73-04-04). Las Miséra-
hba : 20 h 30.
MONTPARNASSE (43-22-77-74).
Calcmir, Ja.ts : 20 h 45.
MONTPARNASSE (PETIT} <43-22-
77-74). Les Patients : 21 h.
MUSÉE COGNACQ-JAY (40-27-
07-21). La Faussa Suivante : 20 h 30.
NOUVEAU THÉÂTRE MOUFFETARD
(43-31-11-99). Le Misanthrope :
20 h 30.
NOUVEAUTÉS (47-70-52-76). Les
Jumeaux : 20 h 30.
UVRE (48-74-42-52). Le Météore :
2G h 45.
PALAIS DES GLACES (PETIT
PALAIS) (48-03-11-36). Chantal LadB-
sou : 20 h 30. Le Syndrome de Stock-
holm : 22 h.
PALAIS DES GLACES (GRANDE
SALLE) (42-02-27-17). Jean-Marie
3iga.-d . 20 h 30.
PALAIS DES SPORTS (48-28-40-90).
J4:us é:dt sor. nom : 20 h 30.
PALAté-RDïAL 142-97-59-81). Valérie
Lomortier =u *alate-Ro>3l : 20 h 30.
PARC DE LA VIlLETTE (scus chapi-
teau trensiucidc) (40-03-39-03).
VcSSrs : denier chant avant
l’envoi : 2C- h 30.
POCHE-MONTPARNASSE (45-48-
92-97). Salle I. Chambre 108 : 21 h.
Salle II. Abraham et Samuel : 21 h.
PORTE SAINT-MARTIN (42-08-
GO-32). Volpcne : 20 h 30.
RANELAGH (42-88-64-44) Le Bouffon
s: la Reir« : 21 h.
RENAISSANCE (42-08-18-50). Chantal
GailU: : 2) h.
ROSEAU- THEATRE (42-71-30-20). U
: 14 h. L'Etrcng? Ouvrage des
ersux : 20 i 30.
OAirJT-GSDESSS ;48-7S-33-47). Enfin
seuls I : 20 h 4P.
SALLE BRASILIA (GALERIE 3RASIL
IfJTES ART (42-07-20-17). RimbEud à
sa sesur Lcieüo ; 20 h 20 c: 22 h 30.
SALIE VALKUSSHT (45-34-30-30).
Les Femmes eeventss : 20 h 30.
SEÜISI CES MALLES «2-32-37-27).
Ja m’pisissrtto : Pau! Azzrr. . 2 G h 30.
SPLEfJCID î?é!W“ (yiARTIN (42-0S-
21-93). Un aeveb au Splendid :
20 h 30 Devaux : 22 h.
studio dss Champs-Elysées <47-
23- 35-10). Léo jsurs sc traînent, les
Rtrts cuscl : 20 h 30.
THÉÂTRE 13 (45-33-62-22). Une envie
de tu?: sur le bout de la langue :
ZC n 30.
THÉÂTRE 14 - JEAN-MARIE SER-
REAU (45-45-49-77). Caligula :
20 h 30
THÉÂTRE CLAVEL (42-38-22-58).
Am-sr Lappé : 2 1 h.
THÉÂTRE DE L'EST PARISIEN (43-
24- 20-30). Chacun pleure son Garabed :
20 h 30.
THÉÂTRE DE LA MAIN-D’OR BELLE-
DE-MA! (43-05-67-S3). Les caïmans
senî des gsns comme les autres :
20 h 30. Après i'ameur : 21 h.
THÉÂTRE DE LA VILLE (42-74-22-77).
Ls Haut-de-Fcme. Sfk-SA : 20 h 30.
THÉÂTRE DE MËNILMONTANT (47-
45-75-80). L'Gifrande : 20 h.
THÉÂTRE DE NESLi (46-34-61-04).
Baudelaire : 14 h 30. Miserae : 19 h.
Noël Hardy : 22 h.
THÉÂTRE DE PARIS (48-78-22-00).
SmüTr, ; 21 h.
i THÉÂTRE DU SPHINX (42-73-39-29)
I Le Tempo .. le fou : 20 h 30.
I THÉÂTRE DU TAMBOUR ROYAL (48-
06-72-34). Sand-Vucseï : 19 h 45.
THÉÂTRE DU TEMPS (43-55- 10-88).
Terc e: ri'akc Phèdre, en alternance
avec A!;:--- . 20 r. 30
THÊjt.TRE =ix ACTES (43-57-35-13).
THÉATCS"53ÉV:rî (42-46-34-47).
Anna Reasmafi . 2? h 30.
THÉÂTRE MAURICE- RAVEL (43-70-
33-021. L’ Affaire Sotie c . 20 h.
THÉÂTRE MODERNE (4S-74-ÏO-75).
Ne WcT.sn'6 Lan J : 20 n 45.
THÉÂTRE NATIONAL DE CHAILLOT
(47-27-31-15,. Salle Gémier. Y a pas !
les chiens qui s'aiment 21 h Salle ■
Jean- Vilar. Marilyn Montreuil : 20 h 30. i
THÉÂTRE NATIONAL DE LA COL- [
LINE (43-66-43-60). Un man : 20 h 30. I
Grande salle. Comédies barbares : 20 h. i
THÉÂTRE NATIONAL DE L'ODÉON ;
(43-25-70-32). Le Temps et la Chambre
(Festival d'auio-.re a Paris) : 20 h 30
THÉÂTRE NATIONAL DE L'ODÉON
(PETITE SALLE) (43-25-70-32). L'En-
tretien des ménders . 18 h 30.
THEATRE OUVERT -JARDIN D’HIVER
(42-62-59-491 Lss Guerrière : 21 h.
THÉÂTRE PARIS-PLAINE (40-43-
01-32,. Cîr.tji b; E.rc.-;ices : 20 h 30.
THÉÂTRE RENAUD- BARRAULT (42-
56-60-7G). Grande salle. Un? dea der-
nières ccirôes ta sa-ns-.-d : 20 h 30
TCURiOUR Î4B-37-32-43). Cancide :
19 h. Je "? me scti'/îsrs plus de rien ;
C!i-c . 20 h SC.
TRISTAN-BERNARD (45-22-08-40)
LîT- Madcrr.j Trio : 2 1 h.
VARIÉTÉS (42-33-09-92). Trais
parrou: 2ü h 3G.
US CAFÉS-THÉATMS
AU BEC FIN (42-96-29-35). Nijinsky
TAnge ne papier : 19 h. Davos existe, je
l'c: :ancor.:ré 20 h 30. l'm just a Gilles
Gaulé : 22 h.
BLANCS -MANTEAUX (48-37-15-84).
En c ttsnaani Pedro . 22 h 30. Salle I.
Salade de nuit 2G h 15. Cherar et Che-
rer : 2 1 h 30. Salle II. Les Sacrés Mons-
|fM ■ 2Û h 15. Finissez les melons j'e
vais chercher le rôti : 2 1 h 30. Cosia-
Vagnon ; 22 h 30.
CAFÉ D'EDGAR (43-20-85-11). FaUla
dans son premier fatman-show :
20 h 15. Mangeuses d'hommes :
21 h 30. Nous on fait où on nous dit de
faire : 22 h 30.
LE DOUBLE-FOND (42-71-40-20).
C'est magique at ça tache : 20 h 30.
22 h et 24 h
LE GRENIER (43-80-68-01). Son excel-
lence... le majordome : 22 h.
MOVIES (42-74-14-22). Tranche de
quai : 19 h 30. Y a-t-il une vie après le
mariage ? : 20 h 30.
PETIT CASINO (42-78-36-50).
Qu'est-ce que je trinque I : 2 1 h. Ils
nous prennent pour des bœufs, faites
passer : 22 h 30.
PLATEAU 26 (48-87-10-75). Victor
Bianco au Plateau 26 : 20 h 30. Gende-
larie nationale : 21 h 15. Max de 8ley...
en herbe : 22 h 15.
POINT-VIRGULE (42-78-67-031. Gus-
tave Parking : 20 h. Eric Thomas :
21 h 15. Ça passe ou ca casse :
22 h 30.
SUNSET (40-26-46-60). Karim
Segheir : one-man-show comique :
20 h 30.
RÉGION PARISIENNE
ANTONY (THÉÂTRE FIRMIN-
GÉMIER) (46-66-02-74). Madame
l'abbé de Choisy : 21 h.
AUBER VILUERS (THÉÂTRE ÉQUES-
TRE ZINGARO) (48-04-38-48). Opéra
équestre : 20 h 30.
AUBERVILLIERS (THÉÂTRE DE LA
COMMUNE) (48-34-67-67). Petite
salle. Des siècles de paix ; Tournicotis
pour acteurs, bestiaux et musiciens :
20 h 30.
BOULOGNE-BILLANCOURT (THÉÂ-
TRE) (46-03-60-44). Le Café : 20 h 30.
CERGY-PONTOISE (THÉÂTRE 95)
(30-38-11-99). Les Chapons ; les
Gnoufs : 21 h.
CHATENAY-MALABRY (THÉÂTRE
DU CAMPAGNOL) (46-61-33-33). Le
Bouc : 20 h 30.
CHEVILLY-LA-RUE. CENTRE CULTU-
REL ANDRÉ-MALRAUX (46-86-
54-48). Fables de La Fontaine : 20 h 30.
CRÉTEIL (MAISON DES ARTS) (49-
80-18-88). Cœur ardent : 20 h 30. Les
Guerres picrochofines : 20 h 30.
FONTENAY-LE-FLEURY (THÉÂTRE)
(34-60-20-65). Raymond Davos : 21 h.
GENNEVILUERS (THÉÂTRE) (47-93-
26-30). Cent millions qui tombent :
20 h 30. Peines d'amour perdues :
20 h 30.
LE FERREUX (CC DES BORDS-DE-
MARNE, (43-24-54-28). Les Cinq Dits
das cIgjvrs au prince : 20 h 30.
NANTcRRE (THÉÂTRE DES AMAN-
DIERS) (46-14-70-00). L'Empire ;
le ns : 21 h. Grande salle. Famasio :
20 h 30.
NANTERRE (THÉÂTRE PAR-LE-BAS)
(47-78-70-88). Joséphine la cantatrice
ou le Peuple des souris : 20 h 30
NEUILLY-SUR-SEINE (L'ATHLÉTIC)
(46-24-03-83). Scènes de ménage :
20 h 30.
PUTEAUX (THÉÂTRE DES HAUTS-
DE-SEINE] (47-72-09-59). Sacrée Gla-
dys : 20 h 45.
SAINT-DENIS (THÉÂTRE GÉRARD-
PHILIPE) (42-43-00-59). Salle J.-M.
Serreau. Bêta de style : 20 h.
VERSAILLES (THÉÂTRE MONTAN-
SIEfi) (39-50-71-18). George et Marga-
ret : 21 h.
VILLEPREUX (THÉÂTRE DE VILLE-
PREUX) (30-56-05-64). Welcoma Mis
ter Chaplin : 21 h.
VINCENNES (THÉÂTRE DANIEL-SO-
RANO) (48-08-60-83). Ainsi soit île :
21 h.
CINEMAS
LA CINÉMATHÈQUE
PALAIS OE CHAILLOT (47-04-24-24)
Assignâmes Pans (1952, v.o. s.t.f). de
Robert Pamsh, 16 h ; la Flamme pourpre
(1954, v.o.}, da Robert Pamsh, 19 h ;
Iss Brutes dans la villa (1971, v.o. s.t.f.),
de Robert Pamsh. 21 h.
PALAIS DE TOKYO
(47-04-24-24)
Fanny et Alexandre (1982. v.o. s.t.f.),
d'Ingmar Bergman, 18 h ; dix ans de
Pordenona : Tosca (1918). de
□ . Antoni ; la Comtesse da Challam et
Don Pedro de Cordova (191 1). de Gero-
lamo La Savio ; la Comtesse Sarah
(1919). de Robeno Ribem, 18 h 30 ; Un
sogno di Kri Kri (1913): D'Artagnan
(1916). de Charles Swickard : The Vaga-
bond Pnnce (1916), de Charles Giblyn.
20 h 30.
CENTRE
GEORGES-POMPIDOU
SALLE GARANCE (42-78-37-29)
Hommage à la Warner Bros . Yakuza
(1975, v.o. 6.!.f.). de Sydney Pallack.
I* h 30 ; le Roman da Mildred Piarca
11945. v.o. s.t.f.), da Michael Curtiz.
17 h 30 : Fufl Matai Jacfcet (1966-1987.
v.o. s.Lf.). de Stanley Kubrick. 20 h 30.
VIDÉOTHÈQUE PE PARIS
2. Grande-Galerie,
porte Saint-Eustache.
Forum des Halles
(40-26-34-30)
L'Empire des médias : Histoire de la
radio : la Guerre des ondes (1978). de
Jean-Daude Le Saul, les Radios libres
(1982), d'Olivier Landau. 14 h 30 ;
Rétrospective de magazines d'actualités,
1 6 h 30 . Histoire de la presse : Actuali-
tés Gaumont, les Denis longues (1952).
de Daniel Gélin, 18 h 30 ; Histoire de la
radio ; Actualités Gaumont. Radio-Cité a
quarante ans (1973), d'Igor Gourine,
Actualités Gaumont, Michèle Cotta. PDG
de Radio-France (1982). de Fernand
Moszkowicz. Actualités Gaumont. Paris
indiscret (1970), RTL non stop (1971),
20 h 30.
LES EXCLUSIVITÉS
A PROPOS D'HENRY (A., v.o.) : Gau-
mont Ambassade, 8* (43-59-19-08) ;
UGC Biarritz, 8* (4M2-20-40) ; Bienva-
nüe Montparnasse, 15* (45-44-25-02) ;
v.f. : Paramount Opéra, 9* (47-42-
56-31).
ALICE (A., v.o.) : Cinoches, 6> (46-33-
10-82).
LES AMANTS DU PONT-NEUF (Fr.) :
Gaumont Les Halles, 1* (40-26-12-12);
Gaumont Opéra, 2" (47-42-60-33) ;
Espace Saint-Michel, 51 (44-07-20-49) ;
14 Juillet Odéon, 6- (43-25-59-83) ;
Gaumont Ambassade. 8* (43-59-
19-08) ; Fauvette. 13- (47-07-55-88) ;
Gaumont Alésia, 14* (43-27-84-50) :
Sept Parnassiens, 14* (43-20-32-20).
L'AMOUR AVEC DES GANTS (1t..
v.o.) : 14 Juillet Parnasse, 6* (43-26-
58-00).
AN ANGEL AT MY TABLE (néo-zélan-
dais, v.o.) : (mages d'aWeurs. 5» (45-87-
18-09) : Lues ma ire, 6- (45-44-67-34).
ARTHUR RIMBAUD, UNE BIOGRA-
PHIE (Fr.) : Reflet Logos I, 5* (43-54-
42-34).
ATLANT1S (Fr.) : Gaumont Parnasse,
14* (43-35-3040).
AY CARMELA I (Esp.. v.o.) : Lucer-
naire, 6* (46 -44-5 7-34).
BARTON HNK (A., v.o.) : Forum Orient
Express. 1- (42-33-42-26) : Reflet
Logos II. 5* (43-54-42-34): UGC
Triomphe, 8- (45-74-93-50) ; Sept Par-
nassiens, 14* (43-20-32-20).
LA BELLE NOISEUSE (Fr.) : Ls Saint-
Germain -des-Prés. Salle G. de Beaure-
gard. 6- (42-22-87-23).
UES 8RANCHES DE L'ARBRE (Fr.-lnd..
v.o.) : Cinoches. 6* (46-33-1082).
LE CERCLE DES POÈTES DISPARUS
(A., v.o.) : Denfert. 14* (43-21-41-01) ;
Grand Pavois, 15* (46-64-46-86).
LES CLÉS DU PARADIS (Fr.) : UGC
Danton, 6* (42-25-10-30) : UGC Mont-
parnasse. 6* (45-74-94-94) ; UGC Biar-
ritz, 8* (45-62-20-40) ; UGC Opéra. 9*
(45-74-95-40).
LES FILMS
AMERIKA, TERRA INCOGNITO
Film vénézuélien de Diego Risquez,
v.o. : Latina, 4* (42-78-47-86).
L'AMOUR NÉCESSAIRE Film ita-
Ben de Fabio Carpi : Bysées Lincoln,
8* (43-59-36-14) ; Sept Parnassiens,
14* (43-20-32-20).
ANGELS. Film suisse-espagnoi-fran-
çais de Jacob Berger, v.o. : Les Trois
Luxembourg, 6- (46-33-97-77).
BERNARD ET BIANCA AU PAYS
DES KANGOUROUS. Film américain
d'Hendel Butoy et Mflte Gabriel, v.o. :
UGC Odéon. 6* (42-25-1030) ;jftt :
Forunj Horizon, 1* (46-08-57-57) ;
Rex (la Grand fiex), 2* (42-36-
83-93) : UGC Montparnasse. 6* (45-
74-94-94) ; UGC Odéon, 6* (42-25-
10-30) ; Pathé Marignan-Concorde,
8* (43-59-92-82) ; UGC Normandie,
8- (45-63-16-16) ; UGC Lyon Bastüe.
12* (43-43-01-59) : UGC Gobeins,
13* (45-61-94-95) ; Nfistral, 14* <45-
39-52-43); UGC Convention. 15*
(45-74-93-40) ; Pathé Wepler. 18*
(45-22-46-01) ; Le Gambetta, 20*
(46-36-10-96).
L'ENFANT DU TUNNEL RLm autri-
chien d'Erhard Riedlsperger, v.o. :
Utopie. 5* (43-26-84-66).
HANGIN' WÏTH THE HOMEBOYS.
Film américain de Joseph B. Vos-
quez, v.o. : Ciné Beeubourg, 3* (42-
71-52-36) ; Racine Odéon, 6* (43-
26-19-68) ; UGC Rotonde, 6* (45-74-
94-94) ; UGC Biarritz. 8* (45-62-
2040) ; 14 JuiBet Bastille, 1 1* (43-
57-90-81) ; v.f. : Paramount Opéra,
9* (4742-56-31).
HIT MAN. film américain de Roy
London, v.o. : Gaumont Les Haies, 1*
(40-26-12-12) ; Les Trois Luxem-
bourg, 6* (46-33-97-77) ; UGC Nor-
mandw, 8* (4563-16-16) ; v.f. : Rex,
2* (42-36-83-93) : Paramount Opéra.
9* (4742-66-31) ; UGC Lyon Bastide.
12* (4343-01-59) ; UGC Gobelins,
13- (45-61-94-95) ; Les Montpamos,
14* (43-27-52-37) ; Mistral. 14* (45-
39-5243) : Gaumont Convention,
15* (48-2842-27) ; Pathé Wepler il.
18* (45-2247-94).
FISHER KING (A., v.o.) : Gaumont Les
Halles, 1* (40-26-12-12) : Gaumont
Opéra, 2* (47*42-60-33) ; 14 JuMIel
Odéon. 6* (43-25-59-83) ; Bretagne, 6-
(42-22-57-97) ; George V. B* (4562-
41-46).
UES FLEURS OU MAL flFr.) : George V.
8* (45624148).
HALFAOUINE (Fr.-Tun., v.o.) : Epée de
Bois, B* (43-376747).
L’HALLUCINÉ (A., v.o.) : Action
Ecoles, 5* (43-25-72-07) ; Elysées Lin-
coln. 8- (43-59-36-14) ; Sept Parnas-
siens. 14* (43-20-32-20).
HAHLEY DAVIDSON ET L'HOMME
AUX SANT1AG (A-, v.o.) : Forum Hori-
zon, 1* (45-08-57-57) : UGC Triomphe.
8* (45-74-93-50) : v.f. : UGC Montpar-
nasse, 6* (45-74-94-94) ; Paramount
Opéra. 9* (4742-5661).
HENRY V (Brit.. v.o.) : Républic Ciné-
mas, 11* (4865-51-33) : Denfert, 14*
(43-214161) ; Saint-Lambert, 15* (45-
32-9168).
HOT SHOTS I (A., v.o.) : Forum Hori-
zon. 1* (4568-57-57) ; UGC Danton. 6*
(42-26-10-30) ; George V. 8* (4562-
4146) ; UGC Normandie, 8* (45-63-
16-16) ; v.f. : Pathé Impérial. 2- (4742-
72-52) ; Rex. 2* (42-3663-93) ; UGC
Montparnasse, fi* (45-74-94-94) ; Pathé
Marignan-Concorde, 8* (4369-9262) ;
UGC Opéra, 9* (45-74-9540) ; UGC
Lyon Bastille, 12* (434361-59) ; UGC
GobeBns, 13* (4561-94-95); Mistral,
14* (45-39-5243) ; Pathé Montpar-
nasse. 14* (43-20-1266) : UGC
Convention. 15* (45-74-9340) ; Pathé
CUchy, 18* (45-224661).
L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE
L'ÊTRE (A., v.o.) : Cloches, 6* (46-33-
10-82).
J'EMBRASSE PAS (Fr.-h.) : Ciné Beau-
bourg, 3* (42-71-52-36) ; 14 Juillet
Odéon. 6* (43-256963) : UGC Mont-
parnasse, 6* (45-74-94-94) ; Seim-La-
zare-Pasquier, B* (4367-3543) : UGC
Biarritz. 8* (4562-2040) ; UGC Opéra,
9* (45-74-9540 ; 14 Jufflet Bastille. 1 1*
NOUVEAUX
MAYRIG. Film français d'Henri Ver-
neuil : Forum Horizon. 1* (4668-
5767) ; Pathé Impérial, 2* (4742-
72-52) : Rax, 2* (42-36-83-93) ; Bre-
tagne, 6* (42-226767) : Pathé Hau-
tafeuifle. 6* (46-33-79-38) ; Pathé
Marignan-Concorde. 8* (43-69-
9262) ; PubGds Champs-Elysées, 8*
(47-20-78-23) ; Salnt-Lazare-Pas-
quier, 8* (4367-3543) ; Pathé Fran-
çais. 9* (47-70-3368) ; Les Nation,
12* (43-43-0467) ; UGC Lyon Bas- .
tille, 12* (434361-59) ; Fauvette,
13* (4767-5568) ; Gaumont Alésia.
14* (43-27-8 4-5Q) ; 14 Jufflèt Beau-
grenalle, 15* (45-75- 7 9"- 7 9) ."Gau-
mont Comréhttori. '15* (48-28-- ■
42-27) ; UGC"Maaioi]M*? (4068-
00-16) ; Pathé Wepler. 18* (45-22-
4661) ; Le Gambetta, 20* (46-36-
10-96).
PARIS S'ÉVEILLE. Film français
d'Olivier Assayas ; Gaumont Les
Halles, 1* (40-26-12-12) ; Gaumont
Opéra. 2* (474260-33) ; Pubiïcrê
Saint-Germain. 6* (42-22-7260) ; La
Pagode, 7* (4765-12-15) Gaumont
Ambassade, 8* (43-59-1968) ; La
BastOe, 11* (43674860) ; Fauvette
bis, 13* (4767-5568) ; Gaumont
Parnasse. 14* (4365-3040) ; Gau-
mont Alésia, 14* (43-27-84-50) ;
Gaumont Convention, 15* (48-28-
42-27) ; Le Gambetta. 20* (4666-
1066).
LE PARTY. FBm canadien de Pierre
Falardeau : Trie non, 18* (4666-
6366).
TA MÈRE OU MOI I F3m américain
de Chris Coiumbus, v.o. : Forum
Orient Express, 1* (42-3 342-2 G) ;
George V, 8* (45624146) ; v.f. :
Paramount Opéra. 9* (47426661)
Mistral, 14* (4569-52-43) ; Pathé
Montparnasse. 14* (43-20-1268) ;
Pathé Clichy, 18* (45-22466 1} ; Le
Gambetta, 20* (4666-10-96).
THE ADJUSTER. film canadien
d'Atom Egoyan, v.o. : UGC Odéon,
6* (42-25-1060) ; Ls Bastide, 11* '
(43674860) ; Sept Parnassiens,
14* (43-2062-2Q>.
(43-57-9061) ; Les Nation. 12* (4343-
04-67} ; UGC Gobelins, 13* (4561-
94-95) ; Mistral, 14* (45-39-52-43) . 14
Jufflet BeaugreneRe. 15* (45-75-79-79) ;
UGC Maillot, 17* (406860-16) : Pathé
Wap 1er n. 18* (45-22-47-94).
J'ENTENDS PLUS LA GUITARE (Fr.) :
Épée de Bois, 5* (4367-5747) ; Rdpu-
bfic Cinôrn3S, 11* (486561-33).
JACQUOT OE NANTES (Fr.) : Lucar-
naira. 6* (4544-5764).
JESU1T JOE (Fr., v.o.) : Forum Orient
Express, 1* (42-3342-26) ; Pathé Mari-
gnan-Concorde. 8* (43-59-92-82) ;
Pathé Montparnasse. . 14* (43-20-
1266).
JUSQU'AU BOUT DU MONDE (Fr.-
Al.-Autr., v.oj : Forum Horizon. 1- (45-
08-57-67) ; Saim-Andfé-des-Arts I. 6*
(43-2548-18) ; UGC Danton, 6* (42-25-
1060) ; George V. 8* (45624146) :
Max Under Panorama. 9* (48-24-
88-88) ; La Bastilfe. 1 1* (43674860) ;
EscuriaL 13* (4767-2864) ; Kinopano-
rama. 15* (4366-50-50).
LAAFI (burkinabé, v.oj : Utopia. 5* (43-
26- 8465).
LES LIAISONS DANGEREUSES (A.,
v.o.) : Cinoches. 6* (46-33-1062) ;
Grand Pavois. 15* (45-544665).
UNGUINI INCIDENT (A., v.o.) : George
V. 8* (46624146).
MALI NA (AU. v.o.) : Europa Panthéon
(ax-flaflet Panthéon). 5* (43-54-1564).
MILLER'S CROSSING D (A., v.o.) :
Epée de Bois. 6* (43-376747) : Saint-
Lambert, 15* (45626168).
MISSISSIPPI MASALA (A., v.o.) :
Images d'affleurs. 5* (45-87-1869) ;
Lucemaire. 6* (464467-34).
MON PÈRE CE HÉROS (Fr.) : Forum
Orient Express, 1* (42-3342-26) ; UGC
Odéori, 6* (42-25-1D-30) ; Pathé Mari-
gnan-Cpncorde. 8* (43-59-9262) ; UGC
Biarritz. 8* (4562-2040) : Pathé Fran-
çais, 9* (47-70-3368) ; Les Nation. 12*
(43436467) ; UGC Lyon'BastiUe, 12*
(43436169); Fauvette. 13* (4767-
5568) Gaumont Alésia, 14* (43-27-
8460) ; MBramar. 14* (43-20-89-52) :
14 Juillet Beaugranelle. 15* (45-75-
79-79) .'Gaumont Convention. 15* (48-
2842-27) ; UGC MafBot. 17* (4068-
00-16) ; Pathé Gichy, 18* (45-22-
4601).
LA MORT D'UN MAITRE DE THÉ
(Jap^ v.oj : Epée de Bois. 5* (43-37-
5747).
NIKfTA (Fr.) : Les Mompamos. 14* (43-
27- 5267).
OPÉRATION CONDOR (Hongkong,
v.f.) : Rex. 2* (42-36-8363) ; UGC
Montparnasse, 6* (45-74-94-94).
PENSÉES MORTELLES (A...V.O.) : Gau-
mont Les Halles. 1* (40-26-12-12) ; 14
Juillet Odéori. 6* (43-256963) ; Gau-
mont Champs-Elysées, 8* (43-59-
. 0467):; -Gaumont Alésia, l4*-(43-27-
84-50); 14du3etSeaugrenefle. 15* (45-
76-79-79} ; UGC MaDlot. 17* (4068-
00-16) ; v.f. : Gaumont Opéra. '2* (47*
426063)7 Fauvette. 13* (4767-
5568) ; Miramar, 14* (43-206962) ;
Gaumont Convention, 15* (48-28-
42-27).
POISON (A., v.o.) : 14 Juflei Parnasse.
6* (43256860).
PRETTY WOMAN (A.. v.o.) : Onoches,
6* (4663-1082).
PROOF (Austr., v.o.) : Forum Orient
Express, 1* (42-33-42-26) ; Gaumont
Ambassade, 8* (4369-1968) ; Escunai,
13* (4787-28-04).
PROSPERO'S BOOK (Brit. -Hol.. v.o.) :
Epée de Bois, 5* (43-37-57-47) : Studio
|28, 18* (46866687).
QUOI DE NEUF, BOB 7 (A-, v.o.) : Gau-
mont Ambassade, 8* (43-59-19-08).
'RAGE O (A-, v.o.) : Forum Orient
Express, 1* (4263-42-26) ; Pathé Hau-
tefeiâKe, 6* (4663-7968) ; Pathé Mari-
gnan-Concorde, 8* (436982-82) ; Sept
Parnassiens, 14* 143-20-32-20) ; v.f. :
Pathé Impérial, 2- (47-42-7262) ; Pathé
.Montparnasse. 14* (43-20-1286) ;
Pathé Wepler II. 16* (45-22-47-94) ; Le
Gambetta, 20 (4666-10-96).
RIFF RAFF (Brit., v.o.) : Ciné Beau-
bourg, 3* (42-71-5266) ; Les Trois
Luxembourg, 6* (46-33-97-77) ; Les
Trais Balzac, 8* (4561-1080).
SA1L0R ET LU LA (*) (Brit.. v.o.) : Ciné
Beaabourg, 3* (42-71-5266) ; Studio
.Gatonde, 5* (4364-72-71).
CLOSE UP (iranien, v.o.) : Utopia, 5*
(43-26-8465).
LES COMMITMENTS (irlandais, v.oj :
Epée de Bois, 5* (43-37-57-47) ; George
V. 8* (456241-46).
CROC-BLANC (A., v.o.) : Publiais
Champs-Elysées. 8* (47-20-76-23) ;
UGC Tnompha. 8* (45-74-93-50) ; v.f. :
Rex. 2* (42-36-83-93) : Publicls
Champs-Elysées. 8* (47-20-78-23) ;
UGC Triomphe. B* (45-74-93-50) ; Para-
mount Opéra, 9* (47-42-56-31) : UGC
Lyon Bastille. 12- (43-4381-59) ; UGC
Gobelins. 13* (45-61-94-99) ; Gaumont
Alésia. 14* (43-27-84-50) ; Miramar.
14* (43-20-89-52) ; UGC Convention.
15* (45-74-93-40) ; Pathé Wepler H, 18*
(45-22 4 7-94) ; Le Gambetta. 20* (46-
36- 10-96).
DANSE AVEC LES LOUPS (A., v.o.) :
Us Trois Balzac, S- (4561-1060) ;
v.f UGC Opéra. 9- (45-74-96-40).
DELICATESSE (Fr.) : Ciné Beaubourg,
3* (42-71-52-36).
DEVOIRS DU SOIR (iranien. v.o.) : Uto-
pia, 5* (43-26-8465).
U DISCRÈTE (Fr.) : Oné Beaubourg. 3*
(42-71-5266) ; Epée de Bois. 5* (43-
37- 5747).
LA BELLE NOISEUSE, DIVERTI-
MENTO (Fr J : Gaumont Parnasse, 14*
(4365-30-40).
LA DOUBLE VIE DE VÉRONIQUE (Fr..
Pol.. v.o.) : Saint-André-des-Arts 1, 6*
(43-26-48-181
EUROPA (Oan.-Su., v.o.) : Ciné Beau-
bourg. 3* (42-71-52-36) : UGC Danton,
6* (42-25-10-30) ; UGC Rotonde, 6*
(45-74-94-94) ; UGC Champs-Elysées,
8* (4562-20-40) : Passage du Nord-
Ouest. caféciné, 9* (47-706147) : 14
Juifler Bastille. 11* (43-57-9061).
PARIS EN VISITES
SAMEDI 30 NOVEMBRE
« Les appartements privés de
TMers et le quartier de la Nouvelle
Athènes», 15 heures, 27, placo
Saint-Georges (D. Bouchard).
« L'abbaye de Saint-Germain-des-
Prés». 15 heures, métro Saint -Ger-
main -das-P rés (LutècBS visites). '
sLDe Saint -Louis : de i'hdtel Lau-
zun à l'hôtel Chénizot». 14 h -30,
métro Pyrénées (C. Marie),
«Les amours de dieux», 14 h 30,
hall du Grand Palais (Aux arts, et cae-
tera...).
« L'Hot Saint-Gervais », 14 h 30-,
44, nie Miron (Sauvegarde da Paris
historique).
«Exposition Mozart», 11 taures,
23. nie de Sévigné ( M. Nager).
«Exposition Martin Schoengauer»,
15 heures (M. Hagei).
«Le parc des Buttto-Châumont le .
parc da La Valette», 10 heures, -Mai-
son de La Valette.
cLe Marais pas A pas», 14 h 46,
métro Pont-Marie (D. Fleuriot).
DIMANCHE 1' DÉCEMBRE
. a Sous la coupole de- l'Académie
française», 15 heures, 23, quai Conti
(D. Bouchard).
c Saint -Sulpice et son vieux quar-
tier», 15 heures, métro Saint-Sufpice
(Lutèce visites).
«La Conciergerie, la Sainte8hape9e
at l*histoirâ de -la Oté». 14 h 30,
1; quai da f Horloge (Connaissance de
- « Maisons et ruelles médiévales
autour de Saint-Sévorin », 15 heures,
métro Mauben-Mutuairté (Résurrec-
tion du pass^.
«L’hôtel de la Ptifva»; 9 h 30,
réservation ; 45-74-13-31.-
«Jwtfins et rueBes du vieux BeUe-
idUft», 14 fi 30 métro Pyrénées
(C. Merle).
«La Mosquée», 14 h 30, place du '
Puns-de-T Ermite (Tourisme ctéturel).
« Le cimetière de Montrouge »,
14 h 30, avenue de la Porte-de-Mon-
trouge (V. da Langlade). . .
(L'étrange quartier de Saînt-Sul-
pice», 14 h 30, métro Saint-Sidpice
(Résurrection du passé).
«La Cour des comptes et son fonc-
tionnement», 10 neurea, .13, rue
Cambon (E. Romann).
c l'Académie française »,
15 heures, 23. quai Conti (Paris et
son ftistoîra).
«De Watteau b David». 15. h 30, •
métro Champs-Elysées -Clemenceau
(M. G. Leblanc).
CONFÉRENCES
SAMEDI 30 NOVEMBRE
25, rue Mesnfl. Centre associatif
Mesnil-Saint-Didier, 15 heures :
■ Mexique 1, le conquête espagnole
ou la pensée interrompue », avec
■ Catherine Vanderheeghe. .
-■ DIMANCHE 1* DÉCEMBRE
25, rue Mesnil, Centré associatif
Mesné-Saim-Okfer, 15 heures : «Jus-
tinien.ou retnpereur.à la poursuite de
ses révecb, per Cethanne Vander-
ïVj *rv ■** ' ■
' -
- . - *. ■'.
'A- ,
$rrV. : te -•• ',
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... ‘ /' :"^.
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MUSIQUES . -
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Les malheurs d’Alceste
Sammge * Jwtâàak Màlgoire et de ses mosicim?
(illfri Ium r ..
A quoi bon les exécutions sur
“^rton***. d’époque des «uvtS
pi-éromantîqueVsl ce^est
** ■* «Sï
fation, . un. rythme : une nouvelle
ffim- « rf»“*né ? A SES
entre le drame larmoyant roman ti-
«îranlique Croque,
jntenrseur de Wagner (absence de
récitatifs sers nuti^u. S_-A?ire ae
Cv, ■■
. t S mES. jS?" ** Beetho-
ven (J neroïhe offre sa vie mnr
ï>: sauver celle de son époux) aSS*
«SfiÆ'é
opéra de transition qui suo-
U " P°*?e P*»»"»™ options d’imerpr£
>. ÆtLoarpeuqu'e]?”S^
m5SSrrfa- « d? facture plus
moderne que 1 original en italien,
‘ 5/SJf ® du P«it frère
“JMSL* Ewydt*x n’a pas tant
k?1 d être seme» avant la mode
-f. ** «rends orches-
r . tn»moderaes et par des stare tout
teirain du chant international.
AîÏÏÎ* i*“ye Norman, NicolaT
Gedda et autres Tom Kraose dans
renregretremeot de la Radio ba“?
ç. g3ÿ»r,«* par Serge Baudo
-J80* Qa’4 céder Tader pour le
boyau, et le fa 440 pour le diapa-
son ancien, d faut foire au moins
CINÉMA
Le CNC ventrester
à Paris
Le Centre national du cinéma
veut rester A Paris, parce que Paris
est le centre du cinéma. C'est
d’une logique implacable. Le CNC
s’étant retrouvé sur la liste de la ■
centaine d’établissements publics
« soumis à expertise pour éven- [
tuelte délocalisation », les réactions
ont été rapides et vives. Il faut dire
qw le CNC associe étroitement 1
«les professionnels de la profes- i
sion» A son fonctionnement, les ^
nombreuses commissions d’aides a
d’avances sur recettes, d’agrément ?,
ne pouvant se tenir, par exemple. 1
qu’avec les wtéressésr basés dans la u
capitale - *■ ■ n
1 P'JW-*! ’ ~riT ; . . C1
Quatre cent trente personnes tra-
vaillent au CNC, dont 83 sont S
basées aux archives du film de il
Boi^tfArcy.'Le jeddi 28 novembre, ».
une grève massivement suivie et lt
qata pris la forme d’une «journée
portes ouvertes» a marqué l’in-
qiâétude du personneL De nom- 80
bran organismes apportaient leur J?
soutiea à cette «grève d’informa- £"
M’- xpHcatioû »* dont &
FÜSPA (Union syndicale des pro- .
docteurs audiovisuels), l’ARP v“
t^weiation des réalisateurs pro- —
«Jeteurs), le Syndicat des techni-
oens. « la Fédération nationale
«s distributeurs, ainsi que des réa-
“»leure et producteurs: Jacques
Rrvette, Bertrand Tavernier, |
Robert Hossein, MK2, UGC, ,
Canal Plus, Prpjgefi, Warner et les
films du Losange, notamment. *
^la‘l d^P*ac,S. où irait le
CNC? Selon une rumeur, née dans n
«a presse, paraît-fl A Lyon. Hom- £
mage, certes, aux frères Lumière™ «
Mais Dominique Wallon, directeur d
«Êuéral du CNC, affirme n’avoir eu
notification d’aucune... localisa- S(
non. Jade Lang, son ministre de
tutelle, lui a demandé uh rapport
argumenté sur les inconvénients
majeurs qu’entraînerait un démé- d(
nagera ent en province du CNC. Ce 2
rapport. qui doit être rendu au *"
dabut du mois de décembre, n’a m
encore été transmis officielle- ^
ment, mais il semble toutefois
q?une issue positive se profile. Le <
dui_^ur du Centre estime, du
*? c“ct>. que les premiers éléments De
^ expertise portés à la connaissance le
des autorités ministérielles, et qui pn
seront prochainement complétés, rac
ûevraient conduire au maintien du ren
CNC A Paris.' dis
aussi bien que les suppôts de
1 «inauthenticité». L’exécution
a Alceste en concert, lundi
rLnm°«oeî?,br!’ a“ T^âtre des
Champs-Elysées était navrante
orchestrakment, par son impréd-
sion rythmique et son articulation
indéfendable
localement par rirapossibilité de
maner dans une même distribution
Claire Primerose (Alceste), vail-
lante soprano de mélo, et Donald
Lrtaker (Admète), styliste manqué
aux aigus coincés et sophistiqués. ,
Cet ilfarâte ffiiait, si l’on peut
^ ~ vingt-cinquième anniver-
5^re jâ® 1® Grande Écurie et la
CJja«bre du Roi et n’aurait dû
flu® des coups de chapeau
L chef fbn-
fiSPXJjj 5 pha,ange française.
Mais. trop, c’est trop: les mêmes
musiciens se trouvent en ce
2?Î?5J “ Plus fort des répété
bons de YAlceste de Lully. que l’on
vmra en décembre dan mêZ
J^tre, et à Versailles, dans une
m*» m scène de Jean-Louis Marti-
noty. Pas de chance pour rEnsem-
ble vocal Audite Nova : Je chœur
de Jran Sourisse avait, lui, décidé
mérite.mr ^ uc^ c°mme il le
ANNE REY
DES SIÈCLES DE PAIX
à Auberv&ers
Le théâtre a ses obscurs, ses stare.
ses pauvres, ses nababs, ses fanias-
sms, ses phénomènes. Olivier Penier
®stun phénomène. Tout jeune
nomme, dans les «mère 60, Q est A
faction, «aux premières lignes» si
ron peut rare, la où s’aventurent des
«mmo «Tua esprit et d’un raffine-
mem tf exception, les ViDégier, Jour-
dhean, Bozmuiet, Novarina_ Puis il
persévère à aller de l’avant en «corn- u
WBnie» des inventeurs émérites de
«oc, Vincent-J o urdheuü, Gatti, les
Petraeurs de l’Aquarium, Philippe
Phénonÿne, pourquoi? Parce que,
a u_ plus fort de ces exploits de
pointe, Olivier Perrier, chaque s,
matin, chaque soir que Dieu fait.
La conscience de la terre
Quand les bêtes et les humains partagent tout en famille
qm ^ d’une splendeur, d’une poé-
sie, d une responsabilité civique
■ : — ■ — ■ - — * «mei, taaque
m^m, chaque soir que Dieu fait,
reste I nonnne qu’il est né : un cxil-
teneo^ Le plus croquant des cro-
quant, puisqu’il est de Tune des
cambrousses, plus cambrousse que
natrne: les fermes du canton de
««isson, sous la forêt de Troncais, A
Fouest de Borabcm-TArehamtouiL
partir de 1976, Olivier Perrier,
tout en commuant de «théâtrer»
avec Broofc on Lassalle, de cinéma-
tographier avec René Allie» ou
Georges Blond, Simone Le Gourrierec et Florence Limoges.
?®^Le.r’ Cfée «s propres avec tnrie et cheval de trait (le i
œuvres dramatiques, le théâtre de est à contre-pied, car Penier
son village, ce Hérisson : Histoires de vo|r. entre autres choses, A q
croquant. - avec vache et cheval do P°,mt. ,es guerres, napoléonïenc
trait; Honte à l'humanité. - avec a «“« de 1870, 19
truie; les Trois Chaleurs. - texte de iii?’ 0a 1 aPPa«vri le peuple,
John Berger avec moutons et cheval1 ^ -, ,
et d’autres». Aujourd'hui, il présente * m est inteipr
i Aubervillieis Oa *Mr - J»
THE ADJUSTER
d’Atom Egoyon
«Je ne sais jamais d' je dois te
réveiller au milieu d’un cauche-
«rtr» est la première phrase du
film. Elle en annonce la tonalité,
sombre et onirique, et rincertitude,
entre rêve et réalité. L’homme qui
l a prononcée. est, donc, «ajus-
teur». B ae travaiüe"pas~ le métal,
Joais les sentiments humains : il
s’occupe, pour Je -compte d’une-
compagnie d’assurance, des vic-
trm« de sinistres, en attendant que
les dommages aient été évalués, les
prunes chiffrées, les sans-abri relo-
. Drôle d’oiseau que ce séducteur
sous ses apparences ordinaires,
manipulateur malgré ses aire d’em-
ployé modèle et compatissant Son
épouse n’est pas moins déroutante,
femme «comme il faut» qui
visionne pour la commission de
La ronde de l’absurde
D’étranges personnages pris dm on habile jeu
de fantasmes et de faux-semblants
censure des films pornos ou <fbor-
reun Films qu’elle enregistre clan-
destinement pour les montrer à sa
sœur réchappée de quelque char-
nier moyen-oriental. Laquelle
habite avec le couple et leur fils
dans nue maison-témoin isolée au
milieu d’un chantier inachevé de la
banlieue de Toronto. Maison qui
a*Vfe Bubba, inquiétant bébé
obèse, nche ex-vedette du sport
reconvertie dans l'immobilier et les
perversions maso-canülaresquts.
Atom Egoyan dévide avec une
évidente maestria ce marabout-
bout de ficelle de l'absurde chargé
de métaphores. Entre humour et
érotisme, il dessine en filigrane
i impossibilité de mesurer la valeur
des choses, valeurs pécuniaires et
affectives des objets détruits dans
les incendies, valeur morale et
esthétique des films visionnés en
commission de censure, valeur des
sentiments avec lesquels joue
Bubba, valeur des images de son
passé tragique que détruit la sœur
rescapée, valeur d’une religion dis-
tribuée en room service dans le
motel où les sinistrés sont héber-
Sans doute le réalisateur, déjà
remarqué avec Family Viewing,
possède un «regard», et un sens
du montage elliptique et ludique,
très efficace pour, faire rebondir
sans cesse son intrigue touffue
sans qu’on en perde le fiL Son
arsenal de fantasmes et le brio avec
lequel il le met A feu en feraient un
cousin canado-arménien de Fellini,
si tant d’habileté n’était comme
figée par l'absence d’émotion, par
l’impression de mécanique bien
réglée, trop bien pensée, qui émane
du film. Ainsi l'affectation intellec-
tuelle détourne la main de l’archer
zen qm sert d’emblème au film, et
lui fait manquer sa cible.
JEAN-MICHEL FRODON
ï avec traie et cheval de trait (le titre
r est. A contre-pied, car Perrier fait
p voir, entre autres choses, A quel
. P°,int. «es guerres, napoléoniennes
coloniales et celles de 1870, 1914
1939, ont appauvri le peuple, la
terre).
Des siècles de paix est interprété
non par des comédiens de profes-
son, mais par des habitantes et habi-
tants de Hérisson et, de même que
fes autres œuvres de Perrier, par
deux bestiaux _ (de Hérisson aussi),
s:slSE^ieÆe sttïsËMSS
KSBWïïS
fcÿ-ï’ASÏ.'Bfts
survivait que par une compréhension de^eSS ^fÎBSL f aüume.r m fimt
intime des animaux et deshumSSÎ W mourir, mats le
Les «acquisitions nouvelles» lÆ pejsien?e W «ndevee.
vage raoatterie, PagroSenteire d'ob’
ont marqué la mort a l’enfer dW? -fSf, déchirants ou résignés, dans un
certaine campagne ^ f ** servantes heureuses
Ta fnrnUma noms.des huit habitants de
IM lumière Hérisson, qui ont quitté pour qud-
des plus grands ïï£Lse?aiDes leur villa8e. « qui
^ ffiandeçî votre venue, sont : Abdal-
Le cheval, la vache, le porc, la S3 Georges Blond. Frédéric
poule ou la pintade, tous les ani- RJinze, Simone Le Goumerec, Flo-
maux, demandaient aux fermière £?nce L,«oges. Olivier Mathiaux.
ain métayers, des. soins et un temps «mqne Sadtin, Dominique Triquet
infinis,-» -en échange ils étaient là. Ghvier Perrier, chapeau noir, blouse
attentifs, pas seulement dans les Ç?56, va « vient' lui aussi dans le
champs, les prairies -et A Tétable ou d6®Pr> un P®1 comme l’arbitre sur le
dans le colombier, mais dans la cour municlPaL - - r-
n'iÏÏTifeila Icssi^ea35- ^ rétabli MICHEL COURNOT
près de la meule, dans le chai, * n„ Ul
devant le four à pain, et même ils on ï m «rdl ï.u ■■«•di A
entrai ent carrément dans l’habita- «S ’a PhS î 1 6
tion, montant les marches de pierre 2a liÎR75«vd embre> Tél* :
rares.
Certes, il est clair que les instru-
mente de b culture et de l'élevage et
que les faits et gestes qui accompa-
gnent ces instruments constituaient
un concert de signes de toute pureté
de toute beauté, quand bien même
fls fussent les signes d’une servitude
désespérante - et ccs signes for-
maient a eux seuls, forment chez
un théâtre d’une évidence
superbe.
i» ?i^t,.d9nc pas seulement que
I art d Olivier Perrier et de ses
Shf0^ eL-an,iÜ ne Héré®raj* « de
Bibi et Hirondelle, suscite devant
nous la mémoire vivante, frémis-
sante, opiniâtre ou blessée d'un peu-
ple qui a été A la fois le nôtre etla
part maudite du nôtre. C’est encore
que ce théâtre, ces faucilles que l’on
aiguise, ccs visages de mères fermées
sur une souffrance, ces truies insou-
mises qui sautent sur la nappe, ces
amputés de Verdun ou de Bastogne
gui se rongent de ne pas faireTes
foins ou ce prisonnier allemand qui
ne comprend pas où est le champ
d avoine, et cette vache qui est reve-
nue seule du pré du moulin, et qui
passe la tête par la fenêtre pour
exprimer quelque chose, et cette
paille de Jetable qu'il faut changer
autour de la lessiveuse, dans rétabli
près de la meule, dans le chai
devant le four à pain, et même ^
entraient carrément dans l’habita-
tion, montant les marches de pierre
au seuiL us comprenaient tout et
faisaient tout comprendre. Et. déjà,
des la fin des années 50, lorsque
certains nouveaux jeunes fermiers
firnrtpTPnf a» a» ■
uuomuji mut toraprenare. w, aéià, n n ,
dès la fin des années 50, lorsque ■ ~ Lefèvre nommé
certains nouveaux jeunes fermiers i d™?r *> ****** * M. Jack Lang,
achetèrent et on les comprend — i~ M. Lefèvre a été nommé directeur
airto mobiles, ce qui leur permet- . .cabinet du ministre de la culture
StifS£-Ieidl,m¥1% à ia viüe, ce, jte joidi 28 novembre U remplace
Hit lC début dC If! fin ftginrMAnae I M FiHnrne DüaL a... .J—
La dernière virée
H AN GIN1 wrm
THE HOMEBOYS
de Joseph B. Vosquez
L'adolescence prolongée, le
passage h l'âge adulte svec
ses déchirements et ses
remises en cause et les virées
d’enfer qui marquent la fron-
tière entre deux états de vie
sont des sujets bateaux.
ils peuvent donner lieu à un
chef-d'œuvre - voir Husbands
de Cassavetes - ou ù un film
sympa, comme ce Hangin'with
the homeboys. premier. long
métrage de Joseph B. Vas-
qtiez, dédié à ses potes qu'il
n'a plus jamais revus. s
Quatre copains, quatre gars
du Bronx en sont les héros.
Des stéréotypes : deux Noirs,
le feignasse et gaffeur qui sa
protège derrière une parano
raciale, et le beau garçon, légè-
rement vaniteux, futur comé-
dien. Plus deux Porto-Ricains :
le_ romantique timide et révolté.
et le .«chien de guerre», cava-
ieur forcené qui veut absolu-
ment se faire passer pour ita-
lien.
Le film, c'est cette virée,
leur dernière ensemble, celle
où tombent les masques, où la
Mme se défait, où la vérité de
soi-méme et la réalité des
autres se font jour, aussi
inexorablement qu’une dent
perçant la gencive à la plaça
d'une dent de lait.
Là, Joseph Vasquez réussit
quelques scènes justes et sen-
sibles, dans lesquelles les
comédiens abandonnent leur
«jeu feuilleton ». deviennent
graves, émouvants.
Il réussit également quelques
situations burlesques. Si bien
que le film, en dépit de sa
maladresse, na s'enlise pas
totalement dans la convention,
et fait passer un agréable
moment.
COLETTE GODARD
M* Wtwdt
RADIOTELEVISION
JH ce qui leur permet- .cabinet du ministre de la culture
g1, fSF'Jeid,1,n¥™ à la ville, ce, !£ jeudi 28 novembre U remplace
aasîft&iisA&a1 & SSï
ss5i£vcSr1fiïïeifoowrst*ï
vendre les étables. déjà Foodatu» de France rejoint le
ufflj Parier trouve encore, à SoSktn SSbA*"* ” *
Hérisson, des animaux de famille speoat
^ . sur scene. manifestent daire- I?* 071 *936. ancien élève de l’ENA.
ment leur présence d’esprit. Le tout. Xon"njtluc a été auditeur i la
pour nous autres l’auditoire est de *■ “■«"«■ * juin 1986 à mai
ne pas «focaliser» sur ces interprètes comcUJct technique au
c’est l’ensemble du Sk^iqmÎ4' i988hk-
théâtre d’obvier Perrier, humains et A ^ santé-
objrn a lumiftia a bnrit, compris. l'KgJjSte “ifi? mt» *
BRÜNOMADERNA
Slunnrv.'t<'ÜM^ ' ■■ <a . -ii- ; r.-,!
théâtre 13 45886222
METHO OLACIÉRE
un<‘ env,V r/
"'rl- S.
\a\ i<‘i* ^
Durnn<*er ~
‘■‘ix1 i n sernr <lr l'aulruc
DU 26 NOVEMBRE
AU 29 DECEMBRE
AUDIBERTI
ÿ.v-.' ’ ' '
.... ; ; .... .-. . *r. ^ , •*>;- *î : •• yji ; Â.V.
nAUlkll l'f à
lAÇQÜÉSIUVeTTE
* * r, . .
Le 02. î 2.91
20H30 - Lee : 47 42 25 .
CD. K/ L!VE" .VEDIA
mise en oeêne "
GEORGES VITALY
'Une allégresse tonifiante"
LE FIGARO
f • - *■ * * i* TTT»? v*ir- -■ . •• •' .V
i.v : ••
16 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991
CULTURE
PATRIMOINE
Musées africains : « Tuer le modèle occidental »
Un colloque a réuni à Lomé, capitale du Togo - à la veille du coup d’Etat - des conservateurs venus de quarante pays
LOMÉ
de notre envoyé spécial
Quels musées pour l'Afrique? La
question peut sembler oiseuse à
l'heure où le continent stagne dans
un marasme économique sans pré-
cédent. où la démocratisation se
heurte à la résistance de potentats
en place, où l'explosion des villes
est moins contrôlée que jamais.
Pourtant, le colloque qui. sur ce
thème, s’est conclu à Lomé (1),
capitale du Togo à la veille d'un
nouveau coup d'Etat, réunissait un
échantillon significatif de conserva-
teurs venus de quarante pays
d’Afrique mais aussi d’Europe et
d'Amérique, a vite débouché sur
un constat : l'avenir du continent
africain passe par la redéfinition de
son modèle culturel. Et la crise de
ses musées est un symptôme exem-
plaire.
Héritage de la période coloniale,
plaquée artificiellement sur la
société africaine, l'institution
muséale africaine est en crise. Mal
équipés et pauvres en collections,
ces établissements sont vides de
visiteurs, hormis quelques tou-
ristes. Celui de Lomé pousse cette
situation jusqu'à la caricature.
Logé dans l'immeuble du Rassem-
blement du peuple togolais, l'an-
cien parti unique, il se compose
d’un espace exigu où est exposé,
dans des vitrines basses, un assem-
blage hétéroclite d'objets censés
témoigner de la culture tradition-
nelle du pays : outils agricoles,
armes, pièces de vêtements, pote-
ries. Une évocation allusive de la
traite des esclaves - cette région en
fin l’un des centres, - les portraits
des anciens gouverneurs de la colo-
nie et trois ou quatre sculptures
contemporaines fort médiocres
complètent cet ensemble. * Nous
n'avons pas d'argent pour collecter
les pièces ». constate l'un des res-
ponsables du musée. Cette raison
n'explique pas touL
Dans des pays autrement plus
riches, les collections s'autodétrui-
sent faute de soins, les inventaires
sont systématiquement incomplets
(dans les 36 musées recensés au
sud du Sahara, 30% des collec-
tions font l’objet d’un inventaire),
les vols sont plus que fréquents et
les officiels n'hésitent pas à puiser
dans les réserves pour offrir un
cadeau à telle personnalité en
visite. Ne parlons pas des budgets
de fonctionnement, toujours éti-
ques : le Musée d’Abidjan vit avec
60 000 F par an. Ni de l'extrême
rareté des visiteurs. La greffe occi-
dentale ne prend pas en Afrique.
Qui dit musée, en Europe, pense
d’abord œuvres d'art et les établis-
sements implantés par le colonisa-
teur hésitent entre l'ethnologie et
l’esthétique. Une démarche que
récusent aujourd'hui les conserva-
teurs africains. «Je refuse cette pro-
blèmatique, explique Yaya Savané,
responsable du Musée d'Abidjan.
Ce que la plupart des Occidentaux
considèrent comme œuvres d’art
appartient au sacré et ce sont les
ambassadeurs de notre mémoire.
Leur esthétique n’est pas négligea-
ble, mais somme toute secondaire.
Leur charge éducative nous importe
davantage. Notre travail est d’amé-
nager des lieux où les Africains
retrouveront la conscience de leur
passé.»
«Un mouroir
ou un lieu rivant»
Ûumar Konaré, président de
l'ICOM (The International Council
of muséums, un organisme qui
dépend de (UNESCO), l’initiateur
de ces rencontres, va plus loin
encore : «Il faut tuer le modèle
occidental pour que s'épanouissent
de nouveaux modes de conservation
et de promotion du patrimoine.»
Les seuls endroits où ce patrimoine
est perçu avec intérêt par les popu-
lations locales sont des lieux pri-
vés, gérés par des confréries, des
chefferies traditionnelles (nom-
breuses au Ghana, au Cameroun
ou au Bénin), voire des familles,
comme celle des De Souza, énorme
dan afro-brésilien issu d'esclaves
déportés en Amérique latine et
revenus, après l’exil, en terre afri-
caine (2).
Le musée est-il donc condamné
au sud du Sahara? « Un musée,
c’est un instrument, répond Yaya
Savané. On peut en faire ce que
l’on veut. Un mouroir ou un lieu
vivant. Un musée, c’est un lieu
d’échange public Si l'on veut dépla-
cer le public il faut lui présenter
des expositions qui l’intéressent. Les
thèmes peuvent aller des bidonvilles
de Grand-Bassam aux sculptures en
ciment du Nigéria. Mais les objets
sans âme qui depuis la période
coloniale sont enfermés dans des
vitrines ne les concernent pas. Un
musée, c’est aussi une fenêtre
ouverte sur le monde extérieur.
Pourquoi ne pas organiser des expo-
sitions sur les costumes bretons ou
sur les conditions de vie en Sibérie.
Un musée, c’est un lieu qui doit
parler aux gens. Celui dont nous
avons hérité est muet»
L'héritage de Jean-Aimé Rako-
toarisa, conservateur à Madagascar,
MT r ' / .
goteborù
’ZZ’Ss&pçfêgr — “
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'Z P /- c
*
Depuis le temps que Ton parle de
faire l'Europe, certains la font tous les
jours, en avion.
Pour eux. c'est-à-dire pour vous. Air
France améliore chaque jour son service,
et en premier lieu, son réseau.
Au départ de Paris, avec Air
France, vous pouvez aller partout 1 200
vols vers plus de 1 20 destinations euro-
péennes chaque semaine: il serait bien
étonnant que vos affaires vous amènent
justement où nous n'allons pas.
Et si l'importance de notre réseau
n'était pas une raison de choix suffisante,
nous vous offrons aussi une importante
fréquence de vols sur tous les grands cen-
tres d’affaires. Par exemple, pour Milan,
vous avez le choix entre six horaires dans
la journée, cinq pour Genève, quatre pour
Madrid, etc..
Enfin, une Fois à bord, vous décou-
vrirez notre classe “Le Club Européen"
une classe vraiment conçue pour vous.
Cest un espace privilégié, où vous appré-
cierez dans le calme, le confort de votre
fauteuil.
Ainsi, chaque fois qu’un de nos
moteurs fait décoller l'un de nos avions,
c'est vous qui décollez, ce sont vos affaires,
et un petit peu l'Europe.
Un des moteurs
de l’Economie Européenne*
■ -
JW
est des plus modestes. L'établisse-
ment qu'il g ère avec encore moins
de moyens que ses confrères est un
quasi-fantôme. Pourtant, explique-
t-il, «pour s’en sortir, les gens ont
besoin de miroir. Pour se regarder
en face et se demander : qui
suis-je? Le miroir, c'est l'enseigne-
ment et la culture, l'école et le
musée. Le musée, c’est un lieu de
sensibilisation, d’acculturation. A
Madagascar, les organismes inter-
nationaux versent, Ainsi, des
sommes très importantes pour la
création de parcs nationaux desti-
nés à préserver la faune et ta flore.
Si, aux abords de ces lûmes, on ne
crée pas des espaces pour expliquer
cette action, comment leurs habi-
tants ne trouveront-ils pas scanda-
leux de dépenser autant d'argent
pour protéger les lémuriens alors
qu' eux-mêmes crèvent de faim?».
Ce n’est donc pas l'institution
muséale qui est en cause, mais son
modèle. Pour le tuer, insiste
rhmïar Konaré, les incantations ne
suffisent pas. fi faut rompre «avec
le réseau de dépendances et d'alié-
nations tissé autour de nous». Et
cette rupture sera impossible «tant
que les champs de Véducation et de
la culture continueront à être dis-
tincts. tant que les populations, sur-
tout rurales, seront maintenues
dans un état de marginalisation,
voire d'exclusion ». Cest donc la
totalité du système culturel que le
président de l'ICOM conteste, les
vieilles structures coloniales sur les-
quelles tous les dirigeants africains,
depuis l'indépendance, se sont
appuyés. L'enseignement et la cen-
tralisation, par exemple. .
L’école, fabrique
de fonctionnaires
« L'école coloniale française avait
pour but de former les fonction-
naires dont avait besoin l'adminis-
tration. note Oumar Konaré. LYn-
dêpendance n'arienchr^^V^e^
fboctionnaire^&^^-^^^^our-
d’hui des çhômttufs. Un. çjjsfigrie-
ment efficace' doit ^appuyer sur la
culture locale. La base, c’est l’ap-
prentissage de la langue, maternelle.
Pour qu'il soit possible; on. doit
associer à l'enseignement ' général
les détenteurs de ce savoir. Mais
pour appliquer ce programme, on
est obligé d'en passer par une réelle
décentralisation. Et die ne pourra
dre mise sur pied que par une
réelle redistribution démocratique,
du pouvoir politique. Vous voyez
que la réflexion sur t’avenir du 1
musée en Afrique peut nous
entraîner très loin (3) ».
Le rapport de synthèse présenté
à fissue du cofloqœ de Lomé est
bien sûr beaucoup moins radical -
cependant ses propositions ont suf-
fisamment dérangé les dinosaures
qui prospèrent à l'intérieur des ins-
titutions muséales africaines pour
qu’ib déclenchent une vigoureuse
bataille de procédure visant à le
vider de toute signification.
Quatre thèmes s’en dégagent.
Autonomie qnî doit permettre une
meilleure gestion, une plus grande
souplesse d’adaptation et un finan-
cement différencié. Collaboration
régionale grâce à des activités com-
munes, ce qui implique la création
d’un véritable réseau des musées
africains. Nécessité d’une forma-
tion spécialisée pour les techni-
ciens, les conservateurs et les édu-
cateurs - la formation dispensée
par les centres de Niamey (Niger)
et de Jos (Nigeria) étant plus que
médiocre; 11CCOM i est incité à
transférer son cous PREMA (Pré- ;
servation dans les musées africains) t
d’Italie en Afrique. Les orienta-
tions pour l’avenir sont plus
floues; pluralisme. culturel, déve-
loppement national et démocratie
sont évoqués avec prudence. Pour 1
le président de l’ICOM, il s'agit là !
d’un premier pas. Mais on est loin :
du programme dont .il rêve. Peut- ;
être pourra-t-il rapp&quer dans son
pays, -te Mali, puisqu’on Loi prête
volontiers, après les élections du
printemps prochain, un destin
national.
EMMANUEL DÉ ROUX
<11 Le colloque s’est, tenu du IS au
23 novembre dans trois- villes, Accra
(Ghana), Abottcy: <4Kaia)-cl- Lomé
(Togn) ■
(2V L’influence afro-bnbüicnnc est per-
ceptible dons l'architecture popuJairedc
Lomé, voir Trésor* cachés du vieux
Ijrné, d’Yves Margueiat a Lucien Kotu,
ORSTOM.
(3) Voir Également l'entretien donné
par Osmar Konaté à Jcao-Lonp Piviu
dans- la Revue noire n« 2, septembre
199f.
TRANSPORTEUR Officiel INTERNATIONAL
OES AVI" JEU* OITMPKJUES D HIVER
EXPOSITIONS 'f-.fv.--
Dieùfen son livre
La Bible relie deux expositions, «D’une main forte» et «Dieu
en son Royanme», présentées à la Bibliothèque nationale
A travers on double itinéraire,
historique et géographique pour la
première, fiançais et chronologique
pour la seconde, deux expositions
donnent tout son sens et son éten-
due è l’expression « religion du
Livre». Expression dans laquelle il
faut également entendre le passage
et réchange constant, conflictuel,
violent, hégémonique souvent,
mais aussi d'une extraordinaire
fécondité, entre le judaïsme et le
christianisme, avec toujours la
Bible pour guide unique. . .
De la foi que le livre des livres
contient et suscite, les manuscrits
hébreux des collections françaises
rassemblés par Michel Garel,
témoignent magnifiquement.
«D'une main forte», comme il est
écrit dans l’Exode, Dieu libère son
peuple. Le cantique de victoire
qu’entonne celui-ci - «ta droite,
Yahvé, s'illustre par sa force { .)
par l’excès de ta mqjesté, tu ren-
verses tes adversaires» - après le
passage de la' m'er Rouge 'par exem-
ple, trouve dans un parchemin
espagnol du. treizième siède une
étonnante traduction graphique à
la fois figurative et symbolique. .
Entrelacs géométriques
et enbnaùmns . :
L'invention des copistes; leur
sens du beau, et la dignité très
haute de leur tâche, aboutissent à
une esthétique d’une surprenante
liberté. Elle se retrouve ans» bien
dans les entrelacs géométriques de
tel parchemin allemand du quator-
zième siède que dans la. copie pro-
vençale d'un livre de Maimonide
ou dans un psautier anglais en
h&rcu datant de- 1180 avec en
marge des gloses latines ou anglo-
normandes. D’une manière émou-
vante, die ne quitte pas ces copies
de textes liturgiques ou législatifs
juifs raturés par les censeurs de
l'Eglise d’une main plus lourde que
forte. j
La seconde exposition, organisée
par François Dupuigrenert, Des-
roussilles (1), présente, dans une
mise en espace inutilement: grandi-
loquente (pourquoi faire simple,
etc.), un ensemble très riche de
bibles françaises du treizième au
dix-huitième siècle. La place et
l’usage du livre sacré ne sont plus
les mêmes. H quitte quelque peu la
foi intime et domestique du fidèle,
et surtout du peuple, pour trôner,
superbe, rehaussé d'enluminures,
aux côtés du roi, comme une
charte témoignant de son pouvoir
divin. «Dieu en son Royaume»,
comme le d injustement le titre de
l’exposition... L’inventivité prend
d’autres chemins. Ceux par exem-
ple qu'emprunteront les poètes de
la Renaissance ou du Grand Siède,
tirant des psaumes la matière pre-
mière de leurs œuvres.
Dédiées au Uvde, les deux expo-
srtions de la Bibliothèque nationale
sont une belle occasion de traver-
ser deux ponts : celui qui conduit
de l'objet matériel & l’objet spiri-
tuel d celui, plus incertain et trem-
blant, qui relie le judaïsme et le
christianisme.
PATRICK KÉCH1CHIAN
(1) Auteur également d'un catalogue
des Bibles imprimées avant 1800 et
conservées à Paris, qu'il. vient d’achever.
«D'une main forte», «Dieu
en son Royaume»; BibUothôqua
nationale, rue de Rtcheiteu
76002, Ces deux expositions,
ouvertes tous tes jours y com-
pris les efimanebes et les joue
de f&ta de iO h i .20 heures {20
E. Tune» .28 F -les deux), ont
donné Jeu è la. puMteatiofi de
deux beaux livras-catefoguea :
D'uria maln forte, de Miche!
Garel SeulKSN, 200 p.. 395 F.
Oàu en son Royaume, de Frsrt-
DesraussBIes,
IN, 174 p., 295 F.
Vl.
Le Monda • Samedi 30 novembre 1991 17
<* . -
■' i
•t» ./i .
■-i- . -e
Bauhaus
trois, dernière !
Le vingtième siècle doit beaucoup an Banhans :
mmt d être nu style de graphisme, de design
on d architecture, cefhtnn centre de création
dont témoignent un musée à Berlin et, dans
lÀUemagne réunifiée, plusieurs bâtiments à
üessan et à Weimar, où commença cette aven-
ture, en 1919. Trois lieux, une même pensée.
i..
s, .
D£ Vancouver et de Turin, de
New-York, de Paris et de
Santiago-dn-Chili, nn jour ordi-
naire, voilà d’où viennent Jes visi-
teurs d une des saintes chapelles
de la modernité : le musée. du
design et des archives du Bauhaus,
à Berîîh. Etrange et discret dans sa
blancheur, l'édifice,- auquel on
accède par une passerelle-prorae-
nade, est lové entre un vague car-
refour et le Landswehrkanal, dans
une de ces zones que. le «mur»
avait rendues muettes et aux-
quelles sa démolition redonne une
centralité convoitée. II a été des-
siné par Walter Gropius, mais
achevé seulement en 1979, dix ans
apres la mon h Boston du fonda-
teur du Banhans; il contient des
collections constituées i partir de
I960, mais dont l'essentiel a été
donné par Gropius lui-même,
gardait copie d? tout», nous
dit son directeur actuel, le profes-
seur Peter Hahn.
En en dhnmshs matin de fin d’au-
tomne, les Berlinois, eux, -se pres-
sent, à un autre carrefour, pour
découvrir Tceuvre complète d’Otto
Dix, I un de ces peintres de l’ex-
presnonnisme que le nazisme
qualifia d* «ait dégénéré » et dont
n pourchassa les adeptes : c’est
nue exposition qui vient d’ouvrir
— — licui U UUV
a la Nationalgalerie, le grand
musée moderne de Beriin^hie
— — — * «MiuruiiCSt,
sous rimmense auvent d’acier
“oit et derrière les glaces nues du
monument ■ conçu dans les
,ann£» 60 par Ludwig Mies van
oer Robe depuis Chicago, où
AU SOMMAIRE
s’était installé en 1937 celui qui,
dernier directeur du Bauhaus jus-
“ fermeture autoritaire en
1933 de la célèbre école, avait dû,
comme la plupart des intellectuels
«des artistes, quitter le pays pour
échapper i la dictature.
1919-1933, Weimar-Dessan-
Benm. La communauté de
maltr» et d’élèves qui travail-
laient à réconcilier l’art et l'indus-
trie, les artisans et les artistes,
pour modeler un environnement
totalement «contemporain», des
maisons aux autos, des chaises
aux cafetières, et réinventer à neuf
J univers des formes, avait vécu 1e
temps d’une République brève et
fragile, la République de Weimar:
Entre la défaite de 1918 et la
.montée de l’inflation, dans une
Allemagne soumise & des tensions
extrêmes. Tandis que Paris dan-
sait au rythme des «années
folles», Berlin était en proie à des
démences plus sombres, dont
témoigne aussi la violence du
débat culturel de Pépoque.
«style international» - et aussi la
pliw controversée des dogmes
esthétiques conçus dans ccs
années-là.
Dubrovnik;
plaidoyer
Pour le patrimoine p. 24
Le marché d'AJigre,
une médina à Paris p. 19
Le Train blèu,
o®uer restaurant
de gare p: [8
Livras,
fi** et après
« voyage __
p. 20
leux
22)
_ Télex
♦ Table
(P-1À
tp.23>
la fera» lui» brutale par les naS
l’historien Frank
whmord (IX une notoriété accrue
a 1 etablissement qui, chassé de
Dessau six mois plus tôt, venait
de se nbnstaDer à Berlin, et la dis-
persion de par le monde de ses
membres les plus éminents facilita
1 exportation de j’idée. Accueillis
les Américains «comme des
dieux blancs », ironisait l’écrivain
new-yorkais TômWoIfe (2), les
pères fondateurs, Walter Gropius,
devenu professeur à Harvard, et
Mies van der Rohe, à Chicago,
ont fasciné plusieurs générations
d’architectes. Le grand débat a été
rouvert depuis; slogans et tabous, '
préceptes et expériences, le plan
libre et :1e-- mur-rideau, ont été
jugés à Faune des résultats obte-
’nns par les imitateurs et les sui-
'.venis. L’architecture, «but ultime
\de toute création artistique » selon
|le Gropius des débuts, a été l’ex-
I pression la plus universelle - le
L'Amérique, cette deuxième patrie
de I acier, n’attendait qu’eux pour
donner une forme au rêve indus-
triel : on était à I’ère de la
machine, de là standardisation, de
la séné, des surfaces planes et du
décor minimaliste... «Seule une
utee a ta force de se propager aussi
loin», avait dit Mies van der
Koûe avec son sens des formules
implacables. H dira aussi : «Dieu
est dans les détails », mais, & part
lui et quelques autres, les archi-
tectes oublieront trop souvent ce
«dixième commandement
L’architecture, but ultime,
c était aussi, dans l’esprit du Bau-
baus, 1 architecture des objets de
la vie quotidienne. Le client a mis
un certain temps à devenir
«moderne», il a fait son choix et,
plus de deux générations après
qu ils ont été dessinés, il s’assied
volontiers aujourd’hui sur les
sièges en tube chromé de Marcel
Breuer (Dessau, 1926); dans les
quartiers généraux des grandes
société, la chaise en cuir et en
meta] de Mies van der Rohe (des-
sinée pour le pavQlon allemand de
1 exposition de Barcelone en 1929)
est devenue un classique.
D«s chaises, ou plutôt des
«machines à s'asseoir», comme
disait, pensant à la «machine à
habiter» de Le Corbusier, le Berli-
uoh Julius Posener, critique et
malicieux. Ils avaient défini la
position correcte du corps
humain, choisi la toile, le cuir,
matériaux francs, banni le «capi-
tonne, ce nid à poussière ». et ils
invitaient leurs semblables à
mener une vie saine, entre des
murs plutôt blancs et plutôt lisses,
derrière de grandes verrières.
Sorte de règle monastique, définie
par des puritains de la forme, qui
n étau pas du goût de tous :
M“ Wassily Kandinsky racontera
> -
plus tard comment le peintre n’ai-
irçutpas être vu à travers la porte
vitrée de sa maison (qu’ïl badi-
geonna de blanc) et qu’aimant
vivre dans la couleur ils avaient
peint la salle à manger saris res-
pecter la consigne.
Cosmopolite et ouvert aux cou-
rants novateurs, le Bauhaus recru-
tait les meilleure. Quand Van de
Velde avait fait appel à Gropius,
1 architecte était déjà counu pour
avoir signé et réalisé, à vingt-huh
ans, le premier mur-rideau, une
taçade en verre et en métal pour
une usine de chaussures. Le direc-
teur du Bauhaus-, lié aux milieux
«Pta* avanl-gardistes (époux
a Alma Mahler, qui le quittera, lui
et Weimar, pour Vienne et l’écri-
vain Frantz Werfel), recrute lu»
aussi des hommes de talent, et ce
n est pas un hasard si les noms de
ceux qui y ont étudié ou enseigné
sont célèbres. Mais ni Paul Klee,
te Bernois, ni Wassily Kandinsky.
le Russe, n’enseignaient la pein-
ture : ils étaient là pour la « cou-
leur» et pour la «forme». Le
bleu, le rouge, le jaune, couleurs
primaires, le cercle, le carré et le
triangle, géométries de base, deve-
nus symboles de cette recherche,
mais aussi toutes leurs associa
lions imaginables.
Le graphisme contemporain
1 imprimerie, l’art de la mise en
page et de la maquette, ont des
sources dans ces années fertiles où
I on rêvait de manier toutes les
techniques. En dessinant son kios-
que à journaux (en parallèle avec
un comptoir pour marchand de
tabac surmonté d’une grande cin-
rette allumée), l’Autrichien Her-
bert Bayer, élève au Bauhaus qui
deviendra célèbre aux Etats-Unis,
pratiquait à la fois une géométrie
constructiviste, le collage et la
dérision dadaïste et annonçait les
audaces et les jeux visuels dont le
commerce et la publicité allaient
s emparer un peu plus tard.
Leur enthousiasme pour la
photographie, qu'ils pratiquaient à
tout propos, recherche graphique
ou témoignage sur la vie, les fêtes
et le travail, est significatif,
comme en témoignait la grande
exposition présentée à Paris an
début de cette année (3).
De notre envoyée spéciale
Michèle Champenois
L/re la suite page 24
iom ** Bauhtm- Th*™* and Hudson.
170 J.
(2) If court, U court, te Bauhaus.
Ed. Mazarine, 1981.
13) U Monde du 21 el du 25 février.
A gauche.
le Musée de Berlin.
A droite, projet de
jusque à journaux
(1924) par Herbert
Bayer, élève du
Bauhaus à Weimar,
puise maître» à
Dessau, où il dirigea
I atelier d’imprimerie.
Graphiste, peintre,
photographe et
typographe. Bayer
enugro « New- York
en —
NOËL AU PAYS
DU PERE NOËL
3 VOYAGES D'EXCEPTION EN LAPONIE FINLANDAISE
38 nn Tronehet 75009 Paris Tal (1)47423865^
» ni ijftrtifc.
- i .
-V;
i
COMMENT ne pas ressentir
cette impression d’un monde
ancien, un peu oublié? L'idée de
decouverte, de redécouverte pres-
que archéologique, à l’occasion
de vastes chantiers? Le Train
bleu, le buffet de la gare de Lyon,
témoin d'un autre temps, brasse-
rie-musée. héritier de la Belle
Epoque, paraît retrouver la
lumière, à mesure que l’Est pari-
sien abat son terne décor pour
dresser son architecture du siècle
à venir.
Il était déjà un peu à l'écart,
trop loin de Saint-Germain pour
les dîneurs du centre-ville, il
paraît anachronique, au milieu
des tours de verre et d'acier, voi-
sin de Bercy, bientôt de la
Grande Bibliothèque et des pro-
jets de bord de Seine. Autour de
lui. on creuse avec frénésie,
comme pour l’éviter, ne pas frois-
ser son classement aux Monu-
ments historiques. Déjà, durant
les années 60, on avait laissé à la
gare de Lyon sa façade de pierre
et sa tour d’horloge, beaucoup
pour ne pas toucher à ses ors.
Sous ses planchers, pas moins de
cinq niveaux pour le passage des
transports modernes, les trains,
les TGV. les métros, les RER, en
attendant la construction du
réseau Météor.
C’est peu dire que le Train
bleu paraît incongru dans son
environnement de troisième mil-
lénaire. L'an 2000. lui, il le pré-
pare en astiquant ses cuivres et
ses moulures, en surveillant ses
fresques murales patinées par les
fumées des cigares et les fumets
de sa cuisine «à la française».
Chaque après-midi, des solitaires,
surtout étrangers, viennent
reprendre des songes commencés
la veille, dans les fauteuils pro-
Le Train bleu reste en gare
fonds de son bar américain. Un
autre temps...
Pour célébrer à sa façon l'Ex-
position universelle, la compa-
gnie Paris-Lyon-Marseilie. le
célèbre PLM, avait tenu à déco-
rer le buffet de sa toute jeune
gare. C'était le tout début d'un
siècle, celui-ci, qui s'achève. A la
hâte, on avait commandé des
œuvres à des artistes régionaux.
Le PLM offrait aux Nordistes
fortunés, des images du Sud
qu’ils s'apprêtaient à traverser à
soixante-dix kilomètres à l’heure,
une sorte de grande campagne de
publicité de plafond, d’album en
hauteur de scènes allégoriques.
Orange, Marseille et Menton, Le
mont Blanc et les coteaux de
Bourgogne. La cueillette et les
vendanges, des noces et des ban-
quets, des bateaux descendant
lentement les fleuves, des cieux
azur, comme les aimait le PLM
ou les Wagons-lits Cook.
UN pays harmonieux, une vie
simple et tranquille. Pour les
dîneurs d'aujourd'hui, un arrêt
au Train bleu, c’est l'assurance,
en levant le nez, de s’égarer du
côté d'une vieille idée du bon-
heur hexagonal, de s'échapper
vers une certitude ancienne, col-
lective, celle qui, en 1900, résu-
mait picturalement toutes les
autres. Renaissance, classique,
baroque ou pompier, avant que
le siècle ne s’offre aux risques,
quelques années plus tard, du
Modem' Style.
D CSL CE
Vers 1900, la France s'étendait
au-delà des mers, et le buffet de
la gare proposait donc aussi sa
vision d’Alger, et des médinas.
L’humeur était naturaliste, et les
deux grandes salles, comme les
salons regorgent de feuilles et de
grappes, d’animaux et de mons-
tres sur dorures. Vers 1900, le
déplacement était encore toute
une affaire, et les voyageurs pas-
saient sous les lambris de longues
heures de repos à quelques pas
des convives parisiens d’un nota-
ble ou d’un homme politique en
partance pour son département
Le buffet était voué au confort à
terre, ou à quai, du Train bleu, le
vrai, le train pour Vïntimille, qui
ne partait qu’à 20 h 55, et vous
menait tout au bout de la Côte
d’Azur en 17 heures et quelques,
minutes. Le restaurant n'em-
prunta son nom au train que lors-
que le convoi légendaire fut mis
hors service, au début des
années 60.
Pour le buffet, les mauvaises
années avaient déjà commencé.
Les Allemands, dans Paris,
avaient fait dn salon doré, une
halte de repos pour leurs officiers
en partance ; du salon voisin,: un
salle de garde pour corps de
troupe. Et puis, lorsque revînt la
liberté, l'époque rejeta les fastes
ferroviaires 'pour l’automobile.
Albert Cbazal, le directeur du
Train bleu, raconte que, de son
bureau du premier étagé donnant
sur les quais et les verrières de la
gare, il ne vit plus que des voya-
geurs pressés, des trains qui, sans
élégance, partaient à l'heure des
repas, ou trop. tôt. ou trop tard.
On passa longtemps, sous les
voûtes, sans les voir, sans curio-
sité pour le double escalier, et les
lustres de verre et de bronze qui
n’éclairaient plus qu'un musée.
L’établissement et son directeur
tinrent bon. malgré les temps. Le
buflet fut classé, après qu'on eut
malencontreusement détruit le
Dolmen, à Montparnasse, la
Flèche d’or, à la gare du Nord, le-
Relais Est, à la gare de l’Est, et.
beaucoup d’autres haltes gastro-
nomiques, tout au long de la
ligne.
Le Train bleu vécut ün peu
moins dans les fastes, avec sa
clientèle d'habitués, ses hommes
politiques, qui délaissaient leurs
cantines pour déjeuner . discrète-
ment en compagnie d'un adver-
saire à la Chambre. 'Avec Salva-
dor Dali ou Roger Vailland, Sar-
tre, parfois, qui changeait de rive
au bras d’une jeune raie, et tou-
jours les Anglais, nostalgiques des
symboles de luxe qu'ils s'étaient
réservés ici, comme dans le
monde entier. Grâce aux Japo-
nais et à une réputation plus
internationale que parisienne, le
décor refit, cës dernières années,
le plein de ses couverts et de scs .
rêves. Grâce au TGV, aussi, qui,
curieusement, mêle, semble-t-il,
le besoin- de vitesse à un renou-
veau du confôrt.
L 'ÉTABLISSEMENT aura
donc duré au moins un siècle.
Son environnement futuriste, les
fracas de là ville, tout autour, qui
brasse ses affaires incertaines, ses
métissages 'de garé, ses allers-re-
tours par le rail, scs. exils, scs
immigrations,- bref, le siècle à
venir, déjà présent, qui s'échine
sous ses vôôtesi eh font un acteur
.privilégié, -un lexique de valeurs
et d'hulottes» autant que <f œu-
vres. Conteur d’une France trop
heureuse pour avoir' vraiment
existé, le décor du Train . bien
déroule aussi, de ses plafonds à
ses banquettes de moleskine, le
trompe-J’oéil de drames bientôt
centenaires. Les Balkans, 14-18,
la guerre d'Espagne, la guerre
mondiale, .la guetre des blocs : le
restaurant fut de toutes ces
conversations. De ces repas
inquiets, lourds de secrets, avant
la fuite par le Sud. Combien
d’émigrants, de- résistants,
d’agents, combien d’orphelins, de
sans-papiers, combien, de salauds
et de braves gens s’assirent-ils là,
comme dans: Une église? Com-
. bien le fréquentoont-Ds encore ?
. Philippe Boggio
.•tjJ.-A"
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ESCALES
TELE X
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Traditions
tyroliennes
fnnsbruck prend ses quartiers
d’hiver. La capitale du Tyrol
ressort, avec ses bobs, ses skis et
ses patins, ses coutumes. Le
Marché de Noël, du 29 novembre
au 22 décembre, présente, dans la
vieille ville, décorations
traditionnelles, spécialités
tyroliennes et douceurs : pommes
d'api, amandes grillées, miel turc.
Le 5 décembre, cortège de la
Saint-Nicolas et du Père
Foueitard escortés par une nuée
d'enfants. Le 14, chants de l’Avent
au Palais des congrès. Les artistes
sont des groupes folkloriques et
familiaux (places de 45 à 85 F). Le
Musée d'art populaire d'Innsbruck
est connu par-delà les frontières
autrichiennes car il est le seul à
présenter une exposition
permanente sur l'histoire et
l'évolution de la crèche. Soixante
nativités, les plus remarquables
étant une CTèche baroque aux
personnages habillés, une autre en
papier et en bois et une troisième
sculptée. Tandis que la France ne
connaît presque plus que le trop
commercial Père Noël, l'Autriche
a gardé le souvenir de
f Enfant-Jésus. Le 23 décembre,
enfants et grandes personnes
habillés en bergers et en anges
entourent la Sainte-Famille et
traversent la ville avant de chanter
en chœur des cantiques. Les 23.
24. 25 et 26 décembre,
spectaculaire concert de cuivres :
trombones, trompettes et
cymbales sonnent du haut du
beffroi. A 5 kilomètres au-dessus
d'Innsbruck. mais intégré à la ville
depuis 1942, le village d’Igls a
conservé son atmosphère
tyrolienne. Enneigement excellent,
100 km de descentes. 28 pistes et
33 remontées mécaniques,
navettes gratuites vers les cinq
domaines, 200 km de ski de fond :
la neige, dans ces conditions, est
un plaisir. Le forfait remontées
dans les cinq domaines coûte
785 F environ pour les adultes,
430 F pour les enfants, cela pour
5 jours. Passer trois nuits à
Innsbruck-lgls donne droit à la
graïuité des navettes et à un tarif
réduit dans [es musées. Tnnsbruck
est desservi par le train (une nuit)
mm
r*'V
• "
SKfcv*
• rt- - • iÿsçw's
eu conjointement, par Air France
et les Tyrolean Airways (9 vols par
semaine, aller-retour à partir de
I 420 F). Renseignements auprès
de l'Office autrichien du tourisme
(47. avenue de l'Opéra.
75002 Paris, tel. : 47-12-78-57).
Une Maison
pour la Chine
Pour trois raisons principales et
une subsidiaire, la Maison de la
Chine séduit : nouveau voyagiste,
elle s’intéresse amant à ceux qui
restent qu’à ceux qui partent;
étend ses compétences au voyage,
assurément, mais aussi à ce qui le
précède et le suit ; n’assume pas en
vain l'appellation de «centre
culturel». Elle s'est donné la
forme, enfin, d’une maison de thé.
Cet espace de clarté, blanc,
dépouillé, avec scs tables rouges
venues de Chengdu, ses chaises de
bambou, sa bibliothèque aux
livres habillés de beige, son coin
boutique où l'on peut choisir ses
thés de Chine, pourrait bien
devenir une adresse : 36, rue des
Bourdonnais, à Paris- 1°.
tel. : 40-26-2 1-95J.
La Maison de la Chine a ses
mardis, ses mercredis, ses jeudis
et ses samedis. Le mardi,
conférence, à 19 heures :
promenades architecturales le
3 décembre, l'âge d'or du cinéma
S- L-J
chinois le 10, art er archéologie le
17. Ainsi jusqu'au 30 juin 1992.
Le mercredi, film, à la même
heure : le Palanquin des larmes le
8 janvier 1 992 ; le Dernier
Empereur le 15. Le jeudi, à 18
heures, préparation au voyage : la
Chine, seul, itinéraires et budgets,
le S décembre ; clés pour réussir
son voyage, le 23 janvier .1992. Le
samedi, animation culturelle à 16
heures : extraits de l'Opéra de
Pékin par une jeune cantatrice
spécialiste des rôles de vieille
femme, le 30 novembre; rites du
thé, le 4 janvier 1 992 ; violon
chinois, le 1 1 ; marionnettes le 1 8.
Cda sans préjudice des
expositions. Actuellement et
jusqu’au 10 février prochain :
«Sur les pas du mandarin blanc»,
la Chine de 1896 à 1 904, des
photos d'Auguste François, alors
consul de France à Yunnan Fou.
Lui succédera une exposition de
calligraphie moderne. Mention
spéciale pour le colloque annucL
Celui de cette année réunira, le
14 décembre, sur le double thème
«Culture et communisme ; force
et faiblesses du régime»,
MM. Alain Peyrefitte, de
l'Académie française, Jean-Luc
Domenach, directeur du CERI,
Francis Deron. correspondant du
Monde à Pékin, Jean-Pierre
Cabestan et Yves Chevrier, du
CNRS (participation : 100 F).
Une face culturelle
impressionnante. Le
La cantatrice
iaËMgm Zeng Zfrti,
IPfPflW de l'Opéra
HH de Pékin.
tour-opérateur présente, pour sa
part, un catalogue d'une dizaine
de voyages dont quelques offres
qualifiées d’exceptionnelles (dates
de départ précises) : 7 jours à
Pékin, 5 900 F (vols, chambre et
petits déjeuners, excursion à la
Grande Muraille et visite de la
Cité interdite); 1 1 jours en Chine,
1 1 500 F ou encore 1 3 jours,
13 900 F. Les voyages seul ou en
groupe, de découverte ou
d'approfondissement, sont
construits sur mesure par les
collaborateurs, qui parlent tous le
chinois. A l’origine de cette
maison, Patricia Taztour,
sinisante passionnée et
expérimentée. Elle va plusieurs
fois par an en Chine depuis 1974,
une époque où, se souvient-elle,
on applaudissait les étrangers
enfin revenus dans les rues de
Pékin.
Un trois-mâts
aux Caraïbes
Le JulcS’Veme-Phénix est français
et servi par un équipage français,
chose assez rare pour être signalée
d’emblée. Construit en 1987, ce
navire, équipé de deux moteurs de
400 ch, est un trois-mâts à coque
d'acier dont le gréement «à
l’ancienne» (670 mètres carrés de
voilure) offre à ses passagers le .
charme de la navigation à voile
traditionnelle. Véritable petit .
paquebot 47 mètres, il h&eige
confortablement 64 plaisanciers t
dans des cabines de 2^3. ou 4 lits,
toutes avec hublot.et salle de .
bains. Un vaste salon-salle à .
manger accueille, outre les repas,
diverses activités conviviales, à
commencer par le «pot» du
capitaine. Les adeptes du
bronzage et du; farniente disposent
de 250 mètres carrés de ponts en
teck. Quant à ceux qui souhaitent
suivre les ébats des dauphins,
devant l’étrave du navire. Os.
peuvent s'installer dans Te vaste -
filet de beaupré. La goStetteç elle,
fait du cabotage dTle en île, de .
baie en petit port, sans abuser des
parcours maritimes et en -
privilégiant l’accès à des rivages
préservés, le mouillage dans les •_
sites les plus pittoresques, la visite
des lieux touristiques et, la ' .
pratique des loisirs nautiques :
pêche, plongée, planche à voile et
baignade. L’été autour de là •
Corse, le Jules- Verne-Phénix
navigue, de décembre à mais,
dans les Caraïbes avec, en v -
alternance, de Pointe-à-Pitre à
Pointe-à-Pitre, des croisières ;
d'une semaine dans les îles du
nord (Guadeloupe, Antigua, ' . .
SamtrBarthétemy, Iles Vierges, -
Nevis et les Saintes) où celles du
sud (la Dominique, Sainte-Lucie,
Grenadines, Tobago, Cayes,, ■
Martinique), croisières que Ton ~
peut enchaîner l’une àfautr&La
semaine tout compris oscille entre
4 980 F et 7 550 F par personne _
(réduction de 25 9b pour les moins
de 12 ans) selon la cabine choisie, -
prix auquel il faut ^jouter le vol
A/R Paris-PûintB-àrPîtrcavcc Air
France, Air Outre-Mer, Minerve,:
Corse Air ou Air Martinique/Air
Guadeloupe. Une bonne piste : le
forfait avion, transfert + 2 nuits ■
d’hôtel de l'agence JV (téL : (1)'
43-25-1 5-1 5 à Paris ou
78-63-69-70 à Lyon) à partir.de .
3 150 F. Renseignements pour la ; 1
croisière : SERMER, 1, quai delà'
République, 34200 Sète, téL :
67-74-23-80.' • - ; V -
Sélection établie par :
Patrick Francès
. et DanklfeTramardf .
«1+1=3» chezAirFrance,
qui, jusqu’au 5 janvier, offre, au
départ de Paris et de la province,
sur tous ses vols directs et ceux
d’Air Inter; à destination de
quatre-vingt^six villes d'Europe, le
transport gratuit, à. l'aller et au
retour, à tout enfant de moins de
douze ans accompagné de ses
parents où. de deux adultes
voyageant au plein tarif adulte. Une
" promotion proposée également sur
les Antilles, là Guyane
et la Réunion, jusqu’au
15 décembre 1991.' _
Offensived' Air France, vers
les Antiflea:. tarifs en baisse (aller
simple à partir de 2 190 Fv aller et
retour & partir dé 3 490 F, baisse de
13^ % en période «verte» sortes
vois* vacances» notamment), vols
plus nombreux (vingt-cinq par
semaine au dégxfctde Paris; oeuf aq
départ de là province), sans escale
pour la plupart et permettant des
-conœpctodanoes faciles vere tes
Caraïbes, acheminements plus
rapides en Boeing 747, voyage
■gratuit ppùr tout enfent
accompagné de deux adultes de sa
famille. Un ensemble de mesures
qui résulte du regroupement d’Air
France; Abc Inrta: et ÜTA.ct de
leurs filialesAîr Charter et
Aéromàritüne^
Le golf des gentils membres,
c’-est le golf duQub Med avec,
; pour'1992, dans sa brochure «Golf
eh liberté», dés circuits en Asie
; (26 décembre-12 janvier, huit
parcours en Chine; Thaïlande,
Taïwan et Hongkong,^ 3Ô0 F),
Afrique du Sud, Autriche, Canada,
Indonésie, Irlande du Nord et du
Sud, Kenya, Malaisie, Maroc,
Portugal et Thaïlande. Egalement
,au programme une dizaine de
au(l)42-6I-8«». /.
34» Salon dos cantonniers
d'Arles. Exprésrien populaire d’on
concept idigunjx et spirituel dont
les premières manifestations .
remontentTpeuse-ton,à saint
■François tf Assise, les crèches sont :
avant tout .des créations de maîtres '
. santonnitss provençaiuL. Cette . .
aa3^e, ponrtajit,iine trentaine de
Nativités anglaises seront
présentées: Du 30novembre 1991
au; 12 janvier 1992, dàs&tes salles
-romanes du cloîtré Saint-Traphime:
Renseignements : 90-96-29-35. '
,ÏJ
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SAKS ♦ «SA
A PARIS
Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 19
\ • '
s
Menthe fraîche et coriandre,
brouhaha de dialectes, cou-
leurs et marchandage; on se
presse, on se bouscule, on
solde, on brade en plein
Paris, le marché d’Aligre.
« rt*
ON dirait que la médina de Fès,
plûs ’pr&asSmènr le qwarriër
Rsif, 5 est déversée dans la rue d’Ali-
gre. Ce pourrait être aussi le Khàn-
Khaül du Caire ou la vieille vüle
marchande de Kaürouan en Tunisie.
Le marché d’Aligre -il porte te nom
(Tune petite rue, pas très large, allant
delà me de Oiarentan à la rue (fia
Fa ubourg-Saint-Antoîae - est un
Ken magique. Le hindi, jour de fer-
meture, te Heu est méconnaissable
tant il est désert, tant il est triste. Il
n’y a même pas d’enfants pour y
jouer. Les autres jours de la
semaine, surtout le samedi et le
dimanche, c’est presque la fête. La
vie se drape de couleurs vives, se
&it parfums et cris, presse la foule
qui ne déteste pas être prise dans
quelque* bousculade. Le marché
<f AGgre est ainsi, fidèle & sa réputa-
tion de tour (tes miracles.
Su fc* de nirada fl faut chercher
du côté de la -scène, là où Paris se
préseote,âvec ses identités multiples,
aved un visage de toutes les couleurs
et de tous ira songes. Là, il n'y a pas
vraiment aè règle. On dirait que
tout le monde a le droit d’être pré-
sent et de .faire s6n petit commerce.
Ce que l’on peut dire,
e'etef que cet endroit
n'est pas le lieu idéal
pour les mBHams
du Front national.
tapis __
mauvaise qualité sur Pépaule et un
autre sur le bras - au boucher
musulman qui a une façon anarchi-
que de découper la viande, en pas-
sant par k fromager français qui
doit se sentir bien seul dans cette
foule bigarrée. Il y a aussi te men-
diant aveugle qui tend la main et
fait appel à la charité de ses com-
patriotes bons musulmans comme
sH était sur h place Jamaa-d-Fna &
Marrakech. Peut-être même qu’il se
croit an Maroc.
Après tout, ai on fermait tes yeux
et on tendait l'oreille, qui pourrait
nous frire croire qu’on est en plein
centre dé parte ? On entend parier
arabe - les trois dialectes roaghné-
bh» Pfus T^gyptkn, - berbère et un
français approximatif avec accent
reste, avec Barbés, te lieu où on pra-
tique des prix défiant tonte concur-
rence. Cela est dû à deux fréteurs :
en général ici tes fruits et légumes ne
correspondait pas aux calibres exi-
gés par le consommateur français;
parfois le calibre y est mate pas la
fraîcheur ni la qualité. Ici on vend
en vrac. On solde. On brade. On
propose la quantité sans trop damer
la qualité. On crie «extra !» sans
trop y croire. Personne n’est dupe.
Les prix varient selon remplace-
ment. H y a les prix des supermar-
chés (ils sont au nombre de trois), fl
y a ceux des étalages pauvres se
situant du côté de te nie de Cbaren-
ton et puis il y a ceux du marché
couvert Beanvau. Là, tes choses sont
à leur place puisqu’il s’agit de l’épi-,
cerie fine, des spécialités italiennes,
d’un fromager exceptionnel, d’un
boucher qui. propose du gibier
sachant entretenir la fidélité de sa
clientèle. 11 y a aussi une triperie et
une bonne cave à vins. Se trouvant
& droite, sur te place d’Aligre; juste
en free de Utorioge Hêniy-Lepaute,
ce marché est non salement cou-
vert mais tient .ses distances à
l’égard d’un environnement où
r image d’un tiers-monde incongru
mais heureux s’étale généreusement.
Maghreb, le marchand de disques et
de cassettes diffiise de la musqué
raï ou kabyle par haut-parleur. Le
boucher musulman jouxtant la bou-
cherie juive écoute et fait écoater la
musique arabe de Radio-OrienL Le
Jardin créole ne chante pas mate
expose ses fruits et légumes exoti-
ques. La fleuriste Rolande vante ses
bouquets. Elle a moins de succès
que Jes Marocains qui vendent la
mendie fraîche de Meknès ainsi que
le persfl et la coriandre importés du
pays.
Sur la ptoro-inême on n’est plus
dans le tiers-monde mais dans le ter-
ritoire <fe la pauvreté : ici fripiers et
brocanteurs étalent ce qu’ils peuvent
étaler, c'est-à-dire n'importe quoi,
des vteüteries qui ne servait plus à
rien, (tes vêtements de tons tes sur-
plus, des minière de boutons, de
bobines de fil, des cadres, des cuil-
lères, des couteaux, des nappes
mitées, des bouquins, du tissu, de
vieilles chaussures et de temps en
temps un étalage de chemises
H sait que- le Maghreb se trouve
aussi du côté. d’Aligre. n frît partie
du paysage tout naturellement. Qui
le lai reprocherait on qui
l'empêcherait de perpétuer ainsi 1e
pays d’origine à travers ses psalmo-
dies & tanqH** islamique? Non seu-
lement ou parie plusieurs langues
mate on invente des mots : cm vend
le melon «à la goûte» (on propose
une tranche.de melon pour goûter et
apprécier) et b pastèque «à 1a
coupe».
Cm marché ut répété être le moins
cher de Paris. Certes, si an te com-
pare âi^hndn'&ubOing.SamtF'Ho--
mwé oui à àehâ de la me dè Boa, fl.
■ te marché d’Aligre n’est
pas le lieu idéal pour tes militants
du Front national. Us s’aventurent
rarement par hL la place est tenue
par les amis d'Arlette Laguiliier. A
ceux qui ont parié, à propos de l'im-
migration, ; d' « odeurs »,
d '«invasion »; d*# occupation » et
même d’<* inondation », le marché
d’Aligre donne , six jours sur sept
l’image non pas de la Fiance de
demain, mais .bien de la France
d’aujourtfhui avec non seulement
une parfaite coexistence entre les
uns et les antres, mais aussi avec
. humour et joie. Càr frire le marché,
surtout en fin de semaine, est un
pteisi& On est bousculé, on a du mal
à avancer, b queue est impossible à
respecter; mais on est heureux parce
que; à b longue, on prend des habi-
tudes, on criée des fias. Comme au
neuves et des tonnes de jeans tevés-
dêlavés-dégriffés... Sur le côté
gauche de b place un couple (f anti-
quaires-brocanteurs vient de tout
liquider avant de prendresa retraite.
Il aurait pu raconter te marché
d’Aligre comme un conte ou une
page de b mémoire du peuple de
Pans.
D paraît que les gens viennent
<f autres quartiers pour faire leur
marché dans ce lieu si riche et si
varié. Car le marché déborde et
dépasse la me d’Aligre. H se poursuit
notamment le long de b nie du
Faubourg-Saint-An toine, jusqu'à
rhôpitaL B y a les fameux épiciers
maghrébins qui-restent-ouverte-card-
dans4a-soirée et qui majorent leurs
prix à partir de vingt-deux heures. H
y a aussi une bonne librairie ouverte
le dimanche et un petit café original.
Le Caoua, avec plusieurs variétés de
café a de thé. Cto est un peu loin du
marché proprement dit, mais c’est
ici qire commencent Tâme et le oœur
du onzième arrondissement, un des
quartiers (te Paris qui restent encore
populaires ; où existe ce qu’on
appelle «une vie de quartier» avec
ses artisans, ses artistes, ses habitués.
Le phénomène Bastille ne boule-
verse pas cette partie du quartier, du
moins pas encore, car (tes projets de
rénovation et de nooveUes construc-
tions existent Pour 1e moment on
peut compter sur les Maghrébins
pour continuer à frire du marché
d’Aligre une médina pleine de vie et
de joie, fl paraît qu'on peut faire ses
courses sans quitter la chambre. Il
suffit de pianoter sur 1e Minitel On
vous livre et vous n’avez pas à bou-
ger. Mais alors où est le plaisir ? Il
suffit de frire, ne serait-ce qu’une
fois, un tour dans Aligre pour
oublier Le Minitel et ses prouesses.
T&har Bea Jelloort
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20 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991
VOYAGE
Livres
en bourlingue
L’Ouest
en clichés
Cela commence par un défi.
Celui d’Yves Berger avec, en guise
de préface, un texte sur la nature
américaine, texte qui entend
démontrer que l’écriture est capa-
ble de représenter la beauté abso-
lue. En l'occurrence celle de
l'Ouest américain, baptisé, dans
l'album qui lui est consacré,
l'Ouest sauvage. Avec, en vedette,
un face-à-face où, bouche bée,
l’homme regarde, en cinémascope,
une nature qui, note le préfacier,
décline à satiété le mot-clef de
cette région du monde : merveille.
Ainsi projeté au pays des mer-
veilles, Yves Berger n’utilise ce
mot de passe que cinq fois là ou,
écrit-il, u il eût pu surgir cinquante
fois j*. Aveu de faiblesse de l’écri-
- vain qui rejoint celui du photo-
graphe, l'art, contrairement à la
nature, supportant mal la répéti-
tion. Qui, par exemple, se lasserait
du spectacle d'un coucher de soleil
alors que la guimauve sirupeuse
qui le restitue souvent sur papier
glacé suscite rapidement l'indiges-
tion ainsi qu’en témoignent la
dizaine de photos où Olivier Gru-
newald s’est risqué sur ce registre
glissant
Reste, heureusement, la lumière
et ses jeux multiples et variés (sur
la chaîne du MacKinley, par
exemple, ou dans les Rocheuses
canadiennes), les brumes de la
côte pacifique, les traces du vent
sur le sable, les somptueux sites
pétris par l'érosion, les troncs
noués et polis, les racines tortu-
rées, les roches sculptées, le grain
et la couleur de la pierre ciselée
par les éléments, l'eau cotonneuse
des cascades et des chutes ou celle,
minéralisée, figée dans les ter-
rasses de Mammouth Hot Spring,
au nord de Yellowstone. Reste,
malheureusement, la force, la
dimension et le talent de lieux tels
que Monument Valley, le Grand
Canyon du Colorado, Bryce
Canyon, la vallée de la Mort,
Canyonland, Arches National
Para, véritables archétypes de l'es-
pace américain qui condamnent,
souvent, les plus doués des photo-
graphes à des «clichés» plus ou
moins inspirés.
De quoi donner des ailes à la
plume d’Yves Berger qui, en célé-
brant les épousailles de la terre et
de la mer, le long du Pacifique, de
l’Alaska i la Californie (ce «pays
on ument Valley, par Olivier
de l'humide et du ruissellement»).
en évoquant « la brève flamme
rouge » du saut des saumons à
l'époque du frai, en passant des
montagnes {«l'énorme, le dantes-
que. le déchiqueté ») aux déserts
{«sur la plus grande scène du
monde, la représentation de la plu s
belle pièce du monde»), en décri-
vant «la splendeur d'un Nouveau
Monde qui, chaque matin en Amé-
rique, est un monde nouveau ». a
plutôt bien relevé l'ambitieux défi
qu’il s'était lancé à lui-même.
Un hymne à la beauté qui
s'achève par un texte pertinent de
la géographe Bernadette Gilbertas,
sur la notion américaine de
nature, la création des parcs natu-
rels et le rôle qui leur est assigné.
P. Fr.
► L'Ouest sauvage, d’Olivier
Grunewaid et Bernadette Gilber-
tas. présentation par Yves Ber-
ger. Denofil, 208 p, 650 F.
L’Ecosse
de Gilson
Les photos sentent le froid, l’hu-
midité, le vent, V érosion qui
mange le relief, les racines
détruites par le sel, mais aussi la
lumière qui perce sans mal éntrè
quelques nuages noirs. On ne
rigole pas à la vue des photos en
noir et blanc que Jean-Pierre
Gilson a ramenées en arpentant
le paysage écossais et les courts
textes du poète et mathémati-
cien Jacques Roubaud, en intro-
duction du livre, accentuent la
solennelle rigueur qui se dégage
de l'ensemble : « Il était on ne
sait quel moment du jour. Le
soleil se taisait, la pente abrupte
et vague, brumeuse; il y avait de
l’incertitude sur la terre. La terre
toute grise. Les sons isolés dans
le long silence.. »
S'est-on déjà senti plus seul au
monde? 11 y a bien une maison
au fond du cadrage comme pour
témoigner d’une présence
humaine, on ponton sur la baie,
des moutons sur le plateau, des
barbelés sur la prairie, une bar-
que qui perturbe l’eau, des
meules de foin, un poteau de
signalisation, un chemin rassu-
rant qui mène à la mer. Mais ce
ne sont que des traces, toutes
figées comme ce cavalier fanto-
matique qui apparaît sur un che-
min de caillasses, des traces qui
contrastent curieusement avec le
mouvement tourbillonnant des
herbes, des nuages et des cas-
cades.
L’unique présence humaine est
en fait celle du photographe que
l'on imagine seul sur la falaise
de la vue n° 23 : Dunnoltar Cas-
tle, hallucinante excroissance
terrestre surmontée d’un
château médiéval. Jean-Pierre
Gilson est un romantique,' grand
amateur de musique du même
nom, qui a découvert l’ Écosse en
y venant chasser pour ensnite la
photographier pendant quinze
ans. D’abord sous forme de cro-
quis du voyageur, puis, quatre
ans durant, à réaliser patiem-
ment les prises de vue au moyen
format pour être aujourd'hui
rassemblées dans ce Gvre.
Meai Gorm, Losh KLishorn, Loch
Quoich, Cul Mor, Gien Muick,
Loch Fyne, Gien Roy. Les noms
des sites servent de légendes et
l’on sent le plaisir du voyageur
et du photographe à les rassem-
bler comme pour mieux identi-
fier des lieux si vides. Jean-
Pierre Gilson est ua photo-
graphe qui n’aime qne les lieux
où l’on peut prendre son temps,
s’imprégner du décor, attendre,
revenir, retrouver les choses en
l’état. C’est amspqwtew-lui <hw$r
un premier grand travail sur les'
carmélites de^gpmpiègne, la
ville où il est ne et qu’il habite
toujours.
La dernière image représente
une pierre blanche perdue dans
un paysage noir et un ciel sans
issue. Mais cela fait longtemps
que Jean-Pierre Gilson nous a
apprivoisé avec ce livre impec-
cablement imprimé qui s'inscrit
dans une tradition du paysage
classique en noir et blanc.
Michel Gnerrin
► Scotiand, photographies de
Jean-Pierre Gilson, texte de Jac-
ques Roubaud. Créaph», 198 p.,
350 F.
Château de Duranotar, par Jean-Pierre Gflsori.
Tnrkestan,
oasis de la Chine
Isolé du reste du monde par- une
conjonction de formidables bar-
rières naturelles - hautes mon-
tagnes (Altaï-, Pamir, Mustagh Ata,
Karakonim, Kunlun) et déserts
absolus (Gobi, Taklamakan) - le
Türicestan est Pane des légions les
plus «inhospitalières» de la pla-
nète.
Une femme. Kevin. Kling, y est
allée à plusieurs reprises, rappor-
tant de ces rades contrées des
images chaleureuses. Les textes
qui s’insèrent dans les séquences
photographiques sont impecca-
bles, la maquette d’ensemble rend
Justice à la stature de l’auteur :
géographe autant/ que photo-
graphe, chercheuse à la Société
royale de géographie à Londres, et
mémbrede la Société des femmes
géographes & Washington. Une
chronologie et des références
bibliographiques complètent l’en-
semble.
H faut souligner l’intérêt du texte,
à la fois précis et littéraire. Dans
une langue classique, cette Améri-
caine de Paris trouve le mot juste
pour démythifier les routes de la
soie, expliquer eh quelques lignes
ce qui, ailleurs, est souvent obs-
cur. Ainsi de (a. propagation du
bouddhisme; « cette foi bienveil-
lante», et des différentes formes
artistiques auxquelles il a donné
naissance : Part du Gandhara,
appelé aussi art gréco-bouddhique,
qui admit par la suite des élé-
ments chinois avant de revenir à
une plus grande sobriété sous l'in-
fluence dû bouddhisme tibétain.
r -,
Chasseur, kazakh et son aigle, par Kevin KUng.
La mer des chansons
A l'abri des montagnes de la
Chine méridionale, le territoire
silencieux des Dongs susbiste hors
du temps. Membres d’un peuple
sans écriture, «Ceux qui parlent
en chantant» vivent en autarcie
depuis treize siècles, à l’écart du
monde. Et n'avaient jusqu’à
présent qu'une tradition orale
pour retracer leur origine. Brisant
leur isolement légendaire, durant
un an et demi, au cours de quatre
voyages, effectués à différentes
saisons, Jean Layman
(photographe) et Simon Pradinas
(vidéaste sinologue) ont partagé
leur vie de tous les jours,
enregistrant les travaux des
champs. les fêtes millénaires du
canon fleuri, le jour du Buffle-roi.
les représentations d’opéras
ambulants. Mais aussi
l'architecture de bois et les signes
multiples qui, de la cueillette au
tissage, constituent leur identité.
► La Mor dos chansons : te pays
des Dongs, photos de Jean Ley-
man, texte de Simon Pradinas.
Nathan-Image. 160 p., 360 F.
Amazonie
Dans les forêts pluviales
d'Amazonie, les Indiens Kampas,
Marubas et Yanomamis vivent
nus et peints, sans contact avec le
monde civilisé. Mi relia Ricciardi
pénètre au cœur de ces régions
réputées inaccessibles sur
pelles le chanteur Sting a
récemment attiré l’attention.
Documentant la vie au quotidien
(chasse, cueillette, maquillage,
boucanage de la viande), elle en
tire un portrait sobre et très
humain, aux antipodes de tout
exotisme.
► Amazonie, derniers rivages, de
Mirella Ricciardi, texte de Mar-
cuse Coichester. Arthaud, 240
p., 350 F.
Les possédés
du Ladakh
Photos étranges d'un livre étrange
comme son sujet : les possédés du
Ladakh, haute terre hjmalayenne
de tradition bouddhiste. Thème
mystérieux, inquiétant pour des
consciences occidentales
rationalistes à l'excès, à la limite
de l’humain parce qu’il fait appel
aux forces surnaturelles.
Dans les villages du Ladakh, les
possédés ont une mission sociale.
Ils gèrent le mal, en trouvent la
cause et l'expulsent, ils entrent en
transe e: prédisent l'avenir. Un
phénomène violent, des rites
obscurs vus de l’extérieur.
Jean-Baptiste Rabouan les donne
à voir. Sept ans de reportage.
Patrick Kaplanian, qui dirige
Peuples du monde et les éditions
du même nom, raconte,
commente. Dix -sept ans
d'enquête. Une polémique les
opposa un temps. Elle est close.
Le lecteur appréciera ou non les
commentaires. La force des
photos s’impose.
► Ladakh, de la transe à l'extase .
de Jean-Baptiste Rabouan, texte
de Patrick Kaplanian et Gloria
Raad. Peuples du Monde, 208 p..
Tauromachies
Sa nourrice étant mère de torero,
le photographe Lucien Clergue
prétend en avoir reçu le lait et non
le sang. Cet Artésien célèbre,
fondateur du plus important
festival de photo au monde,
baigne depuis toujours dans la
tauromachie dont ü présente tous
les aspects, dans un ouvrage
minutieux où se marient fort bien
documents historiques, photos
descriptives, voire pédagogiques,
et recherches aux couleurs
flamboyantes! L'ensemble, rythmé
par un texte fort instructif de
Jean-Marie Magnan, un des
grands spécialistes de la corrida et
complice de toujours de Lucien
Clergue. L’impression est
irréprochable.
► Tauromachies, de Lucien Cler-
gue et Jean-Marie Magnan. Mar-
val. 168 p„ 270 photos couleurs,
750 F.
Cajuns
Exilé à Baton-Rouge où il tient
une galerie, Fonviile est un
octogénaire autodidacte
totalement inconnu. Le vieux Sud
déglingué, le climat tropical, le
Mississippi, les forêts
marécageuses, la végétation, les
autochtones, pêcheurs indigènes et
autres scènes typiques des
années 30 constituent le sujet de
ces documents bien présentés
mais desservis par un texte
bavard. Chez le même éditeur,
sous le voile pudique et
romantique d'un pictorialisme
moderne, Joséphine Sacabo
évoque, dans une atmosphère
diffuse, enténébrée, la figure
ancestrale de la maternité.
k» Cajun. Louisiane des années
30. Photographies de Fonviile.
texte de Ben Forkner. Marval,
160 p., 110 photos, 350 F. Jus-
qu’au 1« janvier.
► Joséphine Sacabo, une femme
habitée. Marval. 46 photos en
d’eux tons. 390 F.
Clochards
de la foi
Roland et Sabrina Michaud ont
délibérément choisi d’ignorer le
partage des Indes et de tirer le
portrait aux derviches et autres
cheiks ou gourous d’islam et
d'hindouisme. L'identité
commune de ces «clochards de la
foi» saute aux yeux par-delà
haines et particularités dues aux
rivalités religieuses, aux
oppositions politiques. Pour '
adoucir encore le tableau, un
semis de citations mystiques
orientales qui, comme les photos,
ne sont explicitées qu’à la fin de
l'ouvrage, procédé à vrai dire
irritant pour le lecteur.
J.-P.-P. H.
► Derviches du Hind et du Smd,
de Roland et Sabrina Michaud.
présentation par Anne-Marie
Schimmel, préface de Jacques
Lacarriére. Phôbus. 1 65 p.
490 F.
La France
avec le moral .
D’abord toute la famille est là,
pour une fois sans exclusion :
Péguy, Céline, Simone
de Beauvoir, de Gaulle, Camus,
Chardonne, Barthes, Vian, Perce,
Fernand Raynaud, Edith Piaf;
Jean Cau, Cocteau, Green,
Vercors, Louis Malle; Aragon,
Bernanos, etc. Chacun a son beau
mot à dire sur la France, - 1
l’épaisseur, la densité, la
profondeur de ce pays! qui
aujourd'hui doute de iuL Les
textes réunis par Claire Julliard et,
à chaque page, les photos médites
choisies par Nicolas Tourlière ont .
un effet requinquant immédiat Le
moral remonte en flèche grâce & la .
littérature et à l’image. De la beilé/-
et salutaire ouvrage. _*’ •
J.-P^P. ÉL./
V Mémoires de Frahoe. anthofo- -
ma littéraire et phosogeaphkjua. '
Nathan. 185 p., 298 F. - ^
Maginot sur mer
Qui n'a pas été fasciné, un jour ou -
l’autre, par ces fortifications que .
les occupants allemands ont
laissées sur nos cotes ? ,
Mastodontes solitaires perchés su-
ies dunes, coquilles monstrueuses
basculées par les matées, chapelets
de béton anoés au cœur des-
stationsbalnéaires, qui sont
devenus des terrains de jeux îdéals
pour les enfants* des refuges pour
les amoureux, semés de graffitis, “
ou des latrines publiques. Parfois '■
ils ont gardé leur destination
première. A Brest ou à Lorient, ils
abritent encore des bases
sons-marmes géantes. Leurs
carapaces de béons, couturées de
cicatricés/pissant là touille, leurs
gueules béantes ouvertes sur
l’océan, ont lise J&feur - .
inquiétante et tragique.'
Paul yirüio a dressé l’inventaire
minutieux des vertigei de ce Mur
de l’Atlântigüe qui devait mettre
le IIF Reich à péhri'des invasions.
L'ouvrage est complet - typologie
des bâtiments; chronologie de la
construction; cartographie dé
l’eàpàcéi Extraits des
« inveÎHeto» du programme
(Fritz T-edtet Albert Speer),
directives dteguerre. Il est surtout
accompagné d’admirables
-documents photographiques, qui
ilhzstsenl la technique des
bâtisseurs et dressent la
/dassificatk® de ces ouvrages
défensifs (observatoires, batteries,
- postes dé commandement). Ils
permettent surtout de définir une
sorte d'esthétique du désastre,
gjàcé à Jèur composition
rigoureuse, à: leur géométrie
accablante : ciel bas, végétation
rase, grève déserte, ombre sèche,
carcasse grumeleuse. * Abandonné
sur lesabkduiUtoralcomme la
mue d'une espèce disparue, nous
dit Paul Yirilio, le bunker est le.
■dernier geste théâtral d'une fin de
partie (kfkistoire militaire
. occidentale.»
i- E, de S-
V“t- i >
► Runksr
lie, texte et
photos de Paul Virilîo. testions du
Demr-CercJe, Collection « Mor-
ceaux choisis». 216 p„ 250 F.
V-.' . *. 7
•• \ ' *• { ."7 -i •-
m\ Tt
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;'J taras.’’
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Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 21
VOYAGE
Mènifi rigueur, même aisance pour
trier ks différentes hypothèses rela-
- rives k l’introduction de l'islam.
. Quand se lève l’étoüe de Geakis
Khan et de sa horde d’or, Kevin
. Kting distingue ce que l'on confond
■ souvent, à savoir Jes Mongols des
Mongols, «guerriers d'ascendance
mongole ayant adopté la langue tur-
que et là religion musulmane », puis
les khans, souverains héréditaires,
• des fchodjjas, chefs religieux.
Chinois et musulmans se livrèrent
une guerre sans pitié jusqu’à la
prise de Kachgar, en 1878. En
1884. le Turicestan devint le Sin-
kiang fies «Nouveaux Territoires»),
la dix-neuvième province chinoise. -
Ce qui n’empêcha pas les orienta-
listes occidentaux de rivaliser dans
la chasse aux manuscrits et aux
fresques inestimables, à Bezeklik et
Daühaang notamment
Kevin Kling conclut en quelques
- 1 chiffres : l'invasion des «colons»
chinois communistes (6 % en 1949,
83 % aujourd’hui) face aux six
«minorités» ethniques : Ouïgpurs,
Kazàkhs («Cosaques» pour les
Occidentaux), Kirgbiz, Ouzbèks,
Tadjîks et Tatares, nomades ou
sédentaires.- Ce sont eux les vrais
habitants du Turicestan. Ces
hommes et ces femmes galopant sur
lettré chevaux de vent donnent vie
d couleur à ces terres brûlantes ou
glaciales. Us animent aussi les pages
cte cet album.
Danielle Traînard
te Turkestan, oasis de ta Chine.
de Kevin Kflng, Chêne, 192 p..
348 F. .
Khajnraho, ,
sanctuaire de l’amour
Khajuraho, lieu sacré et magique,
célèbre pour les nombreuses sculp-
tures érotiques qui ornent les
façades (Tune vingtaine de temples,
vestiges d’une ville -glorieuse, sym-
- bote d’un hindouisme alors triom-
phant. Un ensemble érigé entre le
neuvième et le douzième siècle et
considéré, par les spécialistes,
comme Tun des sommets de l'art
sculptural indien. Air -cœur de
tllhacç mi site hier déserté et envahi
parla jungle, aujourd’hui attraction
. touristique majeure. Mais autre
chose aussi, illustrée par cet album
œuvre d’un photographe indien,
donc indien jusqu'au bout des
' ! par sa couleur et son atmo-
D’abord, et c’est la première partie
de Ponvrage, un petit vidage, long-
temps oublié, écrasé sons le soleil,
avec ses paysans, ses troupeaux de
vaches et de chèvres, ses échoppes,
ses artisans et sa foule baricuée.
Ensuite, un véritable poème de
chair et de pierre, un hymne & la
beauté de la femme qu'un chapitre
du livre, celui consacré aux sculp-
tures^ met' admirablement en
valoir. Volupté des cocps, plénitude
des formes, élégance des lignes,
délicatesse des gestes mais aussi
tendresse et coquetterie. Un
mélange de stylisation et de réa-
lisme, dé pudeur et d’audace où,
relève Alain Daniélou dans sa pré-
face, on réalise que, «dans la
conception hindoue, l'extase éroti-
que est l'image de l'union mysti-
que». Un lieu où, jour après jour,
cohabitent, dans un présent étemel,
maisons et temples, hommes et
dieux.
P. Fr.
te Khajuraho. sanctuaire de
f amour en Inde, par Louis Frédé-
ric, photos de Raghu R a? et pré-
face d'Alain Daniélou, Bordas,
ISOp. 320 F.
Le Vietnam
d’on reporter
«Jean-Claude Labbë, journaliste de
l’image». La cane de visite est déli-
cieuse, iàçon «Tîntin reporter», et
en dit long, au-delà de la simple
identité, sur un des rares spécia-
listes français du Vietnam, pays
dont il parie parfaitement la langue
et qu’il parcourt depuis plus de
vingt ans. le délaissant parfois pour
se retrancher dans son pavillon de
Bourg-Ja- Reine, par exemple pour
faire ce livre, enfanté dans la dou-
leur, après quatre ans de travail et
l’autorisation de parcourir libre-
ment le pays de la frontière chi-
noise (Lang-Son) à l'extrême sud
(Ca-Mau).
« Journaliste de l'image », c’est-à-
dire journaliste avant tout. Depuis
ses premiers articles en 1972. en
passant par les années de guerre
Saigon. La visite dominicale chez la grand-mère,
-par Jean-Claude Labbé.
Les glaces
deFôUmi
Olivier F511mi est hanté par la
beauté des terres difficiles d’accès»
où l’homme doit lutter pour
survivre. Un défi quotidien qu’il
releva en Asie centrale et au
Zanskar. Son dernier album sort
sur un très beau papier qui
iéfraçte pour ainsi dire la lumière
de l’eau, des glaces, de l'enfer vert
et de 2a terre brune des déserts du
Chili. L’homme gravit, mince -
silhouette encordée à d’autres
hommes, les pentes bleutées du
mont Saint-Valentin, le plus haut
sommet (4 058 mètres) de la
Patagonie. Marche lente pour un
cheminement intérieur.
D.T.
Et on ferme les yeux pour ne pas
tomber. .
Ce livre donne le vertige. On voit
Catherine Destivelle, minuscule,
légère, fragile, s’écorcher les doigts
sur le granité, se pendre à des
bambous, s’écartder entre deux
tissures. La photographie restitue
les sentations, excite
l’imagination. Elle grimpe, on
entend le sifflement de refforty on
flaire l'aigreur delà transpiration,
on soupçonne la jubilation: Elle se
hisse, on craint la chute, on
pressent le {rire. Catherine.
Destivelle a foulé le sommet des
pics et des falaises, elle a trompé
la mort et Ja gloire. On la
découvre ain» plus qu’elle ne se
découvre au travers de l’objectif
de Gérard Kosodri.
te Terre de sel, terre de paL des
déserts du Chili à la Patagonie,
d'Olivier Fôllmi. SDE/Olïama,
104 p., 340 F.
Vertige
Les mots lui manquent Pour
exprimer les émotions que lui:
procure l’escalade & mains nues
des parois les plus abruptes et des
montagnes tes plus hantes, . '
Catherine Destivelle s’accroche à
ses topos, aux spits, aux grattons,
aux vires, aux moindres aspérités,
de la roche. Désespérément Son
texte ne décolle pas, comme. collé
& r ordinaire de la gestuelle,
empêtré dans les décalages \
horaires, englué par les bous '
sentiments. Chute lit donc pas le
texte du dernier album que ;
l'alpiniste publie, Rocs Nature. On
se contente de regarder tes. images.
■A» G.
te Rocs Nature , de Catherine
Destivelle; photos de. Gérard
Kosodd. Denoël, 12S p.. 92 pho-
tos couleurs, 350 F.
Voyages
insolites
Les quarante coups de cœur d'une
journaliste qui entend « voyager
autrement, loin des vacances
charîerisées. des avenmes
programmées, des itinéraires
stéréotypés », en ptiviïégiam, au
contraire, ttle vif, le quotidien, les
émotions, les vibrations, les
contacts avec la population, dans
des lieux oubliés, exclus du grand
show touristique ». En n’hésitant
pas, pôurcda, «à faire un détour,
à parler à son voisin et en
acceptant, si nécessaire, l'inconfort
et là différence».
Un livre qui ouvre des pistes. Du
camival hyper-torride d’Antigua
au carnaval des diables d’Oruro,
en Bolivie; des femmes-girafes de
Eirmaniei une longue marche des
guerriers, au Swaziland ; des
caravansérails d’Edime, en
Turquie, à lHe aux ours au
Spitzberg ; de l'ascension du Mont
Taishan en Chine (six mille trois
cents marches !) à Souakin. ville
morte du Soudan, en passant par
les bars de Cuba, les palais secrets
du Caire; un village de médiums
en Floride, la Kumbha-Mela
d’AJlahabad en Inde, un combat
de cavaliers en Indonésie, des
tatoueurs de la mafia au Japon, ta
secte des mennonites au Mexique.
Mais aussi, {dus près de nous, le
pèlerinage andalou d*El Rocio, en
Espagne, des locations insolites en
Grande-Bretagne, le carnaval des
hommes-chèvres à Skyras en
Grèce, les flagellants de Nocera
Terinése en Italie et une chasse
aux trésors à travers les braderies
sauvages de l'Ile-de-France.
Pour chacune de ces destinations,
un guide pratique sur les modes
d’accès, les formalités,
l'équipement, les «points .
chauds», les contacts locaux et les
astuces pour faciliter le voyage.
Spns oublier cartes et photos.
P. Fr.
te Voyages insolites, bouts du
monde et fêtes secrétes, Ella
Imberdis, Guides Hachette,
256 p. 280 F.
entre Vietcong et zones «améri-
caines», jusqu'à ce livre consacré à
la vie quotidienne au Vietnam,
Jean-Claude Labbc a toujours pri-
vilégie les photos «informatives» à
celles aux couleurs léchées et
chromo. Son Vietnam prend ainsi à
contre-pied tout ce qui se fait dans
le genre. Avec ses ciels blancs,
fonds flous, couleurs ternes, scs
cadrages dépouillés et parfois «bou-
gés», Labbé répertorie avec subti-
lité les indices d'un mode de vie,
que seul un parfait connaisseur du
pays pouvait trouver.
Les photos foisonnent, enrichies
par des légendes précises et au ton
juste, des photos d'un bourlingueur
qui aime avant tout les gens, et
qu’il a dénichées en mangeant la
vie comme le plus tourmenté des
reporters sait si bien 1e faire, inca
pable de tenir en place ou de laisser
parier le silence, hurlant surtout au
point de donner la migraine au
moindre visiteur.
Ses photos? Un chauffeur de taxi
en caleçon avec «sa belle 203», le
domicile d'une famille transformé
en atelier de déooration, la bouti-
que surréaliste d'un cordonnier,
l'incroyable vue d'un vélo mangé
par la boue - «La terre glaise qu’il
lance sur sa bicyclette est destinée à
la fabrication des briques», - la pre-
mière course de chevaux depuis la
chute de Saigon, des bambins hauts
comme trois pommes qui jouent au
babyfoot, cinq minettes maladroite-
ment maquillées pour un concours
de beauté, les réveillons de la jeu-
nesse dorée de Saigon lois de la fête
du Têt, les portraits de M“ Réca-
mier, Stendhal et Lénine réunis
dans un atelier de reproduction de
peintures célèbres, à Da-Nang.
«C'est délibérément que j'ai choisi
de ne pas évoquer la guerre et la
politique à travers mes images. Suf
fisamment de livres et de reportages
ont polémiqué sur le conflit vietna-
mien depuis des décennies. » Jean-
Claude Labbé évacue ainsi la déli-
cate question politique, préférant
porter son objectif sur « V ouver-
ture» d’un pays encore totalitaire.
L'homme est lucide, il sait combien
l'image est capable de transformer
le pire des régimes en sympathique
République bananière. Mais il
affirme haut et fort sa foi dans
l’homme de la campagne ou de la
rue, comme ce «cyctopousseur»
promenant deux petites tilles qui
jouent aux grandes dames.
M. G.
► Vietnam, intimité, émotions,
sensations. Hatier, 192 p.,
140 photos an couleur. 375 F.
Pêcheur mofcen. vivant entre la Birmanie et la Thaïlande,
par Pierre Perrin.
Le crépuscule
des nomades
Us sont ceux qui passent. Les pas-
sagers de la terre. Les nomades.
Héros de Nomades, l'album que
leur consacrent Pierre Pemn,
reporter-photographe, et Jean-
Christophe Orangé, journaliste,
témoins fascinés par ces popula-
tions dont mode de vie et culture
■sont, partout, menacés. Six peu-
. pies parmi d’autres. Les Molcens,
gitans de la mer d'Andaman, qui
naviguent entre les îles de l’archi-
pel des MerguL à la frontière de la
Thaïlande et de la Birmanie. Les
Esquimaux du Cuivre (jadis, ils
façonnaient leurs armes dans le
cuivre brut), sur Holman-Island,
dans l’Arctique, aux contins des
Territoires du Nord-Ouest. Les
Pygmées Akas, dont le royaume
vert, noyé sous les pluies neuf
mois sur douze, s'étend sur la
frontière de la République centra-
fricaine et du Congo. En Mongo-
lie, au cœur de la taïga peuplée
d’ours et de lynx. Les Tsaatans,
descendants d’Attila, chevauchent
les rennes qu'ils élèvent. Dans les
sables du Sahara, les Touaregs, ces
Hommes bleus, princes des
nomades. Enfin, dans les Balkans,
les tziganes, symboles du mépris,
mêlé de crainte, que suscitent
généralement ces peuples itiné-
rants qui font peur et rêver à la
fois.
Certains voyagent sur des bateaux
au toit de palmes, creusés à l'inté-
rieur d'un tronc d'arbre, mouillent
dans des criques désertes, bivoua-
quent sur des îles luxuriantes,
vivent de cueillette et de pêche,
chassent les chauves-souris et les
tortues, ce qui, désormais, est
interdit. Ils croient aux esprits du
bois, du miel et de la forêt. D’au-
tres, au cœur de la forêt équato-
riale, chassent le singe à l’arbalète
et aux flèches empoisonnées, l’an-
tilope au filet, le phacochère ou le
gorille à la sagaie. Ils savent.
dit-on, parler aux animaux. Pour
d'autres, le renne reste la seule rai-
son d’être, un partenaire, un ami,
un complice : ils boivent son lait,
mangent sa viande, travaillent sa
peau et font commerce de ses
bois. 11 y a aussi ces «stars de
l'ethnologie», aujourd'hui assistés
et sédentarisés, qui attendent l’été
pour atteler les chiens, charger les
traîneaux et partir sur la banquise
retrouver, l'espace d’un instant,
leur ancien mode de vie. D'autres,
enfin, arrêtent encore, sur la place
des villages, leurs roulottes de
montreurs d'ouis.
Autant de communautés fières et
soudées (ainsi qu'en témoignent
les superbes photos de famille qui
ouvrent l’album) mais dont l'iden-
tité est minée de toutes parts.
Pour les Mokens, par l’alcool, les
touristes, les pirates et l’armée bir-
mane. Pour les Pygmées, par les
chantiers forestiers et la dispari-
tion du gibier. Pour les Inuits, par
les grandes villes et la clochardisa-
tion. Pour les Tsaatans, par 1e
socialisme qui combat le chama-
nisme et collectivise le bétail.
Pour les tribus touarègues, par la
guerre qui, depuis des années, les
oppose aux armées nigérienne et
malienne. Pour les tziganes, par le
racisme, la ségrégation et les per-
sécutions quotidiennes.
Un album à deux faces. Grandeur
et décadence. Eloge de la diffé-
rence et de la liberté. D'un boa-
heur insoupçonné mais aussi de sa
mort lente. Le texte est militant.
Quant aux photos, elles témoi-
gnent plus qu’elles n'enjolivent.
Un vrai reportage. Affectueux et
poignant. Sur la fin d’un monde.
Patrick Francis
te Nomades, les passagers de la
terre. Pierre Perrin. Jean-Chris-
tophe Grangè, Denoël. 191 p.,
450 F.
A travers la forêt
Voici trois «beaux livres» qui
sont une invitation au voyage à
travers la forêt Les Forêts
tropicales nous emmène dans la
jungle, à la rencontre de sa faune,
de sa flore et de ses indigènes
superbement photographiés ou
dessinés. Un itinéraire
pédagogique, jalonné de cartes et
de croquis. Une mine
d'informatioas souvent inédites,
rassemblées par un fis
connaisseur, Mark Collins, qui a
passé dix ans de sa vie dans les
forêLs tropicales d'Afrique, d'Asie
et d’Amérique.
L'Atlas de la forêt française se
limite donc à l'Hexagone mais suit
les mêmes sentiers en sous-bois,
avec sa flore et sa faune toujours
mystérieuses, presque aussi
exotiques. Le parcours, guidé par
des forestiers de terrain, sillonne à
travers tons les massifs et nous
initie aux secrets de l’exploitation,
depuis la germination jusqu’à la
scierie.
Le Cerf nous montre le roi de la
forêt tempérée, saisi par les
meilleurs photographes
animaliers, et toujours dans son
milieu naturel. Un hommage au
plus noble animal sauvage de nos
bois.
R.C.
te Les Forêts tropicales, éditions
Sotar, 200 p.. 185 F.
te L’Atias de ta forêt française.
éditions Jean-Pierre de Monza,
240 p., 330 F.
► Le Cerf, éditions Hatier,
264 p., 280 F.
Berghotel
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Enchantement et féerie ,
r d’un hiver enneigé
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moins jeunes.
Sur la face en-
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JEUX
Bridge
n° 1462
TOURNOIS
EN BULGARIE
Ce chelem a été réussi dans un
tournoi en Bulgarie il y a trois ans.
Même en regardant les quatre jeux
ce n'est pas si facile.
♦ A R 10 8 5
Ç* A R 9
O A854
*5
♦ 9 7 6 4
0 V 7 2
♦ 0107642
♦ V 3 2
7 V 8 6 3 2
0 D 10
♦ A R 8
LA MESURE
DU TALENT
Le nivean du bridge féminin s'est
beaucoup élevé, et il est intéressant
d’en trouver les limites pour le jeu
du déclarant. Voici un chelem de la
sélection de l’équipe féminine bri-
tannique qui aurait pu être réussi
♦ A V 8 3
S7R72
0 A 10 6 5
♦ 10 9
♦ D
9 D 10 7 5 4
O R 9 6 3
♦ V 93
Les enchères Nord donneur
♦ 10 9
9 A 8
0 V 9 7 4 3 2
♦ 873
♦ RD76432
N 95 4
O E 0 8
S ♦ R 6 2
♦ -
9DV 109 6 3
ORD
♦ A D V54
Nord
Sud
Ann.
: E. don. N-S vuln.
!♦
2 SA
Ouest
Nord
Est Sud
30
3 v
3e
4 V
6 y
50
passe
passe
passe
4e
5 0
passe 5 +
passe 6 0
entamé
le 6 de Trèfle
passe
6V
passe passe..
pour le Roi d'Est qui a continué
avec l'As de Trèfle. Comment Lubo-
mir Krostev en Sud a-t-il gagné ce
PETU CHELEM A CŒUR contré
par Est ?
Réponse :
Le déclarant était certain qu'Est
avait contré avec cinq atouts. Il ne
fallait donc pas toucher aux atouts,
car la tactique à suivre en pareil cas
est de réaliser les cartes maîtresses
des autres couleurs (en espérant ne
pas être coupé à Carreau) et de ter-
miner en double coupe.
Ainsi, après avoir coupé l’As de
Trèfle avec le 9 de Cœur, le décla:
rant tira la Dame de Pique, le Roi
« l’As de Carreau et l’As et le Roi
de Pique (pour la défausse des deux
derniers Carreaux de la main). Est
ayant chaque fois fourni, le décla-
rant joua le 10 de Pique maître sur
lequel Est jeta le 8 de Trèfle pour ne
pas être surcoupé s'il coupait, mais
il ne fit que reculer pour mieux sau-
ter car il fut obligé ensuite de cou-
per le dernier Pique (avec le 2 de
Coeur), Sud surcoupa (avec le 4 de
Cœur) et fit le reste :
Ouest ayant entamé le 4 de Car-
reau (pour le 8 d'Est), comment la
déclarante en Sud aurait-elle dû
jouer pour gagner ce PETIT CHE-
LEM A CŒUR contre toute
défense ?
Note sur les enchères
Le eue bid à « 4 Piques »
agréait les Coeurs comme atout et
indiquait le contrôle de la couleur.
Il en a été de même des autres
enchères, et ce chelem n’est pas un
mauvais pari. Toutefois, quand
Nord a montré qu’il a l’As de
Pique, Sud sait qu’il fait double
emploi avec sa coupe d'entrée.
COURRIER
DES LECTEURS
? A R 0 8 5
9 D 10 7 5
9 V 8 6 3
Après As Roi de Cœur, Sud cap-
ture le Valet et le 8 de Cœur avec la
Dame et le 10 de Cœur.
Si Est avait coupé le 10 de
Pique ; Sud aurait surcoupé, puis il
aurait coupé son dernier Trèfle et
joué le 5 de Carreau coupé et sur-
coupé. ^
avec une belle couleur à Pique et
17 points pour faire une enchère
forcing de manche. Il n’était pas
content, car il m’a dit que, dans le
bridge moderne, on utilisait cette
réponse de 2 Cœurs ou 2 Piques sur
1 Trèfle ou 1 Carreau du partenaire
comme barrage avec environ
6 points et une majeure sixième...
A-t-il raison ? »
Cette convention « moderne » a
été proposée par l’Américain Alvin
Roth il y a exactement., quarante
ans ! Elle n’a jamais eu que quel-
ques adeptes, et B.A... est parmi eux
pour donner sans doute l’impression
d’être à la pointe du progrès !
Philippe Brugnon
Ânacroisés
n° 693
22-23 24 2526 27-28 29 30 31-32 3334 35 3637 38 38 40 4142
Leauacroisés Vl
sofll des sols 3
avisés dont la _
définition! mm 4/5
renlaraesur c
les lettres de
mots 1 tram. 7
Les chiffres g
fà samat cer-
tains tirages 9/10
carres|iMuat
ai aombrt
d’angraames 11
kgriflt
Comme an
ScraHle, oa
peotcoajvgHr.
Tau lu mots
figurent dans
l'Officiel du
Scrabble
(L avoue).
HORIZONTALEMENT
I. At EFLSTU (e 1). - 2. AAEGLTU.
- 1. AHLSSTU. - 4. ADEIORST (+ 3). -
5. OEELORU (+ 2). - 6. ACDEEJIR. -
7. EEIMRSTU. - 8. ACDEILM (+ 1). -
9. EEEEPRSU. - 10. AELORST (+ 1). -
1 1. EEIMNPT. - 12. CDEIILMO. -
1 J. AEINORS (♦ il - 14. AELRSSSY. -
15. AAEEMRT. - 16. AEIIMT (+ 2). -
17. EELMRSU (t 3). - 18. EENTTT. -
19. CEILRTUU. - 20. ACEEKRSU (+ S).
- 21. EEMSSSU (+ 21
VERTICALEMENT
22. AEEFLTT. - 23. ADEILORT (+ I)l
- 24. DEELOPTY. - 25. AACEIRT (+ 6).
- 26. EEIMRKT (+ 2». - 27. EEMOR-
RRJ (t 1). - 28. CINOSSU (♦ 5). -
29. EE1PSSTT. - 30. DEILMSU. -
31. EEERSST (t- 4). - 32. EEIMORSS
( + 2). - 33. ADEILTU (+ 2). -
34. ÜEILMNÜU. - 35. CEINORTI*
(* 2). - 36. AACfLÛS (+ 1 -
37. AEEEMNST. - 38. AÜEEGLLS. -
39. AEIMNKKU. - 40. EEEINRS 1+ 5).
- 41. AAE1NST. - 42. AEEFSSST (+ I).
SOLUTION OU N- 692
1. RHUBARBE. - 1 HAFNIUM. -
3. IONISAI. - 4. MORDEUSE IDOR-
MEUSE). - 5. ORGASME. -
6. ENROULA. - 7. TIEDIES. -
8. ORPHEONS - 9. GROSSEUR. -
10. EMULEES (MEULEES MUSELEE).
~ 11. DES1LA (LADIES...). --
IL EPEURE (EPUREE). - 13. NUNA-
TAJC poiatement rocheux du Groenland.
- 14. WELTERS. - 15! EYALET. divi-
sion administrative de l'Empire ottoman.
- 16. IONIQUES. - 17-- COROSSOL,
fruit tropical. - 18. DIERESE (DESIREE
SIDEREE). - 19: SUSPENS. - 20. DOS-
S1STE. - 21. RISOTTO. -
22. DEMENCES. - 23. HOIRIES. -
24. GELEES. - 25. WHARFS. -
26. ADERMINE (DEMINERA MADS-
RIEN MENDIERA). - 27. ULULONS. -
28. MEUGLANT. - 29. BIMESTRE
(TIMBREES). - 30. AERIONS (NOIE-
RAS ORNAISE). - 31. OESTRIOL. hor-
mone. - 32. BOSSUAS. - 33. HIDEURS,
- 34. EXQUIS. - 35. FOURCHU. -
36. PAYEUSES. - 37. SOIERIE. -
38. DUALISMES. - 39. LANTERNE -
40. MALAISE - 41. ESTOQUEE.
Michel Charlemagne
et Michel Dugnet
Scrabble
n° 385
SE NON È VERO_
„ è bene trovata Grand bruit dans
le tandernau du Scrabble : selon le
Quotidien du médecin, des chercheurs
italiens ont découvert une maladie
qu'ils ont appelée « syndrome du
Scrabble ». Rien à voir avec les
symptômes de la « scrabblite » décrits
dans le Monde par le docteur Barraux
dès 1977 (logorrhée, tendances sado-
masochistes, strabisme divergent
orienté vers les concurtents, consulta-
tion d’un petit carnet toj3 secret) : le
syndrome du Scrabble caractérise l'in-
capacité d’un malade i écrire les
voyelles. Renseignements pris, cette
maladie existe, maïs c’est le Quotidien
qui Fa baptisée.
Sans prétendre traiter cette affec-
tion, nous proposons conseils et réédu-
cation aux scrabbleurs qui souffrent
des tirages trop riches en voyelles.
Pensez aux terminaisons -EUSE et
-EAU, aux verbes en -AYER
(BALAIE, BALAIERA), en -OYER
(NOIERA, ATERMOIE), -UYER
(ESSUIERA). -GER (ÎMAGEAF), à
AURÉOLER, IOULER, AOUTER ou
OUATER. Avec EU et un joker, n'ou-
bliez pas de faire de ce dernier on Q
au un X : AMITIE UX, ÉLOG1EUX,
CAMAÏEUX, SOUCIEUX, GAÉLI-
QUE, VIATIQUE
Voici un exercice au vous devez
remplacer chaque point d’interrogation
par une consonne: Exemple AAEIU? :
deux solutions, AIDEAU et AUNAiE
1. AEIOU ? (trois sol). - 2. AEIOUF?
(une soL) — 3. AEIOUZ? (trois sol.) -
4. AEIOUQ? (quatre sol.) -
5. AAEIOUTÎ (cinq »L) - 6. AEI-
IOUÎ7 (deux sol) - 7. AAEET?? (deux
sol.) - 8. AAEEII71 (deux soi.) -
9. AEUOR? (quatre sol) (solutions en
fin d'article).
Michel Charlemagne
Solutions des anagrammes :
1. OISEAU. ENOUAL EBOUAI. -
1 FOUGEAL - 1 OUATIEZ, AOU-
TIEZ, AZOIQUE. - 4. AZOIQUE.
BAK3QUE ancienne monnaie pontifi-
cale, EVOQUAI, SEQUOIA. -
5. AOUTERAI, -OUATERAI.
AUREOLAI, OUABAlNE, extrait
végétal tonicordial, AVOUERAI. -
fi. EPOUTLAL débarrassai une étoffe
de ses impuretés, IOULERAI. -
7. AERERAI ALAISEE. - 8. EGA1E-
RAL ETAIERAL - 9. MODERAI, scie-
rai une pierre, NOIERAI OBEIRAI,
IODERAI.
Scrabble Ctxb joMBiii (ronntols n gynu»ase. me E.-Mootkr.
Tea ihvÀBvn et qunrième nnbafis, à 20 h 36)
Utifcêz un cache afin da ne voir que le premier tirage. En baissant le cache d'un !
cran, vous découvrirez la sofation et le tirage amant Sur fa grffle. las rangées i
horizontales sont désignées per une lettre de A è O ; Iss colonnes, par un numéro !
de 1 h 15. Lorsque la référance d'un mot commence par. une lettre, 8 est j
horizontal ; par un chiffre. 1 est vertical U tiret qui précède parfois un tirage |
signifie que le reiquat du tirage précédent e M rejeté, faute dé voyelles ou de \
consonnes. La dictionnaire de référence est rOfScU du Saabbb (Larousse). i
N*
TIRAGE
soi.imoN
PQS.
fTS
,
MTUAOFI
2
CCRRAONT ^ - j-1
MOUFTAT-' ••
“H 4
- - 76
3
RR+IZEES v ; ■ -
GOINCA^. 1
•• 10 F
22
4
DHWISOT. -u iv...
SERRIEZ-.»! :*', j--;-;
jil
i.'= -95
5
DO+RÏAPr
WHIST
. îio
52
6
GEINNBA
DROP(P)AIT
8 A
89
7
AYNIUQE
GABIONNE (a)
5 D
94
8
YE+TEGXS
NIQUA
12 A
53
9
EX+DMRRE
STRYGE (b) .
• 8 J
48
10
MRR+IEEN
CEDEX
J10
37
lt
R+UASTDO
GEMINER
N 8
26
12
JEUSALH
MOUTARDS
A H
78
13
JEL+USEK
HUAS
ISL
43
14
LUS+TEVR
JERKE
M 2
44
15
LT+AOUBE
VERJUS
2 J
48
16
POELMNT
OBLATURE
B 2
74
17
PLNI+EE7
EMOU
M 12
30
18
LLLAFVT . •
PO(P)ELÏNE
2 A
61
19
FAT
1F
31
1 001
jk rr
♦ p f lit
(a) l’rufùp (un ouvrage mlIbnircL BECÎONIA ou ENGOBAI. 5 E, 40 : (b) Vampire.
I. y. OcfiS. 983 : 2.P.-Y. Rad. W3 : 3. A. PasJor. 857.
Mots croisés
n° 691
Echecs
n° 1464
123456789 10 11 12 13
HORIZONTALEMENT
I. Nos ancêtres sont ses sujets. -
H. Fermait tout passage. C'est bien
mal achever - III. Colorée parfois,
ou on peut la colorer. Insecte. -
IY. Sur le terrain. Stupéfait. -
V. Permettent certains allers ei
retours. - VI. Soldats. Certains s’at-
trapent facilement. Expérience. -
VH. Plutôt envahissante. On les dit
envahissants. - VIH. Réclame une
éducation. Le cuir y joue un rôle
important. - IX. Hante Combouig.
Se lait auprès de tous. Dans le
bâtiment. - X. Superpositions.
VERTICALEMENT
1. On n’y comprend rien, - 2. Peut
se compter par minière ou même en
millions. Poussa certainement è jouer
avec des allumettes. - 3. Cause bien
des tourments. - 4. Noble. Mer. -
5. Participe. Egalement au sol ou
presque.- 6. Mettrais i ('écart. Loin
d être entièrement qualifié. -
7. Assure un salaire. - 8. Fleuve.
Mettre à l’écart - 9. Passe la corde
au cou. Donne de l'air. - 10. Donne
un certain angle. Erre nue comme
ça! - 11. Les terres apprécient peut-
être. mais pas les chaussures. -
12. Mal lues. Manifeste quelque
mépris. 13. Vous épuisent
SOLUTION DU N» 6SO
Horizontalement
I. Quinze-Vingts. - II. Urbains.
Erre. - tfl. A tempo. Opium. -
IV. Rire. Repasse. - V. Acc. Agne-
lets. - VI. Na. Fluor. Set. -
VH. TNT. Sénat. ER. - VIH. Iton.
Ictus. - IX. Aillée. Ore. - X. Mescal.
Usuel. - XI. Extériorisés.
Verticalement
i. Quarantième. - 2. Urticant. Ex.
- 3. Ibère. Toast. - 4. Nome. Nice. -
5. Zip. Als, Lar. - 6. Enorgueilli. -
7. Vs. Enonce. - 8. Opérateur. -
9. Népal Tu. Si. - 10. Grisés. Sous.
- IL Trustée. Réc. - 12. Semestriels.
François Doriet
COUPE DU MONDE
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Reykjavik 1991.
Blancs : A. Karpov.
Noirs : A. Khamman.
Défense ouest-indienne.
4. (j3 Fa6
5. bJ (a) FN+
6. F42 Fë7 (bl
7. FSZ -çé(çj
8. Fç3 45
9. CW2(dUCM7
10.041 04)
II. Tfl ç5(c)
12.44 dxç4 (I)
13.0*1 (g) Fb7
14. M3(bUçxU(i)
15. Cxé4*»««-.Cç5
16. 0ç2 a6
1 7. Ta-dl Dç7(j)
18. Fd2Ü(k) Cç47 (I)
19. FWH 0ç5(m)
20. Fçlïï (n)_Dç7 |o)
21. 65 Cd5
22. C63 Dxç2
23. Cdxç2_Ta-ç8(p)
24. Fwffi(q) éxtf
25. 045 — 045 (r)
26. Txd5 ,Txç2
27. Tx47 FM (s)
28. Té-dl Txa2
29. Fé3!(0 Fç5(u)
30. FxçS toqS
JI.T<7 Ta3(v)
fxé6
33. TM? (i) Anta.lv)
NOTES
a) Sur cette attaque immédiate du
pion ç4. une idée étonnante de Nimzo-
vitch. les Blancs ont le choix entre plu-
«ans réponses : 5. CW2 ; 5. Dç2 ;
5. Da4 et 5. bl
à I Laissant ic F-D blanc sur une case
peu convenable.
V) 7 — , iL5 : S. Çé5 ou S. cxd5 est une
autre possibilité.
/b 9. CéS est paiement souvent joué :
9™ CM7: 10. Cxd7, Cxd7; II. Cd2,
0-0 ; 12. 0-0, bS ; 13. Tel, bxç4 ;
M. b*ç4. Cbfit 15. ç5. Cç4 ; 16. é4,
Cxd 2; 17. D*dl (W4 ; 18. Fyé4. Dd?
avec égalité (Timman-Hübncr, Sarajevo,
1991) OU bien 12.^ TçS; 13. é4. dxé4;
14. CVê4. b5: 15. Tél.
èj Après I Fb7; Il (J4, OS4 ; (3.
C>é4. dxc4 ; |4. Tvé4. FIS ; 15. Té3,
Dç7; 16. Del. Tf-<18: 17. Tdl, c5:
18. dxç5. b»ç5 : 19. Té-d3, Fxç3; 2tt
Dxç3, 08 ; 2l.Cé5, T>cdJ ; 22. DwÜ, les
Blancs ont un net avantage de position
(Ivkov-Lengyd, Sarajevo, 1980).
J) Dans cette position bien connue, les
Nous peuvent se lancer dans un sacrifice
de pion prometteur par 12..., dxc4 ;
13. bxç4, çxd4 ; 14. Cxd4, Cé5 ;
15. Cxco, ficeé ; 16. Fxé5 et obtenir un
contre-jeu certain ; par exemple, 16...,
Fh5; 17. Dé2, Fid2+; 18. Dxf2. (^4;
19. Dd4. Cxé5 ; 20. Dxé5, Dxd2 ;
21. Dxéfif, Rh8 ou bien 17. 03, Dé7 (ou
encore 17 Fxç4 ; 18. Fd4, Fb4 ; 19. 65,
Fx£l ; 20. exfB avec de graraks complica-
tions) ; 18. RM, et rien n'est clair (Kcr-
chnoï-Tal, 1972).
g) Refusant fa variante précitée:
h) Une nouveauté, la suite de la partie
Ftacnik-Lemer (Amsterdam. 1988) 14. éS,
Cd5; 15. Fb2, b5 ; 16. Cd6, B«d6; 17.
éxdfi, ç4; 18. Fa3, b4; 19.b»A b«3;
20. Db3, Cd5-b6 ne pfalt probablement
pus mn Blancs.
0 Et non I4_ b5 à cause de 15. Ca5!
j) D suffit maintenant aux Noirs de
jouer Ta-ç8 et TM8 pour obtenir une
parfaite égalité et sortir de Pcxiverture
sans difficultés.
k) Une coneeption profonde. Au
sixième coup, le F-D blanc n’était pas
bien placé en d2 et retrouvait vie sur fa
diagonale al-hS (8. Fç3). Le renwr du
F-D en d2 pose aux Noire de sérieux
problèmes, en raison de la menace
19. FI4.
0 En effet, si 1& — , Ta-ç8 ; 19. Ff4 avec
gin. Si 18™, Cf-d7; 19. b4, CB4; 20.
m! (meflfcur mie 20. Dxa4, b5; 2L
Oa5, Dxç4), Dç8 (et non 20 — . éS à cause
de 21, Orè5, Dxç2 ; 22. 0«2 avec gain
d'un pion) ; 21. Db3 suivi de Tel et fa
poâtion des Noirs devient mtenAte. Ou
■ encore 18-, é5 ; 19. CD, F<tf; 20. Fb4
avec une forte pressh» sur h case d6 ou
enfin IS_, b5; 19. Ff4. Dç8; 20. avec
gain.
m) Et non 19._ é5 ; 2te Cxé5! ni 19-,
Dç8 en raison de la variante 20. Fdfi.
-•Tÿ'-f.-rj-a*1;
Dd8 (20 — , Fxd6 ; 2t. Cxdfi, Dxç2 ; 22.
Ooç2, Ta-b8 ; 23. Cxb7, Txb7 ; 24. éS,
Cd5 ; 25. Cb4 laisse aux Blancs une fin
de partie gagnante) ; 21. Fxé7, Dxâ7 : 22.
é5, Cd5 ; 23. 06, Cc5; 24. Q/4-É5 avec
une grosse supériorité des Blancs.
n) Ce transfert du F-D qui passe de d2
en ç3 puis en d2, en f4 et en çl (mena-
çant de gagner une pièce via a3) procure
une intense satisfaction esthétique.
o) a non 20_ b5 ; 21. Ca5t ni 20_
TPé8 ; 21. Fa3, Dç7; 22. B<é7, Txé7 ;
21 é5;Cd5; 24. Cdfi.
td La snite 23_ Cxé3 ; 24. Cxél
Fxg2 ; 25. Txd7, Fb4; 26. Cxg2, Brèl ;
27. Cxél, TFdS; 28. Td6i donne aux
Blancs une finale très favorable.
<z) Karpov ne laisse pas filer son avan-
tage par 24. CVdS, Fxd5 ; 25. FxdS.
Txç2 ; 26 F64, Tç7.
r) Comme l'indique Ftacnik. 25..., Fç5
est insuffisant : 26. Fai, FxO+ ; 27. RxtL
Txç2 ; 28. Té2. TVéît-, 29. Rxè2, Td8 :
3tt 0*6, Fç6 : 31. Td6, Fb5+; 32. Ré3.
JS) Si 27_ Fç5 ; 28. Td2!
t) Egalité de matériel nas Karpov
maintient son avantage.
q) 29_ b5 est sans doute meilleur
mais h finale reste en faveur dès Signes
après 30. Tç7 et fa doublement des T sur
la septième rangée.
KhaJifman, qui s’est assez bien
défendu jusque-là, commet ici une erreur
qui lui est fatale. 31 — , Tb2 est nécessâta
Après 32. Td-d7 (et noa 31 é6 qui serait
erroné à cause de h suite 31_, firèfi : 33.
Td-d7, T642 ; 34. T*g7+, Rf8 ; 35. 7Vh7,
Tg2+; 36. Rhl, Rg8; 37. TW7+, RIS;
38. Tb7, Rg8 ; 39. HhI7, Txh2+ ;
Ral, Th-g2+; 4L RII. Tfrflf). T62 (9
3li, Ti*37; 31 é6l); 31 TV^5, les
Blancs gageraient sans doute cette fin de
partie mais te combat serait long.
wj Alors que maintenant lœ Noire sont
perdus.
x) Menace de mat en deux coups.
y} Après 33-, TD ou 33_ TbS, les
Kaocs gâg»wt faefiement en prenant les
pitHiS g et . h et en avançant fa pion h
jnsqa'en h6 avec un .mat imparable
SOLUTION
DE L'ETUDE N* 1463
D. GURGEN1DZE
et L MTTROFANOV (1987)
(Blancs :■ Rh7, Fh2, Pa5 et d6. Noirs :
Ré3, Tfl.)
L ad, Tal ; 2. -Fgl+Î, Tkgl ; 3. BhSS,
1U+; 4.1fea Tdl; 5. *7, T*J+; fi. ÏMR
TD.+; 7. Ré8 et les Bteacs gagnera.
Si L_T8;lo7, R64 ; 3. d7, Td8 ; 4.
Fç7l, lxd7+ ;'S. Rg6! avec gain.
Et non Z a71 1Va7+ nu [fa Di 2. d77,
Tdl ; 3. a7. Txd7+; 4. Rgfi, T>a7 nulle.
SI 2^ Ré4; 3. a7, Rd5 ; 4. d7 avec
SI 6-, Tbl ; 7. a7 ; à 6^ Tel : 7. d7 :■
si TTl : 7. RgR
ÉTUDE tè* 1464
D. GURGEMDZE (1976)
9 brd d e“f g h
Bfanca (3): Rç5, Cy, Pl?7.
Noire (2) : Ra4, Tdl
Les. Bkata. jouent et gagnent.
• . Claude Lemoine
■- ;
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table
Le Monde # Samedi 30 novembre 1991 23
Scr
t
* -l*
?ïk
Le bœuf « Légendus »
au Japon ont chanté ] es
'%/■
’.Ki.
'r-itafïSÆ
> ÇP*»t aiguisé par trois
b£e 95"Mam « massé
de cette meme bière, ce qui, faisant
pénétrer les chairs de ta gïïssfde
me vfande »»btite-
meat paribmée mais dépaysante.
La France serait-elle en train de
^^fflwgounnetsdelà^tme
«çon ? C’est ce que Ton pourrait
**?*sr#*x an bœuf «Lé£*S
qui vient de naître. D est né à Cou-
tonae, domaine du Périgord vert.
g&* “ éleveur ^nommé
et un passionné de la
«a«fc du Blésois, M. GoorauJt. Ita
bret il s agit d’animaux de race
-Innousmc, ou bkmdcs <TAquita^
ngoaiwsemeat sélectionnés, nou?.
AdUbnmtM naturels mais aussi
œ bière, et soumis à un système de
*wwMge automatique permettant
tour brossage quotidien. La bière a
pour effet d’accroître l’appétit de
1 animal, de favoriser le «perciUâ»
permet la
diffusion de la graisse en même
““ps qu elle relaxe ranimai élevé
5“ box individuel confortable et
dont les qualités organoleptiques
attci£uenr ainsi le maximum entre
Quatre et cinq ans.
n est évident que la production
®stencore extrêmement réduite et,
■ ™s* seuls .quelques boucheries
le « bceuf de Coutiu^
baptisé par ses créateurs «Légen-
dus», avec aussi deux vendaSaa
proymee et Fauchon qui sera dépo-
^aire d Hn coffret contenant une
côte de boeuf et un petit sadiet de
sel de Guérande accompagnateur
vous pourrez aussi en déçoit
vnr les charmes, les première et
troisièmes vendredis de chaque
mois, à la Taverne Kronenbourg.
On connaît cette glorieuse mai-
a» du Boulevard, animée par Jean-
François Blanc, demi le «papa» fin
un boucher renommé qui, lui-
m&n^ apprit le métier et qui, lais-
sant le parisianisme du Grand Ode
Capucines et du Pied de Cochon,
1 “Jîor,Qne du Procope et l’air
méditerranéen de Chariot, Roi des
Coquillages, à ses frères, a voulu
Que la Taverne Kronenbourg soit la
^us élégante, la plus accueillante, la
plus traditionnelle et moderne à la
fois des brasseries.
I>es fruits de mer à la gratinée,
ces choucroutes au pied de cochon
gnhé, du merveilleux munster (qu’il
faut «arroser» d’un gewurztrami-
oer grand cni 198g) c’est id la tra-
dition (avec le soir, un orchestre
digne des Caf Cane’ d’autrefois !).
Mais vous pourrez donc, ces deux
mercredis du mois, découvrir le
bœnf «Légendus» qui rendrait
jaloux ceux de Kobé. L’assiette
(copieuse et d’une viande dont
saveur et tendreté sont incompara-
bles, avec croquette de purée de
pommes de terre et fond d’aiti-
chant) est certes à 200 francs. Mais
eDe constitue un repas à elle seule.
Ajoutez-y le munster où le sorbet
alsacien (à la mirabelle et eau de
vie de mirabelle) et vous aurez
invité LucuUus chez Lucuflus.
IJne idée m’est venue, en me
“fiant ainsi. Je songeais à ce plat
belge que Raoul Morleghem, cuisi-
nier bruxellois apôtre de Gambri-
nus, m’avait fait tester il y a quel-
Ques lustres : la queue de bœuf à la
gueuze lambic. Eh bien, pourquoi
ne pas essayer de cette pièce de
boeuf venue de Coutancie garnie
d’un gratin d’endives, par exemple,
et arrosée d’une «blonde» de la
Taverne?
La Reynière
ENTRE-METS
r
► Taverne Kronenbourg. 24, bou-
levard des Italiens (9-). Tél. •
47-70-1*64. Tlj. Parking : Para-
mount-Opéra. Salons. A.E.-D.B.
Semaine
gourmande
^ nf^x- ces deux minus-
:.s
. «itnfo-
cules tortues figées; la
tortue, cette moitié de grosse
noix», dit Jules Renard (1) Le
noyer est un arbre soüdement
racine. Il prend son temps,
comme la tortue. Il est long à
vemr. Il donne des fruits A boit
ans, puis son maximum produc-
orde treize A cinquante ans.
Cçst la durée de deux généra-
tions. L’enfant voit la plantation
rt le bouturage; devenu vieillard
u tisse, A là veillée, ces noix qu’il
a va planter. Relativité du temps
qor passe, comme on le lit dans
Angetone (1) : au pays des Alpes,
on {fonte pour les enfants. Car
c*ot un placement profitable,
noix et bois sont prisés. Le
noyei; c’est le bel arbre de l'au-
tomne, clair et doré, avec au pied
«mût enveloppé de l’écale - ou
brou - comme pour un jeu de
croquet. Les noix tombent
mfires, naturellement. On peut
aasa les y aider mécaniquement
H convient alors de les ramasser
promptement. Cest la tâche des
enfants, des chemineaux, ou gwis
dn trimard.
Isolé, c’est un arbre majes-
tueux. La noyeraie de culture
intensive couvre la campagne
d’un grand espace vert aéré, telle
celle du château de Doissac,
ancienne résidence de Godefroy
de Vivant, à Doissat en Dor-
dogne, qui ne compte pas moins
de 53 hectares. On doit nettoyer
son aire pour préserver la santé
des racines autant que pour faire
tomber le fruit sur le sol propre
oû il ne pourrit pas. On a traité
modérément l’arbre avec une
classique bouillie bordelaise. On
lavera le fruit A Peau. Cest une
Çolture non polluante. On stocke
la noix, on l’engrange, on la
conserve. Selon le cours et la
demande, elle figure sur le mar-
ché de qualité, ou bien A l’épicer
ne fit». Cest la compagne bono-
rable du cèpe et de la truffa.
tes pommes, les noix étaient le
mut de tout l'hiver A Saint-Ba-
sile, en Ardèche, au début de ce
siècle. C’était le temps des
sabots, des copeaux et de leurs
r nf^s sur Ies chemins gelés.
Fn. Péngord, aujourd’hui, domi-
nent les variétés «corne» et
«marbot», venues d’arbres dis-
posés. Les vergers donnent la
«franquette». La région de pro-
duction de Grenoble -est plus
dense encore. Eflfe jouit d’une
appellation contrôlée. Avec la
«franquette», c’est la «mayette»
et la «parisienne», qui consti-
pent son trésor. Grenoble assure
40 % de la production nationale*
et la France est le deuxième pro-’
ducteur de noix après la Califor-
nie. Le noyer subit les attaques
du «ver de la noix». Comme
pour la vigne, une équipe perma-
nente, armée d’instruments
modernes, doit veiller A la bonne
santé de la noyeraie.
Rfné^lair, 92100 Boulogne, m
49-10-49-14, à midi seulement
pour 1 instant). La tradition
orientale est rapportée par Odile
Godard dans deux admirables
petits ouvrages publiés chez
Actes Sud : les Soupers de Sché-
hérazade et la Cuisine d’amour
Dans le premier, les sablés aux
noix accompagnent les bouchées
aux fruits. A pâte molle; dans le
second, le pain aux noix est jus-
tement recommandé ‘“pour
accompagner -Je roquefort. Mais
surtout, A l’intérêt des recettes
commentées par Odile Godard,
s ajoute le plaisir d’une réelle
decouverte littéraire, assez rare
de nos jours, dans les anthologies
gourmandes (3).
Restaurant
de la Tour
Aux quatre coins de France
la noix «st riche en-lipides. Elle
fournit une huile savoureuse et
les acides gras insaturés bénéfi-
ques à la santé. Maïs on ne peut
gnère être assuré de sa fabrica-
tion. Vient-elle de parfaits cer-
neaux, dépourvus dé moisissures
et d’insectes, ou bien de mor-
ceaux écornés et de brisures? On
ne sait Le cerneau pressé était-îl
«extra» oii «Arlequin clair»,
lorsque lé jaune paille se marie
an brun foncé? Nu] ne le dira.
Cette huile de noix était le «bon
gras* d'hiver en Dauphiné et en
Isère, gardant veine» et artères. -
C’était aussi la providence des
lampes de ce pays pauvre qui
envoyait les petits ramoneurs
vers Paris, faute d’emplois.
L’huile de noix est sujette au ran-
cissement.
f
i >:
f1,
B
rr
E* Dordogne, le Jugions regia.
peut atteindre 10 mètres de haut.
0 craint la proximité; la noyeraie
demande un bel espace. Ses
racines sont fragiles et abon-
dantes. Trop d’eau les dénude, Q
aime donc tes terrains de relative
sécheresse. Dans la plantation,
on introduit des variétés fécon-
dantes, A fleurs tardives, qui
apportent le pollen. Cest le
Jugions nigra, le noyer noir
d’Amérique, qui est aussi arbre
d’ornement. Le noyer est un
ariwé du Paradis, originaire des .
confins -de la Perse et du Cau-
case. Il vint, importé par les
« invasions » asiatiques, où par
la route de la soie. On le trouve
gù Gaule gallo-romaine. On en
mit des vergers au dix-neuvième'
riède, et l’on exporte vers l’An-
gleterre la noix du Périgord. Cet
.arbre faisait partie de la vie
rurale traditionnelle. L’huile
pour la table et la lampe ; avec
La bob de noyer est magnifique.
D sert encore A faire des meubles
précieux, extraits de billes supé-
rieures-A 2 mètres, provenait
d’hybrides. L’huile de noix, en
attendant, enrichit de belles
salades agrémentées de cerneaux
entiers. Fredy Girardet accom-
mode une escalope de foie gras
poêlée en chaud-froid, nappée
d’une fit» gelée an vieux madère
et farcie de raisins secs et de noix
concassées. Une nouvelle trou-
vaille de cet étonnant créateur.
La «tête de veau» que prépare
pour Daniel Hallée le jeune chef
de rŒnothèque (20, rue Saint-
75009 Paris. TéL
48-78-0&-76) ne vise pas le même
registre de saveurs, mais l’huile
de noix de Chavignol utilisée
pour san .assaisonnement - typée
sans excès — donne A. ce plat un
peu canaille, Une tout autre
dimension.
• - Tout comme le « Pigeon aux
noix et sa galette de sarrasin» du
7» Art: à' Boulogne - qui sera
bientôt la cantine de TF 1 si le
chef continue sur cette lancée —
qui évoque les saveurs de la cui-
sine du- Manie (7* Art, 37, place
BçrnordLotMoo, lui, n’a que le
talent de conclure un menu des-
tiné à honorer Phuile d’olive par
un sablé aux pommes caramel
noix. Mais quel talentl On
connaît aussi le vin de noix, .sou-
venir d’enfance. Moins Peau de
noix, qui est une macération
ancienne de noix vertes, broyées
et fermentées dans un tonnelet
On soutire le jus, et on laisse
reposer un an I L’on se procure
«1 eau de noix de Brive-la-Gail-
larde* chez Denoix, père et fils,
bien sur, liquoristes depuis 1839.
On se méfiera des noix fraîches,
contenant au moins 20 % d’hu-
midité. Elles se conservent mal et
prennent très vite une saveur
acide. « En Basse-Bourgogne
autrefois, nous raconte
Colette (4), un . fromage frais,
taiUê en triangle... Là-dessus, une
sJîlfde de pissenlits baignée
o nmle de noix, un coup de vin, ...
? JÏ2-* Tnlpty- » Et Fauteur
de Stdo d’ajouter ; «Si f avais un
maPer’ Je lui dirais :
e Méfie-toi de la jeune fille qui
naime ni le vin, ni la truffe, ni le
fromage ni la musique. » Et a
fortiori, le goût recherché de la
noix nacrée de Pmsaye!
C’était l’Auberge de la Tour, une
agréable petite maison. Laissant A
ses fils, l'un cuisinier, l’autre
pâtissier, la Table d’Anvers qu’il
avait créée, Roger Coutidni vient
den faire un restaurant Deux
options «Autour d’un plat» pour
98 F : choix d’une entrée et d’un
P*at ou d’un plat et d’un dessert
Un menu-carte A J 58 F (grand
choix «rentré», plats et desserts) et
la carte (compter 250 F), riche elle
ausa en séductions gourmandés.
un duo de terrines : lapin confit et
tête de cochon en boudin, pâtes
fraîches aux coques et calamars,
blanquette A l’ancienne ou noi-
tettes d’agneau aux salsifis. Beaux
desserts. Bouteilles du mois. Une
belle halte A redécouvrir !
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lat-la-Caneda. (Tél
53-59-22-08.).
Le prix La Mazille 1991 a été
attribué à_ Robert Courtine pour
.fbrom’Ques gastronomiques,
publiées dans le Monde sous le
nom de La Reynière, et Fensemble
de ses livres, dont le dernier en
date, la Cuisine des terroirs, est
paru aux éditions de La Manufac-
ture. Ce prix lui a été remis le
..7. ?oveiubre dans les salons de
I Hôtel de Ville de Paris par
M. Yves Guéna, maire de Péri-
gueux, et Jacques Chirac, le maire
de te capitale, qui, à cette occasion,
1 a décoré de la médaille de ver-
meil de te Vflie de Paris.
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• <“
24 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991»
SANS ♦ VISA _
PATRIMOINE
par Michel Parent
DANS le conflit qui ensan-
glante le territoire dit des
Slaves du Sud européen, c’est
d'abord vers ses innocentes vic-
times, chaque jour plus nom-
breuses. que va notre compas-
sion. Nos Etats sont, en outre,
légitimement préoccupés par les
dangers auxquels la paix en
Europe est exposée par les réper-
cussions d'un tel drame. Celui-ci
affectant inséparablement les
gens et les biens culturels, ce
n'est pas du tout être indifférent
ou fataliste à l'égard du destin
des populations que de s'alarmer
aussi du sort d‘un patrimoine
artistique d'une qualité, d'une
diversité et d'une densité qui
contribuent à embellir la vie et à
motiver de légitimes fiertés.
Do tels biens ne concernent pas
seulement les droits et les
devoirs des communautés en
cause, mais, tant juridiquement
que culturellement, l’ensemble
de la communauté humaine.
Faut-il rappeler que chaque Etat
est garant des biens culturels
d'autrui comme des siens pro-
pres et s’est engagé à les protéger
en respectant les stipulations des
conventions auxquelles il a libre-
ment souscrit : en particulier la
convention de La Haye relative à
« la protection des biens culturels
en cas de conflit armé a qui inter-
dit l'utilisation de ces biens à des
fins stratégiques (1954) et celle
de Paris sur c le patrimoine mon-
dial de ÏUNESCO * (1972).
Cetre organisation n'a d'ailleurs
cessé depuis l’origine du conflit
de tenter de faire respecter ces
stipulations. De plus, de nom-
breux biens, aujourd'hui mena-
cés, relèvent de vastes mouve-
ments créateurs qui se sont
croisés dans cette région de l’Eu-
rope sans avoir jamais été enclos
par des frontières d’Etats. Et ce
sont, précisément, les croise-
ments féconds de ces cultures
différentes qui ont fait ainsi la
réussite de ce qui est devenu le
plus spécifique. H est sûr que,
lorsqu'un monument de Dalma-
tie est détruit ou endommagé, à
Zadar, Trogir, Split ou Dubrov-
nik, c'est la mémoire de toute
l'Europe qui est atteinte, et
quant à celle de l'ensemble des
territoi res yougoslaves, elle
inclut tout aussi bien des apports
de l'Orient que de l’Occident.
Mais si la ville de Dubrovnik
s'impose finalement comme une
des plus rares réussites architec-
turales et urbaines qui soient au
monde, il s'y ajoute encore, au
regard des droits de l'homme, ce
que représente l'histoire singu-
lière de cette ville, dont la tradi-
tion existentielle de convivialité
est, par anticipation, une réponse
aux événements qui font aujour-
d'hui son malheur. La solution
qui doit mettre fin à ce conflit
intercommunautaire pourrait en
effet utilement s’inspirer de
l’esprit de Dubrovnik qui, depuis
les origines, est caractérisé par le
sens du respect de la culture de
l’autre, de la nécessaire coopéra-
tion entre ceux qui sont appelés
à vivre ensemble, ce qui a été
pendant mille ans la condition
de sa prospérité, de son rayonne-
ment et de sa liberté. L’histoire
universelle connaît partout des
pages douloureuses et parfois
honteuses. Il importe d'en garder
le souvenir, afin qu'elles n’en
inspirent pas de semblables. Et
pour les exorciser, c'est un
devoir de relire et d’exalter les
pages exemplaires au lieu de les
occulter.
Est-il nécessaire de rappeler
d'abord que ITÜyrie a constitué.
dès l’Antiquité, cet indispensable
pont d’échanges culturels entre
l’Orient et l’Occident ? C’est
dans l'espoir d’en perpétuer le
rôle unitaire que Dioclétien
construisit, à égale distance
d’Athènes ou de- Byzance et de
Rome, cet immense et admirable
palais-ville capitale qui est deve-
nu Spalato puis Split, la grande
voisine de Dubrovnik.
An septième siècle, les Slaves
atteignant l’Adriatique, les Illy-
riens héllénisés et romanisés du
petit port d'Epidaure (au nom
significatif) s’installèrent sur
l'Uct voisin de Raguse. En face
de l’îlot, les Slaves donnèrent à
leur établissement littoral un
nom déterminé par son site :
Dubrovna ou la forêt de chênes.
Mais, au lieu de se combattre,
ces deux communautés consti-
tuèrent un Etat unique et joigni-
rent leurs capacités complémen-
taires : celles de marins et de
terriens. Ainsi naquit cette Répu-
blique libre de Raguse-Dubrov-
nik dont le commerce maritime,
mais aussi terrestre, associa à
nouveau l'Orient et l’Occident.
Et elle sut, pendant on millé-
naire, maintenir son autonomie
face aux puissances qui submer-
gèrent tout le reste du territoire
yougoslave et que certaines,
durablement, se partagèrent.
Associée à Comporta» vénitien* :
Raguse- Dubrovnik sut en tirer
finalement de tels Avantages éco?
nomiques mais aussi politiques,
qu’après avoir connu un premier
âge d’or au Moyen Age, un
deuxième à la Renaissance, elle
en vécut un troisième lors du
déclin de (a cité des Doges. A la
faveur de sa diversité, non seule-
ment originelle, mais riche des
apports culturels que sa vocation
marchande ne cessa d'accumuler,
son statut, préservant simultané-
ment la liberté de ses citoyens et
l’unité de son territoire, s’était
précisé. Concrètement, dès le
douzième siècle, le comblement
du bras de mer séparant lUot du
continent en fut le signe, aboutis-,
saut à l’aménagement de la plus
belle artère de la ville, la Plaça,
qui la traverse de part en part.
Quant à ses fortifications, joyau
d’architecture ajusté sur un site
naturel superbe mais fort exposé,
elles n’ont cessé de symboliser le
souci vigilant delà sécurité de la
République, souvent assiégée,
mais , en général sans succès :
Dubrovnik devant surtout son
invulnérabilité à sa diplomatie et
à des mérites qui ùn firent moins
le tien propice A llouer entre eux
dialogues et trêves et à y acquérir
les produits qui leur manquaient
Dubrovnik ne connut, en fait,
qu'un désastre majeur : la
secousse tellurique qui la ravagea
en 1667, mais dont elleeffaça les -
effets par une restauration par-
faite de ses édifices anciens,
agrémentés, ici et là, des charmes
nouveaux de Part baroque. Il
faut savoir d’ailleurs que -la -
ngueur du . contrôle des. construc-
tions y eut un caractère statu-
taire et, sans cela, Dubrovnik
n’aurait pas présenté jusqu’à
nous son exceptionnelle beauté.
D’une façon plus générale, les
institutions de cette République
se fondèrent largement sur le
bien collectif, compensant tout
privilège par d’exigeanis devoirs.
PARCOURS
auhaus
trois, dernière !
Suite de la page 1 ?
Lancé à Weimar sous la ban-
nière d'une gravure expression-
niste évoquant la cathédrale gothi-
que, avec des ateliers de tissage et
de céramique, le Bauhaus travail-
lait, à Dessau. le métal et le verre,
et s'emparait de la photographie.
De la philosophie mazdéenne et
des costumes en lin d’un végéta-
rien au crâne rasé, Johannes luen,
responsable du cours de première
année, les élèves, garçons et filles
(une centaine chaque année, 1 250
en tout) allaiem être livrés à un
créatif infatigable et plutôt
«constructiviste» qui savait tout
faire, sauf parler correctement l'al-
lemand /*, le Hongrois Lazlo
Moholy-Nagy, que l’on appelait
parfois holy mahagany, («sacré
acajou») et qui portait, lui une
combinaison inspirée du bleu de
travail, mais... rouge.
Beaucoup de sport, beaucoup de
•êtes, des spectacles de théâtre et
de ballets avec les marionnettes
vivantes dessinées par Oskar
Schlemmer... Le but n'était pas de
vivre comme une <\ île des origi-
naux» mais aussi de nouer des
liens avec l'industrie (le Bauhaus
de Dessau crée une SARL et pro-
duit des objets, des lampes notam-
ment) et d’exercer une influence
sur le monde réel. En passant au-
dessus de l'école chaque jour pour
leurs essais, les avions Junkers
fabriqués dans une usine proche,
rappelaient aussi les dures réalités
de ce monde-là. Les oppositions
politiques à l'intérieur de l'école
(sous la direction d'Hannes
Meyer, après le départ de Gropius
en 1928, notamment) et l’hostilité
des partis d'extrême droite qui,
ayant gagné les élections munici-
pales en 1932. lui couperont les
vivres, l'obligeront à fuir encore, à
Berlin cette fois, et pour quelques
mois seulement. Condamnée par
les nazis pour cosmopolitisme (les
toits plats, sous ces latitudes, ça
faisait oriental, donc un peu juif)
et pour «bolchevisme», le Bau-
haus sera très mal vU par les
orthodoxes de RDA, après 1945,
qui lui reprocheront d’avoir prôné
des idées internationalistes et de
s'être arrangé du système capita-
liste. Révision du procès à la fin
des années 60, réhabilitation soi-
gneuse des bâtiments, de la grande
façade de verre, rénovation des
intérieurs... La scrupuleuse pau-
vreté (tube de métal et toile bise
pour les sièges de la salle de confé-
rences) des moyens mis en œuvre
dans une économie de pénurie
souligne pour le visiteur occiden-
tal l'effet d’authenticité, accentué
par le kitsch qui guette au coin de
la me : une salle de bal style
aimées 50, qui a mis le mot Bau-
haus dans son enseigne.
Mythique, le Boubous? Oui, mais
pas seulement : les lieux où ridée
a pris forme existent et la réunifi-
cation allemande les place désor-
mais sur un itinéraire aisé : les
pèlerins qui viennent à Berlin voir
les tapisseries des premières élèves
du Bauhaus de Weimar, les cos-
tumes de scène du ballet triadique
d'Oskar Schlemmer, qui fut donné
à Dessau, l'ancêtre indémodable
de la lampe de bureau ou les
maquettes des projets d’architec-
ture communistes, aux deux sites
«historiques», situés dans les
Lânder de l’Est : Weimar et Des-
sau.
Weimar, où les étudiants des
beaux-arts travaillent dans les
locaux construits par l’architecte
Henry Van de Velde. dans un
style plus proche de l’Art nouveau
La fondateur du Bauhaus,
Walter Giapius, en 1920.
et ou seules trois peintures
murales (détruites par les nazis,
reconstituées depuis), dans l’esca-
lier, signalent les recherches for-
melles de ce qui devint le Bau-
haus : tout simplement « la
maison de la construction» (Bau)
mais peut-être, note Frank Whit-
ford, avec une allusion an fait que
«bebauen » veut dire aussi «culti-
ver la terre», donc semer, faire
germer...
Dessau, ville d’accueil à partir
de 1925. quand un changement de
majorité au Land de Thuringe
avait fait tarir les subventions et
obligé les dirigeants du Bauhaus à
déménager. Dessau, cité indus-
trielle au paysage urbain désolé,
au cœur d’une région écologique-
ment dévastée par la pollution
chimique, dont le nom, Bitterfdd,
est. devenu nn synonyme deTen-
fer. Dessau, où le Bauhaus connut
sa période la plus fertile, la plus
novatrice, où il construisit, selon
les plans de Gropius, ses propres
locaux pour l'enseignement, les
ateliera et les logements des Sèves,
bâtiments où, actuellement, ties
chercheurs, architectes, designers,,
essaient de relever les nouveaux
défis de l’époque,, ceux deTéavi-
ronnement dont leur région donne
un si affligeant exemple.
De même que le petit musée de
Berlin, les bâtiments de Dessau
figurent aujourd'hui, oomme.ies
œuvres d'Aalto en Finlande, lès
réalisations de.Scarpa en Italie on
[a viüa Savoye de Le Goifmsîer à
Poissy, sur ritinéraire du Grand
Tour que se doivent les amateurs
d’architecture moderne qui veu-
lent en connaître de visu les
sources pour mieux les compren-
dre.
L’Afiemegna sa réunifie mais les
archives, cenès de Weimar, celles
de Dessau, celles de Berlin, reste-
ront séparées. «Nota ne sommes
pas un pays centralisé comme la
France ». répand Peter Hahn, xjui
Maïs, au terme d’une lente
évolution, c’est an début du dix-
neuvième siècle que se rompit
simultanément l’équilibre
interne des pouvoirs et ('équili-
bre externe des puissances étran-
gères. Napoléon mit fin à l’indé-
pendance de Raguse-Dubrovnik
en 1808, tout en . la libérant de
taxes arbitraires et eh l’intégrant
A ses Provinces iilyriennes, sans
doute éphémères* et bientôt
annexées par P Autriche, mais
.dont la référence anx origines
inspira Vilïycisme : ce premier
mouvement qui motiva chez les
Slaves du ‘ Sud, une volonté de
retrouver leur indépendance A la
faveur de leur unité.
_ («né wft* vécae feeT au. long du
vingtième siècle et jalonnée de
.. .drames. Une unité 'qui a pris
. figure aujourd’hui d’inaccessible
utopie— ;
Pour autant, iL n’est pas juste
que Fappel à témoins de l'His-
toire ne serve qu’à diaboiiser col-
lectivement les voisins innocents
ou les frères abusés. La institu-
tions internationales qui tentent
d’apaiser, le conflit et qn’il est
injuste d’accuser d'impuissance
lorsque ses représentants s’expo-
sent à partager tes épreuves sup-
portées par les populations
civiles seraient fondées A invo-
quer auprès des. força impli-
quées cet esprit de Dubrovnik
dont l’émergence fut tm honneur
de cette région du monde.
générale Je 12 novembre ( 1991 et
approuvant les Conduirions de ce
texte, la section-irançaise du
Conseil international des monu-
ments et dés. sites (ICO MOS)
émet le vceiiquela Communauté
cnxopéehiMvfe Conseil. de l’Eu-
rope, les'; : Nations unies,
l’ UNESCO et bien entendu
FIÇÔMÔS lui-même en appel-
lent à Fexemplarité de l’histoire
de Dubrovnik comme symbole
dé là paix à reconstruire. Elle a
demandé aux principales autori-
tés françaises de sauvegarde ainsi
-qu’à Eoropa nostra de soutenir
ce vœu,.
► Michel Parent est ancien prési-
dent du Patrimoine mondial
(UNESCO) et du Conseil interna-
tional des monuments et des
sites (1 COM OS).
-continue d’enrichir là collection
berlinoise^ et anime une équipe de
chercheurs. L'exposition, organi-
sée en ,1989 par les Berlinois A
Dessau; .dès lé, . début de
l’« ouverture» donc, avait été un
véritable événement.-* Les gens
faisaient la queue comme jamais
cela n 'arrive icL » Son projet :
agrandir fe mutée «dont la façade
principale est malenamtreusement
tournée vers le sud» (ah! le fonc-
tionnalisme™) et « supprimer Ut
fmseréUè » qui oblige A un détour
-selon lui inutile, mais que la
modernes entendaient comme une
«promenade architecturale» pour
■ mieux voir nn édifice.
Mais. IA, même avec l’appui de
l’uzi des derniers élèves du Bau-
haus encore en vie, Max BüL fon-
dateur de l'école de design <rutm
après la guerre, 3 a affaire à ceux
qui n’admettent, pas qu’on touche
au bâtiment de Gropius tel qu’il
est Entrée dans te patrimoine et
dans rhistôire, te modernité a ses
grands piètres, et ses dévêts.
~ . Denotre envoyée spéciale
► BauhaiiiS Arcfiiv, Muséum fÜr
Gestatamg (Musée du deahpth-
. tous las jours, sauf mardi. 11 HA
■17 htféyâoaretfi jusqu'à 20 h)-'
.Sfbfiothdguert. cafétéria. Ktin-
nertxiforsbr. 14. Betân 30, tél. :
MIS 4P 30) 40 020 .
;
ECONOMIE
); !■? ■;27:-;.!i/È;6oiiygBes dénient vouloir racheter « le Figaro
(e CSA Z;.';,
• Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 25
SECTION C
[ 28 ftterchés financiers -v-
V 29 Bourse de Paris ' .
... ‘ * -,
h,-4 ?'U
^ÎK
-Oï
. ■ r ’
: "s
r« ■
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V-.
. »-*'î
r £ ; ;V
***%*.'’
*.-■ *'• •
3». •! -{- V '
Srv- •
La position des porteurs minoritaires dans les offres publiques d'achat
3s deux tiers M. Bérégovoy relance le débat
Z^ZXZ'*’ *** sur la réglementation des OPA
Les deux tiers
U aura fa&j à peine phis de deux
ans pouf que r apparent
consensus sur te réglementation
des offres publiques d'achat
(OPA) voie en éclat. Depuis la
début de Tannée, chaque rachat
est contesté par des actionnaires
minoritaires s'estimant lésés. .
Leur argumentation a touché des
■ autorités boursières, comme ta
Commission des opérations de
Bourse (C06), et le débat est
remonté jusqu'au ministère de
l'économie. M. Pierre Bérégovoy
s'est dit * préoccupé» et
favorable à une modification de
la rèÿe dés OPA sur; les deux
tiers du capital ai elle fait
l'unanimité des intéressés.
En mars 1989, soucieux de
moraliser les marchés financiers,
les pouvoirs publics décidèrent
de réglementer les OPA. un
règlement étant plus facile à
modifier qu'une loi. Le Conseil
des Bourses de valeurs (CBV)
institua le déclenchement
automatique d'une offre, d’achat '
dès qu’une entreprise détient
plus de 33 % du capital d'une
autre. L’obligation est alors
d'acquérir «au moins tes deux
tiers des titres». Soumise à la
COB, puis à te Banque de France,
cette -règle fut approuvée par
M. Bérégovoy.
Après deux ans de
fonctionnement, cette mesure
montre ses Bmites. Rares sont
les entreprises qui envisagent
d'acquérir l'intégrafité d'une
podété reles .n'y sont pas
obfigées, et este leur coûterait
beaucoup plus cher. A l'inverse,
cette mestre favorise tes gros
actionnaires au détriment des
minoritaires. En effet, lorsqu'une
OPA eâtf déclsnâidè W 66 96 du
capital, tous les titres apportés
ne sort acceptés que dans te
Dmfte des besobis. L'égafité de
traitement n'existe pas entre le
porteur vendeur de son bloc
d’actions qui permet le rachat de
l’entreprise et le minoritaire qui
ne verra pas tous ses titres pris.
Faut-a, dans ces pondrions,
imposer l'OPA sur 100 % du
capital comme l'envisageait un
moment un pre^erde directive
européenne, au risque de voir 1a
cote ae vider? L'extension de
l'offre à l'intégrafité du capital ne
risque-t-elle pas de laisser (e
champ libre aux raklers étrangère
généralement plus fortunés que
leurs homologuas français? Dans
te cas du Printemps, repris selon
ta règle des deux tiers par -
Pinadt, ce serait précisément te
grand risque. Le CBV, qui se
réunira te 4 décembre pow
étudier tes dossiers
Pinaiit-PrÉnternps et Agneffi-Exor,
devrait aborder te question. Mais
comment modffier te règle du jeu
en cours de partie sans aggraver
le sentiment d'injustice ressenti -
par les minoritaires fors des
opérations précédentes?
. DOMINIQUE GALLOIS
Dans son discours de clôture pn> il finit un consensus entre les sodé -
noncé jeudi 28 novembre à f issue lés axées et te Conseil des Bourses
des premiers entretiens de la Cotn- de voleurs (CBV). Tant eue l'tuiani-
nüsskm des opérations de Bourse mité sur l'obligation de lancer une
(COR) consacrés à «rinfonnation OPA sur la 100 % du capital ne
et Pépaigcant»,-M. Pierre Bérfgo- s&a pas établie, nous ne modifie-
voy, ministre dé l’économie ci des par le règlement», a poursuivi
finances,. a fait paît de sa «préoccu- jg ministre, rappelant que la
potion» sur la lÿernentanm des COB a son mot à dire,
offres publiques «Tachai (OPA). . w ,
. » • Aut ■ i j—-. j D autre part, M. Bérégovoy a
*2°* d*M, K souhaité que tes entrepris» soient
nous votions toujours à ceque ta /eun rèsuitQt5 ^ sur leur activité ».
itjftfiïti? li^chïr, «te
ai.'tssi.ttüSsj ttszesETz
obligatoire à 33%, ou moins cTobli- «1° un « ?on résultat en ce qui
gâtions? La prise de contrôle mini- «"terne le commerce extérieur son
mate devait-efie être de 51 %, 66% moùu important qu'une taux venant
ou 100 % pour garantir les minori- de SVaff Streeu » Et de amdim :
taire»? la reprise est là, die sera amplifiée
'S-it Jmu change te «» COM to prochain senuaxs.
nom le changerons, mais avant tout F. Bn.
Un entretien avec le vice-ministre russe
de l’économie
Les prix de certains produits devraient être multipliés par cinq en Russie, en décembre
nous déclare M. André! À. Nechaev
feHaôt-a tm seuil de désigne
! obligatoire à 33 %, ou moins d'obli-
gations? La prise de contrôle mini-
male devait-«Be être de 51%, 66 %
ou 100 % pour garantir (es minori-
taires?
«S’il /dut changer le règlement,
nous le changerons, mais avant tout
Le gouvernement de te Fédéra-
tion de Russie a ratifié jeudi
28 novembre les décrets écono-
miques signés U y a quelques
jouis par te président Boris Elt-
sine. Elément dé de te réforme,
ta fibéra&ation des prix de déta3
se traduira par te multiplication
par trois, quatre ou cinq de cer-
tains prix, a expliqué au Monda
te vice-ministre de l'économie et
des finances ds Russie,
M. André? A. Nechaev.
MOSCOU
de notre envoyé spécial
Chargé de q/ettre en application
les décrets économiques de M Elt-
sine, M. André? A. Nechaev reçoit.
seul et sans protocole, dans les
anciens locaux, massifs, du Gos-
plan (l’administration centrale du
plan d’Etat) sur Tex-jrface Marx.
Ce jeune économiste proche du
vicepremier ministre M. Egor Gaï-
dar, définit ta première étape des
réformes dans «la libéralisation
rapide de la vie économique au sens
large». 11 retient trois domaines
d’actions immédiates.
Premier champ, le plus impor-
tant : la libéralisation des prix.
Déjà annoncée par M. Eltsine, elle
devrait entrer en application au
mois de décembre. Tons les prix
seront complètement libérés, sauf
ceux de «***am« produits, pour les-
quels le gouvernement russe fixera
des prix plafond. Il en sera ainsi
pour les produits énergétiques,
comme le pétrole, les produits
La visite de M” Edwige Avice à Brazzaville
La France apportera de nouveaux concours financiers
au Congo en 1992
Au cours d'un voyage officiel
à Brazzaville, du 24 au
26 novembre, le ministre fran-
çais de la coopération,
M— Edwige Avice, a assuré tes
autorités congolaises du soutien
de la France. Paris devrait
apporter de nouveaux concours
financiers au Congo en 1992.
-iî» .£•)•*/ i»;
1 ^BRAZZAVILLE
de notre envoyé spécial
Tout va mal pour l’économie
congolaise, mais tout va mieux
entre Flans et Brazzaville» Destinée
à remercier les autorités do Congo
pour leur soutien dans révacuation
des ressortissants français tors des
récents troubles an Zaïre, h visite
de M" Edwige Avice, ministre de
ta coopération, a permis aux deux
pays de reprendre un dialogue quel-
que peu brouillé au cours des mois
passés. En juillet, le nouveau pre-
mier ministre. M. André Mflongo,
juste élu par la Conférence naoo-
inaie souveraine, s’était précipité à
Paris pour demander à la France un
appui financier substantiel, espérant
ainsi obtenir la « prime à la démo-
cratie» que justifiait, à ses yeux,
Xappticanon à ta lettre du discours
de La Banle, prononcé en juin 1990
par M. François Mitterrand.
Mesures
Mais Paris refusa de signer un
chèque en blanc aux nouveaux diri-
geants du Congo, en dépit de leur
bonne volonté démocratique. IJ * pow s
manquait, à l’appui de leur pompé
demande, un pian de restructura- démesi
tien économique précis. M. Pierre de ta C
Bérégovoy, ministre français de en juin
réconomie, s’engagea seulement sur suppléi
un montant de 50 millions de
francs et M. Milongo rentra marri à
Brazzaville, déclarant quU «man-
quait un zéros à Paide française.
L’idée se répandit au bord du
fleuve que Paris se montrait moins
exigeant au temps du régime de
M. Sassou Ngnrâso et le malen-
tendu risquait de s’installer dans ce
pays francophile où le général de
Gaulle, entre 1941 et 1944,. installa
ta- capitale de la France libre.
Avec tact et humour - mai? non
sans fermeté, M- Avice a,: cette
fois, assuré le Congo d’un appui
économique, à condition que le
programme d’action financier du
gouvernement, jugé acceptable en
son état actuel par le ministre de ta
coopération, soit légitimé et mis en
œuvre par les institutions congo-
laises. M“ Avice a ainsi annoncé
que les 50 minions de francs déjà
promis en juin seraient bientôt effi-
cacement décaissés pour ta réhabili-
tation du chemin de fer «Congo
Océan». Paris prévoit surtout pour
1992 rapport de « nouveaux
concours financiers » pins impor-
tants, g le gouvernement poursuit
dans ta voie duâsie de l'assainisse-
ment. Aucun chiffre n’a toutefois
été communiqué. Une prudence de
bon aloi : (es partenaires veulent
progresser pas à pas dans nn pro-
cessus encore fragile, où le politique
(la démocratisation et les pro-
chaines élections) interfère sans
cesse avec les impératifs économi-
ques immédiats.
Les nouveaux dirigeants de Braz-
zaville savent qu’a faut rapidement
prendre des mesures impopulaires
pour soulager un budget exsangue,
pompé par une fonction publique
démesurée. Pendant les trois mob
de ta Conférence nationale, achevée
en juin, douze mille fonctionnaires
supplémentaires ont été embauchés.
ta masse salariale annuelle gonflant
de 80 à 130 milliards de francs
CFA (1 franc CFA - 0,02 franc).
Pays de 2 J. millions d’habitants, (e
Congo compte 160 000 employés,
dont pins de la moitié sont des
agents de l’Etat Le déficit courant
mensuel atteint quelque 6 milliards
de francs CFA et les fonctionnaires
sont payés tous les deux mois.
«Nous avons inventé le mois à
soixante jours», ironise un observa-
teur.
Des aides
i la création d'entreprises
L’argent ne rentre pas dans les
caisses. La dette du Congo dépasse
5 milliards de dollars, et toutes les
institutions multilatérales (FMI.
Banque mondiale. Banque africaine
de développement. Banque euro-
péenne d’investissement. Caisse
centrale) ont suspendu leurs prêts.
Pénalisé par ses arriérés, Brazzaville
ne devrait plus recevoir de concours
financiers du FMI et de la Banque
mondiale avant trois ou quatre ans.
Au cours de ta prochaine décennie,
il faudrait licencier trente mille,
voire quarante mille fonctionnaires.
Ces chiffres donnent des cauche-
mars aux dirigeants congolais,
même si la France et la CEE envi-
sagent un plan social qui permet-
trait aux agents «ajustés» de per-
cevoir des indemnités pour créer
lenr propre entreprise. A moyen
tenne, Paris veut encourager des
projets en faveur de l'industrie pri-
vée. de certaines filières (ta chaîne
du froid), des activités de service
(commerce, transit) en plus de ren-
seignement technique et de ta santé.
Mais, comme le note le secrétaire
d’Etat au budget, M. Jean-Luc
Malekat, il fout sortir au plus vite
le Congo «d’une crise économique
sans précèdent v. Le secteur produc-
tif. dominé par k pétrole (90 % des
recettes d'exportation), a été sinistré
par ta baisse des cours du brut
depuis cinq ans. Les Congolais
reprochent aussi à Elf, principal
opérateur pétrolier avec ritalien i
Agip, de ne pas restituer au pays |
suffisamment de bénéfices... D’où la
pression feutrée exercée par Brazza-
ville quant à l'attribution des
concessions du futur gisement de
Yambo, jugé très prometteur.
Des firmes américaines, dont
Amoco. sont sur les rangs. On
grince un peu côté français: «Le
Congo n’a pas intérêt à jouer aux
cow-boys avec de vrais cow-boys. »Le
gouvernement a cependant promis
de tenir ses engagements passés vis-
à-vis dT2f, dont l'activité fait l'objet
d’un audit. Sut les neuf millions de
tonnes de brat produites chaque
année, la société française en extrait
environ sept millions.
« Les entreprises publiques sont un
gouffre à sous », ajoute encore
M. Malekat, affichant un désir de
désengagement de l'Etat. Parmi les
firmes à privatiser figurent PATC
(Agence transcongotaise de commu-
nication), ta compagnie pétrolière
Hydrocongo, ta Société nationale
d’éleciricilé, celle de distribution
des eaux, celle aussi des postes et
télécommunications. Enfin, le gou-
vernement espère obtenir de diffé-
rents bailleurs de fonds 2,5 rail-
liante de francs CFA pour préparer
les élections, effectuer le recense-
ment, constituer les listes. Des
étapes que ta France est prête à
accompagner (avec le Canada et ta
Belgique; entre autres), si pareilles
tâches n’entraînent pas une recru-
descence de fonctionnaires ad hoc.
ÉRIC FOTTORINO
Avec an prix de Faction de 1 320 F
Le contrôle d’Exor contera
3,7 milliards de francs an groupe Apelü
L’ÏFINT, le holding luxembour-
geois du groupe Agnefli, a pré-
senté, jeudi 28 novembre (tans ta
matinée, les modalités exactes de
son offre publique d’achat (OPA)
sur Exor.
La proposition porte sur les
deux tiers du capital et le prix
retenu est dé 1 320 F par action
pour un cous ayant oscillé entre
I 520 F et 1 024 F depuis le
dârat de l’année.
L’IFINT, qui a déjà acquis
1,4? million de titrai auprès de ta
famille Mentzelopoulos (soit
34,7 % du capital), se propose
d’en acheter 1,36 million supplé-
mentaire pour atteindre ta barre
des 66 %l «Si le nombre de titres,
présenté est supérieur, VIFWT se
réserve la /acuité d’acquérir toutes ~
; les actions proposées ou de réduire
le- nombre de titres présentés
pour atteindre les deux tiers dn
capital- -
Le groupe AxndUi déboursera
donc 3,7 milliards de francs pour
prendre 66 % d’Exor, ce holding
qui est le premier actionnaire de
Perrier (le Monde du 29 novem-
bre).
des offres de Famée
Par son montant, cette acquisi-
tion se classe au quatrième rang
des grandes offres publiques
d’achat ou d’échange de Pansée,
qui ont toutes été déposées à l’au-
tomne.
Elle est inférieure à celle lancée
par Pinault sur le Printemps
. (5 milliards de francs), par Accor
sur les Wagons-lits (4 militante)
on par Saint Louis sur Arjoman
(43 .milliards). Toutefois, elle est
supérieure à celle des Galeries
Lafeyette sur les Nouvelles Gale-
ries (2 milliards) lancée au début
de im
D. G.
— AVIS FINANCIERS DES SOCIÉTÉS
C.G.I. INFORMATIQUE: RESULTATS DE L'ANNEE 1991
CHIFFRE D’AFFAIRES : + 17,3% RESULTAT NET: + 10,3%
Le Conseil d 'Administration de la COMPAGNIE GENERALE D'INFORMATIQUE a arrêté
les comptes de la société, et annoncé les résultats du groupe au 31 août 199 L-
• le chiffre d’affaires consolidé s’élève à 1 780 millions de Francs, soit une
progression de 173%*
• le résultat net consolidé a atteint 167,6 millions de Francs, soit une
croissance de 10,3%.
• le chiffre d’affaires à l'étranger est de 600 millions de Francs, soit
33,7% du chiffre d’affaires total et une progression de 23%.
L’Assemblée Générale Ordinaire sera convoquée 1e 6 février 1992. Le Conseil d'Adminis-
tnation lui proposera la mise en réglement, le 13 mars 1992, d’un dividende de 4,20
Francs (soit 6,30 Francs, avoir fiscal indus).
CCI INFORMATIQUE
E INFO
pétroliers, le gaz naturel et l’élec-
tricité. Le prix de ces produits sera
multiplié par cinq. Il en sera de
même pour l’essence, dont le litre
est actuellement vendu 42 kopeks
(environ 5 centimes au coure tou-
ristique du rouble). « Les prix de
ces produits devront être rapprochés
des niveaux du marché mondial
mais cria ne peut se faire que petit
à petit», explique M. Nechaev.
Une liberté partielle des prix
sera également accordée à une
seconde catégorie de produits, ceux
relevant de monopoles naturels (or,
argent, transports, moyens de com-
munication) et ceux des biens de
consommation considérés comme
de première nécessité (pain, médi-
caments, lait et produits laitiers,
loyers, sucre, sel, vodka...). Des
prix-plafond seront fixés par l'Etat
pour ces produite, trois à quatre
fois supérieure aux prix actuels.
Réduire
l'impact social
Ces fortes augmentations ne
constituent, a ajouté M. Nechaev,
qu’une première étape, une
seconde étant déjà envisagée pour
ta fin du premier trimestre 1992.
Pour réduire l'impact social de ccs
hausses de prix brutales, des
mesures seront prises en faveur de
certaines couches de ta population.
«Nous ne voulons plus subvention-
ner les producteurs , explique le
ministre, mois aider concrètement
certains groupes sociaux très déter-
minés, en l’occurrence les retraités,
les étudiants, les enfants et ceux qui
dépendent directement du budget»
Le nouveau gouvernement réfléchit
à des formes diverses d’aides - en
nature notamment - en faveur de
ces catégories défavorisées. Libérés,
les salaires dans le secteur de la
production ne devraient pas aug-
menter aussi vite que les prix.
Second domaine de la libéralisa-
tion prévue: celle du commerce
extérieur. Contrairement aux décla-
rations de M. Eltsine, qui avait
annoncé pour très prochainement
un taux unique du rouble, deux
taux distincts devraient subsister :
un taux commercial et un taux de
marché. L’un et l'autre traduiront
une forte dévaluation du rouble.
Pour le taux commercial, le dollar,
qui vaut actuellement 1,7 rouble,
devrait passer à 5 roubles environ.
Enfin, troisième domaine de ta
réforme, la réduction du déficit
budgétaire- H représente actuelle-
ment environ 20 % du PNB.
«r Nous cherchons à agir sur les
dépenses comme sur les recettes »,
explique M. Nechaev. U prévoit la
réduction des investissements cen-
tralisés et des programmes mili-
taires et sociaux. II ajoute : «Nous
allons aussi procéder à une réforme
du système fiscal, avec l'introduc-
tion d'une sorte de TVA. » U s'agira
d’une taxe sur les ventes à un taux
qui pourrait être de 28 %.
Les autres Républiques de
l’Union vont-elles accepter ces
fortes augmentations de prix? Les
décisions du gouvernement russe
risquent de provoquer de vives
réactions, en Ukraine notamment.
Certains pourraient refuser ces
hausses et décider immédiatement
l'instauration de barrières doua-
nières entre elles et ta Russie ou
accélérer ta création de monnaies
nationales. «A titre de protection,
nous sommes prêts à introduire une
monnaie russe dans notre Républi-
que. si dt autres Républiques déci-
dent de créer leurs propres mon-
naies», affirme avec vigueur
M. Nechaev.
ÉRIK IZRAELEWICZ
□ M. Sitaer reca par M. Mitter-
rand. - Le président du comité
économique inter-républicain de
rURSS. M. Ivan Sitaev, devait ren-
contrer, vendredi 29 novembre, à
Paris, le président Mitterrand et le
premier ministre, M* Edith Cres-
son. Leurs entretiens devaient
notamment porter sur le nouveau
crédit céréalier de deux milliards
de francs octroyé, mardi, à l’URSS
et sur l’accord de troc, conclu le
mois dernier, sur la fourniture de
sucre et de viande en échange de
produits énergétiques soviétiques.
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»
ÉTRANGER
Les firmes françaises ont pmi profité
de l’« effet reconstruction » an Koweït
Le matent des contrats j mteiHis par les entreprises hexagonales a été maigre. Pour remédie r
à cette faiblesse, elles misent sur l’exploitation pétrolière, l'armement et les tétéeomœnnkajm
KOWEÏT-VILLE représente un investissement de optiques des alentours de Koweït
— Z — r: 400 à 500 minions de ftancs..Plu- Ville et Ia fbumiture de centra u;
de notre envoyée spéciale sfeurs sociétés d’ingénierie oociden- téléphoniques.
Venu plaider la cause des entre- taies (dont la firme française Toutefois, rampteur des contrat
prises françaises au Koweït lois Technip, plus spécialement chargée g venir dans le secteur des télécom
d’une visite officielle de deux jours des installations de West-Koweït) snmicatioiu ne sera connue a va
qui s'est achevée mardi 26 novem- planchent sur le sqjfA. En ce qui certitude qu’use fois arrêtées le
bre, le secrétaire d’Etat au com- concerne la réfection des centres de grandes lignes du budget koweïtiei
merce extérieur, M. Jean-NoSi stockage de pétrole brut, une dbu- pour Tannée 1992. Les arbitrage;
Jeanneney, n’a pn que se rendre & mine de sodétés, parmi tequdtes semblent difficiles à établir. L<
l’évidence : les firmes hexagonales figureraient trois sociétés fran- bcmdage de ce budget, initialemen
ont peu profité de F* effet recons- çaises, ont déjà été préqualifiées, prévu pour les mois d'août ot
traction». Le montant des contrats Enfin, le choix des sociétés <fmgé- de septembre, a été repoussé pu
récoltés par les entreprises fran- nierie chargées de mener à bien la deux fois, iï semble toutefois que
çaises durant la phase d’équipe- réhabilitation: des raffineries le çhëiifh Jaber, le chef de l*Etai
ment d’urgence, achevée en juin, a devrait intervenir dans les jouis koweïtien, se soit décidé à tranche i
été maigre : 250 millions de francs qui viennent. Le secrétaire d’Etat an début de la semaine prochaine
au total, soit dix fois moins que ^ commerce extérieur n'a obtenu de àtfense et d’ar
celui empoché par tes firmes amL ^ peu d'indications sur le sort menWn^tom sûr été évoquées
n«nCS'. , r&ervé aux firmes hexagonales mr iorS des. entretiens qui se son i
Depuis, 1e consortium Airbus a chacun de ces contrats. Seule infor- déroulés entre le secrétaire d*Etai
signé avec Kuwait Airlines pour la mation en matière de réfection des ^ conmeree extérieur et les dlri-
fourniture de quinze appareils centres de raffinerie,- Technip sem- ^ M Jeanneney i
(dont six en option), soit une opé- bte avoir perdu la partie, le groupe m cheikh Jaber un projei
ration de 1,5 milliard de doltas américain Fluor étant désormais <raccowl de sécurité dont le pria-
(7,5 milliards de francs), et la donné grand fiivori. dpe avait été arrêté kirs de h
firme française Horweli a mraé i visite officielle effectuée à Paré
bien L un des vingt contrats d ex- Rar )e chef de l’Etat koweïtica
tinction des incendies des gise- m ^ Jeanneney en a pro
vendu au Kowdt pour 712 mil- dHEdleS ÎSïiïL
lions de francs de^natérieL Un matx4re dca araiées-
score en tout point comparable au : Au total, cette visite n a eu que
1,5 milliard de francs d'expansion Dans le secteur des télécommu- P®» de retombées concrètes. U
réalisé en 1989 (en année pleine et nications, Thomson et Alcatel Ministère de Teau et de létectn-
normale) et qui représentait alors à entendent pousser plus loin leur f^>.avcc diplomatique
peine 4% des achats effectués à avafltage. Le premier dispose d'un : 4 ?yé»-m5dll 2f. novem
l’étranger par l’émirat excellent crédit au Koweït oour hJ* lettres _ d intention avec
Arbitrages
difGeües
Redéfinir le système
de collecte de gaz
Pour remédier à cette situation
de faiblesse, la France mise désor-
mais sur trois secteurs particuliers :
l'exploitation pétrolière, les télé-
communications et l’armement.
Des représentants de Technip
(ingénierie pétrolière) et du Giat
Industrie (le constructeur du char
Leclerc) accompagnaient d’ailleurs
M. Jeanneney dans son déplace-
ment La réfection des installations
pétrolières et gazières, totalement
ou partiellement détruites par la
guerre, constitue une priorité abso-
lue pour le gouvernement koweï-
tien soucieux de retrouver rapide-
ment les niveaux de production -
et donc de recettes - d’avant les
événements.
Le Koweït extrait à l'heure
actuelle 470000 barils/jour, soit un
tiers de son niveau de production
d’avant la guerre. Plusieurs déci-
sions importantes devraient être
prises d’ici à la fin du premier
trimestre 1992. La première
concerne la réhabilitation des
vingt-six centres de collecte de gaz
{«gaz rings») du pays, dont dix ont
été totalement détruits, et seize
partiellement endommagés lors des
opérations militaires. Les Koweï-
tiens, qui n'entendent pas recons-
truire i l'identique, se sont engagés
dans un vaste travail de réflation
visant à redéfinir leur système de
collecte do gaz. L'objectif est de
réduire au minimum le nombre des
sites i reconstruire intégralement;
l’installation d’un seul «gazring»
PUBLICATION JUDICIAIRE
DÉCLARATION D'ABSENCE
Cabinet de Maître Jean-François
SALPHAT1. avocat
EXTRAIT OU JUGEMENT DU TRI-
BUNAL DE GRANDE INSTANCE
DE PARIS DU 27.09. 1991 :
«Le Tribunal, vu les articles 122 et sui-
vants du code civil, constate que Judith
Simone Fortunée BAUDY, née le 01 1
janvier 1908 à PARIS I6a, fille de
Emile, Francis Marie BAUDY et d'Eli-
sabeth FAL.TER, n'a plus reparu ni
donné de ses nouvelles depuis le i
03 septembre 1914 ; la déclare
absente ; ordonne la publication par
extraits du présent jugement dans les
journaux : Le Monde, Badùche Zeitung
et ce dans un délai de trois mois à
compter de ce jour, sur les diligences et
aux frais du requérant ; dit que 1e dis-
positif du présent jugement sera trans-
crit, à la requête de Monsieur fc procu-
reur de la République sur les registres
des décès de la mairie du 16> arrondis-
sement de PARIS et que mention de
cette transcription en aéra faite en
marge des registres à la date de ce jour,
ainsi qu'en marge de naissance de
l'absente.»
Dans le secteur des télécommu-
nications, Thomson et Alcatel
entendent pousser plus loin leur
avantage. Le premier dispose d’un
excellent crédit au Koweït pour,
avoir, dès le mois d’avril, livré un
camion de régie & la télévision
locale, lui permettant uinsi de fonc-
tionner i nouveau. Cette opération
de 15 millions de francs a été sui-
vie dans la foulée par un contrat
de livraison de radars d'un, mon-
tant identique. Dé.fon oÇhé, Alcatel
a signé trio» contrats, d’une valeur
totale de.ÿlDO.-inâtira» de r francs,
concernant l'équipement en fibres
optiques des alentours de Koweït -
Ville et la: fourniture de centraux
■ téléphoniques.
Toutefois, Pam pleur des contrats
à venir dans le secteur des télécom-
munications ire sera connue avec
certitude qu'use fois arrêtées les
grandes lignes da budget koweïtien
pour Tannée 1992. Les arbitrages
semblent difficiles à établir. Le
bcmdage de ce budget, initialement
prévu pour les mois d'août ou
de septembre, a été repoussé par
deux fois, n semble toutefois que
1e chgfch Jaber, le chef de l’Etat
koweïtien, se soit décidé à trancher
an début de la semaine prochaine.
Les questions de défense d d'ar-
mement ont bien sûr été évoquées
lors des. entretiens qui se sont
déroulés entre le secrétaire d’Etat
au commerce extérieur et les diri-
geants du Koweït. M. Jeanneney a
remis an cheikh Jaber un projet
-d’accord de sécurité dont le prin-
cipe avait été arrêté lors de la
visite officielle effectuée à Paris
par le chef de l’Etat koweïtien
en octobre. M. Jeanneney en a pro-
fité pour renouveler les offres de
service des industriels français en
matière <f équipement des armées.
An .total, cette visite n’a eu que
pen de retombées concrètes. Le
ministère de Peau et de l'électri-
cité, avec un sens diplomatique
certain, a signé, mardi 26 novem-
bre, deux lettres d’intention avec
des firmes françaises. La première
confie à l'entreprise de mécanique
lourde Babcodc la réparation des
chaudières de la centrale thermique
de Doa. La seconde attribue à
Pont-à-Moufison la livraison de
tuyaux en fonte ductile, destinés au
réseau des eaux; usées. Ces contrats
sont d’une vàkui',' imljquo^-on, de
60 minions de francs.
. ... -V -X .f-
CAROLINE MONNOT
Règlements de comptes à Koweït-City
KOWEfT-VILlE
da notre envoyée spéciale
Peu présente sur le marché de.
la reconstruction; la France a au
moins le don de cfistreire agréa-
blement Koweit-VBe. Le Tout-
Koweit politique et économique
assiste en ce moment, avec uri
amusement éberlué, à la guerre
pterochofine que se Rvrent deux
organismes para publics français
pour un contrat de déminage.
Comme tous les participants aux
opérations affiées, la France a
obtenu un contrat pour le «net-
toyages d'une partie du désert.
A ce jour, le contrat français est
le sert h ne pas avoir été signé.
Et pour cause : installées depuis
plusieurs semaines dans deux
grands hôtels de le ville, la .
SOFREMi, qui dépend du minis-
tère de l'intérieur, et_ ta
SOFRESA, sous tutelle du mlnîs- ,
fera de ta défense, se fivrént une
bataille acharnée pour l'empor-
ter. Les deux organismes, qui
semblent se détester, se sont
lancés dans une vertigineuse
guerre des prix. Le montant du
contrat - dont la valeur initiale
était da 110 millions de dollars -
baisse un peu plus chaque jour,
au point de donner des sueurs
froides à l'ambassadeur de
France au Koweït, qui s'interroge
désormais sur ta rentabffité de
l’opération. -
Questionné sur le sujet par les
autorités koweïtiennes, le secré-
taire d'Etat au commerce exté-
rieur, M. Jean-Noôi Jeanneney, a
mi bien du mal il fournir des
explkatfofls. Au final, ce sera ta
gouvernement koweïtien qui
tranchera.
L'affaire tombe plutôt mal. Elle
ôitervfent au moment même où
le poste d'expansion économi-
que de KowSft, dans un effort ds
promotion Jouable, s’efforce
dans I» cadre d'une semaine
française réunissant cent firmes
hexagonales, dans un grand
hôtel da Kowtft, de démontrer le
sérieux .de nos Industries.
M
Edité par la SAjO. Là Mondé
Comité de direction :
Jacques Lesoume, gérant directeur de la publication
Bruno Frappât, directeur de le rédaction
Jacques Guiu, directeur de la gestion
Menu*! LudMft. secrétaire général
Rédacteurs en chef : .
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/adjoints au' directeur de la rédaction)
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(dmüTduf des relations tntafncnionBioS)
Anciens directeurs ;
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André laurens (
f (1944-1969). Jacques Fauvet (1969-198
1982-1985), André Fçntame (1985-1991)
1 5. RUE FALGUIÈRE 75501 PARIS CEDEX. 15.
. Tél. : (1) 40-65-29-25
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ADMINISTRATION::
1, PLACE HUBERT-BEUVE-MËRY 64652 IVRY-6UR-SEI NE CEDEX
. Tél. : (1 ) 40-65-25-25
. . Télécopie» î48-6Ç-3(MÛ_ .
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ECONOMIE
Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 27
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ÉTRANGER
-Qür ^ Première fois depuis soixante ans
L’industrie dHnuqne allemande va procéder
a d importantes rédactions d’effectifs
L industrie chimious» ««j. AAO
•• i-a monae • samedi 30 m
COMMUNICATION
Affirmant son intérêt actuel pour le cinéma
M. Francis Bouygues dément
vouloir racheter «le Figaro»
L'industrie chimique alle-
mande est malade; Ses profits
ne cessent de s'éroder et
depuis te défaut de l'année, ib
ont en moyenne baissé de 22 56.
La situation est aussi mauvaise
qu en 1982 et - pis - H n'y a
I»* <*» perspective d'améfiora-
bon prochaine. Tous tes chefs
a entreprise prennent de sévères
mewrw d'économie. La plupart
ÿbattchent °« s'apprêtent è te
faire, ce qui ne s'ôtait jamais vu
depuis phis de soixante ans.
Vu sa paissance, la chimie - alto-
Gtetafe^lVnP0Ur invul«Srable.
Gtobalement, elle compte pour un
ds°s lachimïe enro-
P«nne - (la première du monde).
EEi?* d’affaireî
(680
qw pour » profits (23 milS
de fanes) et ses effectiis (595 non
Peraonnes). Ses excédents
ïio'îîiSî.'ï ?saanx (plui de
1 10 milliards _cfe fanes en 1990) et
sa trésorerie fait pins d’un envieux
(45 milliards de fanes). Or, tcmTà
tour, ses trois «stars» (Hoechst.
JfeJMSF), dont le iSdteS
^^dfable (les deux rien de l'en-
<*«
aprte un troisième trimestre exél
s Siffiï 5urtout avec^S
.r%yer est parvenu à limiter les
&*d? £ed^J*uJlai£e w «*■
“aras de deutschemarics, en dimi-
SSfT «dément de 4%. MàtaS*
“«ns mauvais score masque de
fortes disparités. Le S Æ
a sauvé par m
2 psr
«aortes.
de Jcrardes pertes dans les fibres
dg^SE* “ ta produia PO«r
‘rois anciennes
SS-
J^JJ*«Kj^ts-Unis et du ralen-
îîiSBnJ * te demande en Aite-
SKSvi® f™1011 des prix a eu
« .noa& notamment chez
?P?\» qui a fort à faire avec sa
ff«asBasrta.“ ;
c’«t la hausse des coûts *
à Francfort, le professeur Wolfgang
££*■ Président de Hoechst, 55
!Si*que te mo,s d'octobre, habi-
!.doré*’ a détesia-
™ “g?» des rumeurs circulent
«rtdfam l'idée qï
.Séants pourraient rédterc
tems dividendes po» 1991. Motus
et bouche cousue chez les iméres-
“fi&ïSdSEs
Peot dire Æ
ne sont pas bons. - . *mm ; très riche jiftTl X
i AJ?* «'ÿwïf. tout honneur. Sf ^“““de PaSe bien ses sala-
t-Kuta- mondial incontesté de la ^P.JH'n, le puissant syndicat
spécialité, Hoechst n’a pas réussi avaît obtenu une aug-
PonrJesneuf premieiTmïïsà gS^S^de 7<* des rS
Plus de 1,9 miOiaid de 5^" J1*®*®1 de cette générosité •
de bénéfices avant années écoulées, la
mpflts, un gam inférieur de 22,1 % ÏÏPtW'JÎ4 ? seulement progressé
[/P}?1 réai3.s^ JP°ur I* môme £5J/’8 dana ia chimie alle-
iï£2e£Àÿ?: « «? un -Sï
ne Mnt^s boM. ^ ™
tou* honneur.
Ltader mondial incontesté de la
spfciahté, Hoechst n’a pas réu«d
pour les neuf premiers mois à
plus de 1,9 miniard de
deu^iemaiia de bénéfices avant
«npflts, un gaw inférieur de 22,1 %
àcelm réalisé pour la môme
2^? « '?»• fi ce, malgré 'un
chdfor (Taffiüres accru de 4 8%.
dont,.a est vrai, de 1,1 % par effe
dKvân'ÎLi1^* ^ augmCTltation
aes volumes et pour le reste nar
r~10,6 % seulement), n’est -nas nius
(1,96 milliard de deutschemaxts)
coruonctürT ~7
Les prix de détail
La tin du temps
des sureffectifs
rr* ®-d“r ‘lue te temps des sur-
esl ré^olu. La célèbre
de consea américaine Mac
Kinsey recommande à Hoechst de
réduire ses effectifs (ISO 000 per-
«mues) de 15 %, soit 27 000 p<^
firg?P'nraer'f^e djrectoim de la
““.pas fat. connaître sa posi-
aC s,,^e on murmure
bwïl^UpCS ?laf,res «m mévita-
bl«. BASF a pns le taureau par les
cornes et a annoncé 5 000 ïicencie-
mems. dont 4 000 en AUcmagmL
2“ te président, M. Her-
mann Strenger, a prévenu : les
cornions d’eflèctifs .commen-
8 “ ** * sont déjà
sddées par le départ de 5 100 pS-
sonnes vont se poursuivre. Mais il
Sn 7*5,' “°?® à chiffrer le nou-
veau coût social.
. vean : très riche jusqu’icL^ *Sd~ quand tes temps sont
«ue demande SEft* h « * se^l
5.jH,b* te puissant syndicat ^-C— SD ses métiers de base,
de la chimie avait obtenu une anv- »rîïa^Bincnt h Hoechst et Baver
m rotation de 7% dwVéîS^ BASF’ “«labié d’amortir tertï
' ^ “«e généras^ ; dimi0? phannaceuiique
poan" les dix années écoulées, la uuipuüenne, envisage de se déhar
STjÇJÎfj «utem^TS^sS dB.ses activités dan^le
2 JJ'»* ~ dans la chimie aile- Frîe a te gaz en Amérique du
SSJ’ ^.Que, dans le même Jl°rd,-C?r M filialc WinterVhalJ
gmw cfc gnmpait de 92^ % en f*«rgie), très rentable jusqu"?
di6SA % au SU*** avec la chute
9b en France et de dte* COÜrs du gaz. Baver lui im
nJU” ^_UniS- (- i! % ia?S S?nS- rôv««i siemrots
Obligés maintenant de compter LJS. T à, 3 "“franis de deutsche-
Pffcmgs, les chimistes aK Jamais depuis sa recons-
à faire des écono- !fUc£!?a ,aprf* ^ deuxième guerre
aucune^ d>iin “«mcle, ^®"?rJale' ]a chimie allemande
ïi011 «ttèndro à faire font de
fin dfi Pannée. -Les dire©- ■ -^crifices Pour préserver sa tréson^
tJü'I™*** BouV«ues> admimstra-
a cKmenti, jeudi 28 novembre à
france-inter, vouloir racheter <r/'er-
U £ïLiUJroupe de presse de
m. Robert Hersant », dont le Figaw,
M P”* * ^ milliards de flancs,
®“®2e J ^F^dom^daire le Canard
enchaîné rjnthquait dans sa livrai*
«m du 27 novembre; Le journal
«Unique Casait état de confidences
fedes par M. Bouygues «à un gras
wdustnel de la place, en ha' suggê-
mnt de participer à /‘opérationTte
fJat BPPrû par le Canard
«damé que nous étions acheteurs
Cesr tout à bit
! Jdrfdu», a rétorqué M. Bouygues.
Prïî^-1* P^BPPC VÜlin, vice-
HDO ™ Fl8ar°. se refusait à tout
commentaire, tandis qu’un membre
de la direction du Crédit lyonnais.
I une des principales banques du
I Ipoop® Hosant, confiait <r tomber
** pas avoir connaissance
dune telle operation*.
P™» autant,
admet s mléresser à la presse écrite, i
Au printemps, il avait déjà «mpa# .
des négociations visant an rachat du i
Quotidien de Paris, mais elles t
n avaient pas abouti (le Monde du r
20 mars). L’une des filiales du r
Avec on chiffre d’afîaires I
Süpérieur au milliard du francs
groupe de BTP, Bouygues Commu-
mcmion, étudié les possibilités d'in-
vestissement dans le secteur des
jouniaux, et M. Michel Taidiep, qui
a recemment quitté son poste de
“recteur de la rédaction du Nouvel
Economiste (le Monde du 5 octobre),
a été chargé à la mi-novembre d’une
etude en la matière.
_ A propos d’une hypothétique pro-
position de rachat du groupe Her-
ffg ffuelque chose de très, très
intéressant parce que ht presse de
Eooert Hersant est me presse absa/u-
ment formidable dans laquelle on
trouve beaucoup de choses, beaucoup
de talents. » «La France a boom
a avoir des moyens de communica-
tion développés », a conclu l’indus-
2J en précisant que * le cinéma
étau actuellement m domaine privi-
(égié»poot hri. Sa société CiBy
^00 a investi quelque 825 millions .
ae francs dans la production d’une |
j j^onimé à la CNCL en 1986
M. Bertrand Labrusse
quitte le CSA
Nommé président de chambre à
te Cour des comptes (le Monde du
L^n,^Cmbre)’ M Bertrand
Labrosse ngomt »„ corps d.orf_
gine (ou il était entré en 1959 à sa
sortie de l’plA) après une très lon-
gue parenthèse dans l’audiovisuel
J^mé 02° de h S"*** fran-
çaise de production en 1978 pour
quelques mois, il retrouvait ce
Poste de 1981 à 1986, battant tünsi
une sorte de record de longévité
pour ! audiovisuel pubHc.
M. Labrusse va laisser à M« Daisv
de Galard nn autre record de lon-
mnïLSPUrqUoIO,JS düux fircnt
panie de 1 ex-Couunission natio-
nme de la communication et des
& P011'1, de «86
^ .de|.rq°!ndrc te Conseil supé-
1989. OV,SUe' (CSA> J®11-
I te projet
de budget 1992
del’AFP
prévoit une réduction
de son déficit
rJStJS^a1 dadni,nistratîon de
as: GSn'tSiTgfiLa d ne cachait
de francs dans la production d’une lassitud^H1116 tcmps unc certaine
{te»™* de Jo^s métiagesL £ îrfdev?n; ,as dossiers de
I actionnaire principal de TF I a 1 î1151?11** de régulation de Taudio-
««hqué que sa chaîne ne pouvait V,sueL
, Cest M. Laurent Fabius, prési-
*a coproduction de films, ies activi- dent de l'AssemhiÀ- i™-
productions. “"If .qui d^ désigner prochai-
nement son successeur au CSA.
philatét.te
«nü* îZtSr zi r. “ c® anendue
t b Pannée. Les direo-
ûom des trois grands sont catégori-
qncs. Ponr renforcer sa conviction.
~ --«UH, a. uire canr ri^
Sr^SSHPOUi ?ré&;rV'Cr “ trés°K-
sk, quand même opulente; '
ANDRÉ DESSOT
SB" • '
y- .?.• £v*ÿ
I , U
à un ijflune de 3,2 % l’an
Les prix de détail ont augmenté
en octobre de 0,4 %, J’faidiS: cal-
culé par l'INSEE s’étant inscrit
Pour te mois dernier à 191,4, con-
wvJlP&SS ®?Ptembre sur la base
»oSrt i 9ÏÏ' ^ I?pport 4
^ hausse des prix est de
<e'3 Mais c«tte progression
azmuelte s<ms-estime le rythme réel
de rmflaüon en France, dans la
mestue où fa flambée momentanée
djs Pnx fa pétrole à l'automne
1990 avau fait grimper l’indice des
pnx. La hausse sur un an en est
automatiquement réduite. La pro-
gression annuelle sera plus forte à
partir de décembre: à la môme
époque, 1 année dernière, fa prix
de détail avaient en effet baissé
lorsque. les tensions étaient retom-
bées sur fa prix pétroliers. En réa-
nt£ sur les trois dernière mois, le
ntoe annuel de l'inflation est de
Iss ^prix alimentaires ont aue-
f+ ilîi d® 0,3 en octobre !j
60 un,an^ tes prix des 1
produits manufacturés de 0,3 % 1
également (+ L2 % en un an), du 1
îfKaïa.reIèv?ment des Prix du a
S?îfvi!fÆ*'<,es aervices de «
ÏSJ* t+ *<2 % en nn an), du fait a
notamment de la hausse des loyers s
l+ 1,3 » en un mois, + 53 % en u
un an). .
agriculture
Après k comité iateniiiiiistériel d’aménammfliit rfn torri tni«,
les syndicats agricoles jugent plutôt positives
les mesures du gouvernement
Après les décisions prises au
comité interministériel d'aménage-
ment du temtoîre, jeudi 28 novem-
SLf° * ^agriculture (préns
feeffifa pour la transmission
des biens, cr&ht (Pimpôt^ecbercbe,
augmentation de la déduction fiscale
pourautomancemcnt, détaxation des
« cajbnrants verts», le tout pour
«ymon 1 milliard de fanes), fa
reactions des organisations profes-
agricoles sont en général
positives.
E^un communiqué commun, la
riNbfcA (Fédération nationale des
cPiÿoitants agricoles) et h
CNJA_ (Centre national des jeunes
««rattfeais) estiment que «les dispo-
sions prises s'inspirera des demandes
Jormulies» par eux-mêmes et que
•JJ? * de réponse concrets
sont enfin apportés». Les deux oiga-
msattons notent que l’instanration
d’on dispositif de préretraite et TaDè-
Bernent des transmissions constituait
• des avancées importantes » en
faveur d'une restructuration «dyna-
mique et cohérente» de l'agriculture.
En revanche, la FNSEA et le CNJA
SSS? j1®5’ P°.ÜT œ Wi concerne la
fiscalité des exploitations, «beaucoup
reste encore à faire avant que la
ponté entre les sociétés de personnes
et les sociétés de capitaux soit
atteinte».
POnr sa part, r Assemblée perma- I
nente des chambres d’agricnlture
“^re que fa (faisions gouveroo-
ra®tates «vont dans le sens de l'at-
tente des agriculteurs», bien que fa
«fepœtofi sur la fiscalité «restent
trop anodes».
Lbe aussi en page 10 J
EN BREF ~
protetent contre le plan de
2îS2ff»ns
«nonaS, radi 28 novanb^ fa 1 050 “’pto“'
° La CEE membre de ta FAO. -
lfUrCOm des VOiX P°ar’ 6 “"ta « 3
oeux prochaines années. La nwcn» abstentions i»» mnnii j-
os- - - — Y**- aeuis les deux
repnésrotants du personnel - sur
- EMWHSh-nB
cit (fenviron 33 millions de francs
’T rr, de !W
- ftq/’®!7 “2|anLde ftan«. En
1991, le défiât prévu était de 46
millions de flancs pour un chiffre
£afr.ireç de 957 So“ mafa
te déficit devrait
«re cette année « légèrement infé-
rieur a ce qui était prévu». \
U PDG de l’AFP, M. Claude
dîSa? fDCÏ3ué que te Pten qua-
dnronal tancé en 1991 était en
bonne voie et que l’agence avait
1 fajgp «quatre seuils » ; Je chiffre
■ Sï™ devrait dépasser le mü-
sstÆssbï®
fk!Tfseat£nt plus w I
aux aïuïüvif1^ ,e mte *«« dû
aux abonnés «presse» (15%) à
j iliraner (25 K,) et à divü p^”
fetions techniques.
i’ato d’administration de
1 AFP a en outre décidé ta création
d un groupement d’intérêt écono-
^ association avec ta
société Cori^ destmé à favoriser
lexportation de ses logiciels et
* systèmes
^rfSaSementau;t’ d^à implan-
tes dans fa agences tunisienne et
S"'**?* (Ia TAP « te^MP?
a apprmivé la nomination
d une directrice des ressources
humaines, M-* Marie-Flora
Hakoun-Milleliri, qui occupa ce
poste au Monde de 1986 à 1990.
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f f (-» MBtEALi NOIRr..-. |
,-,iîiaiP‘^-e^in5îtra ''“te géné-
rale, lundi 2 décembre, un timbre
d-c 5 F appartenant à
artlï“ïu*. Qui reproduit
SSLœ,î?r* de Roberto Matta.
artiste (Tongme chilienne né en
1911, intitulée « O Tableau noir! »
48*^ i???' ** forFat horizontal
36.85 mm, mu en page par
Chartes Bndoux d’après l’œuvre de
Mana, est imprimé en héliogm-
P. J.
► Vente anticipée à Amiens
iV^SÏÏ'J S® ^ nov8fr'bra et
1 décembre, de 9 heures è
18 heures, au bureau de poste
temporaire c premier jour »
““""rt au 11. mai! Albert- 1*; le
30 novembre, de 8 heures è
12 heures, au bureau de poste
d-Amiens-RP (boite aux lettres
spéciale).
Rvbriqne réalisée
Par la rédactfos
da Monde des phOatéSites
S. ne Antotne-Bonrddk 75015 itarta
Ta : (I) 4045-29-27
Spérimea réceat sur demande
“otre 15 F es timbres
D ®®IÀTION : poussée en octobre
ao Japon. - las prix à ta consom-
raation au Japon ont augmenté en
!**?** dcJ’[% rapport à sep-
tembre - ta hausse ta plus impor-
tante en un an - et de 2,7 % ^
nppmt à octobre 1990. Qrtte pous-
s& d'inflation (après Q£ % en sep-
temtae) «t due essentieflemait à
One flambée des prix des fluita ct
ajwês le passage répété sur
Parchipel de typhons et de phiies
dduviCTDes g, septembre qui ont
dévasté de nombreux vergers et
■ serres. •■ . ...
— - - . . „„ — «i uuurs a es
prochaines années. La mesure
fappoa principalement fa Pays-
Bas (400 emplois supprimés) ainsi
ragne. aiF cédera certaines de ses
activités, on accord de princine
ayant d^jà été conclu avec Philips
**>ur vendre des activités de
reseaux de communication et de
de données éléctronî-
aaccusé une perte nette
d®.,"8 mahons de florins (690
mirons de francs environ) en
. ■ &3Hoii4e
PU^KTIf FINANCIÈRE .
^^rae^gtiemmits : 46-62-72-67 I
a^Xtastae Sddmabager dé Goeb-
wflfa paralysée par me grève.
Trois jours après le début du
conflit, les satanés de l’établisse-
iMnt Schtomberger de Guebwilier
(Haut-Rhin) occupaient toujours,
vendredi matin 29 novembre, le
; transformateur central, de l’usine,
paralysant la production de cette
usine dé machines textiles. Les gré-
, . . v wmuc pi j
attentions, le conseil de la FAO
(Organisation des Nations unies
pour l’alimentation et l’agriculture,
dont le siège est à Rome) a accepté
Que la CEE devienne membre en
tont Que telle de l’organisation,
t- est la première fois qu’une struc-
ture économique régionale intégrée
adhère â une agence spécialisée des
Nations unies.
a Précision sur le comité présidé
par M. Gandois. - Un comité de
dirigeants d'entreprise, convaincus
de ta nécessité de créer une dyna-
mique, pour changer le travail,, a
bien été constitué le 28 novembre,
n eâ présidé par M_ Jean Gandois,
PDG de Pedtiney. Mais, contraire-
ment à ce que nous avons écrit (le
Monde du 29 novembre), M« Mar-
tine Aubry, ministre du travail n’a
pas constitué ce groupe ni procédé
à cette nomination.
A Paris
Ouverture de l’Espace 1GN
/iünnstitut Biographique national
0GN) a rouvert, après trois mois de
travaux, son magasin de vente du
107, rue La Boétie, complètement
transformé et désormais baptisé
« Espace IGN ». Là, sur 650 mètres
““«s el deux niveaux. l’IGN pro-
P°re_ ses pnqses productions (cartes
à diverses échelles et photos
aeriennes), bien sûr, maie a»agi rfa
entes étrangères, des guides et des
sur (te nombreux pays, des
globes terrestres, des atlas, cartes
aacwnnes, des images prises de l’es-
paœ par 1e satdlite %>ot, des vidéo-
guides, des posters.
► Chnrart du lundi au vendrexfi
de 8 heures à 19 heures, le
deJO heures à 12 h 30
et de 14 heures à 17 h 30. Pour
se renseigner ou acheter par
TgWStn^ téléphoner au
to mlnitel au 36?S TgSTo”
tA*JSS7UT' ™ u
* iw2iJüente aux enchères
c 5008 frontières. -
s Médecins sans Frontières oroa-
s rase une vente aux enchères par
; le ministère de M» Renaud, cwn-
: ( à Paris, mardi
10 décembre à 15 heures, au
aège de I association. 8. rue
I ?ai”!'Safa,n- 75011 Paris
I ÏÏ^L835^1- Pour 'tienw è
bwn cette opération, le docteur
lîiîuï?*0' à l’°r,flfnB de
J. initiative, s est assuré le
STÏT8 60 1 expert Jean-Fran-
ço« Bron. qui a pu constituer
une rantane de lots : timbres
I Frlnce ^dom Attamiqfue sud,
,bn,.OC7|.trasb°ur9-) ; Monaco
JL.9’ ’ï™?* 1984 UPU (un
don des Nations unies); canes
I Bt y1305 0011 toôs pour
hSfkf11®"'- ^ tote "n™ visi-
I jii! matul * 13 vem«. de 10
a 12 heures. Liste sur demande
I I auprès de r expert, contre enve-
&SfeRÆ6^i,Jean_FranPojs
75nn8i4‘?' ?aten’e Rotais,
I ?«?°1 Paris. Tél. ■ fu
42-61-48-88). 1 '
I ruÛL i® ï0™ â ,a ur» du |
Monde des philatélistes. - Le ,
X°'}de des philatélistes )
I de décembre consacre un dos-
| sier d une dizaine de pages à ta
j tradition de Noël à travers tim-
ci cartes postales. En par-
: 'a® origines de l'arbre
| de Noël le «secrétariat du père
Noël» de Libourne, qui envoie
une carte postale à tous les
enfants qui lui écrivent, et ses
équivalents à l’étranger; le
ranne (rangifer tarandus) et
Çnristmas, petit bout dUe perdu br
«tans r océan Indien. Dans ce de
numéro également, Serge ce
^®n®P°ursult son répertoire nu
médit des cartes postales de ta éti
seconde guerre mondiale (le bri
Monde des philatélistes , 88 8e
P?9M. en vente en kiosques. Su
43 F) . 18
IBS n'ÏT^*- ’ Tout-Philatélie
(56. rue Lafayette. 75009 Paris) ^
En filigrane
* organise ses deux premières
ventes sur offres, closes les 2
r S °Jdécembre- Au catalogue.
. P*08 d® v«s mille lots compre-
nant de nombreuses marques
postales ainsi que des épreuves
ae luxe et d'artistes, essais, de
modernes et semî-modames de
France.
Va"te sur offres Lahirte (39,
rue Saints-Hélène, 69002 Lyon),
close le 7 décembre. Plus de
trois mille lots, dont bloc de
quane perforâ^lPA n* 6c,
daté du 16-9-1930 (prix de
départ 7 500 F); n* 18, 1F car- I
mm Napoléon (départ 14 000
n. Intéressante rubrique bibfio-
mèque philatélique.
r«!i0nt^.* prix nets Patrick
Lodron (Lignane, 13540 Puyri-
card). Près de deux mille lots au
catalogue dont classiques de
t-rance. timbres types, perforés.
Algérie, aviation, poste mari-
tej^ou guerres de 14-18 et
i * Pc^eot au Portugal. -
Le Portugal a émis une série de I
quatre timbres et un bloc-feuü-
lflt- lB 15 novembre, pour célé- I
_Rqp.rLÇ5AL._ ’/j
S? tâJ]
.i >
I iOî-TiTw ^
brer le Musée de l’automobile
de Caramulo, créé en 1953. qui
compte une soixantaine da
modèles, parmi lesquels six ont
été choisis pour illustrer les tim-
bres : Rolls-Royce. Mercedes-
Benz, Bugatti, Ferrari, Hispano-
Sutaa et Peugeot (type 19 de
1899). Le Portugal fait donc
mieux que la France qui n’a
jamais honoré son industrie
automobile.
jj .•C*'» ) sXjù
■Lit -.-.tÀtf ‘î*_— -
-i .
Confirmant ses bonnes performances à l'étranger
Alcatel sipe un contrat
de 1 milliard de francs au Pakistan
Le groupe français Alcaiel-Aisthom
a annoncé, jeudi 2S novembre, ia
signature d’un nouvel accord avec
r opérateur pakistanais des télécom-
munications, Pakistan TeJccom Cor-
poration. Ce contrat, évalué à 1 mil-
liard de francs, prévoit l'installation
d’un nouveau réseau de télécommt>
nications «dés en main •• destiné à
desservir, outre Karachi, les villes de
Quccta et Hydeiabab. pour une capa-
cité totale de 182 000 lignes numéri-
ques et prés de 200 kilomètres de
liaison en libre optique.
Répondant à un appel i d’offres
international lancé en janvier 1991,
le groupe Alcatel a finalement été
retenu - face à des concurrents
comme Siemens et Ericsson, -
a grâce .i ses capacités d'offre globale
Je Muuu*. précise-t-on au groupe.
D’ici au premier semestre 1993, le
projet sera en effet réalisé sous la
direction de la principale filiale de
télécommunications du groupe. Alca-
tel-CïT. associée à Alcatel Câble et
Alcatel Siette (division d'Alcatel Ita-
lia).
La vente de douze nouveaux cen-
traux de commutation Alcatel
1000 EI0. comprise dans l'accord,
permet au groupe français de devenir
le principal fournisseur de commuta-
tion numérique du Pakistan. Com-
plétant les installations déjà réalisées
par Alcatel sur le réseau du pays
depuis 1985. ce contrat porte en effet
à 352 000 le nombre de lignes numé-
riques de la firme française, soit plus
d'un tiers du réseau pakistanais exis-
tant. En outre, «ce n'est qu’un début
pour Alcatel v. déclare-t-on au groupe,
misant sur l'énorme potentiel de
1,5 million d'installations prévues
dans le plan quinquennal adopté par
le Pakistan pour ia période
1989-1994.
Ce nouveau contrat intervient à la
suite d’une forte augmentation des
activités à l’étranger d’Alcatel Ainsi,
environ 992 000 lignes numériques
ont été installées dans le monde par
le groupe depuis le début de l’année,
soit une hausse de 50 % par rapport
à 1990. Ces bons résultats sont à
ajouter à l’important contrat signé
par Alcatel dans les câbles sous-ma-
rins ile Monde du 1 2 octobre), ainsi
qu’à l'installation d’un vaste système
de radiotéléphonie en Australie,
accord que le groupe devrait officiali-
ser avant la lin de l’année.
En apportant 1,25 milliard de francs
La BNP détiendra 8,8 % du capital
d’Air France au plus tard en 2 OGC
L’accord entre la Banque nationale
de Paris et Air France sur l’augmen-
tation de capital de celle-ci, en dis-
cussion depuis juillet 0e Monde du
18 juillet), est ferme et définitif
depuis le conseil d’administration de
la compagnie nationale du
28 novembre : la BNP apportera, â
la mi-décembre. 1.25 milliard de
francs - soit 25 % de plus que prevu
- sous forme d’obligations rembour-
sables en actions (ORAL Actuelle-
ment, Air France est possédée à
99,S% par l’Etat.
Ces obligations sont considérées
comme des fonds propres et ne peu-
vent être remboursées qu'en actions.
Le 1er janvier de l'an 2 000 au plus
tard, la BNP recevra donc S.8 % du
capital d’Air France, dont la valeur a
été évaluée à 10 milliards de francs
par la compagnie financière Edmond
de Rothschild. En attendant cette
échéance, la BNP percevra un intérêt
annuel de 6,5 %, qui lui évitera de
faire les frais des déficits actuels
d’Air France (1,1 milliard de francs
au premier semestre 1991).
Avec l’entrée de la BNP dans son
tour de table. M. Bernard Attali, pré-
sident de la compagnie, met le point
final au montage financier qui lui
permettra de faire face à l’ambitieux
programme d’investissements qui
prévoit, par exemple, de dépenser
d’ici à 1993, 39,1 milliards de francs
pour acquérir soixante-six avions. Les
deux autres étages du montage sont
l’augmentation du capital en prove-
nance de l’Etat, pour deux milliards
de francs, acceptée la semaine der-
nière par Bruxelles, et rémission de
deux autres milliards de francs de
titres supplémentaires.
L’entrée d’une banque, fut-elle
nationalisée, dans le tour de table
devrait aider le président d’Air
France à persuader le personnel que
le temps où la compagnie se posait
en une espèce d’administration
aérienne est révolu et qu’fl est temps,
pour elle, de faire les bénéfices néces-
saires à son développement. .. _
Al. F.
□ Le président rTAir France retenu
par des salariés ifUTA. - M. Ber-
nard Attali, président d’Air France, a
été retenu plusieurs heures, jeudi
28 novembre, par des salariés de la
compagnie UTA, qui ont interrompu
une séance du comité d’entreprise
pour s'opposer à l’absorption d’UTA
par Air France, à partir du 1» janvier
1992. Les manifestants ont accepté la
proposition de M. Attali d'ouvrir des
négociations vendredi 29 novembre.
NEW-YORK, Clos
Les marchés commerciaux et
financiers étalent fermés -iux
Etats-Unis jeudi 28 novembre
pour la célébration du « Thank+gi-
ving Oay».
Création d'un organe
de surveillance des maisons
de titres au Japon
Le ministère japonais des
finances et le Parti libéral démo-
crate au pouvoir se sont mis d’ac-
cord pour créer un organisme de
surveillance des maisons de titres,
la création de cet organisme, pré-
vue pour juiBet prochain, fait suite
à la série de scandales sur le mar-
ché des titras (le Monde du
25 juin).
Des compagnies prestigieuses,
parmi lesquelles on retrouvait les
quatres grands du courtage nip-
pon - Nornura. Detwa, Niklco et
Yamarchi ont été accusées
d'avoir inégalement offert à leurs
meilleurs clients des compensa-
tions financières pour pertes
encourues sur ce marché. Dans le
soua d’éviter les pratiques bour-
sières déloyales, le ministère des
finances a déjà révisé en octobre
la loi régissant les marchés de
litres, prévoyant notamment des
sanctions plus gravas en cas d'in-
fraction.
TOKYO, 29 novembre 4-
Nouveau repli
Pour ia troisième journée
consécutive, le Kabuto-cho s'ast
replié vendredi 29 novembre. Le
marché nippon, qui avait ouvert
en hausse, a toutefois réussi à
terminer son parcours au-dessus
de ses plus bas niveaux de la
séance. En clôture, l'indice Nikkei
s'inscrivait à la cote 22 687,35,
soit à 93,01 points (- 0,41 %j.
en dessous de son niveau précé-
dent.
Comme è Pans, des rumeurs
ont circulé è Tokyo sur un nou-
veau coup d’Etat en ex -URSS, qui
avaient stoppé net la reprisa
(+ 150 points) initiée par deB
achats d'arbitragistes. Derechef,
une certaine morosité a envahi le
marché, a fl n'y a aucune raison de
conserver des vires maintenant et
tes opérateurs vendent à l'ap-
proche de ta liquidation des
futures / de la mi-décembre).
comme ils le font depuis trois
semaines », assurait un boursier.
PARIS, 29 novembre ■4
Poursuite de la baisse
Les valeurs françaises ont poir-
suivi leur mouvement descendant
vendredi à la Bourse de Paris. Après
une ouverture en hausse (+0,46%),
la tendance n'a oessé de se dégrader
par la suite. En fin de matinée, fin-
cfice CAC 40 enregistrait uns pan»
de 0.84 %. qu’il aggravât è 0,9 %
aux alentours de 13 heures. Plus tard
dans ta journée, r indicateur de la
place parisienne abandonnait 1,10 %
sous son niveau de la veSa.
Selon les opérateurs, cette dégra-
dation de tendance s'est effectuée
dans le sillage des autres places
européennes affectées par les pro-
pos du président de la Banque d’Etat
soviétique, selon lesquels l’Etat n’au-
rait que trois jours de trésorerie
devant lui. A ta mi-journée, Londres
perdait 0.77 % et Francfort en
cJôtLre abandonnait 1,36%. La fer-
meture de WaM Street, la veille, ne
faisait p3S l’affaire des Intervenants,
les privant un peu plus d'orientation.
Du côté des valeurs, peu de titres
se distinguaient, è l'exception de
Total, qui a la mi-séance gagnait 2 %
pour 94 OOO titres échangés. Un
porte-parole de Total a déclaré à
t'agence Reuter que la hausse du titre
était due à l'introduction lundi
2 décembre de la valeur dans la nou-
velle composition de l’indice
CAC 40. Un analyste confirmait que
les gérants de SICAV indicielles
- SICAV qui repiquent en totaSté ou
en partie lindk». le CAC 40 en l'oc-
curence - achetaient toujours avant
ce type d’introduction. DMC était
aussi très entouré et a fait l'objet da
plusieurs appteations. La titre peu
avant 14 heures gagnait près de 3 %
pour 20 OOO titres. Du côté des
baisses, Renier subissait quelques
prises de bénéfice, perdant 3,2 %
pou- 13 000 titres.
LONDRES, 28 novembre -4
Tassement
Le Footsie a clôturé en baisse
de 0.7 % jeudi è Londres, è
2 428,6 points. Malgré un bon
départ, le journée fut morose,
dominée par des prévisions néga-
tives sur révolution du Footsie et
da mauvaises perspectives pour
les détaillants malgré l'approche
des Fêtas. Le volume d'activité a
augmenté à 566,3 millions de
titres contre 548.5 la veiBe.
La force de la peseta espa-
gnole, qui diminue r espace vital
de fluctuation è la busse de la.
livre eu sein du SME, a renouvelé
Jes inquiétudes sur les taux
: u • m -71 fTTiTil FF
seront vraisemblablement pas
abaissés avant la fin de l’année.
Le titre Maxwell Communication
Corporation (MCC) a terminé en
recul, après l'annonce du report
de la publication dé ses résultats
semestriels. A l'inverse, Mlrror
Group' Newspapars (MGN), qui
pourrait être vendu pour résorber
les dettes de Maxwell, s'est
apprécié.
Akatri Otite
Amaé Aboobs
BAC.
Bq* Verras .
Baron fj/i
Bmsmfryori
CAl-d*Fr. (CCI)— .
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NotkNXM] 10 Cotation en pourcentage du 28 nouambM 1 991
Nombre de contrais : 113 783 .
LA BOURSE SUR MINITEL
36-15™
COURS
Denier —
TT. f
rreceoem .
PRIX D’EXERCICE
106
i
Volume : 10 918
COURS
Denier
TTi r.f . .
iTCOttm r—
. . ÉCHÉANCES
Déc. 91 Man 92 Jnm92
10530 HHJO 1B6J9
185,76 MS# 106J4
Options tur nstkmwl
OPTIONS D’ACHAT OPTIONS DE VENTE
Déc. 91 Mare 92~ Déc. 91 I Mais 92
(LOI | 1^8 I 0J3 1 UÔT~
CAC 40 A TERME
(MATFJ . " .
Novembre
_ i _
UCtuBuiC
1769 ~
JTO
FAITS ET RESULTATS
Un succès de la Treuhandanstait
La chaîne est-allemande Interhotel
vendue 7,5 milliards de francs
Deux promoteurs berlinois.
MM. Klaus Groenke et Axel Gutt-
mann, soutenus (far la Deutsche
Bank, ont obtenu de la Treuhand-
anstalt les vingt-neuf hôtels de la
chaîne est-allemande Interhotel, le
22 novembre, pour 2.2 milliards de
deutschemarks |7,5 milliards de
francs). Ils veulent consacrer
encore 680 millions de deuischc-
marks à rénover les hôtels et 350
millions à reconstruire l’un d’eux,
ce qui portera le prix de la cham-
bre à 300 000 DM. Mais ils comp-
lent revendre 50 ?»> de la chaîne
lorsque l’exploitation sera redeve- |
nue bénéficiaire, pour investir j
1.2 milliard de deutschemarks dans
la construction de douze autres I
hôtels dans l’ex-RDA. !
Le record a cependant été atteint ]
JOURNAL OFFICIEL j
Sont publics au Journal officiel 1
du jeudi 28 novembre 1991’:
DES DÉCRETS : ;
- N* 91-1195 du 27 novembre ]
1991 portant dispositions statu- :
taires applicables au corps des j
médecins de l’éducation nationale :
et à l'emploi de médecin de l'édu-
cation nationale - conseiller I
technique; I
- Du 27 novembre 1991 relatif
à la prise de participation de l’Etat
au capital de la société Distribu- 1
lion Monnaie de Paris intematio- \
nale: :
- N° 91-1197 du 27 novembre I
1991 organisant la profession [
d’avocat. <
UN ARRÊTÉ : i
- Du 25 novembre 1991 relatif j
aux péages autoroutiers.
par un des qu3trc établissements
d'Intcrhotel vendu à part, le Dora
Hoic! de Berlin, acquis par Lad-
broke. le propriétaire de la chaîne
Hilton, pour 305 millions de deut-
schcmarks. soit 6Ù0 000 DM la
chambre. Ces ventes constituent le
premier grand succès de la Treu-
hand. qui avait reçu deux cents
offres pour la chaîne, en dépit de
cent cinquante réclamations sur la
propriété des hôtels, notamment de
la part d’anciens propriétaires
expropriés du temps de !a RDA.
Sony, Apple et Motorola
s’attaquent ensemble
aux ordinateurs multimédias
Le japonais Sony et l'américain
Apple ont Lrouvé un second terrain
de coopéra tien. En association avec
Motorola (le fournisseur de toujours
d’Apple pour les microprocesseurs),
les deux partenaires vont plancher
sur fa nouvelle gcnêracion d’ordina-
teurs personnels» tes «multimédias»,
capables de transmettre images, son
et données. Cette nouvelle coopéra-
tion - pas encore officielle, mais
dont on savait qu'elle était en prépa-
ration - a été précisée, jeudi
28 novembre, par la presse japonaise
qui cite des sources industrielles.
Sony et Motorola ont ainsi acquis
chacun environ 5 % d'une filiale
d’Apple, connue sous le nom de
General Magic, qui sera chargée de
développer ces nouveaux produits
Sony fournira la technologie audiovi-
suelle et son savoir-faire dans les pro-
duits grand public, Motorola scs
compétences en matière de télécom-
munications. Apple coopère déjà
avec Sony sur les «Macintosh Power-
book». {le Monde du 22 octobre).
a Straiar-Facom : coup de vent. -
«f Les résultats du groupe se
contracteront très sensiblement en
1991. a déclaré le président de
Strafor-Facom, M. Henri
Lachmann. C'est un aeddem tle
parcours dans line conjoncture diffi-
cile. Mais nas fondamentaux sont
soins, sur des métiers non menacés,
ei nous sommes convaincus du
retour à la santé en 1992 . • En
attendant, le bénéfice net du
groupe reviendra, vraisemblable-
ment. de 380 à environ 200 mil-
lions de francs. Ceue chute est duc
en grande partie i des facteurs non
récurrents, notamment une perte
de 100 millions de francs sur la
filiale britannique récemment
acquise. Gordon Russell, à certains
frais de restructuration affectant la
filiale de mobilier de bureau Steel-
casc-Strafor, dont les effectifs ont
été ramenés de 6 7 00 fi 5 540 per-
sonnes. Dans l'ensemble du
groupe, une dégradation sensible a
été enregistrée depuis le mois
de mai. Te chiffre d'affaires de
Facom baissant de 20%. En 1992,
les investissements réalisés en 1991
(1,25 milliard de francs) devraient
produire leur plein effet, si la
conjoncture s’y prête.
c Philip Marris restructure ses
activités allmeataires. - Le groupe
américain Philip Morris (tabacs,
agro-alimentaire) a annoncé un
vaste plan de restructuration de ses
activités alimentaires et un pro-
gramme de rachat de ses propres
actions. La restructurai ion des acti-
vités alimentaires (Kraft General
Foods) vise fi réaliser 750 millions
de dollars (4,1 milliards de francs)
d'économies au cours des cinq pro-
chaines années. Les coûts de ce
plan de restructuration se tradui-
ront par une charge exceptionnelle
après impôts de 275 millions de
dollars ll.5 milliard de francs) au
quatrième irimcstre 1991. Philip
Morris a aussi affirme que son
conseil d’administration avait
approuvé un programme de rachat
de scs propres actions pour un
montant allant jusqu'à 2 milliards
de dollars au cours des deux pro-
chaines années. Les activités ali-
mentaires représentent environ la
moitié du chiflrc d'affaires de Phi-
lip Morris, le reste étant constitué
par les activités tabacs.
□ Philips : action en justice de
deux associa lions d'actionnaires. -
Deux importantes associations
d’actionnaires néerlandaise et alle-
mande ont intenté, jeudi
23 novembre, une action en justice
contre le géant électronique néer-
landais Philips qu'elles accusent
d'avoir idurni des informations
incorrectes sur la marche du
groupe d'octobre 1939 fi mai 1990,
selon un communiqué diffusé par
une des deux associations à La
Haye. Le Vereinigung van Effec-
tenbezitters (VEB) néerlandais et
sa consœur allemande Deutsche
Schutzvcreinigung fDr Wcrtpapier-
bcsitz estiment simplement avoir
été trompés par la direction sur les
perspectives de bénéfice du groupe.
Les (hits reprochés sc sont produits
avant l'arrivée du PDG actuel de
Philips, M. J an Timmer. initiateur
de l'opération Centurion, qui doit
permettre au groupe de réduire ses
coûts de production pour pouvoir
contrer plus efficacement la
concurrence japonaise.
□ CCF-Roya! Bank Scotland-
Baaco Santander : connexion des
systèmes infonastûpjes. - Le Cré-
dit commercial de France (CCF),
la Royal Bank of Scotland (RBS)
et le Banco Santander (BS) sont
parvenus jeudi 28 novembre à un
accord pour développer en com-
mun un système de communica-
tion en temps réel entre les ordina-
teurs des trois banques. Le système
IBOS (Inter-Bank One Line Sys-
tem) permettra aux clients de ces
banques de gérer leurs comptes et
d'effectuer leurs transactions, au-
delà des frontières nationales, dans
des conditions de rapidité et de
qualité de service semblables fi
celles dont iis bénéficient fi l’inté-
rieur de chaque pays, et ce dès
1 992. L*3ccord prévoit que de nou-
veaux services seront développés
entre les trois partenaires * grâce à
un programme de travail de cinq
ans», et que le réseau s’étendra
par l’entrée d'une banque impor-
tante de chaque pays européen.
□ L'OPA d’Arjo WIgglus AppkfoH
(A WA) sur Kanguras. - Premier
papetier de la Communauté écono-
mique européenne, Arjo Wiegins
Applcton (AWA) a décide de
«poursuivre ses négociations v avec
le distributeur espagnol de papier
Kanguros. Ce dernier a rejeté l’of-
fre publique d'achat lancée par
AWA en octobre, jugeant « insuffi-
sant » le prix proposé de
2 700 pesetas l'action, soit
145,80 F (le Monde du 23 octo-
bre). Un bureau d’analyse finan-
cière a estimé pour sa part cette
ofFre * largement sous-évaluée »,
estimant que le prix de l'OPA
devrait être fixé entre 3 400 et
4 200 pesetas.
□ Naissance de Rrgfcral AWiacs.
- Quatre compagnies régionales
françaises. Air Vendée, Air Exd,
Airiec et Air Transport Pyrénées
ont mis en commun taira lignes
régulières. La nouvelle société,
dont le siège est fi Nantes, s’appelle
Régional Airlines. Son capital est
détenu fi 60% par Air Vendée,
dont le PDG, M. Jean-Paul
Dubreu il, devient le patron du
nouvel ensemble. Régional Airlines
dessert vingt-deux villes, dont cinq
hors de France, avec treize appa-
reils. Les quatre compagnies mères
poursuivent séparément leurs acti-
vités dans la maintenance, les
avions-taxis et les hélicoptères.
CHANGES
Ddar : 5,577 F t
Au lendemain de la fête de
Thanksgjving aux Etats-Unis,
le dollar poursuivait son mou-
vement de hausse amorcé en
milieu de semaine. A Parts, ia
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(SBF, basa 1 0OO :3 1-12-87)
Indice CAC 40 1757,86 175488
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LE MARCHÉ INTERBANCAIRE DES DEVISES
COURS DU JOUR
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TAUX DES EUROMONNAIES
Ces cours pratiqués sur le marché interbancaire des devises nous sont indiqués en
fin de matinée par une grande banque de la -place.
MARCHÉS FINANCIERS
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30 Le Monde • Samedi 30 novembre 1991 •
MÉTÉOROLOGIE
SITUATION LE 29 NOVEMBRE A 0 HEURE TU
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DEPLACEMENT
Samedi : brouillards le matin,
soleil l'après-midi. - Le ciel sera cou-
vert le matin des Pyrénées aux côtes
atlantiques et à la Bretagne Quelques
petites pluies pourront se produire au
pied des Pyrénées.
Sur les côtes du Languedoc jusqu’à
la vallée du Rhône, des entrées mari-
times donneront un ciel gns.
Sur le reste du pays, les brouillards
domineront le matin. Us seront denses
mais la plupart se dissiperont pour lais-
ser place à du soleil l'après-midi.
Les températures minimales seront
de l’ordre de - 2 à 1 degrés dans le
Nord-Est, 2 à 4 degrés sur le Nord et
le Centre, 7 à 10 degrés de la Bre-
tagne au Sud-Ouest et à la Méditerra-
née. L'aprùS-iTudi. le thermomètre
atteindra 4 à 8 degrés dans le Nord-
Est. 8 à 12 degrés sur le Nord;; 10 è
14 degrés de la Bretagne au Centra.
13 à 15 degrés dans le Sud-Ouest et
15 è 17 degrés près de la Méditer-
ranée.
PRÉVISIONS POUR LE 1* DÉCEMBRE 1991 A 12 HEURES TU
TEMPERATURES maxima - «ninima et temps observé
Vafeurs extrêmes relevées entre le 29- 11-91
le 28-11-1931 à 18 heures TU et le 2S-11-19S1 à 5 heures TV
FRANCE
AJACCIO
BIARRITZ
BORDEAUX—
BOURGES
BREST
CAEN
CHERBOURG—
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MON.
GRENOBLE
LILLE
LIMOGES
LYON
MARSEILLE
NANCY
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moins 2 heures en été : heure légale moins 1 heure en hiver.
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Naissances
- M. Yws DUBIEF et M™,
née Isabelle Daroym,
Grazfelfa,
ont la joie d’annoncer la naissance de
Arnaud,
le 15 octobre 1991.
1. rue des Furiltés-dc-to-Résisiance.
88000 Epioal
Décès
- Lausanne (Suisse).
Aliné et Antonio Parra (Madrid),
Thérèse et Philippe Gindraux
(Genève).
Véronique et Paul Potocki (Paris),
Paul et Elke Agopian (Lausanne),
Michaël et Marte-Hélène Agopian
(Lyon),
ses enfants.
Ainsi que ses petits-enfants et
a rrière-pctiis-enfanU,
ont la tristesse de faire part du décès de
Joseph AGOPIAN,
survenu le 22 novembre 1991, à l’âge
de quatre-vingt-cinq ans.
Il a rejoint son épouse,
Achkbene AGOPIAN,
rappelée à Dieu le 20 juillet 1991.
- François Champagne de Labriolle,
Mire Ma rie- Bru no Chabalier,
Henri et Marguerite Roy,
Philippe et Dauphine Champagne de
LabrioQe.
Caire et Fabien Vaylet,
Jacques et Marine Champagne de
Labriolle.
Anne et Jean Toulon,
Leurs enfants.
Les familles Chabalier, Issenmann et
de Larminat,
Leurs amis,
ont la douleur de faire part du décès de
Jacqueline
CHAMPAGNE de LABRIOLLE,
née ChabaUer,
maître de conférences
à l'université Sorbonne nouvelle,
commandeur des Palmes académiques,
survenu à Paris, le mercredi 27 novem-
bre 1991.
La cérémonie religieuse sera célébrée
le samedi 30 novembre, à 10 h 45, en
la cathédrale Saint-Louis de Cboisy-lc-
Roi.
L’inhumation aurajjeu au cimetière
de Choisy-le-RoL
Cet avis tient lieu dé faire-part.
5, nie des Saints-Pères,
750Q6 Paris.
- Le club sportif La Cigogne
Hispano-Suiza
a le regret d’annoncer le décès de
Roger CHAZALON,
secrétaire du dub
La Cigogne Hispano-Suiza.
survenu le 30 octobre 1991.
Les obsèques ont eu lieu dans la plus
stricte intimité.
Cet avis tient lieu de faire-part.
- Christiane, Dominique, Véronique,
Et leurs proches,
vous expriment leur chagrin après le
départ de
Gérard GARROS,
survenu le 21 novembre 1991.
Les obsèques ont co lieu dans
l’intimité.
20, rue LacrctcJte.
75015 Paris.
C
THESES
Tarif Étudiants
50 F la ligne H.T
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CARNET DU JW*
— Alexandre Ghiohmih,
Anne-Laurence, Juliette et Vladimir
Ghmlamila,
Les collaborateurs de 1 agence d ar-
chitecture Ghiularniia.
ont la tristesse de faire part du décès de
M. Dirai tri GHIULAMILA,
architecte.
survenu à Paris, te 25 novembre 1991,
à l’âge de quatre-vingts ans.
L’incinération aura lieu au Père-
Lachaise, le lundi 2 décembre, â partir
de 10 b 30.
Cct avis tient lieu de faire-part.
8, roc Keppler.
751 16 Paris.
- Sa famille, ses amis et scs anciens
élèves,
ont la douleur de faire part du décès de
Loden LAUTREC,
peintre.
fondateur de l’Académie populaire
d’arts plastiques.
Levée du corps, lundi 2 décembre
1991, à 13 heures, i l’Institut médico-
légal 2, place Mazas, Paris- 12*.
Inhumation, à 13 h 45, au cimetière
de Thiais, porte principale.
Michel Lautrec.
21, rue Verte,
94400 Vîtry-snrSeine.
Pour rassembler témoignages et sou-
venirs, écrire à Pascale Buttaud, PTT
poste restante, 2 16, rue de Tolbiac,
75013 Paria.
[Né à Mmes ta 1 909. Lucien Iwtrec arriva 4
Paris en 1930. Après hna période figurative
auprès do groupa Forces nouvelles qui tenta da
ratmrar une tradtfon pMktt. son «ma éwh*
ms l'abstraction à partir de 1943. coohm sas
«nis da récolede Paris. Batama. Manesrieroo
La MoaL Après la guena. I a «garé notamment an
Sakm da liai, où Ton a pu voir sm compositions
d’une gamma cotoréo, oé las Usas d’azur et las
mts <r eau émanent. SaderafémiéPospecAiva
eu leu en 1990 au Mosée logras de MmBotau.]
- La famille de
M* Daniel PIZETTE,
née Henriette Marie Gaiz,
professeur agrégé HC
en retraite,
a la douleur de faire part de son décès,
le mois dernier, à Bordeaux.
a Et saehez-U : Je rais être avec
vous tous les jours jusqu'à ta fin du
monde. »
MatthieitoXXVIIL. J 6. t
- Le docteur Jeanne Aboudrar|
Salgo,
sa fille,
Brunc-Nassira Aboudrar,
Sophia et Jérôme RavaneL
scs petitvenfants,
Pierre-Camille,
son arrière-petit-fils,
ont la tristesse de faire port du décès de
Violette SALGO,
survenu le 23 novembre 1991.
Les obsèques ont eu lieu le
27 novembre dans l'intimité.
45, rue de Reunis,
75006 Paris.
- Franccfte et Pierre Sefigmann,
Et Simone Godcchot,
évoquent le souvenir de leur belle-
sœur,
Francy Araqjo SELIGMANN,
décédée le 9 novembre 1991, â
Pamaîba (Brésil).
et celui de
Marcel SELIGMANN,
(1910-1988),
'Kv
leur frère.
1 1 5, rue Srancas,
Sèvres.
4. Square ViUaret-de-Joycusc,
75017 Paris.
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60 BIS BUE DE PARIS 73000 5AINI-GERMAIfJ-É'MA3E - S RUE UES ARCHERS LYON 2
- Wolf (Wlfldyskw) SLAWNY,
reporter photographe,
est mort le 26 novembre 1991, à Paris.
il était né en Pologne en 1907.
Francis Slawny.
28. rue Robert-Doisy,
92160 Antraiy.
Jean Slawny,
17, rue du Javelot.
75013 Paris.
- M. et Kleinberg.
Et leurs enfants,
ont la douleur de faire part do décès de
M"* reave SZNAJDER,
née Marjant Szaster,
survenu le 24 novembre 1.991.- -
Les obsèques ont eu lieu dans l’inti-
mité, le jeudi 28 novembre, au cime-
tière parisien de. Bagnenx. .
Anniversaires
- Le 30 novembre 1988
- Pierre GRÉCO ./
nous gainait. -
Que ceux qui l’ont connu et ahné
aient une pensée pour lui.
tr Puisqu’il n'est pas de mots pour
tant d’ombre et de flammes—
SupcrvieUe.
- II y a dix-huit ans, le 30 novembre
1973, disparaissait
Pierre LAMBERT.
Que tous ceux qui ont connu le
socialiste, le résistant, le préfet ou sim-
plement l’homme, aient une. pensée
pour lui.
Av» de messe
- A b mémoire du matador
rhrtofam
MONTOOGQUIOL-NIMENO H,
une messe sera célébrée le lundi
2 décembre 1991, à 1 9 h 30, en la cha-
pelle Notre-Damc-derCompassion.
place du Général- Kcenig,. Paris- 1.7«
(près hdtcl Concorde-La Fayette).
De la part de tons ses amis de Paris.
Masses anniversaires
- Pour le premier damYsrsairc de la
disparition dé
Raymond JBOUBGLNE,
journaliste,
sénateur de Paris.
une messe de requiem sera célébrée
mardi 3 décembre 1991, à 18 heures,
en l’église de la Madeleine, place de fa
Madeleine, Paris-S'.
Que ceux qui l'ont connu, estimé,
aimé, aient une pensée pour sa
mémoire et la pérennité des valeurs
pour lesquelles il. a combattu.
De la part de
M** Raymond Botugine,
son épouse.
Sa ûuniilc.
Scs amis
Et ses coUabôrotcurs du groupe Vol-
moode.
Soutenances de thèses
- Paris-l-Sorbonne. lundi- 2 décem-
bre, i 14 heures, salle des Conseils,
12, place du Panthéon, escalier M.
Doctorat d’Etat dé M"» Annie Sartre-
Fs uriat : « Monuments funéraires, ico-
nographie et société en Syrie du Sud.
Kav.-YIDapk»
- Université Paris-VH, thèse de
doctorat en épistémologie et histoire
des sciences : • L'aberration des étoiles
« Téther de Fresnd (1729-1851) »,
présentée par Arnaud Mayrargue,
mardi 3 décembre 1991, à 15 heures,
salle des thèses, tour centrale, 2, place
Jussieu.
- Université Paris-lV-Sorboooe,
mardi 10 décembre 1991, â 9 h 30.
salle des Actes, 1. rue Victor-Cousin.
Afimh Bouviér: « Essai iTanthroposo-
, ckMojpe de l'aigpmeoiation philosophi-
que. Hétérogénéités et; dissonances
dans les MUitaüom métaphysiques de
Descartes et dans le Contrat social de
Rousseau » (sociologie).
CARNET DU MONDE
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alcools ; Nanterre, 14 heures :.
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14 b 30 : gravures, tableaux. . •
Dimanche 1" décembre
Argestenfl, 14 heures : mobilier,
linge: Baririzon, 14 h 30 : école de
Barbizon ; Chantilly, 14 h 30 :
vins, alcools; Enghlen, 14 h 30 :
art contemporain ; Eta opes,
14 heures : mobilier, otijets d’ait;
Joigny, 14 heures : mobilier, orfè-
vrerie; L’IsIe-Àdam, 14 h 30 :
tableaux russes; La Varenue-St-Hl-
laire, 14 heures : timbres ;
15 heures : Extrême-Orient;
Meaux, 14 heures : mobilier,
tableaux ; Neuilly, 14 h 30 : art
contemporain ; Rambouillet,
15 heures : tableaux modernes
Saiat-Germain-en-Lave, 14 heures :
mobilier, objets a'art. Sens :
14 h 30 : tableaux modernes; Ver-
sailles (Rameau), 14 heures::
tableaux modernes; Versailles
(Chevan - Légers), 14 h 30 : tapis,
tapisseries ; Versailles (avenue de
Sceaux), 1 1 heures : faïences, ver-
rerie; 14 b 1 5 : mobilier, objets
d’art ; Versailles (Palais des
congrès), 14 heures : mobilier,
objets d’art
PLUS LOIN
Samedi 30 novembre .
Asc b, 10 heures et 14 h 30
vins; Bordeaux. 20 heures ; gratis*'
terie, bijoux; 14 h 30: mobilier,
objets d*art; Bourges, 10 heures et
14 heures, bvres et cartes postales;
Brest, 14 h 30; livres; Caban,.
10 heures et 14 heures : livres;
Dijon, 14 heures :. monnaies r.
Fécarap : 14 h 30 : art d'Asie; La
Roche-sur-Yon, 14 heures : inobi-
. fier; objets ttfart; Land, 14 heures :
vins; Limoges; 14 lL 30 : mobilier,
friarseflle (Castefiane), H boires^
mobifièr, objets d'art; Mon^elliw,
14 heures,\argentene, mobilier ;
Montrlcbard, 14 h 30 : mobilier,
objets d*axt; Neuville de Pbiton,
14 h 30 photographies, tableaux;
Périgoenx, 14 heures : objets d’ait,
tablrâux; Sanmnr, 14 b 30 : mobi-
lier, céramiques; Varœs, 14 h 30 :
mobilier, objets d’art; Vicky,
14 beoro : instruments de musi-
que-
Dimanche lw décembre
Arles, 14 heures : mobilier,
objets d’art; Anton, 14 Ïr30 : par
vures, peintures: Beaalwn-ar-lner,
14 h 30: mobilier, objets d’art;
Calais, 10 heures et 14 h 30 : vins,
argenterie, mobilier ; Coûtantes,
T 4 h 30 tableaux: modernes ;
Douai, ..'I4-h 30:. tableaux
modernes; Evrenx, 14 h 15 : art
d’Asie; Glen, î4 hrarœ, mobilier,
objets d’art; Granville, 14 h 30:
mobilier; bibelots ; Guéret,
14-hentes : mobilier, tableaux ;
.. Issovdan, 14 h 30 : mohifier, objets
d’art; Laigle; 14 faeuzes : taldeaux
modernes ; Lonviers, . 14 h 15 :
vins; Lyon (placé Jules-Ferry),
15 heures: mobilier, objets d’art;
Marseille (CasteUane), 10 h 30:
tableaux; 14 h . 30: archéologie;
Mayenne, 14 heures. rHijoux,
argenterie; Metz, 141 heures .-mobi-
lier, objets d’art ; Moulin»,
14 heures : mobilier; Nevers,
.14 heures : argenterie; bijoux ;
Rocbefort, 1 4 h 30:: mobilier,
tableaux ; SainJ-rDlé, 14 heures:
millier, gravures; Saint-Etienne,
14 h 30 : céramique, mobilier ;
Valence,- 10 heures et 14 h 30:
vint.,*
r : FOIRES ET SALONS
Mnrüffle (Eglise Sainte-Anne),
Ajaccio, Clermont-Ferrand,
Angtontfroe, Roubaix, Enghies-ks-
Bans, Marignane, Saint-Araand-
Montrôad, Evrenx, Goéret, Limoges
et Foutaise. .1 .
p- 1 4 f.tt- [j-
L1..-' -
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■MWÉITlTJJ
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bdmBu
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1£X’4?Û 715 QMME 40ÛD00 F
1
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Le Monde • Samedi 30 novembre 1991
RADIO-TELEVISION
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IMAGES
PIERRE GEORGES
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Le suivi cruel de l’information
Samedi 30 novembre
C'EST (a chronlque-smère
des lendemains de
guerre en Irak. Dans ta
bartteua de Bassorah, une cité.
On pourrait tout aussi bfan dire
un doaque, la survie dans un
égout & étal ouvert, entre les
ordures, la putréfaction, les
mouches. La cité, depuis dix ans,
depuis trois guerres, contre l'Iran,
contre les affiés mais aussi este,
chrita. qui lut féroce, vit dans la
pénurie, le dénuement, l’oubli
presque absolu.
La vie sociale àtatSne, dans ta
plus élémentaire nécessité maté-
riels l'eau potable, le gaz pour
cuire les afiments, l'éfecüfcné. un
réseau d'égouts est comme niée.
Encore ne parte*on pas du
ravitaillement, rationné. Il est
réparti prioritairement, selon las
critères habituels des dictatures,
aux plus méritants des séides,
aux privilégiés du régime. Et,
dans le sud de l'Irak, les chûtes
relèvent rarement de cette caste.
Sauf ceux qui sont dans l’armée,
la police ou (e parti. Sauf les
veuves de ceux qui y furent et
ont droit d'achat dans las maga-
sins d’Etat où tes arrivages du
jour ressemblent è un maigre
inventaire de Prévert.
Malnutrition, fièvres, gastro-
entérites, (as enfants, tas nou-
veau-nés surtout meurent par
dizaines de miSers. Selon fUNl-
CEF, 63 000 d'entre eux seraient
déjà morts au cous des huit der-
niers mois. Et 350 000 nfams
irakiens de moins de cinq ans
sont en danger de mon, cet
hiver. Ce qu ne veut pas dire
que ta situation soit aussi drama-
tique partout. A Bagdad les mar-
chés sont moins frappés par ta
pénurie que par une inflation
galopante et par tous les profi-
teurs de paix qui vivent des m3le
traficotages.
Tout cela, un reportage d’c En-
voyé spécial a l'a raconté et
montré. Un reportage dira son
auteur, Françoise Joly, effectué
fixement, sans suvefiance parti-
culière, ni intanfit des autorités
irakiennes. Ce qui n'axdut pas
que cette liberté accordée ait été
aussi calcul politique. L'Irak, tou-
jours soumis è l'embargo écono-
mique, pourrait ainsi user de son
ultime arme médiatique, la
famine. Voire en organisant ta
pénurie.
A dire vrai, quand bien môme
un semblable calcul existerait,
cela ne changerait pas grand-
chose è l'évidence. Les guerres,
chirurgicales ou non, les guerres
CNN, engendrent des paix qui ne
sont pas jofiea à voir. B est â le
suivi, même cruel, de l'informa-
tion : les images sont passées,
en quelques mois, de ta punition
infligée au dfctateur à cette inutile
souffrance imposée au peuple
irakien.
Les programmes complets de radio et de télévision sont publiés charpie
semaine dans notre supplément daté «Smanche-lundi.
Signification des symboles : ► signalé dans « le Monda radio- télévi-
sion s ; a Film è éviter ; ■ On peut voir ; mm Ne pas manquer ; as a
Chef-d'œuvre ou classique.
Vendredi 29 novembre
TF 1
20.40 Variétés : Tous à la Une.
22.35 Magazine:
Si on ae disait tout.
23.45 Sport : Boxe. Poids plume :
Stéphane Heccoun (Francs) -
Steve MeCrory (Etats-Unis).
0.55 JoumaL Météo
et Bourse.
A 2
20.45 Jeu : Fort Boyard.
22.05 Divertissement:
- - Profession comique.
Gérard Jugnot.
23.05 1; 2. 3. Théâtre.
23.16 Cinéma : Muriel. ■■■
FS m français cf Alain Ras nais
11962).
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SAMEDI A II H 30 .
SUR fl?*
20.10 Sport: Tennis. Coupa
Davis : finale, en direct de
Lyon.
21.25 Magazine : Thatassa.
. Les Vaisseaux du désert
(2* part»).
22-20 ta Magazine :
Caractères. Les écrivains
voyageurs. Sybille Bedford
(Vœrre i Don Otwrio ; Puzzle) ;
Nicolas Bouvier (Chronique
japonaise: le Pois son-scor-
pion : Journal d'Iran et d'au-
tres Peux); Stéphane Breton
(tes Fleuves immobiles : Des
hommes nommés brama) ;
Guy Deieury (tes Indes floris-
santes, ï,anrhategte des voya-
geurs français 1750-1820 j.
23.20 Journal et Météo.
23.40 Ecrire contre ('oubli.
Robert (Cramer et Hubert
Reeves (Pérou).
23.45 Magazine : Musicales.
CANAL PLUS
— — fri dak jusqu'à 20,30
20.05 Sport : Football. Nantes-
Bennes (1- division).
22.50 Rash d'informations.
22.57 Le Journal du cinéma.
23.00 Cinéma :
La Putain du roi. ■
Film franco-italo-britannique
d'Axel Corti (1990).
1.05 Cinéma : Jean Galmot
aventurier. ■
Film français d'A. Maline
(1990).
LA 5
20.50 Téléfilm :
Chassé-croisé mortel.
22.35 Téléfilm : Double vie.
M 6
20.40 Téléfilm :
La Plate-forme de l'enfer.
22.20 Série : Equalizer.
23.1 5 Magazine : Emotions.
charme et érotisme.
23.45 Magazine : Culture rock.
La Saga du fofle H. Auffray.
LA SEPT
20.55 Cinéma d'animation :
Images.
21.00 Téléfilm :
Warburg (3* partie).
22.35 Série : Photo-romans.
Le Cicatrice / Strasbourg.
22.50 Téléfilm :
La Victoire en dansant.
FRANCE-CULTURE
and
20.30 Racfio-archivôs.
21 .30 Musique : Black
Blue.
22.40 Les Nuits ma
. L’Art d’aimer \f ,_
0.05 Ou jour au lendemain.
0.50 Musique : Coda.
FRANCE-MUSIQUE
20.05 Concert.
(donné le 6 novembre au
ChSteiet) : Parade, ballet réa-
liste eq un tableau, de Satie ;
les MameSes de Tirôslas, de
Poulenc ; L’Enfant et les Sorti-
lèges,.de Ravel.
23,07 Poussières d'étoiles.
TF 1
13.15 Magazine : Reportages.
IVG... une affaire de femmes.
13.50 Jeu : Millionnaire.
14.10 La Une est A vous.
Avec la série Man Houston.
17.15 Divertissement:
Mondo Dingo.
17.45 Magazine :
Trente millions d'amis.
18.15 Jeu : Une famille en or.
18.45 Série : Marc et Sophie.
19.15 Jeu:
La Roue de la fortune.
19.45 Divertissement:
Le BébâteShow.
19.50 Tirage du Loto
let h 20.40).
20.00 Journal, Tiercé,
Tapis vert et Météo.
20.45 Variétés:
Sébastien c'est fou !
22-35 Magazine : Ushuaia.
En Namibie (3* partie). Spécial
eau.
23.35 Magazine :
Formule sport.
Spécial football; Spécial fun
board.
0.55 Journal et Météo.
A 2
13.25 Magazine : Résistances.
Spécial Kurdistan. Les
Oubliés; Les Yeux du souve-
nir. Invités : Jean-Christophe
Rufin, Patrice Franeaschi.
14.15 Magazine :
Sport passion.
Tennis.
17.00 Série : Les Cinq
Dernières Minutas.
18.30 Jeu:
Dessinez, c'est gagné!
18.50 Documentaire:
Des trains
par comme les autres.
Les Etats-Unis.
19.50 Trois Minutes pour faire
tire. Autres rivages, de Vladi-
mir Nabokov.
19.54 Jeu : Noël surprise
(et b 20.40).
19.59 Journal et Météo.
TF 1
13.20 Série' Hooker.
14.15 Série : Rick Hurrter
inspecteur choc.
15.10 Série : Cohimbo.
16.35 Disney parade.
18.00 Magazine : Téléfoot.
A 19.00, Loto sportif.
19.05 Magazine : 7 sur 7.
Invité : Jacques Delors, prési-
dant de le Commission des
Communautés européennes.
20.00 Journal, Tiercé. Météo
et Tapis vert.
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CANAL JIM M Y
SUH L-fc. üAÜLt
20.50 Cinéma
LaFoGe
des;
Film
22.40
Yves
doza.
mdeurs. sa
içata de Gérard Oury
. Avec Louis de Funès.
ntand, Alberto Man-
Magazine :
Cina dimanche.
22.45 Cinéma :
Portée cfispams 2. □
Rbn américain de Lance Hool
(1985).
0.25 Documentaire :
France- Israël.
1,20 Journal et Météo.
A 2
13.20
14.55
17.45
18.35
18.45
19.25
19.54
19.59
20.45
22.25
23.45
Dimanche Martin
(et b 15.50).
Série : Mac Gyver.
L'Odyssée sous-marine
de l'équipe Cousteau.
1.2. 3. Théâtre.
Magazine : Stade 2.
Série : Maguy.
Jeu : Noël surprise
(et è 20.40).
Journal et Météo.
Série : Maigret
Magazine :
Bouillon de culture.
Invitée : Hélène Carrère d'En-
causse.
Ecrire contre l'oubli.
*
%:
LF DIMANCHE
SUR ANTENNE 2
- - T
1er Décembre
Sid Ahmed GHOZALI
Premier Ministre de l'Algérie
Rediffusion a 1 heure du malin
20.45 Magazine :
La Nuit des héros.
22.30 Magazine : Double jeu.
23.40 Ecrire contre l’oubli.
Chantal Akerman et Catherine
Denouve pour Febe Elisabeth
Velasquez (Salvador).
23.50 Série : Un juge, un flic.
0.50 Journal et Météo.
FR 3
13.00 Télévision régionale.
14.00 Variétés : Eurotop.
— De 15.00 à 19.00 U Sept —
19.00 Le 19-20 de l'informa-
tion.
De 19, 12 à 19.35, le journal
de la région.
De 20.00 à 0.151s Sept
0.15 Magazine :
L'Heure du golf.
CANAL PLUS
13.36 Téléfilm:
La Dernière Chasse.
1 5.00 Le Journal du cinéma.
15.30 Sport : Judo. Racing-Bertin.
1 7.05 Les Superstars du catch.
En dair jusqu'à 20.30
18.00 Décode pas Bunrty.
19.05 Dessin a ramé :
La Grande Supercherie.
19.30 Flash d'informations.
19.35 Le Top.
20.30 Téléfilm : Comment
se débarrasser
d'un mifiion
en un week-end.
Deux minables à la tête d'une
fortune.
22.00 Les Nuis... l'émission.
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23.05 Cinéma : Freddy 5.
l'enfant du cauchemar. □
Film américain de Stephen
Hopkins (1989).
0.30 Cinéma :
Dames galantes. ■
Film franco-rtalo-canadien de
Jean-Charles Tacchella
(1990). Avec Richard Bohrin-
er, Isabelle Rossellini,
arianne Baster
B
LA 5
13.20 Série:
Sur les lieux du crime.
14.40 Spécial drôles d'his-
toires.
15.10 Tiercé à Saint-Cloud.
15.50 Série :
Le Retour
de Mike Hammer,
1 6.45 Série : Riptide.
17.35 Série:
La Loi de Los Angeles.
18.25 Magazine : Intégral.
Le Salon de la moto.
19.00 Série : L'Enfer du devoir.
20.00 Journal et Météo.
20. 40 Journal des courses.
20.50 Série : Perry Mason.
Meurtre à l'archevêché.
Une sœur injustement soup-
çonnée.
22.30 Feuilleton : Shogun.
23.30 Journal de la nuit.
M 6
13.55 Série ; Supercopter.
14.50 Série : Laredo.
15.45 Série : Les Aventures
de Papa- Poule.
16.45 Série : Hong-Kong
Connection.
17.35 Série : Le Saint.
18.25 Série : Les Têtes brûlées.
19.20 Magazine : Turbo.
19.54 Six minutes d’informa-
tions.
20.00 Série : Papa Schultz.
20.30 Informations :
Bonne Nouvelle.
20.40 Téléfilm :
Prête-moi ta vie.
Deux sœurs jumelles échan-
gent leur quotidien.
23.45 Six minutes d'informa-
tions.
23.50 Musique :.Rapiine.
LA SEPT
13.30 Téléfilm : Warburg.
15.00 Documentaire :
Mozart et la musique
de chambre.
1 . L'Enfant de l’Europe.
Dimanche 1er décembre
23.55 Documentaire :
Damiers Far West.
0.45 Journal et Météo.
FR 3
1 3.30 Magazine :
Sports 3 dimanche.
Tennis.
1 8.00 Magazine : Montagne
(sous réserve de la durée de
la finale de Coupe Davis),
Train de poudre.
18.30 Jef.
19.00 Le 19-20 de l'informa-
tion.
De 19.12 à 19.35. le journal
de la région.
20.05 Les Fables géométriques.
La Grenouille et fe Boeuf.
20.10 Série : Benny Hitt.
20.45 Cirque :
Les Beaux Moments.
(1- partie).
Version internationale de t la
Piste aux étoiles ».
22.00 Magazine : Le Divan.
Invité : Gérard Mermer,
sociologue fFrancosco-
pie91).
22.25 Journal et Météo.
22.40 Ecrire contre l'oubli.
Jean Becker et Philippe Noiret
pour Joaquim Berna Boringue
(Guinée équatoriale).
22.50 Cinéma :
Tout ce que le ciel
permet. ■■
Filjr
0.20
:ilm américain de Douglas
Sirk (1955). Avec Jane
Wyman. Rock Hudson.
Agnes Moorehead (v.o.).
Musique :
Carnet de notes.
CANAL PLUS
14.00 Série:
Le Gang des tractions.
1 5.30 Magazine : 24 Heures.
16.25 Ecrire contre l'oubli.
Jean Becker et Philippe Noiret
pour Joaquim Elema Boringue
(Guinée-Equatoriele) .
16.30 Documentaire:
Pièges de strie.
17.00 Les Nuis... ('émission.
17.56 Le Journal du cinéma.
18.00 Téléfilm:
Les Cahiers bleus.
En doir jusqu'à 20.30
19.20 Flash d'informations.
19.30 Çacartoon.
20.20 Dis Jérôme ... ?
Le disque laser.
20.25 Magazine :
L'Equipe du dimanche.
Présentation du sommaire.
20.30 Cinéma :
Potins de femmes. □
Fîkn américain d’Herbert Ross
(1989).
Flash d'informations.
22.20
22.30
1.10
L'Equipe du dimanche.
Football ; Football américain.
Cinéma :
Les Cavaliers
de la terreur. ■
Fflm franco-ftato-espagnol de
Mario Costa (1963).
LA 5
13.20 Téléfilm :
L'Espace d'une trie.
(1- partiel.
15.Q5 C'est pour rire.
15.10 Tiercé à Auteuil.
15.50 Série :
Un privé nommé Stryker.
17.25 Divertissement:
Dimanche et la Belle.
19.00 Magazine : Dimanche
19 n Qkabbach.
Invités ; Raymond Barre. Ray-
mond Davos.
20.00 Journal et Météo.
20.40 Journal des courses.
20.50 Cinéma :
Le Grand Pardon. ■
Film français d'Alexandre
Arcady (1981). Avec Roger
Hanin, Bernard Giraudeau,
Jean-Louis Trimjgnam.
23.10 ta Magazine :
Reporters.
Jeux vidéo : le vires nazi;
Zaïre : la décomposition ;
Berne : le parc de la drogue;
Un village du Moyen-Age.
23.15 Ecrire contre l'oubli.
Jean Becker et Philippe Noiret
pour Joaquim Elema Boringue
(Guinée équatoriale).
0.15 Journal de la nuit.
M 6
13.00 Série:
Mission impossible,
vingt ans après.
14.00 Musique : Flashback.
14.50 Variétés : Muttitop.
16.20 Série : Clair de lune.
17.15 Série : Le Saint.
18.05 Série :
Les Routes du paradis.
19.54 Six minutes d'informa-
tions.
20.00 Série : Cosby Show.
20.30 Magazine : Sport 6.
20.40 Téléfilm :
Prise au piège.
Une infirmière toxicomane et
alcoolique.
22.20 informations :
M 6 express.
22.25 Capital.
22.35 Cinéma :
L'Auberge
des voluptés, c
FHm français de Bob W. San
dars (1984).
0.00 Six minutes d'informa-
tions.
0.05 Magazine : Sport 6.
0.10 Magazine :
Métal express.
Spécial Queen.
LA SEPT ‘
16.00 Documentaire :
Cinémémo.
16.45 Portraits d'Alain Cava-
lier.
9. La Souffleuse de verra.
1 7.00 Magazine :
Avis de tempête.
18.55 Documentaire :
Le Louvre.
20.00 Le Dessous des cartes.
20.05 Histoire parallèle.
21.00 Yehudi Menuhin, un por-
trait de famille.
22.50 Le Courrier des téléspec-
tateurs.
22.55 Soir 3.
23.10 Ecrire contre l'oubli.
23.15 Documentaire : Machitu,
a Latin Jazz legacy.
De Carlos Oms.
0.10 Cinéma d'animation :
Images.
0.15 Documentaire :
Tendresse et colère.
FRANCE-CULTURE
20.30 Photo-portrait.
Jean-Maurice de Montrémy.
rédacteur en chef du maga-
zine Lire.
20.45 Dramatique. Appel de per-
sonne à personne, de Fran-
çois Billetdoux.
22.35 Musique : Opus. Les cem
guitares électriques de Rhys
Chatam. concert enregistré le
25 septembre lors du Festival
Musica à Strasbourg.
0.05 Clair de nuit.
FRANCE-MUSIQUE
15.30 Théâtre :
Madame de La Carfière.
Pièce de Drderot, mise en
scène de Pierre Tabard.
1 6.35 Documentaire :
Mémoires du XX> siècle.
Emmanuel Levmas |1~ partie).
17.30 Téléfilm :
La Victoire en dansant.
19.05 Documentaire :
Les Kayapo.
1. LB3 Kayapo de Gototire.
20.00 Ecrire contre l'oubli.
20.05 Documentaire : L'Héri-
tage de la chouette.
20.30 Opéra (en direct de Covent
Cardan! : Simon Boccanegra,
opéra en un prologue et trois
actes, de Verdi, par le Chœur
et 1'Orchesue de Covem Gar-
den. dir. Sir Georg Solti;
sot. : Kiri Te Kanawa, Alexan-
dra Agache. Michael Sylves-
ter, Roben Scsndiuzzi. Alan
Opie.
23.05 Poussières d'étoiles.
20.30 Le Courrier des téléspec-
tateurs.
20.35 Cinéma :
Las Cannibales. ■■
Film portugo-français de
Manoet de Otiveira (1987).
22.1 5 Court métrage : Le Pain.
22.40 Le Dessous des cartes.
22.45 Cinéma :
Boris Godounov. ■■■
Film franco-hispano-yougos-
lave d'Andrzej Zulawski
(19891.
FRANCE-CULTURE
20.30 Atelier de création radio-
phonique. Claude Vivier ou
la montée au ciel de l’homme
qui riait toujours.
22.35 Musique : Le Concert
imaginaire du GR M. La
Complainte du Bossué. de
Savourer, par Frédéric Slochl,
voix et contrebasse, et Daniel
Teruggi, traitements Syter;
Gaspard de la nuit, de FLsval.
par Martha Argerich. piano ;
Son Entera pour soprano,
ténor, basse et ordinateur, de
Vinao. par l'Ensemble Stngcir-
cle, dir. Gregory Rose: Cla-
vier bien tempéré, de Bach,
par Glenn Gould, piano; Les
Soulèvements, de Renouard-
Larhnère.
Q.05 Clair de nuit.
FRANCE-MUSIQUE
20.30 Concert (donné les 6 et
7 décembre 1990) : Invitation
à la valse op. 6b. de Weber
(orchestration de Berlioz) :
Concerto pour violon et
orchestre, de Berg : Sympho-
nie n* 3 en mi bémol majeur
op. 55. de Beethoven, par
l'Orchestre symphonique de
ta radio de Francfort, dix. Syl-
vain Cambrefing: Frank-Peter
Zimmermann, violon.
23.05 Poussières d'étoiles.
Safomé. de R. Strauss ;
Champagne majeur, de Frize.
HEURES LOCALES
Le supplément
consacré à la vie
et aux initiatives
des communes,
départements
et régions
32 • Samedi 30 novembre 1991 ••
Quand des enfants
manifestent au Brésil
Des milliers d'enfants des
rues ont défilé à Rio-de-Ja-
neiro. jeudi 28 novembre,
après que six enfants de neuf
à dix-sept ans ont été abattus
dans une banlieue de cette
métropole. On estime à huit
millions le nombre d'enfants
sans logis au Brésil, qui vivent
en mendiant ou en volant. Ils
sont devenus la rible d'esca-
drons de la mort et de tueurs à
gages, et plus de deux mille
d'entre eux auraient été tués
au cours des quatre dernières
années. - {Reuter .)
Pour délit d’ingérence
Une information judiciaire va être
ie président du conseil général des
SUR LE VIF
CLAUDE S4RRAUTE
M1* Carrère d’Encaasse
reçue sous la coupole
La cérémonie de la réception,
jeudi 2$ novembre, sous la coupole
de M"« Hélène Carrère d’Encaussc.
troisième femme à avoir force le
barrage de l'Acadcmic. était pro-
mise a un celât tout particulier.
L'apparition radieuse de la nou-
velle académicienne, dont l'habit
vert se terminait par une longue et
élégante jupe noire, fut longuement
applaudie.
Son remerciement aussi, lu dans
un débit rapide qui. pour évoquer
la carrière politique de son prédé-
cesseur. Jean Mistler. avait su l’in-
tégrer dans l'histoire des dernières
convulsions de la III» République.
M. Michel Déon, chargé de rece-
voir M« Carrère d’Eneausse, s'est
attaché à extraire des ouvrages de
la célèbre soviétologue, la vision
synthétique d’une URSS totalitaire
depuis son avènement jusqu'à un
éclatement qu’elle avait prévu.
J.-M. D.
► Le Monde publiera demain
(numéro daté dimanche-lundi) le
texte des deux discours.
Dans un arrêt rendu le
28 octobre dernier, la chambre
criminelle de la Cour de cassa-
tion a requis l'ouverture d'une
information judiciaire, pour délit
d'ingérence, à l'encontre de
M. Charles Ginesy, sénateur
(RPR) et président du conseil
général des Alpes-maritimes et
«tous autres». EHe a désigné
comme juridiction d’instruction
la chambre d'accusation de la
cour d'appel de Grenoble (1).
NICE
de notre correspondant régional
Cette procédure fait suite à une
plainte déposée le 4 décembre 1990,
auprès du procureur de la Républi-
que de Nice, par cinq personnalités
socialistes ou proches du PS (2).
M. Ginesy était visé en sa qualité de
président du syndicat intercommu-
nal de Valbeig, regroupant les com-
munes de Péone - dont il est maire
- et de Guillaumes. En janvier
1987, cet organisme, largement sub-
ventionné par le conseil général,
avait fait appel aux services de trois
sociétés privées auxquelles il avait
concédé l’exploitation des centres
d’activités et de loisirs d’été et d’hi-
ver de la station de sports d’hiver de
Valberg (située sur la commune de
Péone).
Or le fils de M. Ginesy, Charles-
Ange, également vice-président du
syndical, était actionnaire majori-
taire de ces crois sociétés : la société
d’exploitation (tes remontées méca-
niques, celle des téléphériques fran-
çais ainsi que la société des équipe-
ments sportifs de Valberg. Les
plaignants estimaient donc que 1e.
délit d’ingérence était constitué -
par interposition de personnes -
bien que M. Charles- Ange Ginesy
ait cédé, le 18 novembre 1988, l’en-
semble de ses parts dans tes trois
sociétés à la SA FIRECA, présidée
par sa propre épouse.
Créée le 10 décembre 1987 et
ayant son siège à Gignac-la-Nerthe
(Bouches-du-Rhône), cette société a
pour seule activité la prise de par-
ticipations financières. Selon l’art tde
ouverte contre
Alpes-Maritimes
175 du code pénal, l’intention frau-
duleuse n’est pas exigée pour que
l’infraction soit reconnue et il n’est
pas nécessaire que les personnes
incriminées en aient retiré un profit
(en 1989, la FIRECA aurait enregis-
tré une perte de 437 000 francs).
Le parquet général de Grenoble
devrait requérir, dans les prochains
jours, l'ouverture d’une information
judiciaire à la fois contre M. Charles
Ginesy et son fils. La chambre d’ac-
cusation de la cour d’appel désignera
alors en son sein un conseiller qui
sera chargé d'instruire l'affaire.
GUY PORTE
(1) La chambre criminelle de la Coar
de cassation avait été saisie en vertu de
l'article 681 du code de procédure pénale
concernant le privilège de juridiction
dont bénéficie les élus ayant la qualité de
police judiciaire.
(2) MM- Jean-Hugues Colon na. ancien
député (PM) des Alpes-maritimes, Max
Cavaglionc et Pierre Joselet (décédé,
depuis), conseillers municipaux (div.
gauche) de Nice et M. Joseph Figuras,
enseignant.
Guerre au stress !
QUELS braves petits soldats,
on fait, nous, tes fanas!
Non, c’est vrai, à
fappei du tocsin sonné par
les magazines féminins, on s'est
battu pied à pied contre tes rides,
les pfe et tes bourrelets. On a perdu
et repris des centaines de kilos. On
a écrasé notre dernière cigarette. Et
on a vaincu ia face est d'un Wma-
laya de cetiutite. Epuisées, on pen-
sait avoir mérité te repos du guer-
rier. Pensez-vous! Va faftoir repartir
comme en 14 è f assaut d’un nou-
vel ennemi te stress I
C'est ta foGe, là. en ce moment,
dans la presse. Pfcs étonnant I Ce
nouveau produit importé des Etats-
Unis s'adresse, énorme avantage,
aux deux sexes. S'agit donc d’un
marché extrêmement portera'.
Contrairement à nos eusses, on n’a
pas fini d’en faire le tour. D’autant
qu'j a tout pour plaire. D’abord ses
origines. Très anciennes, ta aussi.
La Vénus caffipyge et l'homme des
cavernes avaient déjà tes- boules.
Simplement, elles étaient pas pla-
cées au même endroit.
Ensuite, te mécanisme. Com-
plexe, obscur, il intrigué. C'est une
\ histoire cfhofxnanes, à os qu'on <Jt.
\. Et qu’on ccntrediL En s'envoyant â
; ta figure des théories à base d’hy-
j pochatamus qu décore», de surré-
! nates qu cisjoncteru. de cortisol qui
j rappique et de globules qui se débi-
! nent Ses conséquences? Alors ta,
| génial ça va de l’eczéma aucancer
en passant par ta pare» sexueBei
D'où ça vient? Du catalogue de
La Redoute. Un grSe-pain détraqué,
un coup de klaxon, une porte qui
daque, un cercueil, un ongle cassé,
un néweï dans une assiette, un couf-
fin, un four à micro-ondes, une
tanipe au néon; rapport aux champs
magnétiques, un boule», pas de
boulot, une promotion, un placard,
-un embouteillage, un gosse qui
répond; un téléphone qui répond
pas, bref tout et n'importe quoi.
- Enfin, tes remèdes. Comment
vaincre son stress. En gros, pareil
que pour-fa mauvaise graisse. Gym,
massages, gélules, régime. On en
est encore aux méthodes douces.
Mæs, rassurez-vous, on en restera
pas là. D’ici la fin du siècle, on va
vous ta Sposucer, vite fait, vous
respirez à ta canule, votre angoisse
eristentiefe.
La conférence de paix à Washington
Jérusalem s’apprête, peut-être, à revoir sa position
JERUSALEM
M. Jean-Marie Le Pen
invité du «Grand Jury
RTL-Ze Monde »
M. Jean-Mane Le Pen. prési-
dent du Front National, sera
l'invité de l'émission hebdoma-
daire le «Grand Jury RTL-/e
Monde » dimanche 1» décem-
bre de 18 h 30 à 19 h 30.
Le député européen répon-
dra aux questions d'André
Passeron et d'Olivier Biffaud du
Monde, et d'Isabelle Torre et
Philippe Ballard de RTL. le
débat étant dirigé par Henri
Marque.
de notre correspondant
Deux jours après avoir repoussé
l'invitation américaine de reprendre
les négociations bilatérales avec ses
partenaires arabes, le 4 décembre à
Washington, le gouvernement israé-
lien. prenant la mesure de la désap-
probation internationale et craignant
de iaissef le beau rôle à ses adver-
saires s’il devait s'entêter à pratiquer
« la politique de la chaise vide *.
s’apprête, peut-être, à revoir sa posi-
tion.
Le traditionnel conseil dominical
des ministres israéliens, «va reconsi-
dérer la tentative de retarder les pour-
parlers ». annonçait sur trois colonnes
à «la une», le seul quotidien anglo-
phone du pays, le Jérusalem Posi.
" Que les Arabes ne se Jassetu pas
trop d’illusions! ». a lancé jeudi le
ministre des affaires étrangères,
M. David Lévy, «les failles qui x
sont fait jour entre l' Amérique et nous
ne x transformeront pas en rupture «.
Et le chef de la diplomatie d'ex-
primer l'espoir que 1e dialogue avec
les Etats-Unis permettra <■ de résoudre
le problème * actucL a Nous n'aime-
rions pas voir la partie arabe x mon-
trer seule à Washington », le
4 décembre, a ajouté M. Lévy.
Officiellement, et M. Itzhak Sha-
mir. le premier ministre, l'a répété
jeudi après-midi au cours d'une
conférence sur la lutte contre la dro-
gue. Israël continue d'insister pour
que les négociations directes avec ses
partenaires arabes reprennent, non
pas le 4, mais le 9 décembre.
Le chef du gouvernement a même
laissé entendre que l'Etat juif allait
lancer une vaste campagne d'infor-
mation â travers le monde, pour
expliquer la position d’Israël dans
celte affaire.
Ce qui n'interdit pas d’étudier,
dans le même temps, tes solutions
propres à permettre au gouvernement
de sauver la face. M. Shamir qui, en
bon politicien, n'a jamais reculé
devant une contradiction apparente,
aurait d’ailleurs glissé qu'il étaft prêt,
le cas échéant, & revoir sa position si
tes Etats-Unis le lui demandaient.
L'un des artifices envisagés consis-
terait, pair le gouvernement d'Israël,
à envoyer sa délégation â Washing-
ton entre ta 4 et le 9 décembre, là
débats dits «de substance» ne com-
mençant véritablement que le 9.
Trop contents de se montrer, en l’oc-
currence, plus raisonnables que leurs
adversaires, les Palestiniens de la
délégation offiadte, oat, pour leur
part, quitté lés territoires occupés
vendredi matin à l'aube.
Destination : la cap i taie jorda-
nienne, Amman, puis Washington
«Nous y serons à partir du 4 décem-
bre», a annoncé le leader des Palesti-
niens de- l'intérieur, M. Fayçal Hus-
semi, qui, pour ce qui le concerne
personnellement, a décidé de rester à
Jérusalem.
PATRICE CLAUDE
Au congrès de la fédération CFDT
Le projet de statut des greffiers
inquiète les personnels
BESANÇON
M Ifl
'• K
DEBATS
Allemagne : un entretien avec
Daniel Cohn-Bendu; L'unité diffi-
cile. par Alfred Grosser 2
ÉTRANGER
Le premier ministre togolais
réclame l'envoi de troupes fran-
çaises 3
Paris accepte d'envoyer des sol-
dats à Djibouu 3
Cambodge : l'UNESCO veut faire
inscrire les temples d’Angkor au
«patrimoine mondial'» 5
Yougoslavie : M. Perez de Cuellar
prépare le déploiement de la force
de paix en Croatie 6
URSS : état d'urgenc9 et mobilisa-
tion en Ossétie du Sud 7
Haïti : Washington veut limiter
l'évadé de la population 9
POINT
Ukraine : un vote pour l'indépen-
dance 8
POLITIQUE
L à discussion budgétaire : te plan
d'adapt3tion de l'agriculture bien
accueilli au Sénat 10
Les nouveaux rénovateurs de
l’UDF 11
SOCIÉTÉ
Les remous du port de Trébeurden
12
Les fausses factures du Sud-Est au
tribunal de Pans : une audience de
Normands 13
CULTURE
Théâtre : Des siècles de paix à
Auberviihers 15
Cinéma : The Adjuster d'Atom
Egoyan. d'étranges personnages
pris dans un habile jeu de fan-
tasmes et de faux-semblants ... 15
Musées africains : « Tuer le modèle
occidental* 16
ÉCONOMIE
La position des porteurs minori-
taires dans les offres publiques
d'achat 25
Un entretien avec le vice-ministre
russe de l'économie 25
L'industrie chimique allemande va
procéder à d'importantes réduc-
tions d'effectifs 27
COMMUNICATION
M. Bouygues dément vouloir
racheter le Figaro 27
M. Labrusse quitte le CSA 27
SANS VISA
• Bauhaus trois, dernière I ■ Le
Train bleu reste en gare • La
médina d'Aligre m Table : le bœuf
« Légendus » « L'esprit de Dubrov-
nik 17 à 24
Services
... 2
Annonces classées
...26
Carnet......
30
Jeu» ,
. 2 2
I Loto. Tac-O-Tac
... 30
Marchés financiers . 28 et 29
Météoroloaie
... 30
Philatélie
.. 27
Radio-télévision
... 31
Spectacles
. 14
Week-end d'un chineur ...
... 30
La télématique du Monde :
3615 LEM0NDE
3615 LM
Le numéro du <• Monde •»
daté 29 novembre 1991
a été tire à 432 889 exemplaires.
ALGÉRIE : trois morts près d*EI Oued
Un commando islamiste attaque
un poste-frontière
Un poste-frontière algérien, situé
dans la région de Guemraar, au nord
de l’oasis <TE1 Oued, en retrait de la
frontière tunisienne, a été attaqué,
vendredi 29 novembre, avant l'aube,
par un groupe armé d’une soixan-
taine de personnes qui ont tué trois
gardes-frontières et en ont blessé griè-
vement un autre, a annoncé le minis-
tère algérien de la défense. Le com-
muniqué officiel précise que les
autres assaillants ont pris la fûite en
emportant des armes et que le
groupe «est activement recherché par
les unités de la gendarmerie nationale
et les troupes spéciales de l'armée
nationale populaire «j.
Le commandement de la gendar-
merie avait annoncé, jeudi, qu'elle
traquait un groupe islamiste, accusé
de préparer des attentats terroristes
et dirigé par un certain «Taleb l'Af-
ghan *>- Basé à Débita, dans la région
d*0 Oued, à 550 km au sud-est d’Al-
ger, cet intégriste, qui doit son sur-
nom à ses séjours en Afghanistan,
était recherché pour plusieurs agres-
sions. Son groupe «est composé d'élé-
ments tous adhérents à ce qui est
appelé le syndicat Islamique du tra-
vail. Une quantité d'armes et de
munitions a été trouvée en deux
endroits, en plus d'explosifs, de médi-
caments et de produits chimiques ser-
vant à la fabrication de grenades arti-
sanales ». avait précisé la
gendarmerie. - (Reuter.)
de notre envoyée spéciale
Un colloque organisé, jeudi
28 novembre à Besançon (Doubs),
dans te cadre du congrès de ta
fédération CFDT de la justice, en
présence du garde des sceaux,
M. Henri Nalkt, et du secrétaire
général de la CFDT, M. Jean Kas-
par, a montré ^inquiétude des per-
sonnels &ce aux projets de là chan-
cellerie. Le secrétoire général de ta
fédération, M. Yves Rousset, a
dénoncé les «intérêts catégoriels et
les poupes de pression» qui frei-
nent certaines des réformes enga-
gées par ta chancellerie.'
Le désaccord essentiel, aujour-
d’hui, porte cependant sur le statut
des greffiers. «Les greffes sont sur-
chargés, les personnels attendent m
statut depuis des années, et la chan-
cellerie propose un texte inacceptor
ble. avait souligné dans Fa près-
midi M“ Ginette Thomas, chef du
greffe d’un tribunal d’instance du
Rhône. Il est même pire que celui
que nous avons aujourd'hui ! »
M. NaUet admettait le cadre res-
treint de cette négociation. «Ces-
sons de attire que le statut va tout
résoudre, lançait-iL II ne faut pas
me demander l’impossible. Je vous
le dit d'entrée de jeu : dans ce
texte. ïl n’y aura pas tout. * Les
syndicats opposés au projet espè-
rent toutefois mobiliser les fonc-
tionnaires la semaine prochaine,
loin d’un mouvement de protesta-
tion qui devrait toucher toute ta
France. Les personnels des conseils
de prud’hommes de Paris ont
donné te signal de départ du mou-
vem.cn lunfli 25 novembre, en
refusant' d’assurer les audiences
pendant, une semaine afin de
dénoncer à la fois l’insuffisance du
statut, tes manques d'effectifs, et
Fabseuce de revalorisation de leurs
rémunérations.
ANNE CHEMIN
□ Rejet de la troisième requête en
révises pour Christian Ranacd - La
commission de révision des condam-
nations pénates a rejeté, vendredi
29 novembre, ta troisième requête en
révision présentée par 1k avocats de
Christian Ranucci, guillotiné en
1976. La commission, composée de
magistrats de la Cour de cassation et
présidée par M. Paul Malibert, a
estimé que, même après rentrée en
vigueur de ta loi du 23 juin 1989
élargissant les possibilités de lévistou,
aucun fait nouveau n’était de nature
à introduire un doute.
m Faunes REA&sstm.-
LES GRANDS
NOM DE LA
P NON, aux "NOMS" payés si àm
Une simple 'griffe' peut doubler les prâ
et n'ajaute aucune voleur & un tissu.
► NON., à dramtf cotai imprimé,
car à 450 F ie mètre, â est prohfrrô.
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(depuis 50 F le mètre)
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36, CHAMPS-ÉLYSÉES PARIS
LA HONTE DES POLITIQUES : UN FRANÇAIS SUR DiX AU CHÔMAGE
COMMENT LA FRANCE
PRODUIT DES CHÔMEURS
SCIENCE & VIE ECONOMIE
analyse
les ratines du mal
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E N C E & VIE
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MAGAZINE EXPLORATEUR -DE' lÆCONOMIE